Le secret de la direction divine
La plénitude de l’Esprit

Chapitre 9 · 20 min de lecture

La plénitude de l’Esprit

« Soyez… remplis de l’Esprit. » — Éphésiens 5:18.

Rien ne peut compenser, pour l’Église ou pour le chrétien pris individuellement, l’absence du Saint-Esprit. Ce que le plein courant est à la roue du moulin, le Saint-Esprit l’est à l’Église. Ce que le principe de vie est au corps, le Saint-Esprit l’est à l’individu. Nous demeurerons impuissants et confus devant nos difficultés et nos ennemis, jusqu’à ce que nous apprenions ce qu’il peut être : une puissante marée d’amour et de force dans le cœur de ses saints.

Parmi les lecteurs de ces lignes, il en est peut-être beaucoup qui souffrent de diverses formes de faiblesse spirituelle, toutes directement imputables au manque du Saint-Esprit. Non qu’ils en soient entièrement dépourvus, car s’ils l’étaient, ils ne seraient nullement chrétiens ; mais, présent en eux, il ne s’y trouve que comme un fil ténu, un mince filet d’argent, un ruisseau peu profond. Pourquoi nous en contenterions-nous ? La plénitude de la Pentecôte, le revêtement de puissance, le baptême de feu sont tous à notre portée. Laissons-nous animer d’une sainte ambition : obtenir tout ce que notre Dieu veut bien accorder.

Il n’est pas difficile d’illustrer ce contraste par des analogies tirées de la Parole de Dieu. Ne pouvons-nous pas dire avec révérence que le ministère de notre bienheureux Seigneur lui-même dut une grande part de sa puissance merveilleuse à ce moment où, quoique rempli du Saint-Esprit dès sa naissance, il fut de nouveau oint aux eaux du baptême ? Il est dit avec une insistance marquée qu’il fut rempli de l’Esprit (Luc 4:1), qu’il retourna en Galilée, revêtu de la puissance de l’Esprit (v. 14), et qu’il se leva dans la synagogue de sa ville natale, revendiquant l’antique prophétie et déclarant que l’Esprit de Dieu était sur lui (v. 18). Ses paroles et ses œuvres admirables se rapportent directement à l’opération merveilleuse du Saint-Esprit sur sa vie humaine (Actes 10:38).

Manquez-vous d’assurance ? Parfois non, car vous vous sentez heureux et satisfait. Mais bientôt ces heures heureuses s’enfuient, et votre repos est troublé, comme la surface d’un lac de montagne se couvre et se ride sous l’orage qui s’amasse. Il vous faut un fondement de paix affermie, et il ne se trouve que — premièrement, dans une claire intelligence de ce que Jésus a fait pour vous ; deuxièmement, dans le sceau du Saint-Esprit. Sa fonction sacrée est de rendre témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Il est l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père !

Manquez-vous de victoire sur le péché ? Il n’y a pas lieu de s’en étonner, si vous négligez le Saint-Esprit. Il est l’heureux antidote aux soulèvements et à la domination de la chair. Il combat contre la chair, afin que nous n’accomplissions pas ses convoitises. Lorsqu’il remplit le cœur de sa glorieuse plénitude, les suggestions de la tentation sont aussitôt éteintes, comme des étincelles dans la vague de l’océan. Le péché ne peut pas plus subsister devant la présence du Saint-Esprit que les ténèbres ne peuvent résister aux doux rayons de la lumière du matin, qui pénètrent partout.

Si, toutefois, il est attristé, ou combattu, ou éteint, de sorte que sa puissance et sa présence soient entravées, il n’y a pas de délivrance pour l’âme — quelque amer que soit son remords, ou empressé son recours aux jeûnes, à la mortification et aux regrets. La loi de l’Esprit de vie qui est en Jésus-Christ peut seule nous affranchir de la loi du péché et de la mort. Mais elle le peut, et elle le fera — pourvu seulement que nous nous abandonnions à son action.

Manquez-vous des fruits de la sainteté ? Certains que nous connaissons sont si manifestement remplis des fruits de la justice, qui sont à la louange de Dieu, que nous nous sentons instinctivement attirés vers eux. Leur visage rayonne de la présence du Seigneur, quoiqu’ils boivent à la coupe de ses douleurs. Leur esprit est tendre ; leur caractère doux et désintéressé, et leur humilité d’enfant répand sur toute leur conduite un halo d’une indescriptible beauté. Ces grâces nous manquent. Il y a en nous peu de chose pour attirer les hommes à Christ ; beaucoup pour les repousser. Nos rameaux sont nus et dépouillés, comme si les sauterelles les avaient dévastés. Et la raison en est évidente. Nous n’avons pas laissé le Saint-Esprit agir à SA guise dans notre vie intérieure. Si la sève de sa présence avait été puissamment en nous, nous aurions été chargés de fruits savoureux ; il aurait été impossible qu’il en fût autrement.

Manquez-vous de puissance pour le service ? Vous n’avez aucune soif ardente du salut des autres. Vous n’êtes pas embrasé pour les âmes. Vous n’avez jamais été dans l’angoisse à cause de l’éloignement des hommes de Dieu. Et lorsque vous parlez, il n’y a aucune puissance dans vos paroles. Les démons rient de vos tentatives pour les chasser. Le dormeur s’agite un instant avec malaise, mais retombe bientôt dans un sommeil plus profond que jamais. Le foyer, la classe, l’assemblée ne donnent aucun résultat. Aucun fruit cueilli à la main ne remplit votre panier. Aucun banc de poissons ne rompt vos filets. Aucune recrue ne répond à votre appel aux armes. Et vous ne pouvez vous attendre à ce qu’il en soit autrement, tant que vous n’aurez pas obtenu la puissance que notre Seigneur a promise lorsqu’il a dit : « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous. » C’est lorsque les premiers chrétiens furent remplis du Saint-Esprit qu’ils annoncèrent la parole de Dieu avec assurance et rendirent avec une grande puissance témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus.

À ces manques, et à bien d’autres, il serait pourvu, si seulement nous étions remplis du Saint-Esprit. Il y aurait une joie, une puissance, une conscience du Seigneur Jésus, un repos habituel dans la volonté de Dieu, qui seraient pour nous une joyeuse découverte ; si seulement nous refusions de nous satisfaire de rien de moindre que la pleine habitation du Saint-Esprit en nous.

M. Spurgeon disait un jour qu’il ne passait jamais, dans ses moments de veille, un seul quart d’heure sans une conscience distincte de la présence du Seigneur. Quand l’Esprit remplit le cœur, Jésus est vivement réel et manifestement proche. Qu’est-il pour vous ? Vous éveillez-vous le matin sous son léger contact, et passez-vous les heures avec lui ? Pouvez-vous fréquemment lever les yeux de votre ouvrage et apercevoir son visage ? Cherchez-vous constamment auprès de lui la puissance, la grâce, la direction ? S’il n’est qu’une vision intermittente, vous n’avez pas réalisé la première marque du don de la Pentecôte.

L’entière consécration au service du Seigneur Jésus est un grand pas en avant sur l’expérience de la plupart des chrétiens ; mais cela même ne suffit pas. C’est souvent, pour une large part, négatif ; or il nous faut quelque chose de fortement positif, pour répondre aux besoins de nos cœurs et de notre temps. Et cela est à rechercher dans notre entière possession par ce puissant Esprit dont l’avènement à la Pentecôte a marqué une ère nouvelle pour l’Église et pour le monde.

Bien entendu, il a toujours été dans le monde. C’est le Saint-Esprit de la Pentecôte qui planait sur le chaos, qui parlait dans les prophètes et les saints hommes, et qui fortifiait les héros et les saints du temps de l’Ancien Testament. Le jour de la Pentecôte n’a pas introduit un Esprit nouveau dans le monde, mais il a inauguré une ère où le plus faible et le plus humble des saints pouvait le posséder dans la même mesure que ceux qui vivaient de l’autre côté de ce jour. Avant ce jour mémorable, sa plénitude était l’apanage de quelques-uns seulement, l’élite, les Élie, les Ésaïe et les Daniel ; mais depuis ce jour, il a été répandu dans toute sa plénitude sur le grand nombre — sur les femmes et les enfants ; sur les penseurs obscurs et les ouvriers cachés ; sur les servantes et les serviteurs ; sur tous et chacun de ceux qui étaient prêts à remplir les conditions et à s’en tenir aux résultats. Pourquoi pas sur nous ?

Nous voulons bien admettre que les dons particuliers du Saint-Esprit appartiennent à l’âge apostolique. Donnés dans un but particulier, ils sont aujourd’hui retirés ; encore que ce soit une question sérieuse de savoir s’ils n’auraient pas pu se perpétuer, si seulement l’Église avait été plus fidèle à sa sainte charge. Mais les dons particuliers du Saint-Esprit sont tout à fait distincts de sa bienheureuse plénitude. Celle-ci n’est le droit exclusif d’aucun âge. Confinée à aucune ère ni époque limitée dans l’histoire de l’Église, elle déverse autour de nous son flot de lumière et de puissance, comme le Nil en crue ; et il n’est pas un seul lopin ni un seul jardin, si reculé soit-il, où elle ne vienne fertiliser et enrichir, pourvu seulement que le canal de communication soit tenu propre et ouvert.

Hélas ! que beaucoup pensent que le Tout-Puissant, tel un bâtisseur en faillite, a construit le portique de son Église en marbre, et l’a achevé en brique ordinaire !

« Soyez… remplis de l’Esprit » est une injonction dont les exigences sont aussi vastes que celles de « Maris, aimez vos femmes », qui se trouve sur la même page. C’est un commandement positif, auquel nous devons obéir à nos risques et périls, et tous les commandements de Dieu sont des capacités qu’il nous donne. En d’autres termes, il est prêt à faire de nous ce qu’il nous dit de devenir. De plus, le jour de la Pentecôte, en des paroles qui sont la charte de notre droit à la plénitude du Saint-Esprit, l’apôtre Pierre déclara aux foules qui l’écoutaient que la plénitude venue soudainement sur eux de la part du Seigneur monté au ciel — et qui était l’accomplissement direct de l’antique prophétie — n’était pas pour eux seulement, ni pour leurs enfants, mais pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. Êtes-vous l’un de ses appelés ? Alors réjouissez-vous, car cette plénitude est pour vous ! Ne soyez pas incrédule, mais croyez ! Revendiquez aussitôt la part que l’alliance vous garantit, et rendez grâce à Dieu d’avoir jeté votre sort dans un âge de possibilités si merveilleuses.

I. — EXCITER UN SAINT DÉSIR EN CONSIDÉRANT CE QUE SIGNIFIE LA PLÉNITUDE DE L’ESPRIT.

Nous ne pouvons espérer la recevoir si nous nous contentons fort bien de vivre sans elle. Notre Père n’est guère disposé à confier ce don inestimable à ceux qui sont indifférents à sa possession. Là où la flamme du désir brûle faiblement, on ne peut raisonnablement s’attendre à ce que la plénitude du Saint-Esprit se réalise.

Et il ne suffit pas d’avoir un désir intermittent et inconstant, qui s’enflamme aujourd’hui, mais restera endormi pendant des mois et des années. Il faut un dessein ferme, capable de soutenir l’épreuve de l’attente (s’il le faut) pendant dix jours, et de supporter la rebuffade du silence ou d’un refus apparent.

Et pourtant la flamme du désir a besoin de combustible. Il nous faut méditer avant que ce feu puisse brûler. Il nous convient donc de ranimer le don qui est en nous par une paisible considération de tout ce qu’implique le fait d’être rempli de l’Esprit.

Il n’est pas de livre qui nous meuve autant dans ce sens que les Actes des Apôtres. Il est parfaitement merveilleux de voir ce que cette plénitude fit pour ceux qui la reçurent les premiers. Des lâches devinrent courageux. Des intelligences obtuses, qui avaient trébuché sur les vérités les plus simples, s’éveillèrent soudain à la compréhension du dessein du Maître. Des cœurs qui s’étaient gonflés de rivalité, de soupçon et de désir de puissance terrestre estimèrent désormais chacun les autres supérieurs à eux-mêmes, et cherchèrent à exceller dans un humble service envers les saints. Une telle puissance accompagnait leurs paroles que des foules devinrent des assemblées, que les meurtriers de Christ devinrent ses adorateurs et ses amis. Des conseils d’hommes habiles ne purent résister à la simple éloquence de faits incontestables. Des villes et des pays furent ébranlés et livrèrent des convertis par milliers aux prédicateurs de la croix, sans instruction mais fervents.

Tout cela s’explique simplement par la puissance devenue le bien commun de l’Église tout entière. Et il n’y a pas le moindre fragment de raison pour qu’elle ne fasse pas autant pour nous. Et, quand nous comparons ce succès triomphant à notre progrès chancelant, ne serons-nous pas remplis d’aspirations irrépressibles à ce qu’il produise par nous de semblables résultats ?

Nous pouvons encore mieux nous assurer les mêmes résultats en étudiant la biographie d’hommes saints des siècles récents. Heureux l’homme qui a accès à une bibliothèque dont les rayons sont bien garnis de livres de sainte biographie ! Jamais, non jamais, il ne manquera de stimulant supplémentaire en lisant l’histoire de McCheyne et de W. C. Burns, de Brainerd et de Martyn, de Jonathan Edwards et d’autres. Il n’enviera ni ne se plaindra ; mais il élèvera constamment l’œil et le cœur vers le Ciel, demandant qu’autant soit accompli par lui-même.

Et de plus, les promesses des Écritures suffisent à nous inciter au plus haut point. Que des fleuves d’eau vive coulent de nous ; que nous n’ayons jamais à nous inquiéter de nos paroles, parce qu’elles nous seraient données ; que nous soyons instruits de toutes choses et conduits dans tout le cercle de la vérité ; que nous connaissions Christ et soyons transformés à son image ; que nous ayons de la puissance — tout cela est si fascinant qu’il est impossible de ne pas brûler d’un saint désir d’être chargé du Saint-Esprit, comme un bocal l’est d’électricité. Et, s’il le faut, nous serons prêts à supporter l’épreuve d’une longue attente, comme le firent les quelques fidèles dans la chambre haute.

II. — RECHERCHER CETTE BIENHEUREUSE PLÉNITUDE AVEC UN MOTIF JUSTE.

Si vous la désirez pour éprouver telle expérience, ou pour attirer les gens à vous-même, ou pour transformer quelque difficulté en tremplin, vous risquez de la manquer. Vous ne devez avoir qu’un seul but : glorifier le Seigneur Jésus dans votre corps, soit par la vie, soit par la mort. Demandez que tous les motifs inférieurs soient détruits, et que celui-ci brûle en vous, fort et clair.

Dieu ne nous fournira pas d’eau pour faire tourner nos propres roues hydrauliques. Il ne fera rien qui flatte notre orgueil. Il ne nous donnera pas le Saint-Esprit pour nous permettre d’acquérir la célébrité, de nous faire un nom, ou de vivre une vie facile et satisfaite de soi.

Si nous cherchons le Saint-Esprit seulement pour notre bonheur, notre consolation ou la liberté de notre âme, il sera extrêmement improbable qu’il nous soit donné. Sa passion unique, c’est la gloire du Seigneur Jésus ; et il ne peut faire sa demeure qu’auprès de ceux qui consentent à ne faire qu’un avec lui sur ce point. « Deux hommes marchent-ils ensemble, Sans en être convenus? » Mais si vous êtes mû par le seul désir que le Seigneur Jésus soit glorifié en vous, soit par la vie, soit par la mort ; si vous aspirez surtout à ce que les hommes se détournent de vous vers lui, comme ils le firent de Jean-Baptiste — alors réjouissez-vous, car vous êtes près d’une bénédiction que les mots ne sauraient décrire. Si vos motifs restent au-dessous de cette mesure, fiez-vous à lui pour les éclairer et les purifier, et offrez-lui une libre entrée au-dedans de vous. Il ne se passera alors pas longtemps avant qu’il n’y ait une gracieuse réponse ; et le Seigneur que vous cherchez entrera soudain dans son temple, et il s’assiéra comme celui qui affine l’argent, afin que les fils de Lévi présentent à l’Éternel une offrande avec justice.

III. — CONSIDÉRER QUE LA SAINTE ÉCRITURE EST SON ORGANE PARTICULIER.

Un danger subtil guette l’enseignement de cette doctrine des plus salutaires, et dont il nous faut nous garder. Certaines personnes ferventes ont exalté la lumière et la conduite intérieures du Saint-Esprit au détriment de la Parole qu’il a donnée, et par laquelle il agit encore sur les cœurs humains. C’est une grande erreur, et la mère féconde de toutes sortes de maux. Dès l’instant où nous écartons la Parole de Dieu, nous nous exposons aux sollicitations des multiples voix qui parlent au-dedans de nos cœurs ; et nous n’avons plus d’épreuve, de critère de la vérité, ni de règle d’appel. Comment pourrions-nous discerner l’Esprit de Dieu dans certains des cas les plus complexes qui sont portés au tribunal de la conscience, à moins que notre jugement ne soit profondément imprégné de la Parole de Dieu ?

Nous ne devons pas nous contenter de l’Esprit sans la Parole, ni de la Parole sans l’Esprit. Notre vie doit avancer le long de ces deux-là, comme la locomotive le long des rails parallèles. La Parole est l’organe choisi de l’Esprit ; et ce n’est que par notre contact fervent avec elle que nous serons rendus capables de discerner sa voix. C’est par la Parole que l’Esprit entrera dans nos cœurs, comme la chaleur du soleil pénètre dans nos chambres avec les rayons de lumière qui entrent par la croisée ouverte.

Nous avons besoin d’un vaste réveil de l’étude de la Bible. Ces mines de l’Écriture, gisant sous la surface, appellent à grands cris l’exploration et la découverte ; et ceux qui obéiront à cet appel, et s’adonneront à l’étude fervente et laborieuse du sens profond de la Parole, s’apercevront bientôt qu’ils ont reçu la plénitude qu’ils recherchent.

Il n’est pas de meilleure manière de communier avec Dieu que d’aller et venir dans votre chambre ou en plein air, votre Bible à la main, la méditant et transformant ses préceptes et ses promesses en prière. Dieu se promène dans les clairières de l’Écriture, comme jadis dans celles du Paradis.

IV. — ÊTRE PRÊT À LAISSER LE SAINT-ESPRIT AGIR EN VOUS COMME IL L’ENTEND.

Le Saint-Esprit est en nous, et par ce moyen Christ est en nous ; car il habite en nous par l’Esprit, comme le soleil habite dans le monde au moyen de l’atmosphère qui vibre de vagues de lumière. Mais nous devons perpétuellement nous abandonner à lui, comme l’eau au vase qui la contient. Ce n’est pas facile ; en vérité, cela ne peut s’accomplir que par un incessant jugement de soi, et la mortification perpétuelle de notre propre vie du moi.

Quelle est notre position devant Dieu à cet égard ? Nous avons choisi Jésus pour substitut ; mais l’avons-nous aussi choisi, par le Saint-Esprit, pour notre Vie ? Pouvons-nous dire, comme l’apôtre : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi » ? Si oui, nous devons être prêts à tout ce que cela implique. Nous devons vouloir que le principe de la vie nouvelle croisse aux dépens de la vie du moi. Nous devons consentir à ce que l’une augmente tandis que l’autre diminue, par des processus assez douloureux pour la chair. Bien plus, nous devons nous-mêmes être toujours en éveil, hâtant les processus de jugement, de condamnation et de crucifixion. Nous devons rester fidèles dans notre obéissance au moindre ordre du Saint-Esprit, dût-il nous en coûter des larmes de sang.

Le perpétuel remplissage du Saint-Esprit n’est possible qu’à ceux qui lui obéissent, et qui lui obéissent en toutes choses. Il n’y a rien de négligeable dans cette vie. Par le mépris de légers commandements, une âme peut rapidement sortir du cercle ensoleillé et perdre la gracieuse plénitude de la puissance de l’Esprit. Un regard, un mot, un refus peuvent suffire à l’attrister en nous-mêmes, et à l’éteindre chez les autres. Comptez la dépense ; mais ne reculez pas, effrayés de ce qu’il pourrait exiger. Il est l’Esprit d’amour ; et il nous aime trop pour causer de la peine, à moins qu’il n’y ait une raison que nous approuverions, si nous en savions autant que lui.

V. — LE RECEVOIR PAR LA FOI.

« Comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui. » La foi est l’unique loi de la maison divine. Et comme vous avez jadis obtenu le pardon et le salut par la foi, de même, maintenant, revendiquez et recevez la plénitude du Saint-Esprit.

Remplissez les conditions déjà nommées ; attendez devant Dieu dans la prière, paisiblement mais résolument, car il donne son Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent : puis appropriez-vous avec révérence ce glorieux don, relevez-vous de vos genoux et poursuivez votre chemin, comptant que Dieu a tenu sa parole et que vous êtes rempli de l’Esprit. Fiez-vous à lui, jour après jour, pour vous remplir et vous garder rempli. Qu’il vous soit fait selon votre foi.

Il se peut qu’il n’y ait pas, au début, le bruit d’un vent impétueux, ni la couronne de feu, ni le sentiment perceptible de sa présence. Ne les recherchez pas, pas plus que le jeune converti ne devrait s’en remettre au sentiment comme preuve de son acceptation. Mais croyez, en dépit du sentiment, que vous êtes rempli. Répétez sans cesse : « Je te rends grâce, mon Dieu, de ce que tu as tenu envers moi ta parole. J’ai ouvert la bouche, et tu l’as remplie ; bien que, jusqu’à présent, je n’aie conscience d’aucun changement particulier. » Et le sentiment fera tôt ou tard irruption dans votre conscience, et vous vous réjouirez d’une joie extrêmement grande ; et tous les fruits de l’Esprit commenceront à se manifester.

VI. — MAIS SOUVENEZ-VOUS QU’IL NE SUFFIT PAS D’ÊTRE REMPLI UNE FOIS POUR TOUTES.

Comme les apôtres d’autrefois, nous devons rechercher de perpétuels renouvellements de cette plénitude. Ceux qui furent remplis au second chapitre des Actes le furent de nouveau au quatrième. Heureux l’homme qui ne quitte jamais sa chambre le matin sans avoir résolument recherché et reçu la plénitude de l’Esprit ! Il sera un élève accompli à l’école de Dieu, car l’onction qu’il a reçue, telle une huile fraîche, demeurera en lui et lui enseignera toutes choses. Par-dessus tout, il apprendra le secret d’une communion permanente avec Christ, car il est écrit : « comme son onction vous enseigne toutes choses… demeurez en lui. » — (1 Jean 2:27.)

Chaque fois que vous prenez conscience d’une fuite, quand l’épuisement du service a dépassé la réception de provisions fraîches, quand quelque nouvelle voie de ministère, ou un talent nouvellement découvert, ou un nouveau domaine de votre être s’est présenté, retournez à la même source pour un nouveau remplissage, une recharge de puissance spirituelle, une nouvelle onction par le saint chrême.

Trois temps sont employés dans les Actes des Apôtres à propos du remplissage de l’Esprit, qui ont encore aujourd’hui leurs équivalents : —

Rempli : une expérience soudaine et décisive pour une œuvre déterminée (Actes 4:8).

Étaient remplis : l’imparfait, comme si le bienheureux processus se poursuivait sans cesse (Actes 13:52).

Plein : l’adjectif, indiquant l’expérience permanente (Actes 6:8).

Il y a, bien entendu, dans la doctrine du Saint-Esprit, bien plus que ne le conçoit l’auteur de ces faibles lignes. Le baptême de feu du Saint-Esprit est peut-être quelque chose de bien supérieur. Ne nous contentons donc pas de laisser échapper rien de ce qui est possible aux rachetés ; mais, oubliant ce qui est en arrière, portons-nous vers ce qui est en avant, nous efforçant de saisir tout ce pour quoi nous avons été saisis par Jésus-Christ.

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