Chapitre 5 · 4 min de lecture
Le Fruit
« Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche »—Jean 15:2
Le fruit. — Voici le grand mot qui vient ensuite : le cep, le vigneron, le sarment, le fruit. Qu’a notre Seigneur à nous dire du fruit ? Simplement ceci : que le fruit est l’unique raison d’être du sarment, et que, s’il ne porte pas de fruit, le vigneron le retranche. Le cep est la gloire du vigneron ; le sarment est la gloire du cep ; le fruit est la gloire du sarment ; si le sarment ne produit pas de fruit, il n’a ni gloire ni valeur ; il est une offense et un obstacle ; le vigneron le retranche. L’unique raison de l’existence d’un sarment, l’unique signe qu’on est un vrai sarment du cep céleste, l’unique condition à laquelle le divin vigneron permet au sarment de partager la vie du cep, c’est de porter du fruit.
Et qu’est-ce que le fruit ? Quelque chose que le sarment porte, non pour lui-même, mais pour son propriétaire ; quelque chose qui doit être recueilli et emporté. Le sarment reçoit bien du cep la sève nécessaire à sa propre vie, par laquelle il grossit et se fortifie. Mais cet apport pour son propre entretien est entièrement subordonné à l’accomplissement du but de son existence : porter du fruit. C’est parce que les chrétiens ne comprennent ni n’acceptent cette vérité qu’ils échouent si souvent dans leurs efforts et leurs prières pour vivre la vie du sarment. Souvent ils la désirent très ardemment ; ils lisent, méditent et prient, et pourtant ils échouent, et se demandent pourquoi. La raison en est bien simple : ils ne savent pas que porter du fruit est l’unique chose pour laquelle ils ont été sauvés. Tout aussi entièrement que Christ est devenu le vrai cep dans ce seul but, vous avez, vous aussi, été fait sarment dans le seul but de porter du fruit pour le salut des hommes. Le cep et le sarment sont également soumis à la loi immuable du fruit comme unique raison de leur être. Christ et le croyant, le cep céleste et le sarment, ont pareillement leur place dans le monde pour un unique dessein : porter aux hommes l’amour sauveur de Dieu. De là cette parole solennelle : « Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche. »
Gardons-nous particulièrement d’une grande erreur. Beaucoup de chrétiens pensent que leur propre salut est la première chose ; leur vie temporelle et leur prospérité, avec le soin de leur famille, la seconde ; et que le temps et l’intérêt qui restent peuvent être consacrés à porter du fruit, au salut des hommes. Rien d’étonnant à ce que, dans la plupart des cas, il ne se trouve que bien peu de temps ou d’intérêt. Non, chrétien, l’unique but pour lequel vous avez été fait membre du corps de Christ, c’est que le Chef puisse se servir de vous pour accomplir son œuvre de salut. L’unique but que Dieu a eu en vous faisant sarment, c’est que Christ, par vous, apporte la vie aux hommes. Votre salut personnel, vos affaires et le soin de votre famille y sont entièrement subordonnés. Votre premier objectif dans la vie, votre premier objectif chaque jour, devrait être de savoir comment Christ désire accomplir son dessein en vous.
Commençons à penser comme Dieu pense. Acceptons l’enseignement de Christ et répondons-y. L’unique but de ma condition de sarment, l’unique signe que je suis un vrai sarment, l’unique condition pour que je demeure et devienne fort, c’est que je porte le fruit du cep céleste, afin que les hommes qui se meurent en mangent et vivent. Et la seule chose dont je puisse avoir la plus parfaite assurance, c’est qu’avec Christ pour cep et le Père pour vigneron, je puis vraiment être un sarment fécond.
Notre Père, tu viens chercher du fruit. Enseigne-nous, nous t’en prions, à comprendre combien véritablement c’est là l’unique but de notre existence et de notre union à Christ. Fais que l’unique désir de nos cœurs soit d’être des sarments si remplis de l’Esprit du cep qu’ils portent du fruit en abondance.