Tout par grâce ·Pourquoi les saints persévèrent

Chapitre 19 · 7 min de lecture

Pourquoi les saints persévèrent

L’ESPÉRANCE qui remplissait le cœur de Paul au sujet des frères de Corinthe, nous avons déjà vu qu’elle était pleine de réconfort pour ceux qui tremblaient quant à leur avenir. Mais pourquoi croyait-il que les frères seraient affermis jusqu’à la fin ?

Je veux que tu remarques qu’il en donne les raisons. Les voici :

Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ (1 Corinthiens 1:9).

L’apôtre ne dit pas : « Vous êtes fidèles. » Hélas ! la fidélité de l’homme est une chose bien peu sûre ; ce n’est que vanité. Il ne dit pas : « Vous avez de fidèles conducteurs pour vous mener et vous guider, et c’est pourquoi je vous crois en sûreté. » Oh non ! si nous sommes gardés par des hommes, nous serons bien mal gardés. Il dit : « Dieu est fidèle. » Si nous sommes trouvés fidèles, ce sera parce que Dieu est fidèle. C’est sur la fidélité de notre Dieu d’alliance que doit reposer tout le poids de notre salut. C’est sur ce glorieux attribut de Dieu que tout est suspendu. Nous sommes changeants comme le vent, fragiles comme une toile d’araignée, faibles comme l’eau. On ne peut se fier ni à nos qualités naturelles ni à nos acquis spirituels ; mais Dieu demeure fidèle. Il est fidèle dans son amour ; il ne connaît ni variation ni ombre de changement. Il est fidèle à son dessein ; il ne commence pas une œuvre pour la laisser ensuite inachevée. Il est fidèle dans ses relations ; comme Père, il ne reniera pas ses enfants ; comme ami, il ne désavouera pas son peuple ; comme Créateur, il n’abandonnera pas l’œuvre de ses propres mains. Il est fidèle à ses promesses, et n’en laissera jamais faillir une seule envers un seul croyant. Il est fidèle à son alliance, qu’il a conclue avec nous en Christ Jésus et ratifiée par le sang de son sacrifice. Il est fidèle à son Fils, et ne permettra pas que son sang précieux soit répandu en vain. Il est fidèle à son peuple, à qui il a promis la vie éternelle, et dont il ne se détournera pas.

Cette fidélité de Dieu est le fondement et la pierre angulaire de notre espérance de persévérance finale. Les saints persévéreront dans la sainteté, parce que Dieu persévère dans la grâce. Il persévère à bénir, et c’est pourquoi les croyants persévèrent à être bénis. Il continue de garder son peuple, et c’est pourquoi celui-ci continue de garder ses commandements. Voilà un terrain bien solide sur lequel se reposer, et qui s’accorde délicieusement avec le titre de ce petit livre : « tout par grâce ». Ainsi ce sont la faveur gratuite et la miséricorde infinie qui sonnent à l’aube du salut, et ce sont les mêmes douces cloches qui résonnent mélodieusement tout au long du jour de la grâce.

Tu vois que les seules raisons d’espérer que nous serons affermis jusqu’à la fin et trouvés irréprochables au dernier jour se trouvent en notre Dieu ; mais en lui ces raisons sont surabondantes.

Elles résident d’abord dans ce que Dieu a fait. Il est allé si loin dans le fait de nous bénir qu’il ne lui est pas possible de revenir en arrière. Paul nous rappelle qu’il nous a « appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ ». Nous a-t-il appelés ? Alors l’appel ne peut être révoqué ; car « Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel ». De l’appel efficace de sa grâce, le Seigneur ne se détourne jamais. « Ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » : telle est la règle invariable de la procédure divine. Il y a un appel commun, dont il est dit : « Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus » ; mais celui auquel nous pensons maintenant est un autre genre d’appel, qui marque un amour particulier et rend nécessaire la possession de ce à quoi nous sommes appelés. En pareil cas, il en va de l’appelé comme de la postérité d’Abraham, dont le Seigneur a dit : « Toi, que j’ai pris aux extrémités de la terre, Et que j’ai appelé d’une contrée lointaine, A qui j’ai dit: Tu es mon serviteur, Je te choisis, et ne te rejette point! »

Dans ce que le Seigneur a fait, nous voyons de fortes raisons pour notre préservation et notre gloire future, car le Seigneur nous a appelés à la communion de son Fils Jésus-Christ. Cela signifie entrer en association avec Jésus-Christ, et je voudrais que tu considères attentivement ce que cela veut dire. Si tu es vraiment appelé par la grâce divine, tu es entré en communion avec le Seigneur Jésus-Christ, au point d’être copropriétaire avec lui de toutes choses. Désormais tu ne fais qu’un avec lui aux yeux du Très-Haut. Le Seigneur Jésus a porté tes péchés en son corps sur le bois, étant fait malédiction pour toi ; et en même temps il est devenu ta justice, de sorte que tu es justifié en lui. Tu es à Christ, et Christ est à toi. Comme Adam a représenté ses descendants, ainsi Jésus représente tous ceux qui sont en lui. Comme l’époux et l’épouse ne sont qu’un, ainsi Jésus ne fait qu’un avec tous ceux qui lui sont unis par la foi ; un par une union conjugale qui ne peut jamais être rompue. Bien plus, les croyants sont membres du Corps de Christ, et ainsi ne font qu’un avec lui par une union aimante, vivante et durable. Dieu nous a appelés à cette union, à cette communion, à cette association, et par ce fait même il nous a donné le gage et l’assurance de notre affermissement jusqu’à la fin. Si nous étions considérés séparément de Christ, nous ne serions que de pauvres unités périssables, bientôt dissoutes et emportées à la destruction ; mais unis à Jésus, nous sommes rendus participants de sa nature et dotés de sa vie immortelle. Notre destinée est liée à celle de notre Seigneur, et tant qu’il ne peut être détruit, il n’est pas possible que nous périssions.

Arrête-toi longuement sur cette association avec le Fils de Dieu, à laquelle tu as été appelé : car là réside toute ton espérance. Tu ne peux jamais être pauvre tant que Jésus est riche, puisque tu es dans la même maison que lui. Le besoin ne peut jamais t’assaillir, puisque tu es copropriétaire avec celui qui est le Possesseur du ciel et de la terre. Tu ne peux jamais faire faillite ; car, bien que l’un des associés de la maison soit aussi pauvre qu’un rat d’église et, en lui-même, un failli complet qui ne pourrait payer même une faible part de ses lourdes dettes, l’autre associé est inconcevablement, inépuisablement riche. Dans une telle association, tu es élevé au-dessus de la dépression des temps, des changements de l’avenir et du choc de la fin de toutes choses. Le Seigneur t’a appelé à la communion de son Fils Jésus-Christ, et par cet acte il t’a placé dans une position de sauvegarde infaillible.

Si tu es vraiment un croyant, tu ne fais qu’un avec Jésus, et par conséquent tu es en sûreté. Ne vois-tu pas qu’il doit en être ainsi ? Tu dois être affermi jusqu’à la fin, jusqu’au jour de son avènement, si tu as vraiment été fait un avec Jésus par l’acte irrévocable de Dieu. Christ et le pécheur croyant sont dans la même barque : à moins que Jésus ne coule, le croyant ne se noiera jamais. Jésus a pris ses rachetés dans une union si étroite avec lui-même qu’il devrait d’abord être frappé, vaincu et déshonoré avant que le moindre de ceux qu’il a acquis pût être atteint. Son nom est en tête de la maison, et jusqu’à ce qu’il puisse être déshonoré, nous sommes à l’abri de toute crainte de faillite.

Ainsi donc, avec la plus grande confiance, avançons dans l’avenir inconnu, liés éternellement à Jésus. Si les gens du monde s’écrient : « Qui est celle qui monte du désert, Appuyée sur son bien-aimé? », nous confesserons avec joie que nous nous appuyons bien sur Jésus, et que nous entendons nous appuyer sur lui de plus en plus. Notre Dieu fidèle est une source de délices qui ne tarit jamais, et notre communion avec le Fils de Dieu est un plein fleuve de joie. Sachant ces choses glorieuses, nous ne pouvons être découragés : bien plutôt, nous nous écrions avec l’apôtre : « Qui nous séparera de l’amour de Dieu qui est en Jésus-Christ notre Seigneur ? »

Sommaire

Tout par grâce Charles H. Spurgeon

Page 1 / 1 · 7 min restantes dans le chapitre