Chapitre 12 · 9 min de lecture
L’accroissement de la foi
COMMENT POUVONS-NOUS OBTENIR un accroissement de foi ? Voilà pour beaucoup une question très sérieuse. Ils disent qu’ils veulent croire, mais ne le peuvent. On dit bien des sottises sur ce sujet. Traitons-le de façon rigoureusement pratique. Le bon sens est aussi nécessaire en religion que partout ailleurs. « Que dois-je faire pour croire ? » Quelqu’un à qui l’on demandait la meilleure manière d’accomplir un certain acte tout simple répondit que la meilleure manière de le faire était de le faire sur-le-champ. Nous perdons du temps à discuter des méthodes quand l’action est simple. Le plus court chemin pour croire, c’est de croire. Si le Saint-Esprit t’a rendu sincère, tu croiras dès que la vérité te sera présentée. Tu la croiras parce qu’elle est vraie. Le commandement de l’Évangile est clair : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé. » Il est vain de l’éluder par des questions et des arguties. L’ordre est net ; qu’on lui obéisse.
Mais encore, si tu as de la difficulté, porte-la devant Dieu dans la prière. Dis au grand Père exactement ce qui t’embarrasse, et supplie-le, par son Saint-Esprit, de résoudre la question. Si je ne puis croire une affirmation dans un livre, je suis heureux de demander à l’auteur ce qu’il entend par là ; et s’il est un homme véridique, son explication me satisfera ; à plus forte raison l’explication divine des points difficiles de l’Écriture satisfera-t-elle le cœur du vrai chercheur. Le Seigneur veut bien se faire connaître ; va à lui et vois s’il n’en est pas ainsi. Retire-toi aussitôt dans ton cabinet et crie : « Ô Saint-Esprit, conduis-moi dans la vérité ! Ce que je ne sais pas, enseigne-le-moi. »
De plus, si la foi paraît difficile, il se peut que Dieu le Saint-Esprit te rende capable de croire si tu entends très fréquemment et avec application ce qu’il t’est commandé de croire. Nous croyons bien des choses parce que nous les avons entendues bien souvent. Ne l’éprouves-tu pas dans la vie courante, que si tu entends une chose cinquante fois par jour, tu finis par la croire ? Des hommes en sont venus à croire des affirmations fort invraisemblables par ce procédé ; aussi ne m’étonné-je pas que le bon Esprit bénisse souvent la méthode qui consiste à entendre fréquemment la vérité, et s’en serve pour produire la foi touchant ce qui doit être cru. Il est écrit : « La foi vient de ce qu’on entend » ; entends donc souvent. Si j’entends l’Évangile avec sérieux et attention, un de ces jours je me trouverai croire ce que j’entends, par l’opération bénie de l’Esprit de Dieu sur mon esprit. Veille seulement à entendre l’Évangile, et ne distrais pas ton esprit en entendant ou en lisant ce qui est destiné à t’ébranler.
Si toutefois ce conseil semblait pauvre, j’ajouterais ensuite : considère le témoignage des autres. Les Samaritains crurent à cause de ce que la femme leur dit au sujet de Jésus. Beaucoup de nos croyances naissent du témoignage d’autrui. Je crois qu’il existe un pays appelé le Japon ; je ne l’ai jamais vu, et pourtant je crois qu’un tel lieu existe parce que d’autres y sont allés. Je crois que je mourrai ; je ne suis jamais mort, mais bien des gens que j’ai connus autrefois le sont, et j’ai donc la conviction que je mourrai aussi. Le témoignage d’un grand nombre me convainc de ce fait. Écoute donc ceux qui te racontent comment ils ont été sauvés, comment ils ont été pardonnés, comment leur caractère a été changé. Si tu y regardes de près, tu découvriras que quelqu’un tout semblable à toi a été sauvé. Si tu as été un voleur, tu trouveras qu’un voleur s’est réjoui de laver son péché dans la source du sang de Christ. Si, par malheur, tu as été impur, tu trouveras que des hommes et des femmes tombés de cette manière ont été purifiés et changés. Si tu es dans le désespoir, tu n’as qu’à te mêler au peuple de Dieu, à t’informer un peu, et tu découvriras que certains des saints ont parfois été tout aussi désespérés, et ils se feront un plaisir de te dire comment le Seigneur les a délivrés. À mesure que tu écouteras l’un après l’autre ceux qui ont éprouvé la parole de Dieu et l’ont trouvée vraie, l’Esprit divin te conduira à croire. N’as-tu pas entendu parler de cet Africain à qui le missionnaire disait que l’eau devenait parfois si dure qu’un homme pouvait marcher dessus ? Il déclara croire bien des choses que le missionnaire lui avait dites ; mais cela, il ne le croirait jamais. Lorsqu’il vint en Angleterre, il arriva qu’un jour de gelée il vit la rivière gelée, mais il ne voulut pas s’y aventurer. Il savait que c’était une rivière profonde, et il tenait pour certain qu’il se noierait s’il s’y risquait. On ne put le décider à marcher sur l’eau gelée jusqu’à ce que son ami et beaucoup d’autres s’y fussent avancés ; alors il fut persuadé et se confia là où d’autres s’étaient risqués sans danger. Ainsi, en voyant d’autres croire en l’Agneau de Dieu et en remarquant leur joie et leur paix, tu seras toi-même doucement amené à croire. L’expérience des autres est l’un des moyens dont Dieu se sert pour nous aider à la foi. Il te faut ou croire en Jésus, ou mourir ; il n’y a d’espérance pour toi qu’en lui.
Voici un meilleur moyen : remarque l’autorité en vertu de laquelle il t’est commandé de croire, et cela t’aidera grandement à la foi. Cette autorité n’est pas la mienne, sinon tu pourrais bien la rejeter. Mais il t’est commandé de croire sur l’autorité de Dieu lui-même. Il t’ordonne de croire en Jésus-Christ, et tu ne dois pas refuser d’obéir à ton Créateur. Le contremaître d’une certaine usine avait souvent entendu l’Évangile, mais il était troublé par la crainte de ne pouvoir venir à Christ. Son bon patron fit un jour porter un billet à l’usine : « Viens chez moi immédiatement après le travail. » Le contremaître se présenta à la porte de son maître ; celui-ci sortit et dit d’un ton quelque peu rude : « Que veux-tu, John, à me déranger à cette heure ? Le travail est fini, quel droit as-tu d’être ici ? » « Monsieur, » dit-il, « j’ai reçu de vous un billet disant que je devais venir après le travail. » « Veux-tu dire que, pour la seule raison que tu as reçu un billet de moi, tu dois monter à ma maison et m’en faire sortir en dehors des heures de travail ? » « Eh bien, Monsieur, » répondit le contremaître, « je ne vous comprends pas, mais il me semble que, puisque vous m’avez fait appeler, j’avais le droit de venir. » « Entre, John, » dit son maître, « j’ai un autre message que je veux te lire », et il s’assit et lut ces mots : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. » « Penses-tu qu’après un tel message de Christ tu puisses avoir tort de venir à lui ? » Le pauvre homme comprit tout d’un coup, et il crut au Seigneur Jésus pour la vie éternelle, parce qu’il s’aperçut qu’il avait un bon titre et une bonne autorité pour croire. Toi aussi, pauvre âme ! Tu as une bonne autorité pour venir à Christ, car le Seigneur lui-même t’ordonne de te confier en lui.
Si cela ne fait pas naître en toi la foi, réfléchis à ce que tu as à croire : que le Seigneur Jésus-Christ a souffert à la place et au nom des pécheurs, et qu’il peut sauver tous ceux qui se confient en lui. Voilà le fait le plus béni qu’on ait jamais dit aux hommes de croire ; la vérité la plus appropriée, la plus consolante, la plus divine qui ait jamais été présentée à des esprits mortels. Je te conseille d’y penser beaucoup et d’en sonder la grâce et l’amour. Étudie les quatre évangélistes, étudie les épîtres de Paul, et vois ensuite si le message n’est pas si digne de foi que tu es forcé de le croire.
Si cela ne suffit pas, pense alors à la personne de Jésus-Christ ; songe à qui il est, à ce qu’il a fait, à l’endroit où il est et à ce qu’il est. Comment peux-tu douter de lui ? C’est cruauté de se défier de Jésus, qui est toujours véridique. Il n’a rien fait qui mérite la défiance ; au contraire, il devrait être facile de s’appuyer sur lui. Pourquoi le crucifier de nouveau par l’incrédulité ? N’est-ce pas le couronner d’épines encore une fois et cracher encore sur lui ? Quoi ! ne mérite-t-il pas qu’on se fie à lui ? Quel pire outrage les soldats répandirent-ils sur lui que celui-ci ? Ils firent de lui un martyr ; mais toi, tu fais de lui un menteur : c’est bien pire. Ne demande pas : comment puis-je croire ? Mais réponds à une autre question : comment peux-tu ne pas croire ?
Si rien de tout cela ne réussit, c’est qu’il y a en toi quelque chose de tout à fait dérangé, et mon dernier mot est : soumets-toi à Dieu ! Le préjugé ou l’orgueil est au fond de cette incrédulité. Que l’Esprit de Dieu ôte ton inimitié et te fasse céder. Tu es un rebelle, un rebelle orgueilleux, et voilà pourquoi tu ne crois pas ton Dieu. Renonce à ta rébellion ; jette tes armes ; rends-toi à discrétion, capitule devant ton Roi. Je crois que jamais une âme ne leva les mains dans le désespoir de soi et ne cria : « Seigneur, je me rends », sans que la foi lui devînt aisée sous peu. C’est parce que tu es encore en querelle avec Dieu, et que tu es résolu à faire ta propre volonté et à suivre ta propre voie, que tu ne peux croire. « Comment pouvez-vous croire, » dit Christ, « vous qui tirez votre gloire les uns des autres ? » Le moi orgueilleux engendre l’incrédulité. Soumets-toi, ô homme. Cède à ton Dieu, et alors tu croiras avec douceur en ton Sauveur. Que le Saint-Esprit agisse maintenant en toi secrètement mais efficacement, et t’amène à l’instant même à croire au Seigneur Jésus ! Amen.