Chapitre 16 · 8 min de lecture
Comment la repentance est donnée
REVENONS au grand texte : « Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés. » Notre Seigneur Jésus-Christ est monté afin que la grâce pût descendre. Sa gloire est employée à donner plus de cours à sa grâce. Le Seigneur n’a pas fait un seul pas vers les hauteurs sans le dessein d’y porter avec lui les pécheurs qui croient. Il est élevé pour donner la repentance ; et nous le verrons si nous nous souvenons de quelques grandes vérités.
L’œuvre que notre Seigneur Jésus a accomplie a rendu la repentance possible, accessible et agréable à Dieu. La loi ne fait aucune mention de la repentance, mais dit clairement : « L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. » Si le Seigneur Jésus n’était pas mort, ressuscité et retourné auprès du Père, que vaudrait votre repentir ou le mien ? Nous pourrions éprouver le remords avec ses horreurs, mais jamais la repentance avec ses espérances. La repentance, comme sentiment naturel, est un devoir commun qui ne mérite pas de grands éloges : en vérité, elle est si généralement mêlée d’une crainte égoïste du châtiment que l’estimation la plus indulgente n’en fait que peu de cas. Si Jésus n’était intervenu et n’avait acquis un trésor de mérite, nos larmes de repentance n’eussent été que de l’eau répandue sur le sol. Jésus est élevé en haut afin que, par la vertu de son intercession, la repentance puisse avoir une place devant Dieu. En ce sens, il nous donne la repentance, parce qu’il la met dans une position d’agrément qu’elle n’aurait jamais pu occuper autrement.
Quand Jésus fut élevé en haut, l’Esprit de Dieu fut répandu pour opérer en nous toutes les grâces nécessaires. Le Saint-Esprit crée en nous la repentance en renouvelant surnaturellement notre nature et en ôtant de notre chair le cœur de pierre. Oh ! ne reste pas assis à fatiguer tes yeux pour en tirer des larmes impossibles ! La repentance ne vient pas d’une nature rebelle, mais de la grâce libre et souveraine. Ne te retire pas dans ta chambre pour te frapper la poitrine afin d’arracher à un cœur de pierre des sentiments qui n’y sont pas. Mais va au Calvaire et vois comment Jésus est mort. Lève les yeux vers les montagnes d’où vient ton secours. Le Saint-Esprit est venu tout exprès pour couvrir de son ombre l’esprit des hommes et y faire naître la repentance, de même qu’autrefois il planait sur le chaos et en fit sortir l’ordre. Exhale vers lui ta prière : « Esprit béni, demeure avec moi. Rends-moi tendre et humble de cœur, afin que je haïsse le péché et que je m’en repente sans feinte. » Il entendra ton cri et te répondra.
Souviens-toi encore que, lorsque notre Seigneur Jésus fut élevé, il ne nous donna pas seulement la repentance en envoyant le Saint-Esprit, mais aussi en consacrant toutes les œuvres de la nature et de la providence aux grandes fins de notre salut, de sorte que chacune d’elles peut nous appeler à la repentance, qu’elle chante comme le coq de Pierre ou qu’elle ébranle la prison comme le tremblement de terre du geôlier. De la droite de Dieu, notre Seigneur Jésus gouverne toutes choses ici-bas et les fait concourir au salut de ses rachetés. Il se sert des amertumes et des douceurs, des épreuves et des joies, pour produire dans les pécheurs de meilleures dispositions envers leur Dieu. Sois reconnaissant de la providence qui t’a fait pauvre, ou malade, ou triste ; car par tout cela Jésus opère la vie de ton esprit et te tourne vers lui. La miséricorde du Seigneur s’avance souvent jusqu’à la porte de nos cœurs sur le cheval noir de l’affliction. Jésus se sert de toute l’étendue de notre expérience pour nous détacher de la terre et nous attirer vers le ciel. Christ est élevé sur le trône du ciel et de la terre afin que, par tous les procédés de sa providence, il soumette les cœurs durs au gracieux amollissement de la repentance.
De plus, il est à l’œuvre à cette heure même par tous ses murmures dans la conscience, par son Livre inspiré, par ceux d’entre nous qui parlent d’après ce Livre, et par des amis en prière et des cœurs fervents. Il peut t’adresser une parole qui frappera ton cœur de rocher comme le fit la verge de Moïse, et en fera jaillir des torrents de repentance. Il peut rappeler à ton souvenir quelque texte déchirant de la Sainte Écriture qui te vaincra bien vite. Il peut mystérieusement t’attendrir et faire qu’une sainte disposition d’esprit se glisse en toi lorsque tu t’y attends le moins. Sois-en assuré : celui qui est entré dans sa gloire, élevé dans toute la splendeur et la majesté de Dieu, a mille moyens d’opérer la repentance en ceux à qui il accorde le pardon. Il attend en ce moment même de te donner la repentance. Demande-la-lui sans tarder.
Remarque avec beaucoup de réconfort que le Seigneur Jésus-Christ donne cette repentance aux êtres les plus improbables du monde. Il est élevé pour donner la repentance à Israël. À Israël ! À l’époque où les apôtres parlaient ainsi, Israël était la nation qui avait le plus grossièrement péché contre la lumière et l’amour, en osant dire : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants! » Et pourtant Jésus est élevé pour leur donner la repentance ! Quelle merveille de grâce ! Si tu as été élevé dans la plus vive lumière chrétienne et que pourtant tu l’aies rejetée, il y a encore de l’espérance. Si tu as péché contre ta conscience, contre le Saint-Esprit et contre l’amour de Jésus, il reste encore de la place pour la repentance. Quand tu serais aussi dur que l’Israël incrédule d’autrefois, l’amollissement peut encore venir à toi, puisque Jésus est élevé et revêtu d’une puissance sans bornes. Pour ceux qui sont allés le plus loin dans l’iniquité et qui ont péché avec une aggravation particulière, le Seigneur Jésus est élevé afin de leur donner la repentance et le pardon des péchés. Heureux suis-je d’avoir un évangile si plein à proclamer ! Heureux es-tu qu’il te soit permis de le lire !
Les cœurs des enfants d’Israël étaient devenus durs comme le diamant. Luther croyait impossible de convertir un Juif. Nous sommes loin d’être d’accord avec lui, et pourtant nous devons reconnaître que la race d’Israël a été extrêmement obstinée dans son rejet du Sauveur durant tous ces siècles. En vérité, le Seigneur a dit : « Israël ne m’a point obéi. » « Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue. » Et cependant, en faveur d’Israël, notre Seigneur Jésus est élevé pour donner la repentance et la rémission. Mon lecteur est probablement un païen ; mais il se peut qu’il ait un cœur bien obstiné, qui a résisté au Seigneur Jésus pendant de longues années ; et pourtant, en lui, notre Seigneur peut opérer la repentance. Il se peut que tu te sentes un jour contraint d’écrire comme le fit William Hone lorsqu’il céda à l’amour divin. Il était l’auteur de ces volumes fort divertissants appelés l’« Everyday Book », mais il avait été jadis un incrédule au cœur ferme. Lorsqu’il fut subjugué par la grâce souveraine, il écrivit :
Le cœur le plus altier qui jamais ait battu
En moi fut abaissé ;
La volonté la plus rebelle qui se dressa jamais
Pour railler ta cause et servir tes ennemis
Est domptée, mon Seigneur, par toi.
Que ta volonté, et non la mienne, soit faite,
Que mon cœur soit à jamais tien ;
Te confessant, toi, la Parole puissante,
Mon Sauveur Christ, mon Dieu, mon Seigneur,
Ta croix sera mon signe.
Le Seigneur peut donner la repentance aux êtres les plus improbables, changeant les lions en agneaux et les corbeaux en colombes. Tournons-nous vers lui pour que ce grand changement soit opéré en nous. Assurément, la contemplation de la mort de Christ est l’un des moyens les plus sûrs et les plus prompts d’obtenir la repentance. Ne t’assieds pas pour essayer de pomper la repentance du puits desséché de la nature corrompue. Il est contraire aux lois de l’esprit de supposer que tu puisses forcer ton âme à entrer dans cet état de grâce. Porte ton cœur dans la prière à celui qui le comprend, et dis : « Seigneur, purifie-le. Seigneur, renouvelle-le. Seigneur, opère en lui la repentance. » Plus tu t’efforceras de produire en toi des émotions de pénitence, plus tu seras déçu ; mais si tu penses avec foi à Jésus mourant pour toi, la repentance jaillira. Médite sur le Seigneur répandant le sang de son cœur par amour pour toi. Place devant les yeux de ton esprit l’agonie et la sueur de sang, la croix et la passion ; et, tandis que tu le fais, celui qui a porté toute cette douleur te regardera, et par ce regard il fera pour toi ce qu’il fit pour Pierre, de sorte que toi aussi tu sortiras et pleureras amèrement. Celui qui est mort pour toi peut, par son Esprit de grâce, te faire mourir au péché ; et celui qui est entré dans la gloire en ta faveur peut attirer ton âme après lui, loin du mal et vers la sainteté.
Je serai content si je te laisse cette seule pensée : ne cherche pas sous la glace pour y trouver le feu, et n’espère pas non plus trouver la repentance dans ton propre cœur naturel. Regarde au Vivant pour avoir la vie. Regarde à Jésus pour tout ce dont tu as besoin entre la porte de l’enfer et la porte du ciel. Ne cherche jamais ailleurs la moindre part de ce que Jésus aime à accorder ; mais souviens-toi :
Christ est tout.