Tout par grâce ·Conclusion

Chapitre 20 · 5 min de lecture

Conclusion

SI MON LECTEUR ne m’a pas suivi pas à pas en lisant mes pages, j’en suis vraiment attristé. La lecture d’un livre est de peu de valeur si les vérités qui passent devant l’esprit ne sont pas saisies, appropriées et menées jusqu’à leurs conséquences pratiques. C’est comme si l’on voyait quantité de nourriture dans une boutique et que l’on demeurât néanmoins affamé, faute d’en manger soi-même. C’est en vain, cher lecteur, que toi et moi nous nous sommes rencontrés, si tu n’as pas réellement saisi Christ Jésus, mon Seigneur. Pour ma part, j’avais le désir bien net de te faire du bien, et j’ai fait de mon mieux à cette fin. Il m’est pénible de n’avoir pu te faire du bien, car j’aspirais à gagner ce privilège. Je pensais à toi lorsque j’écrivais cette page, et je posai ma plume pour fléchir solennellement le genou en prière pour tous ceux qui la liraient. J’ai la ferme conviction qu’un grand nombre de lecteurs recevront une bénédiction, quand bien même tu refuserais d’être de ce nombre. Mais pourquoi refuserais-tu ? Si tu ne désires pas la bénédiction de choix que j’aurais voulu t’apporter, rends-moi du moins cette justice d’admettre que le blâme de ta perte finale ne retombera pas sur moi. Lorsque nous nous rencontrerons tous deux devant le grand trône blanc, tu ne pourras m’accuser d’avoir vainement usé de l’attention que tu as bien voulu m’accorder pendant que tu lisais mon petit livre. Dieu sait que j’ai écrit chaque ligne pour ton bien éternel. Voici qu’en esprit je te prends par la main. Je te serre fermement. Sens-tu mon étreinte fraternelle ? Les larmes me montent aux yeux tandis que je te regarde et te dis : pourquoi veux-tu mourir ? Ne veux-tu pas accorder une pensée à ton âme ? Périras-tu par pure insouciance ? Oh ! ne fais pas ainsi ; mais pèse ces graves questions, et travaille avec assurance pour l’éternité ! Ne refuse pas Jésus, son amour, son sang, son salut. Pourquoi le ferais-tu ? Le peux-tu ?

Je t’en supplie,

ne te détourne pas de ton Rédempteur !

Si, au contraire, mes prières sont exaucées, et que toi, mon lecteur, tu aies été amené à te confier au Seigneur Jésus et à recevoir de lui le salut par grâce, alors tiens-toi à jamais à cette doctrine et à cette manière de vivre. Que Jésus soit ton tout en tout, et que la grâce gratuite soit l’unique ligne dans laquelle tu vis et te meus. Il n’est point de vie comparable à celle de qui vit dans la faveur de Dieu. Recevoir tout comme un don gratuit préserve l’esprit de l’orgueil de la propre justice et du désespoir qui s’accuse lui-même. Cela fait que le cœur s’échauffe d’un amour reconnaissant, et ainsi cela crée dans l’âme un sentiment infiniment plus agréable à Dieu que tout ce qui peut jamais naître d’une crainte servile. Ceux qui espèrent être sauvés en s’efforçant de faire de leur mieux ne connaissent rien de cette ferveur ardente, de cette chaleur sacrée, de cette joie pieuse en Dieu, qui accompagnent le salut librement donné selon la grâce de Dieu. L’esprit servile du salut par soi-même ne fait pas le poids devant l’esprit joyeux de l’adoption. Il y a plus de vertu réelle dans la moindre émotion de la foi que dans tous les efforts des esclaves de la loi, ou dans toute la machinerie fatigante des dévots qui voudraient gravir le ciel par des enchaînements de cérémonies. La foi est spirituelle, et Dieu, qui est esprit, y prend plaisir pour cette raison même. Des années de prières récitées, d’assiduité à l’église ou à la chapelle, de cérémonies et d’œuvres, peuvent n’être qu’une abomination aux yeux de l’Éternel ; mais un regard de l’œil de la vraie foi est spirituel, et c’est pourquoi il lui est cher. « Ce sont là les adorateurs que le Père demande. » Regarde d’abord à l’homme intérieur et au spirituel, et le reste suivra ensuite en son temps.

Si tu es toi-même sauvé, veille sur les âmes des autres. Ton propre cœur ne prospérera pas s’il n’est rempli d’un souci intense de bénir tes semblables. La vie de ton âme réside dans la foi ; sa santé réside dans l’amour. Celui qui ne languit pas de conduire les autres à Jésus n’a jamais été lui-même sous le charme de l’amour. Mets-toi à l’œuvre du Seigneur — l’œuvre de l’amour. Commence chez toi. Visite ensuite tes voisins. Éclaire le village ou la rue où tu demeures. Répands la parole du Seigneur partout où ta main peut atteindre.

Lecteur, retrouve-moi au ciel ! Ne descends pas en enfer. Il n’est point de retour possible de ce séjour de misère. Pourquoi désires-tu entrer dans la voie de la mort, quand la porte du ciel est ouverte devant toi ? Ne refuse pas le pardon gratuit, le plein salut que Jésus accorde à tous ceux qui se confient en lui. N’hésite pas et ne tarde pas. Tu as assez pris de résolutions, passe à l’action. Crois en Jésus maintenant, d’une décision pleine et immédiate. Apporte avec toi des paroles et reviens à ton Seigneur en ce jour, oui, en ce jour même. Souviens-toi, ô âme, qu’il se peut que ce soit

maintenant ou jamais

pour toi. Que ce soit MAINTENANT ; il serait horrible que ce fût jamais.

De nouveau je t’adjure,

retrouve-moi au ciel.

Tout par grâce Charles H. Spurgeon

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