L’abandon absolu ·Séparés pour le Saint-Esprit

Chapitre 3 · 18 min de lecture

Séparés pour le Saint-Esprit

MIS À PART POUR LE SAINT-ESPRIT

« Il y avait dans l’Église d’Antioche des prophètes et des docteurs : Barnabas, Siméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manaën . . . et Saul.

« Pendant qu’ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés.

« Après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les laissèrent partir. Barnabas et Saul, envoyés par le Saint-Esprit, descendirent à Séleucie » (Actes 13:1-4).

Dans le récit de notre texte, nous trouverons quelques pensées précieuses pour nous guider sur ce que Dieu attend de nous et sur ce que Dieu veut faire pour nous. La grande leçon des versets cités est celle-ci : Le Saint-Esprit est le directeur de l’œuvre de Dieu sur la terre. Et ce que nous devons faire, si nous voulons travailler comme il faut pour Dieu et si Dieu doit bénir notre travail, c’est de veiller à nous tenir dans une juste relation avec le Saint-Esprit, à lui donner chaque jour la place d’honneur qui lui appartient, et à ce que, dans tout notre travail et (plus encore) dans toute notre vie intérieure et cachée, le Saint-Esprit ait toujours la première place. Permettez-moi de vous signaler quelques-unes des pensées précieuses que notre passage suggère.

Tout d’abord, nous voyons que Dieu a ses propres plans à l’égard de son royaume.

Son Église d’Antioche avait été établie. Dieu avait certains plans et certaines intentions à l’égard de l’Asie et à l’égard de l’Europe. Il les avait conçus ; ils étaient à lui, et il les fit connaître à ses serviteurs.

Notre grand Commandant organise chaque campagne, et ses généraux et ses officiers ne connaissent pas toujours les grands plans. Souvent ils reçoivent des ordres scellés, et ils doivent s’attendre à lui pour les ordres qu’il leur donne. Dieu, dans le ciel, a des désirs et une volonté à l’égard de toute œuvre qui doit être accomplie, et de la manière dont elle doit l’être. Heureux l’homme qui pénètre dans les secrets de Dieu et qui travaille sous la conduite de Dieu.

Il y a quelques années, à Wellington, en Afrique du Sud, où je vis, nous avons inauguré un Institut de Mission — ce que l’on tient là-bas pour un beau et vaste bâtiment. Lors de nos services d’inauguration, le directeur dit quelque chose que je n’ai jamais oublié. Il fit cette remarque :

« L’an dernier, nous nous sommes réunis ici pour poser la première pierre, et qu’y avait-il alors à voir ? Rien que des décombres, des pierres, des briques et les ruines d’un vieux bâtiment que l’on avait démoli. Là, nous avons posé la première pierre, et bien peu savaient quel serait le bâtiment qui devait s’élever. Nul ne le connaissait parfaitement dans chaque détail, sauf un seul homme, l’architecte. Dans son esprit, tout était clair, et à mesure que l’entrepreneur, le maçon et le charpentier venaient à leur ouvrage, ils recevaient de lui leurs ordres, et le plus humble des ouvriers devait obéir aux ordres, et la structure s’éleva, et ce beau bâtiment a été achevé. Et de même, ajouta-t-il, ce bâtiment que nous inaugurons aujourd’hui ne fait que poser le fondement d’une œuvre dont Dieu seul sait ce qu’elle deviendra. »

Mais Dieu a ses ouvriers et ses plans clairement tracés, et notre position est d’attendre, afin que Dieu nous communique autant de sa volonté qu’il est nécessaire à chaque fois.

Nous n’avons simplement qu’à être fidèles dans l’obéissance, en exécutant ses ordres. Dieu a un plan pour son Église sur la terre. Mais hélas ! trop souvent nous faisons notre propre plan, et nous croyons savoir ce qui doit être fait. Nous demandons d’abord à Dieu de bénir nos faibles efforts, au lieu de refuser absolument d’aller si Dieu ne va pas devant nous. Dieu a formé des plans pour l’œuvre et pour l’extension de son royaume. Le Saint-Esprit a reçu la charge de cette œuvre. « L’œuvre à laquelle je les ai appelés. » Que Dieu, par conséquent, nous aide tous à craindre de toucher « l’arche de Dieu » autrement que conduits par le Saint-Esprit.

Puis vient la deuxième pensée — Dieu veut et peut révéler à ses serviteurs quelle est sa volonté.

Oui, béni soit Dieu, des communications descendent encore du ciel ! De même que nous lisons ici ce que le Saint-Esprit a dit, de même le Saint-Esprit parlera encore à son Église et à son peuple. En ces derniers jours, il l’a souvent fait. Il est venu à des hommes en particulier, et par son enseignement divin il les a conduits dans des champs de travail que d’autres ne pouvaient d’abord ni comprendre ni approuver, dans des voies et des méthodes qui ne se recommandaient pas à la majorité. Mais le Saint-Esprit enseigne encore de nos jours son peuple. Grâce à Dieu, dans nos sociétés missionnaires étrangères et dans nos missions intérieures, et sous mille formes de travail, la conduite du Saint-Esprit est connue, mais (nous sommes tous prêts, je pense, à le confesser) trop peu connue. Nous n’avons pas assez appris à nous attendre à lui, et c’est pourquoi nous devrions faire une solennelle déclaration devant Dieu : ô Dieu, nous voulons attendre davantage que tu nous montres ta volonté.

Ne demandez pas à Dieu seulement la puissance. Bien des chrétiens ont leur propre plan de travail, mais c’est à Dieu d’envoyer la puissance. L’homme travaille selon sa propre volonté, et il faut que Dieu donne la grâce — l’unique raison pour laquelle Dieu donne souvent si peu de grâce et si peu de succès. Mais prenons tous notre place devant Dieu et disons :

« Ce qui est fait dans la volonté de Dieu, la force de Dieu ne lui sera pas refusée ; ce qui est fait dans la volonté de Dieu doit avoir la puissante bénédiction de Dieu. »

Ainsi donc, que notre premier désir soit que la volonté de Dieu nous soit révélée.

Si vous me demandez : Est-ce chose facile que de recevoir ces communications du ciel et de les comprendre ? je puis vous donner la réponse. C’est facile à ceux qui sont dans une juste communion avec le ciel, et qui comprennent l’art de s’attendre à Dieu dans la prière.

Que de fois nous demandons : Comment peut-on connaître la volonté de Dieu ? Et les gens veulent, lorsqu’ils sont dans la perplexité, prier très instamment pour que Dieu leur réponde aussitôt. Mais Dieu ne peut révéler sa volonté qu’à un cœur humble, tendre et vide. Dieu ne peut révéler sa volonté, dans les perplexités et les difficultés particulières, qu’à un cœur qui a appris à lui obéir et à l’honorer fidèlement dans les petites choses et dans la vie de chaque jour.

Cela m’amène à la troisième pensée — Remarquez la disposition à laquelle l’Esprit révèle la volonté de Dieu.

Que lisons-nous ici ? Il y avait un certain nombre d’hommes qui servaient le Seigneur et qui jeûnaient, et le Saint-Esprit vint et leur parla. Certaines personnes comprennent ce passage à peu près comme elles le feraient à propos d’un comité missionnaire de notre temps. Nous voyons qu’il y a un champ ouvert, et nous avons eu nos missions dans d’autres champs, et nous allons nous porter vers ce champ-là. Nous avons pratiquement décidé la chose, et nous prions à ce sujet. Mais la situation était bien différente en ces temps anciens. Je doute qu’aucun d’eux ait songé à l’Europe, car plus tard Paul lui-même tenta de retourner en Asie, jusqu’à ce que la vision de la nuit l’appelât par la volonté de Dieu. Regardez ces hommes. Dieu avait fait des merveilles. Il avait étendu l’Église jusqu’à Antioche, et il avait donné une riche et abondante bénédiction. Or, voici que ces hommes servaient le Seigneur, le servant par la prière et le jeûne. Quelle profonde conviction est la leur — « Tout doit venir directement du ciel. Nous sommes en communion avec le Seigneur ressuscité ; nous devons avoir une union étroite avec lui, et d’une manière ou d’une autre il nous fera savoir ce qu’il veut. » Et les voilà, vides, ignorants, impuissants, contents et joyeux, mais profondément humiliés.

« Ô Seigneur, semblent-ils dire, nous sommes tes serviteurs, et dans le jeûne et la prière nous nous attendons à toi. Quelle est ta volonté pour nous ? »

N’en fut-il pas de même pour Pierre ? Il était sur le toit, jeûnant et priant, et il songeait bien peu à la vision et à l’ordre d’aller à Césarée. Il ignorait quelle pourrait être son œuvre.

C’est dans des cœurs entièrement abandonnés au Seigneur Jésus, dans des cœurs qui se séparent du monde, et même des exercices religieux ordinaires, et qui se livrent dans une prière intense pour regarder à leur Seigneur — c’est dans de tels cœurs que la volonté céleste de Dieu sera manifestée.

Vous savez que ce mot jeûner revient une seconde fois (au troisième verset) : « Ils jeûnèrent et prièrent. » Quand vous priez, vous aimez à entrer dans votre chambre intérieure, selon le commandement de Jésus, et à fermer la porte. Vous laissez dehors les affaires, la compagnie, le plaisir et tout ce qui peut distraire, et vous voulez être seul avec Dieu. Mais, d’une certaine manière, le monde matériel lui-même vous y suit. Il vous faut manger. Ces hommes voulaient se fermer aux influences du matériel et du visible, et ils jeûnèrent. Ce qu’ils mangeaient suffisait tout juste à subvenir aux besoins de la nature, et dans l’intensité de leur âme ils pensaient donner expression à leur renoncement à tout ce qui est sur la terre, dans leur jeûne devant Dieu. Oh ! que Dieu nous donne cette intensité de désir, cette séparation d’avec toute chose, parce que nous voulons nous attendre à Dieu, afin que le Saint-Esprit nous révèle la volonté bénie de Dieu.

La quatrième pensée — Quelle est donc la volonté de Dieu telle que le Saint-Esprit la révèle ? Elle est contenue en une seule phrase : La séparation pour le Saint-Esprit. Voilà la note dominante du message venu du ciel.

« Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. L’œuvre est mienne, et j’en prends soin, et j’ai choisi ces hommes et les ai appelés, et je veux que vous, qui représentez l’Église de Christ sur la terre, les mettiez à part pour moi. »

Considérez ce message céleste sous son double aspect. Les hommes devaient être mis à part pour le Saint-Esprit, et c’était à l’Église d’accomplir cette œuvre de séparation. Le Saint-Esprit pouvait se fier à ces hommes pour l’accomplir dans un juste esprit. Ils demeuraient là en communion avec le ciel, et le Saint-Esprit pouvait leur dire : « Faites l’œuvre de mettre à part ces hommes. » Et c’étaient là les hommes que le Saint-Esprit avait préparés, et il pouvait dire d’eux : « Qu’ils soient mis à part pour moi. »

Nous voici arrivés à la racine même, à la vie même du besoin des ouvriers chrétiens. La question est celle-ci : Que faut-il pour que la puissance de Dieu repose sur nous plus puissamment, pour que la bénédiction de Dieu se répande plus abondamment parmi ces pauvres et misérables gens et ces pécheurs qui périssent au milieu desquels nous travaillons ? Et la réponse du ciel est :

« Je veux des hommes séparés pour le Saint-Esprit. »

Qu’est-ce que cela implique ? Vous savez qu’il y a deux esprits sur la terre. Le Christ a dit, en parlant du Saint-Esprit : « le monde ne peut le recevoir » (Jean 14:17). Paul a dit : « Nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu » (1 Corinthiens 2:12). Voilà le grand besoin chez tout ouvrier — que l’esprit du monde s’en aille, et que l’Esprit de Dieu entre pour prendre possession de la vie intérieure et de tout l’être.

Je suis sûr qu’il y a des ouvriers qui crient souvent à Dieu pour que le Saint-Esprit vienne sur eux comme un Esprit de puissance pour leur travail, et quand ils éprouvent cette mesure de puissance et reçoivent la bénédiction, ils en rendent grâces à Dieu. Mais Dieu veut quelque chose de plus et de plus élevé. Dieu veut que nous cherchions le Saint-Esprit comme un Esprit de puissance dans notre propre cœur et notre propre vie, pour vaincre le moi et chasser le péché, et pour former en nous la bienheureuse et belle image de Jésus.

Il y a une différence entre la puissance de l’Esprit comme un don, et la puissance de l’Esprit pour la grâce d’une vie sainte. Un homme peut souvent avoir une certaine mesure de la puissance de l’Esprit, mais s’il n’y a pas une large mesure de l’Esprit comme Esprit de grâce et de sainteté, le défaut se manifestera dans son œuvre. Il pourra être le moyen de conversions, mais il n’élèvera jamais les âmes à un plus haut degré de vie spirituelle, et quand il s’en ira, une grande partie de son œuvre pourra s’en aller aussi. Mais un homme séparé pour le Saint-Esprit est un homme qui se livre à dire :

« Père, que le Saint-Esprit ait pleine domination sur moi, dans ma maison, dans mon caractère, dans chaque parole de ma langue, dans chaque pensée de mon cœur, dans chaque sentiment envers mes semblables ; que le Saint-Esprit en ait la possession entière. »

Est-ce là ce qu’a été l’ardent désir et l’alliance de votre cœur avec votre Dieu — d’être un homme ou une femme séparé et livré au Saint-Esprit ? Je vous en prie, écoutez la voix du ciel. « Mettez-moi à part », a dit le Saint-Esprit. Oui, séparés pour le Saint-Esprit. Que Dieu accorde que la Parole pénètre jusque dans les profondeurs mêmes de notre être pour nous sonder, et si nous découvrons que nous ne sommes pas entièrement sortis du monde, si Dieu nous révèle que la vie du moi, la volonté propre, l’exaltation de soi s’y trouvent, humilions-nous devant lui.

Homme, femme, frère, sœur, vous êtes un ouvrier séparé pour le Saint-Esprit. Est-ce vrai ? Cela a-t-il été votre ardent désir ? Cela a-t-il été votre abandon ? Cela a-t-il été ce que vous avez attendu par la foi en la puissance de notre Seigneur Jésus ressuscité et tout-puissant ? Sinon, voici l’appel de la foi, et voici la clé de la bénédiction — séparé pour le Saint-Esprit. Que Dieu écrive cette parole dans nos cœurs !

J’ai dit que le Saint-Esprit parla à cette Église comme à une Église capable d’accomplir cette œuvre. Le Saint-Esprit se fiait à eux. Que Dieu accorde que nos Églises, nos sociétés missionnaires et nos unions d’ouvriers, que tous nos directeurs, nos conseils et nos comités soient des hommes et des femmes propres à l’œuvre de séparer des ouvriers pour le Saint-Esprit. Nous pouvons demander cela aussi à Dieu.

Vient ensuite ma cinquième pensée, et la voici — Ce saint partenariat avec le Saint-Esprit dans cette œuvre devient une affaire de conscience et d’action.

Ces hommes, que firent-ils ? Ils mirent à part Paul et Barnabas, puis il est écrit des deux que, envoyés par le Saint-Esprit, ils descendirent à Séleucie. Oh ! quelle communion ! Le Saint-Esprit dans le ciel accomplissant une partie de l’œuvre, les hommes sur la terre accomplissant l’autre partie. Après l’ordination des hommes sur la terre, il est écrit dans la Parole inspirée de Dieu qu’ils furent envoyés par le Saint-Esprit.

Et voyez comme ce partenariat appelle à une nouvelle prière et à un nouveau jeûne. Ils avaient, pendant un certain temps, servi le Seigneur et jeûné, peut-être des jours ; et le Saint-Esprit parle, et ils ont à faire l’œuvre et à entrer en partenariat, et aussitôt ils se réunissent pour plus de prière et de jeûne. C’est l’esprit dans lequel ils obéissent au commandement de leur Seigneur. Et cela nous enseigne que ce n’est pas seulement au commencement de notre travail chrétien, mais tout au long, que nous devons puiser notre force dans la prière. S’il est une pensée à l’égard de l’Église de Christ qui parfois me vient avec une tristesse accablante ; s’il est une pensée à l’égard de ma propre vie dont j’aie honte ; s’il est une pensée dont je sente que l’Église de Christ ne l’a ni acceptée ni saisie ; s’il est une pensée qui me fasse prier Dieu : « Oh ! enseigne-nous par ta grâce des choses nouvelles » — c’est la puissance merveilleuse que la prière est destinée à avoir dans le royaume. Nous nous en sommes si peu prévalus.

Nous avons tous lu ce que dit Chrétien, dans le grand ouvrage de Bunyan, lorsqu’il découvrit qu’il avait dans son sein la clé qui devait ouvrir le cachot. Nous avons la clé qui peut ouvrir le cachot de l’athéisme et du paganisme. Mais, oh ! nous sommes bien plus occupés de notre travail que de la prière. Nous croyons plus à parler aux hommes que nous ne croyons à parler à Dieu. Apprenez de ces hommes que l’œuvre que le Saint-Esprit commande doit nous appeler à un nouveau jeûne et à une nouvelle prière, à une nouvelle séparation d’avec l’esprit et les plaisirs du monde, à une nouvelle consécration à Dieu et à sa communion. Ces hommes se livrèrent au jeûne et à la prière, et si, dans tout notre travail chrétien ordinaire, il y avait plus de prière, il y aurait plus de bénédiction dans notre propre vie intérieure. Si nous sentions, éprouvions et attestions au monde que notre seule force est de demeurer chaque minute en contact avec le Christ, permettant chaque minute à Dieu d’agir en nous — si tel était notre esprit, nos vies, par la grâce de Dieu, ne seraient-elles pas plus saintes ? Ne seraient-elles pas plus abondamment fécondes ?

Je ne connais guère d’avertissement plus solennel dans la Parole de Dieu que celui que nous trouvons au troisième chapitre des Galates, où Paul demande :

« Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair ? » (Galates 3:3).

Comprenez-vous ce que cela signifie ? Un terrible danger dans le travail chrétien, tout comme dans une vie chrétienne commencée avec beaucoup de prière, commencée dans le Saint-Esprit, c’est qu’elle puisse peu à peu être détournée sur les voies de la chair ; et la parole retentit : « Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair ? » Au temps de notre première perplexité et de notre impuissance, nous priions beaucoup Dieu, et Dieu répondait et Dieu bénissait, et notre organisation se perfectionna, et notre troupe d’ouvriers devint nombreuse ; mais peu à peu l’organisation, le travail et l’agitation ont tellement pris possession de nous que la puissance de l’Esprit, dans laquelle nous avions commencé lorsque nous étions une petite compagnie, a presque été perdue. Oh ! je vous en prie, notez-le bien ! C’est avec une nouvelle prière et un nouveau jeûne, avec plus de prière et de jeûne, que cette compagnie de disciples exécuta le commandement du Saint-Esprit : « Oui, mon âme, confie-toi en Dieu. » C’est là notre plus haute et notre plus importante œuvre. Le Saint-Esprit vient en réponse à la prière croyante.

Vous savez que, lorsque Jésus glorifié fut monté sur le trône, pendant dix jours le marchepied du trône fut le lieu où ses disciples, dans l’attente, criaient à lui. Et telle est la loi du royaume — le Roi sur le trône, les serviteurs sur le marchepied. Que Dieu nous y trouve sans cesse !

Vient ensuite la dernière pensée — Quelle merveilleuse bénédiction survient lorsqu’on laisse le Saint-Esprit conduire et diriger l’œuvre, et lorsqu’elle est poursuivie dans l’obéissance envers lui !

Vous connaissez l’histoire de la mission pour laquelle Barnabas et Saul furent envoyés. Vous savez quelle puissance était avec eux. Le Saint-Esprit les envoya, et ils allèrent de lieu en lieu avec une abondante bénédiction. Le Saint-Esprit fut plus loin leur conducteur. Vous vous rappelez comment ce fut par l’Esprit que Paul fut empêché d’aller de nouveau en Asie, et fut conduit jusqu’en Europe. Oh ! la bénédiction qui reposa sur cette petite compagnie d’hommes, et sur leur ministère envers le Seigneur !

Je vous en prie, apprenons à croire que Dieu a une bénédiction pour nous. Le Saint-Esprit, entre les mains de qui Dieu a remis l’œuvre, a été appelé « l’exécuteur de la sainte Trinité ». Le Saint-Esprit n’a pas seulement la puissance, mais il a l’Esprit d’amour. Il plane sur ce monde ténébreux et sur chaque sphère de travail qui s’y trouve, et il est disposé à bénir. Et pourquoi n’y a-t-il pas davantage de bénédiction ? Il ne peut y avoir qu’une seule réponse. Nous n’avons pas honoré le Saint-Esprit comme nous aurions dû le faire. Y a-t-il quelqu’un qui puisse dire que cela n’est pas vrai ? Tout cœur réfléchi n’est-il pas prêt à s’écrier : « Dieu me pardonne de n’avoir pas honoré le Saint-Esprit comme j’aurais dû le faire, de l’avoir attristé, d’avoir laissé le moi, la chair et ma propre volonté agir là où le Saint-Esprit aurait dû être honoré ! Que Dieu me pardonne d’avoir laissé le moi, la chair et la volonté avoir en fait la place que Dieu voulait que le Saint-Esprit eût. »

Oh ! le péché est plus grand que nous ne le savons ! Rien d’étonnant qu’il y ait tant de faiblesse et d’échec dans l’Église de Christ !

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L’abandon absolu Andrew Murray

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