Chapitre 7 · 21 min de lecture
Témoignage de l’œuvre
Je désire ajouter quelques mots touchant l’origine de l’œuvre liée à la guérison divine en cette ville, et quelques-uns des cas dont j’ai eu connaissance.
Comme je l’ai déjà déclaré au chapitre précédent, l’un des engagements que je pris envers le Seigneur lors de ma propre guérison fut d’employer cette vérité, et l’expérience que j’en avais faite, pour le bien d’autrui, selon qu’il l’exigerait et me conduirait.
Cela signifiait beaucoup pour moi, car j’avais à mourir à bien de la respectabilité conservatrice et du souci de ma réputation ecclésiastique. Je savais d’instinct ce qu’il pouvait en coûter d’être pleinement fidèle en cette matière, et en même temps je reculais indiciblement devant la pensée d’avoir à prier avec quelque autre pour sa guérison. Je craignais tant d’attirer le déshonneur sur le nom de Dieu en réclamant ce qui pourrait ne pas s’accomplir, et j’espérais presque n’avoir pas à exercer personnellement ce ministère ; j’étais profondément heureux qu’il y eût d’autres frères que Dieu avait déjà suscités pour cette œuvre, dont je fortifierais volontiers les mains.
Mon premier témoignage public rendu à cette vérité en cette ville, au cours d’un sermon adressé à mon propre troupeau — une Église presbytérienne de New York — souleva peu ou point d’opposition. Quelques semaines plus tard, on me pria de prendre la parole à l’anniversaire de la Réunion de prière de Fulton Street, le jour même des funérailles du président Garfield. Le Seigneur me conduisit à parler avec franchise et à faire mention de la véritable méthode scripturaire de la prière pour la guérison des malades, directement au nom du Seigneur Jésus. À la fin de mon discours, un seul me donna une parole de réponse : c’était un bon et vieil ancien président de l’Église méthodiste épiscopale, entré depuis dans son repos. Il me remercia très cordialement et me dit qu’il croyait chacune des paroles que j’avais prononcées.
Peu après, l’épreuve vint dans ma propre famille. Ma petite fille tomba soudain très gravement malade de la diphtérie. Sa mère, qui alors ne croyait nullement comme moi, insista pour qu’on appelât un médecin, et fut fort affligée lorsque je me contentai de porter l’enfant à Dieu et de réclamer sa guérison au nom du Seigneur Jésus. Cette nuit-là, la gorge blanche comme neige et brûlante d’une fièvre ardente, la petite souffrante reposait seule auprès de moi. Je savais que si la maladie durait jusqu’au lendemain, ce serait une crise dans ma famille, et qu’on m’en tiendrait pour responsable. Le cher Seigneur le savait aussi. D’une main tremblante j’oignis son front — c’était la première ou la seconde personne que j’oignisse jamais — et je réclamai la puissance du nom de Jésus. Vers minuit, mon cœur fut profondément accablé. Je criai à Dieu pour une prompte délivrance. Au matin, sa gorge était guérie ; et la mère, en venant voir la malade, me jeta un regard, en voyant les ulcères disparus et l’enfant prête à se lever et à retourner à ses jeux, que je n’oublierai jamais. Dès cette heure, on ne me demanda plus jamais d’appeler un médecin dans ma maison. Et Dieu a merveilleusement pris soin des petits. À peine ont-ils connu la maladie, et chaque fois qu’elle est venue, le Seigneur l’a lui-même écartée, sauf lorsqu’il y avait quelque leçon à apprendre ; alors la place de la vraie repentance a toujours amené le rétablissement et la délivrance.
Vers cette époque, le Seigneur me conduisit à entreprendre l’œuvre particulière de la foi qui a occupé ma vie depuis lors. Ce n’était nullement pour enseigner la guérison divine, mais pour prêcher l’Évangile aux masses délaissées par des services publics, évangéliques et gratuits. Durant plusieurs années, pas un seul mot ne fut prononcé dans ces réunions au sujet de la guérison du corps, notre but suprême étant d’amener les hommes à Christ et de ne pas les prévenir par des questions accessoires. Mais les faits touchant ma propre guérison et celle de mon enfant se répandirent doucement parmi mon petit troupeau, et l’un après l’autre l’on vint m’en entretenir, et me demander si l’on ne pourrait pas aussi être guéri. Je répondais qu’on le pouvait, pourvu qu’on crût comme j’avais cru, et je les renvoyais chez eux lire par eux-mêmes la Parole de Dieu, y méditer et prier. La première fut une chère sœur, alors bien connue dans l’œuvre chrétienne, qui devint plus tard diaconesse dans notre maison. Elle souffrait depuis vingt ans d’une maladie de cœur. Elle mit environ un mois à peser la chose, puis, avec son calme et sa manière résolue, vint faire présenter son cas à Dieu. Elle fut guérie à l’instant, et durant plusieurs années travailla sans relâche, sachant à peine ce que signifiait même la lassitude. Enfin elle acheva son œuvre et s’endormit, dans une grande paix et une grande bénédiction. L’un après l’autre l’on se mit alors à venir s’en enquérir, et, à la longue, la réunion du vendredi grandit comme un lieu et un temps où tous ceux qui s’intéressaient à ce sujet particulier pouvaient se rassembler, être instruits et se fortifier les uns les autres par un témoignage mutuel. Cette réunion est devenue depuis une assemblée de plusieurs centaines de personnes venues de toutes les Églises évangéliques et de bien des foyers différents.
Les cas de guérison qui sont venus à ma connaissance durant ces années rempliraient bien des volumes. Ils ont représenté tous les extrêmes de la société, toutes les opinions religieuses, toutes les professions et vocations, et toutes les classes de maladies. J’ai vu venir des spirites, brisés à la fin par le service de Satan et cherchant à être délivrés de leurs souffrances — mais je ne me suis jamais senti libre, même de prier avec de tels cas, sans un entier renoncement à ce piège effroyable. J’ai reçu de tristes et honteuses révélations de ses maux. J’ai vu aussi venir des catholiques romains, comme s’ils venaient consulter quelque rite superstitieux. Et parfois, lorsqu’ils ont été patiemment instruits et conduits au vrai Sauveur, je les ai vus guéris. J’ai vu des hommes venir m’offrir de grosses sommes si l’on pouvait, par la prière, les guérir eux ou les leurs ; mais je n’ai jamais osé toucher à de tels cas, sinon pour les renvoyer directement à Christ, et leur dire qu’à ses pieds seulement, dans une vraie repentance et une vraie confiance, ils pouvaient espérer la délivrance. J’ai vu de pauvres pécheurs venir chercher la guérison, et repartir ayant trouvé le salut. Bien des personnes ont été amenées à Christ par leur désir d’échapper à la maladie. Je n’ai jamais estimé pouvoir réclamer la guérison de quiconque avant qu’il n’eût d’abord reçu Jésus pour Sauveur. Mais j’ai vu plusieurs fois l’âme sauvée et le corps guéri dans la même heure. Je n’ai jamais permis à personne de me regarder comme un guérisseur, et je n’ai eu aucune liberté de prier pour quiconque tant qu’il plaçait la moindre confiance en moi ou en mes prières, ou en quoi que ce fût d’autre que les mérites, les promesses et les intercessions de Christ seul.
Mon œuvre la plus importante a d’ordinaire été de m’ôter, moi et mon ombre, du chemin des gens, et de placer pleinement Jésus devant leurs yeux. J’ai vu des chrétiens très humbles et illettrés guéris soudainement et glorieusement, et baptisés de la foi la plus merveilleuse ; et j’ai vu de brillants esprits, des chrétiens jouissant d’une grande renommée, incapables de toucher même le bord de son vêtement. D’ordinaire, ils ne pouvaient descendre assez bas pour le faire. Je vis un jour un brillant médecin se lever dans la réunion et prononcer un savant discours sur le sujet ; et je vis une humble jeune fille qui, lorsque je la rencontrai pour la première fois, ne semblait pas avoir assez de capacité pour en saisir l’idée, guérie à ses côtés du dernier degré de la phtisie, et son membre raccourci s’allongea de deux pouces en un instant. J’ai vu ce don béni de Christ apporter le soulagement et une bénédiction inexprimable aux foyers de bien des pauvres, et ôter à des ouvrières usées et épuisées une servitude semblable à la fournaise de fer de l’Égypte. Et je l’ai vu aussi entrer dans les demeures de bien des gens raffinés, cultivés et riches, qui n’ont pas eu honte de rendre une belle confession et de porter un noble témoignage à Christ comme Sauveur parfait. J’ai vu souvent le théologien, après ses assauts les plus logiques contre elle, recevoir sa réponse dans la guérison de quelques-uns des siens, d’une manière qu’il ne pouvait ni réfuter ni expliquer. Parfois j’ai mené l’un de ces cas tout simples devant un incrédule vantard, et prié cette personne de lui raconter sa simple histoire ; et il en a été accablé, réduit au silence, et parfois s’en est allé profondément impressionné. L’un des plus brillants avocats de cette ville me dit tout récemment qu’il avait été pleinement convaincu de la vérité du christianisme par la guérison de notre bon ami John Elsey, et par la vie consacrée qui l’a suivie. Souvent j’ai vu des femmes du monde brisées sous une profonde conviction de péché, et amenées à chercher une vie religieuse profonde et véritable par les témoignages réels et simples de la réunion du vendredi. J’ai vu bien des pasteurs bien-aimés recevoir le Seigneur Jésus dans sa plénitude pour l’âme et pour le corps, et quelques-uns des serviteurs de Christ les plus dévoués et les plus distingués de cette ville sont fiers de le reconnaître pour leur Guérisseur. Mais j’ai remarqué aussi que la camisole de force ecclésiastique est de toutes la plus dure entrave, et la crainte de l’opinion conservatrice et ecclésiastique la plus inexorable de toutes les servitudes. Plus d’un médecin bien-aimé du plus haut rang a pris Jésus pour son Guérisseur, et, lorsque leurs malades y sont préparés, aime à les conduire à ses soins. On peut en voir plusieurs à notre réunion du vendredi, et l’on en rencontre beaucoup dans d’autres villes. Bon nombre des ouvriers chrétiens les plus consacrés et des missionnaires de ville ont trouvé cette précieuse vérité ; quelques-uns ont eu à affronter une amère épreuve de préjugés et d’opposition dans leurs Églises et leurs sociétés, mais là où ils ont été sages, sincères et fidèles, Dieu les a justifiés à la fin. J’ai constaté que les hommes et les femmes les plus spirituels dans les diverses Églises sont d’ordinaire conduits à voir et à recevoir cette vérité. Lorsque Christ devient dans l’âme une Réalité personnelle qui l’habite, il est difficile de le tenir hors du corps. Je n’ai trouvé aucune difficulté pratique sérieuse à traiter la question des remèdes. Là où quelqu’un y attache quelque prix, ou n’est pas lui-même clairement conduit par le Seigneur à les abandonner, je ne lui ai jamais conseillé de le faire. Il ne sert de rien de renoncer aux remèdes sans une foi véritable en Christ. Et lorsque quelqu’un remet vraiment son cas à Christ et croit qu’il s’en est chargé, il ne désire pas, en règle générale, qu’aucune autre main y touche, ni même ne voit que rien d’autre soit nécessaire. Là où les personnes ont une foi véritable au secours surnaturel de Christ, elles ne voudront pas de remèdes. Et là où elles n’ont pas cette foi, je n’ai jamais osé les empêcher de recevoir le meilleur secours qu’elles puissent obtenir. Je ne me suis jamais senti appelé à presser quiconque d’accepter la guérison divine. J’ai trouvé meilleur de présenter la vérité et de laisser Dieu les conduire. Souvent, alors que je les pressais le plus vivement de ne pas la tenter à moins d’être pleinement persuadés, l’effet a été de les y pousser plus fortement encore et de montrer qu’ils avaient une foi véritable. Je n’ai jamais estimé que la guérison divine dût être regardée comme l’Évangile. Elle en fait partie, mais nous travaillons beaucoup plus assidûment au salut et à la sanctification des âmes des hommes. La presse profane, avec son amour du sensationnel, a tenté de présenter cette doctrine comme une lubie particulière de quelques-uns d’entre nous ; mais en réalité nous n’avons dans la semaine qu’un seul service public pour cela, et sept pour l’instruction et la bénédiction spirituelles.
Les cas de guérison ont été fort divers. L’un des plus remarquables des premiers jours fut celui d’une femme qui n’avait pas plié ses articulations depuis huit ans, et qui se tenait dans nos réunions debout sur ses béquilles, incapable de s’asseoir durant tout le service. Elle ne s’était pas assise depuis huit ans. Elle fut guérie en un moment, comme au toucher d’une plume, et tous dans la salle furent remplis d’étonnement. Une autre fut guérie d’une déviation de la colonne vertébrale. Un grand nombre ont été délivrées de tumeurs fibreuses, et quelques cas de cancers malins et incurables. Nous avons eu deux cas d’os brisés rétablis sans le secours de la chirurgie. Beaucoup de cas des pires formes de maladie de cœur, plusieurs de phtisie, et quelques cas désespérés de hernie, où c’eût été la mort de marcher comme ils le firent si Christ ne les avait soutenus. La paralysie et le ramollissement du cerveau, l’épilepsie et la danse de Saint-Guy ont toutes été guéries de façon marquée, et quelques cas de folie dangereuse ont aussi été rétablis par la prière de la foi. Le nombre de tels cas s’élèvera à des milliers. En donner même quelques-uns en détail serait impossible. Ce qui a fait notre joie principale, c’est que les fruits sont si bénis et si glorieux dans les vies consacrées qui ont été ainsi rachetées de la destruction et données à l’œuvre de Dieu et aux besoins des hommes. L’une de ces personnes chères dirige une mission où des centaines sont amenés à Christ. Une autre, refusée par son comité à cause de sa maladie, fut guérie par le Seigneur et se trouve maintenant de nouveau aux Indes avec son mari, prêchant Christ aux païens. Les uns sont au Japon, d’autres en Afrique, d’autres dans l’Amérique du Sud, d’autres en Angleterre, et beaucoup dans les rues et les ruelles de la ville, et dans l’œuvre la plus fervente du pays. Que Dieu soit remercié pour les bénédictions qu’ils ont reçues, et pour les bénédictions qu’ils sont devenus.
Durant ces années, Dieu a ouvert notre maison et nous a permis d’y rencontrer, entre ses murs, des centaines de ses chers enfants, et de les voir partir dans la force et la bénédiction. D’autres maisons sont répandues sur ce pays et sur d’autres, et déjà une grande multitude, dans ce pays et dans d’autres, se donnent la main et chantent ensemble tandis qu’ils cheminent vers la patrie.
« Mon âme, bénis l’Éternel, Et n’oublie aucun de ses bienfaits! Mon âme, bénis l’Éternel! Que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom! C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, Qui guérit toutes tes maladies; C’est lui qui délivre ta vie de la fosse, Qui te couronne de bonté et de miséricorde; C’est lui qui rassasie de biens ta vieillesse, Qui te fait rajeunir comme l’aigle. »
APPENDICE.
LA PRÉTENDUE SCIENCE CHRÉTIENNE.
Bien des personnes confondent étrangement cette étrange erreur antichrétienne avec la guérison divine, et beaucoup de gens qui devraient être mieux avertis sont insidieusement entraînés dans son piège par les nombreux traités et publications superficiels qu’elle répand, lesquels ne font aucune mention de ses véritables enseignements ni de sa philosophie incrédule, et ne contiennent que quelques directions simples et d’apparence inoffensive touchant le fait d’ignorer les symptômes, etc. C’est pourquoi nous ajoutons, tirées de nos propres écrits et d’autres volumes, quelques déclarations soigneuses sur son caractère réel, avec des citations directes de ses propres autorités reconnues. Cette philosophie nie que Jésus-Christ soit venu en chair. Elle nie la réalité du corps de Christ ; partant, son enseignement est antichrétien. Ceci n’est pas la guérison divine. Il n’y a entre les deux aucune communion. C’est l’une des illusions de la science faussement ainsi nommée. Elle saperait le christianisme. C’est la plus funeste des incrédulités. Elle abolit entièrement l’expiation ; car s’il n’y a point de péché, il ne peut y avoir de rédemption. J’aimerais mieux être malade toute ma vie, en proie à toute forme de tourment physique, que d’être guéri par un tel mensonge.
Une grande part en est vague et confuse, mais partout où les doctrines et les principes sont clairement énoncés, ils sont entièrement contraires aux Écritures. Cela ressemble un peu au bouddhisme, comme quelqu’un l’a dit avant nous, mais bien davantage au déisme et à l’idéalisme anglais, combinés avec le panthéisme allemand. Elle nie explicitement l’existence de la matière, la création de l’univers matériel par Dieu, l’expiation de Jésus-Christ, et les doctrines distinctives du système chrétien. Elle propose une série de principes, dont nous citons quelques-uns du livre-étalon de Mme Edey : PLATE-FORME DES SCIENTISTES CHRÉTIENS.
« 1. Qu’il n’y a ni Divinité personnelle, ni Diable personnel, ni homme personnel.
« 2. Que Dieu est Principe et non personne, Entendement et non Matière : que ce principe est ce que l’Écriture le déclare être, savoir : la Vie, la Vérité et l’Amour.
« 3. Que Dieu, qui est l’Entendement ou le Principe parfait, comprenant l’idée parfaite, est tout ce qui est réel ou éternel.
« 5. Que l’Esprit est la seule substance, savoir “la substance des choses qu’on espère et la démonstration de celles qu’on ne voit pas”. Le spirituel et l’éternel sont substance, tandis que le matériel et le temporel ne sont pas substance.
« 10. Que l’homme était et est l’idée de Dieu, la conception de l’Entendement ; que cette idée était coexistante et coéternelle à l’Entendement ; d’où il suit que l’homme fut de toute éternité dans l’Entendement, mais que l’Entendement ne fut jamais dans l’homme. Il n’y eut jamais d’idée matérielle ni d’homme personnel. Tout est entendement, il n’y a point de matière ; tout est harmonie, il n’y a point de discorde ; tout est Vie, il n’y a point de mort ; tout est bien, il n’y a point de mal ; tout est Dieu et son idée.
« 11. Que la Science décide que la matière, ou le corps mortel, n’est rien qu’une croyance et une illusion. Si vous assiégez la maladie, le péché ou la mort par cette intelligence scientifique de l’être, vous apprendrez que notre affirmation de Dieu et de l’homme est vraie, et que l’affirmation contraire est l’erreur et la discorde que la Vérité rejette. … De même que la mythologie de la Rome païenne a cédé à une idée plus spirituelle de la Divinité, de même notre théologie matérielle, ou nos religions doctrinales, céderont à une idée de Dieu plus spirituelle que celle qu’en présente un homme matériel, jusqu’à ce que toute matérialité disparaisse de la pensée, et que le fini fasse place à l’infini, et que paraisse l’idée impersonnelle, illimitée et infaillible, et le Principe impersonnel, sans bornes ou infini de cette idée, et que “Ton règne a été sur la terre comme au ciel”.
« 13. Il n’y a qu’un seul Esprit, ou Dieu ; partant, il n’y a ni esprits ni dieux, ni esprit mauvais, parce que l’Esprit est Dieu. Un Dieu personnel, un homme personnel, un diable personnel, et des esprits mauvais et bons, ne sont qu’un mythoplasme théologique, de simples croyances qui doivent finalement céder à la science contraire de Dieu et de l’homme.
« 18. Que la Vie, la Vérité et l’Amour sont la Trinité, ou Principe trin, les trois en un, les mêmes dans l’action et dans l’être, et que ceux-ci sont l’unique Dieu. Que le Saint-Esprit est la science divine, révélant et expliquant ce principe trin, et conduisant dans toute la Vérité ; que Christ n’est qu’un autre terme pour Dieu, et que Jésus fut le nom d’un homme. La conception de Jésus fut spirituelle. La spiritualité de Marie fut la transparence à travers laquelle l’Entendement immortel se refléta en cette meilleure image de la Vérité et de l’Amour, le bon et pur Jésus. Dans l’idée que Marie se faisait de Dieu et sa conception de l’homme, l’élément mâle, ou sensuel, de la pensée n’entra point pour souiller l’idée ; c’est ainsi que Jésus devint l’idée médiatrice ou intermédiaire entre la Vérité et l’erreur, entre l’âme et le sens, qui ne s’opposait pas à Dieu, qui guérissait les malades, dissipait les illusions du sens, ou la croyance en la Vie et l’Intelligence dans la matière, et révélait la Vérité impersonnelle, savoir que l’âme et Dieu sont un, et le “Je” ou le Père.
« 19. Que notre Église est bâtie sur Christ, non une personne, mais le Principe dont Christ a dit qu’il “est le chemin, la vérité et la vie” ; que la Science chrétienne est le chemin, et que ses fondements sont éternels. »
Le Dr Gordon, de Boston, résume ainsi ses enseignements : la Science chrétienne se nomme elle-même « l’intelligence de Dieu », ce qui n’est autre que la traduction du mot grec « théosophie ». L’un des axiomes fondamentaux de la théosophie est énoncé dans la phrase suivante : « Il n’y a point de diable personnel. Ce qu’on appelle mystiquement le diable est le négatif et l’opposé de Dieu. Et tandis que Dieu est JE SUIS, ou l’Être positif, le diable n’est pas. » Sa plate-forme s’ouvre par cette stupéfiante déclaration : « qu’il n’y a ni Divinité personnelle, ni diable personnel, ni homme personnel. »
Outre ses contradictions palpables avec la Parole de Dieu, nous devons confesser aussi le choc qu’elle fait éprouver à notre respect, d’entendre parler sans cesse de Jésus comme d’un métaphysicien et d’un démonstrateur de la Science chrétienne — « l’Homme le plus scientifique qui ait jamais foulé le globe » ; de nous entendre dire que la cause de son agonie au jardin fut qu’il était atteint de « l’erreur totale d’une croyance à la vie dans la matière » ; que sur la croix il donnait à ce monde « un exemple et une preuve de la science divine » ; que son christianisme « détruisit le péché, la maladie et la mort, parce qu’il était la métaphysique et le sens personnel, porta la croix et atteignit la droite d’un Principe parfait ».
Il sera à peine nécessaire, après ce qui a été dit, de distinguer la « Science chrétienne » de la « prière de la foi », dont l’Écriture dit qu’elle « sauve le malade ». Nul de ceux qui croient à cette promesse ou en font usage n’a jamais, que nous sachions, pensé que son accomplissement dépendît de l’action d’un esprit sur un autre. Tous ceux qui ajoutent foi aux « guérisons par la foi », comme on les nomme parfois, tiennent qu’elles sont le résultat de l’action directe et surnaturelle de Dieu sur le corps du malade. La « Science chrétienne » nie catégoriquement l’efficacité de la prière pour le rétablissement des malades. Elle dit : « Demander à Dieu de guérir les malades n’a nul effet pour gagner l’oreille de l’amour, au-delà de sa présence toujours actuelle. Le seul effet bienfaisant qu’elle ait, c’est l’action de l’esprit sur le corps par une foi plus forte qui le guérit ; mais ce n’est là qu’une croyance qui en chasse une autre — la croyance en un Dieu personnel chassant une croyance en la maladie, sans donner l’intelligence du principe qui guérit » — Science and Health, II, 171.
Ici, l’antagonisme entre deux choses qui diffèrent est si marqué que nous n’avons qu’à y attirer l’attention.
Le révérend Green Wood, de Chicago, ajoute ces paroles énergiques : « La principale pierre angulaire de la science est le postulat suivant : que la base immortelle de la Vie est l’âme, non le corps, la Vie, non la mort », c’est-à-dire que la base immortelle de la Vie est la Vie, ou que la Vie est sa propre base. Mais en voilà assez. Cela ressemble fort à une souris qui tourne en rond dans un boisseau à la poursuite de sa propre queue. N’est-ce pas là l’édifice sans fondement d’un songe ?
N’est-ce pas là la nécromancie pour avoir recouru à laquelle Saül, roi d’Israël, perdit son royaume et sa vie, et dont le châtiment, sous la Théocratie, était la mort ? N’est-ce pas là le mysticisme gnostique du premier siècle, qui prétendait que le corps de notre Seigneur Jésus-Christ était un mythe, ou, comme on l’avance aujourd’hui, une idée ? Pour combattre ce mysticisme gnostique, Jean écrivit sa première épître, où il établit, par une autorité divine, que l’homme Jésus n’était pas un mythe, non une « idée », mais une personne véritable — un homme réel. Voyez 1 Jean 4:2, 3 : Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu: tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde. Chapitre 5:1 : Jésus est le Fils de Dieu. « Petits enfants, gardez-vous des idoles. » Aux derniers temps, il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes, et ils feront des signes et des prodiges pour séduire, s’il était possible, même les élus. Mais prenez garde. Voici, je vous ai tout annoncé d’avance. Que tous prennent garde, de peur qu’en courant après ce feu follet ils ne se montrent par là n’être point du nombre des élus, mais les dupes du bouddhisme et du mysticisme gnostique insidieusement imposés à l’Amérique chrétienne, en ce dix-neuvième siècle, sous le déguisement de la « Science chrétienne » !