Chapitre 14 · 4 min de lecture
Mon Rédempteur est vivant
SANS CESSE ai-je parlé au lecteur de Christ crucifié, qui est la grande espérance des coupables ; mais notre sagesse est de nous souvenir que notre Seigneur est ressuscité des morts et vit éternellement.
On ne te demande pas de te confier en un Jésus mort, mais en Celui qui, bien qu’il soit mort pour nos offenses, est ressuscité pour notre justification. Tu peux aller à Jésus aussitôt, comme à un ami vivant et présent. Il n’est pas un simple souvenir, mais une Personne existant à jamais, qui entendra tes prières et y répondra. Il vit tout exprès pour poursuivre l’œuvre pour laquelle il a jadis donné sa vie. Il intercède pour les pécheurs à la droite du Père, et c’est pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui. Viens éprouver ce Sauveur vivant, si tu ne l’as jamais fait auparavant.
Ce Jésus vivant est aussi élevé à un faîte de gloire et de puissance. Il ne s’afflige plus comme « un humble homme devant ses ennemis », et ne peine plus comme « le fils du charpentier » ; mais il est élevé bien au-dessus de toute domination, de toute puissance et de tout nom qui se puisse nommer. Le Père lui a donné tout pouvoir dans le Ciel et sur la terre, et il exerce ce haut privilège en accomplissant son œuvre de grâce. Écoute ce que Pierre et les autres apôtres témoignèrent à son sujet devant le souverain sacrificateur et le conseil :
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué, en le pendant au bois. Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés (Actes 5:30, 31).
La gloire qui environne le Seigneur monté au ciel devrait insuffler l’espérance dans le sein de tout croyant. Jésus n’est pas un personnage de peu : il est « un Sauveur, et un grand Sauveur ». Il est le Rédempteur des hommes, couronné et intronisé. La souveraine prérogative de la vie et de la mort réside en lui ; le Père a placé tous les hommes sous le gouvernement médiateur du Fils, en sorte qu’il peut faire vivre qui il veut. Il ouvre, et personne ne fermera. À sa parole, l’âme qui est liée par les cordes du péché et de la condamnation peut être déliée en un instant. Il étend le sceptre d’argent, et quiconque le touche vit.
Il est heureux pour nous que, de même que le péché vit, que la chair vit et que le diable vit, ainsi Jésus vit ; et il est heureux aussi que, quelque pouvoir que ceux-là aient pour nous perdre, Jésus ait un pouvoir plus grand encore pour nous sauver.
Toute son exaltation et toute sa capacité sont pour nous. « Il est élevé pour être », et élevé « pour donner ». Il est élevé pour être un Prince et un Sauveur, afin de donner tout ce qui est nécessaire pour accomplir le salut de tous ceux qui passent sous son empire. Jésus n’a rien qu’il ne veuille employer au salut d’un pécheur, et il n’est rien qu’il ne veuille déployer dans les surabondances de sa grâce. Il unit sa royauté à son office de Sauveur, comme s’il ne voulait pas de l’une sans l’autre ; et il présente son exaltation comme destinée à apporter des bénédictions aux hommes, comme si c’était là la fleur et la couronne de sa gloire. Quoi de plus propre à relever l’espérance des pécheurs qui cherchent et tournent leurs regards vers Christ ?
Jésus a enduré une grande humiliation, et il y avait donc place pour qu’il fût exalté. Par cette humiliation il a accompli et enduré toute la volonté du Père, et c’est pourquoi il a eu pour récompense d’être élevé à la gloire. Il use de cette exaltation en faveur de son peuple. Que mon lecteur lève les yeux vers ces montagnes de gloire, d’où doit venir son secours. Qu’il contemple les hautes gloires du Prince et Sauveur. N’est-il pas plein d’espérance pour les hommes qu’un Homme soit maintenant sur le trône de l’univers ? N’est-il pas glorieux que le Seigneur de toutes choses soit le Sauveur des pécheurs ? Nous avons un Ami à la cour ; oui, un Ami sur le trône. Il usera de toute son influence pour ceux qui remettent leurs affaires entre ses mains. Comme le chante bien l’un de nos poètes :
Il vit toujours pour intercéder
devant la face de son Père ;
Confie-lui, mon âme, le soin de plaider ta cause,
ne doute point de la grâce du Père.
Viens, ami, et remets ta cause et ton affaire à ces mains jadis percées, qui sont maintenant glorifiées des anneaux royaux de la puissance et de l’honneur. Jamais ne fut perdu un procès confié à ce grand Avocat.