La clé dans ma main ·La clé de la libération

Chapitre 12 · 14 min de lecture

La clé de la libération

Une grande partie de l’accompagnement que j’assure consiste à aider les gens à régler leurs offenses. Que d’heures seraient épargnées s’ils connaissaient leur responsabilité personnelle et agissaient selon les principes bibliques !

Je suis d’avis que l’une des grandes ruses employées par l’ennemi pour nous entraver dans le combat est le nombre considérable d’heures que les pasteurs (surtout en Amérique du Nord) consacrent à des questions d’accompagnement que les croyants pourraient traiter eux-mêmes s’ils étaient plus assidus à l’étude de la Parole.

Le rôle d’un pasteur devrait être de supprimer la plupart des besoins d’accompagnement de ses gens, en leur enseignant les principes bibliques. Son rôle, comme celui d’un berger, est de les conduire vers de « verts pâturages » où les brebis se nourrissent elles-mêmes ; or, nous en sommes venus au point où les brebis ont encore besoin d’être nourries au biberon (accompagnées) chaque fois qu’il y a une « crise » ! Satan a dépouillé l’Église de bon nombre de ses bergers en les surchargeant de « besoins » d’accompagnement.

Une analogie naturelle : si nous mangeons et faisons de l’exercice comme il faut, nous resterons en bonne santé ; cependant, on reconnaît qu’il viendra des moments où, par accident ou par maladie chronique, on aura besoin de l’aide d’autrui. Lorsqu’il y a de terribles blessures et que le patient est handicapé d’une manière ou d’une autre, l’empathie, le réconfort et l’aide d’un autre sont appréciés. Il en va de même pour les blessures spirituelles.

Il existe sur le marché beaucoup de livres chrétiens qui traitent des blessures de l’âme. Ils parlent de « guérison des souvenirs » des familles dysfonctionnelles et de la codépendance. Beaucoup d’entre eux sont très bons et ont apporté une grande aide à des personnes en quête d’une perspective nouvelle sur la vie et sur elles-mêmes. Le programme en « 12 étapes » des Alcooliques Anonymes est devenu le fondement d’une grande partie de cet enseignement, avec pour but d’amener la personne blessée à un état de « maintien ». Elle est alors en mesure de gérer son problème de manière pratique, à l’aide de groupes de soutien, d’un accompagnement continu et de plans prescrits ou d’une « formule » d’action. Chaque jour, elle a une prescription pour « marcher » vers sa guérison. J’ai utilisé ces livres et continue de le faire en partie. Ce qui me gêne dans la plupart d’entre eux, c’est que bien peu mentionnent l’effet libérateur du pardon.

Je ne crois pas que l’intention du Seigneur soit d’amener ses gens blessés à un simple « maintien », mais qu’il désire restaurer leur âme et leur apporter la guérison. Le but principal de ce livre est d’enseigner comment nous pouvons être affranchis de la servitude de nos blessures, afin d’être aussi efficaces que possible dans la guerre contre notre ennemi, Satan. La clé de la guérison se trouve dans le pardon.

Les clefs du royaume → Matthieu 16:19

Pendant trois ans, les disciples avaient marché avec le Seigneur à travers les régions de la Judée, de la Samarie et de la Galilée. Ils l’avaient vu accomplir de nombreux miracles et l’avaient entendu enseigner les foules, mais il s’était rarement assis simplement pour s’entretenir avec eux. Or, après une période très chargée, il les conduit tout au nord du pays, dans les régions autour de Césarée de Philippe, sur les pentes inférieures du mont Hermon. Tandis qu’ils marchent, le maître se tourne vers ses disciples et leur pose deux questions.

La première question concerne l’opinion des hommes sur Jésus, tandis que la suivante concerne l’opinion des disciples sur Jésus.

Après que les disciples ont répondu à la première question, il se tourne de nouveau vers eux et demande : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » (Matthieu 16:15). En étaient-ils venus à comprendre que Jésus était plus qu’un homme de bien ou qu’un faiseur de miracles ?

« Simon Pierre répondit : “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.” Jésus, reprenant la parole, lui dit : “Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.” » (Matthieu 16:16-19).

Pendant des siècles, l’Église catholique romaine a enseigné que c’est là le mandat donné à tous les papes, en tant que successeurs de Pierre, chef de l’Église, pour excommunier les rois, les pays et les peuples qui ne soutiennent pas leurs édits, ou pour accorder des indulgences.

Ne serait-il pas merveilleux d’avoir la clé du royaume pour ceux que tu aimes ? Pour ton conjoint ? Pour ton enfant non sauvé ? Pour tes parents ? Si seulement tu pouvais leur ouvrir le chemin de la vie éternelle ! Eh bien, je crois que nous avons cette possibilité !

Il est certain que beaucoup sont tenus à l’écart de la joie de voir le royaume et d’y entrer, à cause de notre incapacité à être les témoins que nous devrions être. Une grande part de cette faillite tient à nos attitudes de non-pardon. Il y a aujourd’hui beaucoup de parents qui prient, en pleurant, pour leur enfant égaré, sans se rendre compte que le non-pardon qu’ils nourrissent contre cet enfant est le plus grand obstacle à ce que Dieu réponde à la prière !

Que voulait dire Jésus par la dernière partie du verset ci-dessus ? On m’en a donné bien des explications, depuis l’« autorité » des papes jusqu’à la « délivrance des démons », mais je ne vois ici ni l’une ni l’autre.

C’est une bonne exégèse, lorsqu’on considère un verset obscur, de rechercher des versets parallèles, en particulier du même auteur. Dans ce cas, nous n’avons pas à aller bien loin, car deux chapitres plus loin seulement, Matthieu l’écrit de nouveau.

« Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » (Matthieu 18:18).

Cette fois, le Seigneur parle à tous les disciples, non à Pierre seul. Si les clefs ont été données pour délier et pour lier (un usage courant des clefs !), alors elles ont été données à tous les disciples — y compris à toi et à moi !

Un second principe de bonne exégèse est d’étudier le contexte ; nous allons donc considérer ce que le Seigneur enseignait dans le reste de Matthieu 18. Nous voyons bientôt que tout le chapitre traite de la restauration, de la réconciliation et du pardon. Les petites scènes parlent d’être comme des enfants, sans ruse et sans amertume — de tels croyants n’offensent ni ne blessent, et nous devons prendre garde de ne pas leur causer d’offense ni de blessure.

La deuxième chose que je remarque, c’est que si quelqu’un est blessé ou meurtri et que, par suite, il s’en va, un bon berger laissera les autres pour ramener cette « brebis » au bercail. Note encore une fois qu’il s’agit de « brebis », non de « boucs ». Il s’agit des croyants, non des « perdus ». Que de fois, lorsqu’une « personne à problèmes » quitte l’Église, nous nous essuyons les mains en disant : « Bon débarras ! » Ce que Dieu exige des bergers serviteurs, et du reste des brebis, c’est que nous cherchions leur restauration, non leur exclusion.

« Si ton frère a péché contre toi, tu dois aller vers lui, d’abord seul à seul, dans l’unique but de chercher la compréhension et la réconciliation » (Matthieu 18:15). Note le mot « péché ». Trop souvent nous partons lorsque nous sommes offensés, ce qui, en retour, crée une offense encore plus grande. Nous n’avons aucun tel commandement d’aller vers eux lorsque nous sommes offensés — seulement lorsque nous avons été l’objet d’un péché. La seule exception serait le cas où le pasteur ou les anciens de l’Église jugent nécessaire d’approcher quelqu’un qu’ils estiment être constamment une cause d’offense, ou qui a péché contre d’autres. Dans ce cas, le but de l’approche est toujours la réconciliation.

Lorsque Jésus donne l’enseignement de Matthieu 18:18-20, une question monte de Pierre, qui demande au Seigneur combien de fois il doit pardonner. « Jusqu’à sept fois ? » (Matthieu 18:21). Pierre pensait probablement que sa question était bonne, mais le Seigneur s’en servit pour souligner que le pardon doit être sans limite.

L’amour exige que nous pardonnions toujours.

Tout le contexte du chapitre 18 a trait à la restauration, à la réconciliation et au pardon, le tout sans causer soi-même d’offense… le thème de ce livre !

Jean 20:23

Ce verset est un autre parallèle aux deux ci-dessus, bien qu’il soit écrit par Jean en Jean 20:23.

Dans ce passage, les disciples sont tous enfermés dans une pièce close, car ils craignent que les chefs des Juifs ne viennent bientôt les prendre, tout comme ils avaient pris leur Seigneur. Leurs émotions sont vives, et certains parmi eux affirmaient avoir vu le Seigneur ressuscité des morts ! Le bruit courait que Jésus était apparu à Pierre et à Marie de Magdala, ainsi qu’à deux autres sur le chemin d’Emmaüs. D’autres ne voulaient pas croire à moins de voir eux aussi le Seigneur ressuscité.

Soudain, alors même que les portes étaient fermées, Jésus se tint au milieu d’eux ! Il dit : « La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie… Recevez le Saint-Esprit » (Jean 20:21-22).

Le temps grec de « recevez » est l’aoriste impératif, qui exige toujours une réponse immédiate. À cet instant, les disciples reçurent leur vie nouvelle dans l’Esprit. Puis, plus tard, au jour de la Pentecôte, ils recevraient sa plénitude pour être rendus capables du service. Une autorité nouvelle leur avait été donnée ! « Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jean 20:23). Permets-moi de paraphraser : « Ceux que vous déliez (mettez en liberté) sont déliés ; ceux que vous liez sont liés. »

« Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul ? » (Marc 2:7), demandaient les pharisiens. En un sens, ils avaient raison, car le mandat que le Seigneur nous donne ne « pardonne » pas les péchés dans la même mesure que son pardon à lui. Quand il pardonne, c’est « autant que l’orient est éloigné de l’occident », jusqu’aux profondeurs de la mer, pour ne plus jamais s’en souvenir (Psaume 103:12). Toi et moi ne pouvons faire cela — pour nos propres péchés, à plus forte raison pour ceux d’un autre. Les seuls péchés que nous puissions « pardonner » sont ceux qui ont été commis contre nous-mêmes — des péchés qui ont vraisemblablement causé les blessures de l’âme que nous portons, et par lesquelles Satan nous a entravés.

Ôter la barrière du péché

Si je pèche contre toi, je pèche aussi contre Dieu. Aussitôt, une barrière se dresse entre moi et mon Seigneur. Je trouve plus difficile de prier, la Parole perd de son intérêt, et la communion n’est plus aussi douce — mon péché est devenu un nuage au-dessus de ma tête !

Il y a deux manières d’ôter ce « nuage ».

La première est de « confesser mon péché, [car] il est fidèle et juste pour me pardonner mon péché et pour me purifier de toute iniquité ! » (1 Jean 1:9). Alléluia ! J’ai éprouvé la vérité de cette promesse.

Cependant, j’ai aussi découvert que le Seigneur a cette petite « habitude » de me parler du péché. M’ayant pardonné, il murmure ensuite à mon âme : « Maintenant, va vers ton frère et demande-lui de te pardonner. Je ne désire pas seulement te purifier du péché, je veux te voir réconcilié. » Sa priorité n’est pas le pardon — c’est la réconciliation ! La confession n’est pas complète tant qu’elle n’aboutit pas à la réconciliation. Cela n’est pas sa responsabilité — c’est la mienne, car « Christ nous a réconciliés avec lui et nous a donné le ministère de la réconciliation » (2 Corinthiens 5:18-19).

La seconde manière dont mon « nuage » peut être ôté, pour que le ciel me soit de nouveau ouvert, c’est que tu l’ôtes par ton pardon. La version King James de la Bible emploie un mot particulier dans sa traduction de Jean 20:23, où il est écrit : « À quiconque vous remettez les péchés… » Le mot « remettre » évoque l’idée de « mettre de côté ». Tu peux remettre mon péché, qui a été commis contre toi, et, ce faisant, m’ouvrir le ciel. En « mettant de côté » mon péché, tu écartes le « nuage », et la voie est ouverte pour que le Père me parle, tout comme lorsque j’ai recherché son pardon pour moi-même. De nouveau, il agira sur mon cœur, afin d’amener notre réconciliation !

Tu peux choisir de me pardonner parce que tu sais que l’Écriture l’exige, mais il est essentiel, si nous voulons être réconciliés, que tu me délies aussi du jugement de Dieu sur moi, en cherchant à écarter le « nuage » du péché au-dessus de moi.

Je parle toujours de « pardon et libération » — il faut les prêcher ensemble ! Un bon exemple serait Étienne, le premier martyr. Il venait d’être établi comme responsable dans l’Église naissante lorsque les chefs des Juifs le prirent et le lapidèrent à mort. Saul de Tarse se tenait là, tout à fait d’accord avec leurs actes, car il avait une grande haine pour ces disciples de Jésus.

Tandis qu’Étienne mourait, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! » (Actes 7:60). Il ne pria pas pour lui-même, pour avoir du courage, de la force, ou même pour être délivré ; il les délia plutôt de leur culpabilité.

Je me demande : Saul serait-il jamais devenu le grand apôtre Paul si Étienne n’avait pas prié cette prière ? J’ai la conviction qu’il a « ouvert le ciel » pour Saul ! Jésus aussi pria une prière semblable, lorsqu’il s’écria : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23:34), tandis qu’il mourait pour toi et pour moi.

Un merveilleux fruit de la libération des autres, c’est que nous sommes libérés nous aussi ! C’est comme tenir un cheval au bout d’une corde — on pourrait dire que le cheval est lié tandis qu’il court autour de nous dans l’enclos ; cependant, si le cheval décide de galoper à travers le champ boueux, nous serons traînés dans la boue à moins de lâcher la corde !

Ce nœud que tu sens dans ton ventre après que quelqu’un a péché contre toi, c’est exactement comme cette corde. Tu es émotionnellement lié à ceux qui t’ont blessé. Cette douleur fait partie de la blessure qu’ils ont causée. Bien que tu leur aies pardonné, le nœud est là chaque fois que tu les rencontres ou que tu entends quelqu’un parler d’eux.

Toi, et eux, avez besoin d’être libérés !

Jésus au milieu d’eux

Il est triste de voir combien souvent Matthieu 18:18-20 est cité hors de son contexte ! Ces versets se rapportent au pardon, à la libération et à la réconciliation, non à la présence de Dieu lorsque plusieurs personnes se rassemblent ! Les promesses de Jésus données là sont pour ceux qui cherchent activement à être réconciliés.

« Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18:19-20). L’accent ici n’est pas sur sa présence, car il est toujours avec chacun de nous qui sommes croyants, mais plutôt sur sa bénédiction pour la réconciliation — sa priorité !

Une clé nous a été donnée, qui ouvrira le ciel pour d’autres et qui nous affranchira des blessures, des servitudes qu’elles ont causées dans notre âme ! Apprenons à nous servir de cette clé !

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La clé dans ma main Gareth Evans

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