La Vraie Vigne ·Le vigneron

Chapitre 3 · 4 min de lecture

Le vigneron

Et mon Père est le vigneron—Jean 15:1

Un cep doit avoir un vigneron pour le planter et veiller sur lui, pour en recevoir le fruit et s’en réjouir. Jésus dit : « Mon Père est le vigneron. » Il était « le cep que Dieu a planté ». Tout ce qu’il était et tout ce qu’il faisait, il le devait au Père ; en tout, il ne cherchait que la volonté et la gloire du Père. Il s’était fait homme pour nous montrer ce que la créature doit être envers son Créateur. Il a pris notre place, et l’esprit de sa vie devant le Père fut toujours ce qu’il cherche à faire de la nôtre : « C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. » Il est devenu le vrai cep, afin que nous puissions être de vrais sarments. À l’égard de Christ comme de nous-mêmes, ces paroles nous enseignent les deux leçons de la dépendance absolue et de la parfaite confiance.

Mon Père est le vigneron. — Christ a toujours vécu dans l’esprit de ce qu’il a dit un jour : « Le Fils ne peut rien faire de lui-même. » Aussi dépendant qu’un cep l’est du vigneron pour l’endroit où il doit croître, pour sa clôture, son arrosage et son émondage, Christ se sentait chaque jour entièrement dépendant du Père pour la sagesse et la force d’accomplir la volonté du Père. Comme il l’a dit au chapitre précédent (14:10) : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. » Cette dépendance absolue avait pour heureux contrepoids la très heureuse assurance qu’il n’avait rien à craindre : le Père ne pouvait le décevoir. Avec un tel vigneron pour Père, il pouvait entrer dans la mort et dans le tombeau. Il pouvait se confier en Dieu pour le relever. Tout ce que Christ est et possède, il l’a, non de lui-même, mais du Père.

Mon Père est le vigneron. — Cela est aussi heureusement vrai pour nous que pour Christ. Christ va enseigner à ses disciples ce qu’est leur condition de sarments. Avant même d’employer ce mot, avant de parler le moins du monde de demeurer en lui ou de porter du fruit, il tourne leurs regards vers le ciel, vers le Père qui veille sur eux et opère tout en eux. À la racine même de toute la vie chrétienne se trouve cette pensée : c’est Dieu qui doit tout faire, et notre œuvre est de nous donner et de nous abandonner entre ses mains, dans l’aveu d’une totale impuissance et dépendance, dans l’assurance qu’il donne tout ce dont nous avons besoin. Le grand manque de la vie chrétienne, c’est que, même là où nous nous confions en Christ, nous laissons Dieu hors de compte. Christ est venu pour nous amener à Dieu. Christ a vécu la vie d’un homme exactement comme nous avons à la vivre. Christ, le cep, montre Dieu, le vigneron. Comme lui s’est confié en Dieu, confions-nous en Dieu : tout ce que nous devons être et avoir, comme ceux qui appartiennent au cep, nous sera donné d’en haut.

Ésaïe a dit : « Une vigne au vin rouge ! Moi l’Éternel, j’en suis le gardien, Je l’arrose à chaque instant; De peur qu’on ne l’attaque, Nuit et jour je la garde. » Avant même de commencer à penser au fruit ou aux sarments, que notre cœur soit rempli de cette foi : aussi glorieux qu’est le cep, ainsi est le vigneron. Aussi haut et saint qu’est notre appel, aussi puissant et aimant est le Dieu qui accomplira tout cela. Aussi sûrement que le vigneron a fait du cep ce qu’il devait être, il fera de chaque sarment ce qu’il doit être. Notre Père est notre vigneron, le garant de notre croissance et de notre fruit.

Père béni, nous sommes le champ que tu cultives. Oh, puisses-tu recevoir l’honneur de l’œuvre de tes mains ! Ô mon Père, je désire ouvrir mon cœur à la joie de cette vérité merveilleuse : Mon Père est le vigneron. Apprends-moi à te connaître et à me confier en toi, et à voir que le même intérêt profond avec lequel tu as pris soin du cep et fait tes délices de lui s’étend à chaque sarment, à moi aussi.

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La Vraie Vigne Andrew Murray

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