La chambre intérieure ·Faire et connaître

Chapitre 9 · 8 min de lecture

Faire et connaître

Mais Jésus dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent! » Luc 11.28.

« Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. » Jean 7.17.

Il y a quelque temps, je reçus une lettre de quelqu’un qui était de toute évidence un chrétien fervent, me demandant quelques indications pour l’aider dans l’étude de la Bible. Ma première pensée fut de répondre qu’il existe tant de discours et de brochures sur le sujet qu’il trouverait tout ce que je pourrais dire déjà bien mieux exprimé. Au bout de quelque temps, certaines expériences dans mon entourage immédiat me firent sentir combien l’enseignement était nécessaire sur ce sujet capital, et je découvris qu’il y avait des points auxquels il paraissait souhaitable de donner une importance particulière. Je prends la plume avec la prière et l’espérance ardentes que ce que j’écris vienne de Dieu, la source de la Lumière et de la Vie, afin d’aider ses jeunes enfants à voir comment ils peuvent puiser dans sa précieuse Parole tout cet enseignement et cette nourriture divins, toute cette joie et cette force abondantes qu’il a mises en réserve pour eux.

Je me figure m’adresser à un jeune chrétien qui m’a dit : « Aidez-moi à étudier ma Bible. Donnez-moi quelques règles pour me guider sur la manière de commencer et de poursuivre, afin que je connaisse bien ma Bible. » La toute première chose que j’ai à lui dire, celle qui précède tout le reste, la voici : dans votre étude de la Bible, tout dépendra de l’esprit dans lequel vous l’abordez, du But ou de la Fin que vous vous proposez. Dans les choses du monde, l’homme est gouverné et poussé par la Fin ou le But qu’il se fixe devant les yeux. Il n’en va pas autrement avec la Bible. Si votre but est simplement de bien connaître la Bible, vous serez déçu. Si vous pensez qu’une connaissance approfondie de la Bible sera nécessairement une bénédiction, vous vous trompez.

Pour les uns, elle est une malédiction. Pour d’autres, elle est sans force, elle ne les rend ni saints ni heureux. Pour quelques-uns, elle est un fardeau, elle les accable au lieu de les vivifier ou de les relever. Et quelle doit donc être la Fin ou le But, la véritable disposition de celui qui étudie la Bible ? La parole de Dieu est une nourriture, un pain venu du ciel ; le premier besoin pour l’étude de la Bible est celui-ci : UNE GRANDE FAIM DE LA JUSTICE, un grand désir de faire toute la volonté de Dieu. La Bible est une lumière : la première condition pour en jouir est un cœur qui aspire à marcher dans les voies de Dieu. N’est-ce pas là ce que nous enseignent les textes que j’ai placés en tête ?

« Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent. » Il n’y a aucune félicité à entendre ou à connaître la parole de Dieu si on ne la garde pas. La parole n’est rien si elle n’est gardée, obéie ou mise en pratique. « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra. » Jean 7.17. Selon cette parole de notre Seigneur, toute vraie connaissance de la parole de Dieu dépend d’abord de la volonté de la mettre en pratique.

N’est-ce pas là précisément la leçon sur laquelle nous insistons ? Dieu refusera d’ouvrir le sens et la bénédiction véritables de sa parole à quiconque, sinon à ceux dont la volonté est résolument arrêtée à la mettre en pratique. Je dois lire ma Bible avec un seul dessein : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

Pourquoi il en est ainsi se découvre aisément quand nous songeons à quoi servent les paroles. Elles se tiennent entre la volonté et l’acte. Un homme veut faire quelque chose pour vous ; avant de le faire, il exprime sa pensée ou son dessein par des paroles ; puis il accomplit ces paroles en faisant ce qu’il a promis. Il en va de même avec Dieu. Ses paroles tiennent leur valeur de ce qu’il fait. Dans la création, sa parole était puissance : il dit, et cela fut. Dans la grâce, il fait ce qu’il dit. David prie (2 Samuel 7.25) : « Accomplis ce que tu as dit. » Salomon dit lors de la consécration du temple : « lui qui a accompli de sa main ce qu’il avait promis de sa bouche » ; « qui a exécuté la parole qu’il avait prononcée » ; « qui a tenu ce que tu avais promis » ; « qui l’a dit de ta bouche, et l’a accompli de ta main » ; « que s’accomplisse la parole que tu as prononcée » (2 Chroniques 6.4, 10, 15, 16, 17). Chez les prophètes, Dieu dit : « Moi, l’Éternel, j’ai parlé, et je le ferai. » Et eux disent : « Ce que tu as dit s’accomplit. »

La vérité et le prix de ce que Dieu promet consistent en ceci, qu’il l’accomplit. Sa parole de promesse est destinée à être accomplie. Cela n’est pas moins vrai de sa parole de commandement, des choses qu’il veut que nous fassions. Si nous ne les faisons pas, si nous cherchons à les connaître, si nous en admirons la beauté et en louons la sagesse, mais que nous ne les faisions pas, nous nous abusons nous-mêmes. Elles sont destinées à être mises en pratique ; ce n’est qu’en les pratiquant que leur sens et leur bénédiction véritables peuvent se déployer pour nous.

Ce n’est qu’en les pratiquant que nous pouvons réellement croître dans la vie divine. « Marchez d’une manière digne du Seigneur, pour lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu. » Ce n’est que lorsque nous abordons les paroles de Dieu avec le dessein même que Dieu avait en vue, qu’elles soient mises en pratique, que nous pouvons avoir quelque espérance de bénédiction.

N’est-ce pas ce que nous voyons partout autour de nous dans la poursuite du savoir, ou dans n’importe quelle branche du commerce ? On attend de l’apprenti ou de l’élève qu’il mette en pratique les leçons qu’il reçoit ; alors seulement il est prêt pour un enseignement plus avancé. Il en va de même dans la vie chrétienne : l’étude de la Bible demeure surtout théorique, un agréable exercice de l’esprit et de l’imagination, ne valant guère plus que rien pour une vie de sainteté véritable ou de ressemblance avec Christ, jusqu’à ce que celui qui étudie soit prêt à ne jamais ouvrir ni fermer sa Bible sans faire sien le dessein de Dieu, et sans prêter l’oreille lorsqu’il dit : « Fais tout ce que je dis. » Telle était la marque des saints d’autrefois. « Abram partit, comme l’Éternel le lui avait dit. » « Ainsi fit Moïse ; il fit tout ce que l’Éternel lui avait ordonné. » Telle est la description de l’homme qui, comme serviteur, fut fidèle dans toute sa maison. Et de David nous lisons : « J’ai trouvé David, fils d’Isaï, homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés. »

Dans le Psaume 119, nous l’entendons s’entretenir avec Dieu au sujet de sa parole, et demander la lumière et l’enseignement divins, mais toujours accompagnés du vœu d’obéissance, ou de quelque autre expression d’amour et de joie. C’est l’accomplissement de la volonté de Dieu qui, même chez le propre Fils de Dieu, est l’unique secret d’une entrée dans la faveur et la pensée de Dieu.

Je viens de lire le nouveau livre de M. Moody, « Plaisir et profit dans l’étude de la Bible ». Je ne doute pas que beaucoup profiteront des suggestions qu’il contient. Ils penseront, à juste titre : ce qui a aidé un homme comme Moody peut m’aider aussi. Et pourtant ils risquent d’être déçus. Ils le seront forcément, à moins d’apporter à la Bible ce que M. Moody y a apporté : un désir sincère de faire tout ce qu’il voyait que Dieu voulait qu’il fît. Jeune chrétien ! je vous en conjure par les compassions de Dieu : lorsque vous demandez à Dieu de vous conduire dans les trésors de sa parole, dans le palais où habite Christ, faites-le comme quelqu’un qui s’offre lui-même en sacrifice vivant, prêt à faire tout ce que Dieu dira.

Ne croyez pas que cela aille de soi. Cela est d’une importance plus profonde que vous ne le savez. Cela fait plus souvent défaut dans l’étude de la Bible que vous ne le pensez. Recherchez-le avec une profonde humilité. Le premier besoin pour savourer votre nourriture, c’est la faim. La première exigence pour l’étude de la Bible, c’est un désir simple et résolu de découvrir ce que Dieu veut que vous fassiez, et une résolution sérieuse jusqu’à la mort de le faire. « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. » À celui-là la parole de Dieu sera ouverte.

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La chambre intérieure Andrew Murray

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