Union et communion
Section I

Chapitre 4 · 21 min de lecture

Section I

LA VIE INSATISFAITE ET SON REMÈDE

Cantique 1:2-2:7

Il n’est pas difficile de reconnaître l’épouse comme celle qui parle aux versets 2 à 7. Ce ne sont pas là les paroles de quelqu’un qui est mort dans ses fautes et ses péchés, pour qui le SEIGNEUR est comme un rejeton sorti d’une terre desséchée — sans forme ni beauté. Celle qui parle a eu les yeux ouverts pour contempler sa beauté, et elle aspire à jouir plus pleinement de son amour.

Qu’il me baise des baisers de sa bouche!

Car ton amour vaut mieux que le vin,

Il est bon qu’il en soit ainsi ; cela marque une étape distincte dans le développement de la vie de la grâce dans l’âme. Et cette expérience consignée donne, pour ainsi dire, une garantie divine au désir de manifestations sensibles de sa présence — de communications sensibles de son amour. Il n’en fut pas toujours ainsi pour elle. Autrefois elle se contentait de son absence — d’autres compagnies et d’autres occupations lui suffisaient ; mais désormais il ne peut plus jamais en être ainsi. Le monde ne pourra jamais plus être pour elle ce qu’il fut jadis ; l’épouse fiancée a appris à aimer son SEIGNEUR, et aucune autre compagnie que la sienne ne peut la satisfaire. Ses visites peuvent être occasionnelles et brèves ; mais ce sont de précieux moments de jouissance. Leur souvenir est chéri dans les intervalles, et leur retour ardemment désiré. Il n’y a pas de satisfaction réelle en son absence, et pourtant, hélas ! il n’est pas toujours avec elle : il vient et il s’en va. Maintenant sa joie en lui est un ciel ici-bas ; mais de nouveau elle soupire, et soupire en vain, après sa présence. Comme la marée sans cesse changeante, son expérience est faite de reflux et de flux ; il se peut même que l’inquiétude soit la règle, et la satisfaction l’exception. N’y a-t-il aucun secours à cela ? doit-il toujours en être ainsi ? A-t-il, peut-il avoir créé ces aspirations inextinguibles seulement pour les tourmenter ? Étrange en vérité s’il en était ainsi. Pourtant, n’y a-t-il pas beaucoup d’enfants du SEIGNEUR dont l’expérience habituelle ressemble à la sienne ? Ils ne connaissent pas le repos, la joie de demeurer en CHRIST ; et ils ne savent pas comment y parvenir, ni pourquoi elle n’est pas la leur. N’y en a-t-il pas beaucoup qui se souviennent des temps délicieux de leurs premières fiançailles et qui, loin de trouver en CHRIST un héritage plus riche qu’ils n’avaient alors, ont même conscience d’avoir perdu leur premier amour, et pourraient exprimer leur expérience dans cette triste complainte :

Où est le bonheur que j’ai connu

Quand j’ai vu le Seigneur pour la première fois ?

D’autres encore, qui n’ont peut-être pas perdu leur premier amour, peuvent néanmoins sentir que les interruptions occasionnelles de la communion deviennent de plus en plus insupportables, à mesure que le monde diminue et que lui grandit. Son absence est une détresse toujours croissante. « Oh! Si je savais où le trouver » « Qu’il me baise des baisers de sa bouche! Car ton amour vaut mieux que le vin, » « Que son amour fût fort et constant comme le mien, et qu’il ne retirât jamais la lumière de sa face ! »

Pauvre âme égarée ! Il existe un amour bien plus fort que le tien qui attend, qui aspire à être satisfait. L’Époux t’attend tout le temps ; les conditions qui interdisent son approche sont toutes de ton propre fait. Prends la juste place devant lui, et il sera tout prêt, tout heureux, à « satisfaire tes plus profonds désirs, à aller au-devant de tous tes besoins et à y pourvoir ». Que penserions-nous d’une fiancée dont la vanité et la volonté propre empêcheraient non seulement l’accomplissement de sa propre joie, mais aussi de celle de celui qui lui a donné son cœur ? Bien que jamais en repos en son absence, elle ne peut lui faire pleinement confiance ; et elle ne se soucie pas de renoncer à son propre nom, à ses propres droits et possessions, à sa propre volonté, en faveur de celui qui est devenu nécessaire à son bonheur. Elle voudrait bien le revendiquer pleinement, sans se donner pleinement à lui ; mais cela ne se peut : tant qu’elle garde son propre nom, elle ne pourra jamais revendiquer le sien. Elle ne peut promettre d’aimer et d’honorer si elle ne veut pas aussi promettre d’obéir ; et jusqu’à ce que son amour atteigne ce point d’abandon, elle doit demeurer une amante insatisfaite — elle ne peut, comme une épouse satisfaite, trouver le repos dans la demeure de son mari. Tant qu’elle garde sa propre volonté et la maîtrise de ses propres biens, elle doit se contenter de vivre de ses propres ressources ; elle ne peut revendiquer les siennes.

Pourrait-il y avoir preuve plus triste de l’étendue et de la réalité de la Chute que la défiance profondément enracinée envers notre SEIGNEUR et MAÎTRE plein d’amour, celle qui nous fait hésiter à nous abandonner entièrement à lui, qui craint qu’il n’exige quelque chose au-delà de nos forces, ou ne réclame quelque chose qu’il nous serait difficile de donner ou de faire ? Le véritable secret d’une vie insatisfaite réside trop souvent dans une volonté non abandonnée. Et pourtant, combien cela est insensé autant qu’injuste ! Nous figurons-nous que nous sommes plus sages que lui ? ou que l’amour que nous avons pour nous-mêmes est plus tendre et plus fort que le sien ? ou que nous nous connaissons mieux qu’il ne nous connaît ? Combien notre défiance doit affliger et blesser de nouveau le tendre cœur de celui qui fut pour nous l’Homme de douleur ! Quels seraient les sentiments d’un époux terrestre s’il découvrait que sa fiancée redoutait de l’épouser, de peur que, une fois qu’il en aurait le pouvoir, il ne rendît sa vie insupportable ? Et pourtant, combien de rachetés du SEIGNEUR le traitent justement ainsi ! Pas étonnant qu’ils ne soient ni heureux ni satisfaits !

Mais l’amour véritable ne peut rester immobile ; il doit ou décliner ou croître. Malgré toutes les craintes indignes de nos pauvres cœurs, l’amour divin est destiné à vaincre. L’épouse s’écrie :

Tes parfums ont une odeur suave;

Ton nom est un parfum qui se répand;

C’est pourquoi les jeunes filles t’aiment.

Il n’y avait pas de parfum comparable à celui dont le Souverain Sacrificateur était oint : notre Époux est Sacrificateur autant que Roi. L’épouse tremblante ne peut chasser entièrement ses craintes ; mais l’inquiétude et le désir deviennent insupportables, et elle résout de tout abandonner et, quoi qu’il advienne, de le suivre pleinement. Elle se donnera elle-même tout entière à lui, cœur et main, influence et possessions. Rien ne peut être aussi insupportable que son absence ! S’il la conduit à un autre Morija, ou même à un Calvaire, elle le suivra.

Entraîne-moi après toi! Nous courrons!

Mais ah ! qu’est-ce qui suit ? Une surprise merveilleusement joyeuse. Pas de Morija, pas de Calvaire ; au contraire, un ROI ! Quand le cœur se soumet, alors JÉSUS règne. Et quand JÉSUS règne, alors il y a du repos.

Et où conduit-il son épouse ?

Le roi m’introduit dans ses appartements.

Non pas d’abord à la maison du festin — cela viendra en temps voulu ; mais d’abord pour être seule avec lui-même.

Comme c’est parfait ! Pourrions-nous nous contenter de rencontrer un bien-aimé seulement en public ? Non ; nous voulons prendre un tel être à part — l’avoir tout à nous. Ainsi en est-il de notre MAÎTRE : il prend à part son épouse désormais pleinement consacrée, pour goûter et savourer les intimités sacrées de son merveilleux amour. L’Époux de son Église aspire à la communion avec son peuple plus que celui-ci n’aspire à la communion avec lui, et souvent il doit s’écrier :

Fais-moi voir ta figure, Fais-moi entendre ta voix;

Car ta voix est douce, et ta figure est agréable.

Ne sommes-nous pas tous trop enclins à le rechercher à cause de notre besoin plutôt que pour sa joie et son plaisir ? Il ne devrait pas en être ainsi. Nous n’admirons pas les enfants égoïstes qui ne pensent qu’à ce qu’ils peuvent obtenir de leurs parents, sans souci du plaisir qu’ils peuvent donner ni du service qu’ils peuvent rendre. Mais ne courons-nous pas le danger d’oublier que plaire à DIEU, c’est lui donner du plaisir ? Certains d’entre nous se rappellent le temps où les mots « plaire à DIEU » ne signifiaient rien de plus que ne pas pécher contre lui, ne pas l’attrister ; mais l’amour de parents terrestres se contenterait-il de la simple absence de désobéissance ? Ou un époux, si son épouse ne le recherchait que pour la satisfaction de son propre besoin ?

Un mot sur le recueillement du matin n’est peut-être pas hors de propos ici. Il n’est pas de temps plus profitablement employé que l’heure matinale donnée à JÉSUS seul. Accordons-nous assez d’attention à cette heure ? Si possible, elle devrait être rachetée ; rien ne peut la remplacer. Nous devons prendre le temps d’être saints ! Encore une pensée. Lorsque nous apportons nos questions à DIEU, ne nous arrive-t-il pas parfois soit d’enchaîner sur quelque autre requête, soit de quitter le lieu secret sans attendre les réponses ? Cela ne semble-t-il pas montrer que nous attendons peu de réponse, et que nous en désirons peu ? Aimerions-nous être traités ainsi ? Attendre en silence devant DIEU nous épargnerait bien des erreurs et bien des chagrins.

Nous avons vu l’épouse faire la joyeuse découverte d’un ROI — son ROI — et non d’une croix, comme elle s’y attendait ; c’est le premier fruit de sa consécration.

Nous nous égaierons, nous nous réjouirons à cause de toi;

Nous célébrerons ton amour plus que le vin.

C’est avec raison que l’on t’aime.

Une autre découverte, non moins importante, l’attend. Elle a vu le visage du ROI, et, comme le soleil levant révèle ce qui était caché dans les ténèbres, ainsi sa lumière lui a révélé sa noirceur. « Ah, s’écrie-t-elle, je suis noire » ; — « Mais belle », glisse l’Époux, avec une grâce et une tendresse inimitables. « Non, “noire comme les tentes de Kédar” », poursuit-elle. « Pourtant, pour moi, répond-il, tu es “belle comme les pavillons de Salomon !” » Rien n’humilie l’âme comme une communion sacrée et intime avec le Seigneur ; et pourtant il y a une douce joie à sentir que Lui sait tout, et que, malgré cela, il nous aime toujours. Ce qu’on appelait autrefois de « petites négligences » se voit désormais avec des yeux nouveaux dans « le secret de sa présence ». Là nous voyons l’erreur, le péché, qu’il y a à ne pas garder notre propre vigne. C’est ce que l’épouse confesse :

Ne prenez pas garde à mon teint noir:

C’est le soleil qui m’a brûlée.

Les fils de ma mère se sont irrités contre moi,

Ils m’ont faite gardienne des vignes.

Ma vigne, à moi, je ne l’ai pas gardée.

Notre attention est ici attirée sur un danger qui est éminemment celui de notre époque : l’intense activité de notre temps peut conduire à un zèle dans le service, au détriment de la communion personnelle ; mais une telle négligence ne fera pas seulement diminuer la valeur du service, elle tendra aussi à nous rendre incapables du service le plus élevé. Si nous veillons sur l’âme des autres et négligeons la nôtre — si nous cherchons à ôter la paille de l’œil de notre frère, sans prendre garde à la poutre qui est dans le nôtre, nous serons souvent déçus de notre impuissance à secourir nos frères, tandis que notre MAÎTRE ne sera pas moins déçu de nous. N’oublions jamais que ce que nous sommes importe plus que ce que nous faisons ; et que tout fruit porté lorsqu’on ne demeure pas en CHRIST ne peut être que fruit de la chair, et non de l’ESPRIT. Le péché de la communion négligée peut être pardonné, et pourtant l’effet en demeure de façon permanente ; comme les blessures, une fois guéries, laissent souvent une cicatrice.

Nous en venons maintenant à un très doux témoignage de la réalité de l’union de cœur de l’épouse avec son SEIGNEUR. Elle ne fait qu’un avec le BON BERGER : son cœur se porte aussitôt d’instinct vers le soin du troupeau ; mais elle voudrait marcher sur les traces de celui que son âme aime, et ne voudrait ni travailler seule, ni en d’autre compagnie que la sienne :

Dis-moi, ô toi que mon cœur aime,

Où tu fais paître tes brebis, Où tu les fais reposer à midi;

Car pourquoi serais-je comme une égarée

Près des troupeaux de tes compagnons?

Elle ne confondra pas la compagnie de ses serviteurs avec celle de leur MAÎTRE.

Si tu ne le sais pas, ô la plus belle des femmes,

Sors sur les traces des brebis,

Et fais paître tes chevreaux Près des demeures des bergers.

Ce sont là les paroles des filles de Jérusalem, et elles donnent une juste réponse à ses interrogations. Qu’elle montre son amour pour son SEIGNEUR en paissant ses brebis, en prenant soin de ses agneaux (voir Jean 21:15-17), et elle n’aura pas à craindre de manquer sa présence. En partageant avec d’autres sous-bergers le soin de son troupeau, elle trouvera le SOUVERAIN PASTEUR à ses côtés, et jouira des marques de son approbation. Ce sera un service avec JÉSUS autant que pour JÉSUS.

Mais bien plus douce que la réponse des filles de Jérusalem est la voix de l’Époux, qui parle maintenant lui-même. C’est le fruit vivant de son union de cœur avec lui qui fait jaillir son amour dans les joyeuses paroles des versets 9 à 11. Car il n’est pas seulement vrai que notre amour pour notre SEIGNEUR se montrera en paissant ses brebis, mais aussi que celui qui, lorsqu’il était sur la terre, a dit : « toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites », voit son propre amour de cœur ému, et non rarement se révèle spécialement à ceux qui exercent leur ministère pour lui.

L’éloge de l’épouse au verset 9 est d’une justesse et d’une beauté frappantes :

Je te compare, ô mon amie,

A ma jument qu’on attelle aux chars de Pharaon.

On se souviendra que les chevaux venaient à l’origine d’Égypte, et que la race pure que l’on trouve encore en Arabie était, sous le règne de Salomon, amenée par ses marchands pour tous les rois de l’Orient. Ceux que l’on choisissait pour le char de Pharaon lui-même n’étaient pas seulement du sang le plus pur et parfaits de proportion et de symétrie, mais aussi parfaitement dressés, dociles et obéissants ; ils ne connaissaient d’autre volonté que celle du conducteur, et le seul but de leur existence était de porter le roi partout où il voulait aller. Ainsi devrait-il en être de l’Église de CHRIST : un seul corps aux membres nombreux, habité et conduit par un seul ESPRIT ; s’attachant à la TÊTE, et ne connaissant d’autre volonté que la sienne ; son mouvement rapide et harmonieux devrait faire progresser son royaume par tout le monde.

Il y a bien des années, un ami cher, revenant de l’Orient par la voie terrestre, fit le trajet de Suez au Caire dans la lourde diligence alors en usage. Les passagers, à leur débarquement, prirent place ; une douzaine de jeunes chevaux sauvages furent attelés au véhicule avec des cordes, le cocher s’installa et fit claquer son fouet, et les chevaux s’élancèrent, les uns à droite, les autres à gauche, d’autres droit devant, faisant partir la voiture d’un bond et s’arrêter tout aussi soudainement, avec pour effet de jeter d’abord ceux qui étaient assis à l’avant sur les genoux de ceux qui étaient derrière, puis d’inverser l’opération. Grâce à un nombre suffisant d’Arabes courant de chaque côté pour maintenir ces bêtes sauvages dans la bonne direction, les passagers furent secoués et cahotés, meurtris et ballottés, jusqu’à ce que, arrivés à destination, ils fussent trop épuisés et endoloris pour prendre le repos dont ils avaient tant besoin.

L’Église de DIEU d’aujourd’hui ne ressemble-t-elle pas davantage à ces coursiers indomptés qu’à un attelage de chevaux du char de Pharaon ? Et tant que la volonté propre et la division sont manifestes dans l’Église, pouvons-nous nous étonner que le monde gise encore sous le pouvoir du malin, et que les grandes nations païennes soient à peine touchées ?

Changeant de comparaison, l’Époux poursuit :

Tes joues sont belles au milieu des colliers,

Ton cou est beau au milieu des rangées de perles.

Nous te ferons des colliers d’or,

Avec des points d’argent.

L’épouse n’est pas seulement belle et utile à son SEIGNEUR, elle est aussi parée, et c’est sa joie que d’ajouter à ses parures. Et ses dons ne sont pas des fleurs périssables, ni des colifichets dépourvus de valeur intrinsèque : l’or le plus fin, l’argent le plus pur, et les joyaux les plus précieux et les plus durables sont les présents que le Royal Époux fait à son épouse ; et ceux-ci, tressés parmi ses propres cheveux, accroissent le plaisir de celui qui les a donnés.

Aux versets 12 à 14, l’épouse répond :

Tandis que le roi est dans son entourage,

Mon nard exhale son parfum.

C’est en sa présence et par sa grâce que tout ce qu’il peut y avoir en nous de parfum ou de beauté vient au jour. De lui comme source, par lui comme instrument, et à lui comme fin, procède tout ce qui est gracieux et divin. Mais LUI-MÊME vaut bien mieux que tout ce que sa grâce opère en nous.

Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe,

Qui repose entre mes seins.

Mon bien-aimé est pour moi une grappe de troëne

Des vignes d’En-Guédi.

Il est bon que nos yeux soient remplis de sa beauté et que nos cœurs soient occupés de lui. Dans la mesure où cela est vrai de nous, nous reconnaîtrons la vérité corrélative que son grand cœur est occupé de nous. Remarquez la réponse de l’Époux :

Que tu es belle, mon amie, que tu es belle!

Tes yeux sont des colombes.

Comment l’Époux peut-il employer avec vérité de telles paroles au sujet de celle qui se reconnaît

Noire comme les tentes de Kédar?

Et plus fortes encore sont les paroles de l’Époux au chapitre 4:7 :

Tu es toute belle, mon amie,

Et il n’y a point en toi de défaut.

Nous trouverons la solution de cette difficulté dans 2 Corinthiens 3. Moïse, dans la contemplation de la gloire divine, fut à ce point transformé que les Israélites ne pouvaient soutenir la vue de la gloire de son visage. « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du SEIGNEUR, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire (c’est-à-dire que l’éclat saisi de sa gloire nous transforme en gloire), comme par le SEIGNEUR, l’ESPRIT. » Tout miroir a deux faces : l’une est terne et sans reflet, et n’est que taches ; mais lorsque la face réfléchissante est tournée vers nous, nous ne voyons aucune tache, nous voyons notre propre image. Ainsi, tandis que l’épouse se réjouit de la beauté de l’Époux, lui contemple sa propre image en elle ; il n’y a là aucune tache : tout est beau. Puissions-nous toujours présenter ce reflet à son regard, et au monde dans lequel nous vivons dans le but même de le refléter.

Remarquez encore ses paroles :

Tes yeux sont des colombes,

ou

Tu as des yeux de colombe.

Le faucon est un bel oiseau, et il a de beaux yeux, vifs et perçants ; mais l’Époux ne désire pas des yeux de faucon chez son épouse. Les yeux tendres de l’innocente colombe sont ceux qu’il admire. C’est sous la forme d’une colombe que le SAINT-ESPRIT descendit sur lui lors de son baptême, et le caractère semblable à celui de la colombe est celui qu’il recherche en chacun des siens.

La raison pour laquelle il ne fut pas permis à David de bâtir le Temple était fort significative. Sa vie était loin d’être parfaite ; et ses fautes et ses péchés ont été fidèlement consignés par le SAINT-ESPRIT. Ils attirèrent sur lui les châtiments de Dieu, et pourtant ce ne fut aucun d’eux qui le rendit inapte à bâtir le Temple, mais plutôt son esprit belliqueux ; et cela bien que beaucoup de ses batailles, sinon toutes, aient été livrées pour l’établissement du Royaume de DIEU et l’accomplissement de ses promesses à Abraham, à Isaac et à Jacob. Salomon, le Prince de la Paix, seul pouvait bâtir le Temple. Si nous voulons gagner des âmes et édifier l’Église, qui est son Temple, notons bien ceci : ce n’est ni par la discussion ni par l’argumentation, mais en élevant CHRIST que nous attirerons les hommes à lui.

Nous en venons maintenant à la réponse de l’épouse. Il l’a appelée belle ; avec sagesse et à propos, elle répond :

Que tu es beau, mon bien-aimé, que tu es aimable!

Notre lit, c’est la verdure.

Les solives de nos maisons sont des cèdres,

Nos lambris sont des cyprès.

Je suis (seulement) un narcisse de Saron,

Un lis des vallées.

Ces derniers mots sont souvent cités comme s’ils étaient la parole de l’Époux, mais nous croyons que c’est à tort. L’épouse dit en substance : Tu m’appelles belle et aimable, la beauté et l’agrément sont tiens ; je ne suis qu’une fleur des champs, un humble narcisse de Saron sans parfum (c’est-à-dire le crocus d’automne), ou un lis des vallées.

À cela l’Époux répond : « Qu’il en soit ainsi ; mais si c’est une fleur des champs, elle est pourtant

Comme un lis au milieu des épines,

Telle est mon amie parmi les jeunes filles. »

De nouveau l’épouse répond :

Comme un pommier (le cédratier) au milieu des arbres de la forêt,

Tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes.

J’ai désiré m’asseoir à son ombre,

Et son fruit est doux à mon palais.

Le cédratier est un bel arbre toujours vert, offrant une ombre délicieuse autant qu’un fruit rafraîchissant. Humble fleur des champs elle-même, elle reconnaît en son Époux un arbre noble, à la fois ornemental et fécond. Ombre contre le soleil brûlant, rafraîchissement et repos, voilà ce qu’elle trouve en lui. Quel contraste entre sa position et ses sentiments présents et ceux par lesquels cette section a commencé ! Il connaissait fort bien la cause de toutes ses craintes ; sa défiance naissait de son ignorance de lui-même ; aussi la prit-il à part, et dans les douces intimités de l’amour mutuel, ses craintes et sa défiance se sont dissipées, comme les brumes du matin devant le soleil levant.

Mais maintenant qu’elle a appris à le connaître, elle fait une nouvelle expérience de son amour. Il n’a pas honte de la reconnaître publiquement.

Il m’a fait entrer dans la maison du vin;

Et la bannière qu’il déploie sur moi, c’est l’amour.

La maison du vin est désormais aussi appropriée que l’étaient les appartements du Roi. Sans crainte et sans honte, elle peut s’asseoir à ses côtés, son épouse reconnue, l’épouse de son choix. Accablée par son amour, elle s’écrie :

Soutenez-moi avec des gâteaux de raisins, Fortifiez-moi avec des pommes;

Car je suis malade d’amour.

Que sa main gauche soit sous ma tête,

Et que sa droite m’embrasse!

Maintenant elle trouve le bonheur d’être possédée. N’étant plus à elle-même, le repos du cœur est à la fois son droit et sa jouissance ; et c’est ainsi que l’Époux le veut.

Je vous en conjure, filles de Jérusalem,

Par les gazelles et les biches des champs,

Ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour,

Avant qu’elle le veuille.

Ce n’est jamais par sa volonté que notre repos en lui est troublé.

Tu peux toujours demeurer,

Si tu le veux, aux côtés de Jésus ;

dans le secret de sa présence

Tu peux à chaque instant te cacher.

Il n’y a aucun changement dans son amour ; il est le même hier, aujourd’hui et éternellement. À nous il promet : « Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point » ; et sa pressante exhortation et son commandement sont : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. »

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