Chapitre 26 · 4 min de lecture
Pour connaître sa bonté
Vingt-quatrième jour. S’ATTENDRE À DIEU : Pour connaître sa bonté.
« L’Éternel a de la bonté pour qui espère en lui. » — Lamentations 3:25
« Il n’y a de bon que Dieu seul. » « Ta bonté atteint jusqu’aux cieux. » « Oh ! Combien est grande ta bonté, que tu tiens en réserve pour ceux qui te craignent ! » « Sentez et voyez combien l’Éternel est bon ! » Et voici maintenant la vraie manière d’entrer dans cette bonté de Dieu et de s’en réjouir : s’attendre à lui. L’Éternel est bon — même ses enfants l’ignorent souvent, car ils n’attendent pas dans le calme qu’il le leur révèle. Mais pour ceux qui persévèrent dans l’attente, dont l’âme attend véritablement, cela se vérifiera. On pourrait croire que ce sont justement ceux qui doivent attendre qui pourraient en douter. Mais il n’en est ainsi que lorsqu’ils n’attendent pas, mais deviennent impatients. Ceux qui attendent vraiment auront tous à dire : « L’Éternel a de la bonté pour qui espère en lui. » Voudrais-tu connaître pleinement la bonté de Dieu, adonne-toi plus que jamais à une vie d’attente devant lui.
À notre première entrée dans l’école de l’attente devant Dieu, le cœur est surtout attaché aux bénédictions que nous attendons. Dieu, dans sa grâce, se sert de notre besoin et de notre désir de secours pour nous former à quelque chose de plus élevé que ce à quoi nous songions. Nous cherchions des dons ; lui, le Donateur, aspire à se donner lui-même et à rassasier l’âme de sa bonté. C’est pour cette raison même qu’il retient souvent les dons, et que le temps de l’attente est rendu si long. Il cherche tout le temps à gagner pour lui-même le cœur de son enfant. Il veut que nous ne disions pas seulement, lorsqu’il accorde le don : Que Dieu est bon ! mais que, bien avant qu’il ne vienne, et même s’il ne vient jamais, nous fassions tout le temps cette expérience : « Il est bon d’attendre en silence » ; « L’Éternel a de la bonté pour qui espère en lui. »
Quelle vie bénie que devient alors la vie d’attente : l’adoration continuelle de la foi, adorant et se confiant en sa bonté ! À mesure que l’âme en apprend le secret, chaque acte ou exercice d’attente devient simplement une paisible entrée dans la bonté de Dieu, pour la laisser accomplir son œuvre bénie et rassasier chacun de nos besoins. Et chaque expérience de la bonté de Dieu donne à l’œuvre de l’attente un attrait nouveau ; au lieu de ne chercher refuge qu’au temps du besoin, naît un grand désir d’attendre continuellement, tout le jour durant. Et quels que soient les devoirs et les occupations qui remplissent le temps et l’esprit, l’âme se familiarise davantage avec l’art secret de toujours attendre. L’attente devient l’habitude et la disposition, la seconde nature même et le souffle de l’âme.
Cher chrétien ! ne commences-tu pas à voir que l’attente n’est pas l’une parmi tant de vertus chrétiennes, à considérer de temps à autre, mais qu’elle exprime cette disposition qui se trouve à la racine même de la vie chrétienne ? Elle donne une valeur plus haute et une puissance nouvelle à notre prière et à notre adoration, à notre foi et à notre abandon, parce qu’elle nous lie, dans une dépendance inaltérable, à Dieu lui-même. Et elle nous donne la jouissance ininterrompue de la bonté de Dieu : « L’Éternel a de la bonté pour qui espère en lui. »
Permettez-moi de vous presser une fois encore de prendre le temps et la peine de cultiver cet élément de la vie chrétienne dont on a tant besoin. Nous recevons trop de notre religion de seconde main, de l’enseignement des hommes. Cet enseignement a une grande valeur si, de même que la prédication de Jean-Baptiste renvoyait ses disciples de lui-même au Christ vivant, il nous conduit à Dieu lui-même. Ce dont notre religion a besoin, c’est de plus de Dieu. Beaucoup d’entre nous sont trop occupés de leur travail. Comme pour Marthe, le service même que nous voulons rendre au Maître nous sépare de lui ; il ne lui est ni agréable ni profitable à nous-mêmes. Plus il y a de travail, plus il y a besoin de s’attendre à Dieu ; alors, l’accomplissement de la volonté de Dieu, loin de nous épuiser, serait notre viande et notre breuvage, notre nourriture, notre rafraîchissement et notre force. « L’Éternel a de la bonté pour qui espère en lui. » Combien il est bon, nul ne peut le dire, sinon ceux qui l’éprouvent en s’attendant à lui. Combien il est bon, nul ne peut le dire pleinement, sinon ceux qui l’ont éprouvé jusqu’au bout.
« Oui, mon âme, confie-toi en Dieu ! »