Chapitre 2 · 20 min de lecture
Directions pratiques
Nous avons déjà examiné les fondements scripturaires de la doctrine de la guérison par la foi en Dieu. Se pose maintenant la question pratique : comment celui qui croit pleinement à cette doctrine peut-il recevoir la bénédiction et s’approprier la guérison ?
1. Soyez pleinement persuadé de LA PAROLE DE DIEU en cette matière.
C’est là l’unique fondement assuré d’une foi raisonnable et scripturaire. Votre foi doit reposer sur les grands principes et les promesses de la Bible, sans quoi elle ne pourra jamais soutenir l’épreuve des oppositions et des tribulations qui ne manqueront pas de venir. Vous devez être si certain que ceci fait partie de l’Évangile et de la rédemption de Christ, que tous les enseignements et tous les raisonnements des meilleurs des hommes ne sauraient vous ébranler. La plupart des défaillances pratiques de la foi en cette matière proviennent de convictions défectueuses ou douteuses touchant la Parole divine. Qu’il soit permis à l’auteur de mentionner le cas d’une dame qui avait pleinement embrassé cette vérité et accepté Christ pour son Médecin. Elle fut aussitôt grandement fortifiée en esprit comme en corps, et son cœur débordant n’était que trop heureux d’annoncer la bonne nouvelle à tous ses amis. Entre autres, elle rencontra son pasteur et lui parla de sa foi et de sa bénédiction. À sa surprise, il s’éleva aussitôt contre de telles vues, la mit en garde contre ce nouveau fanatisme, et lui déclara que ces promesses sur lesquelles elle s’appuyait n’étaient point pour nous, mais seulement pour les Apôtres et pour l’âge apostolique. Elle écouta, questionna, céda, et abandonna sa confiance. En moins d’un mois, lorsque l’auteur la revit, elle était tombée dans un tel abattement qu’elle savait à peine si elle croyait encore la Bible ou non. Si ces promesses étaient pour les Apôtres, raisonnait-elle, pourquoi toutes les autres promesses de la Bible ne seraient-elles pas, elles aussi, pour eux seuls ? On l’invita à passer quelque temps à examiner l’enseignement de la Parole de Dieu. Les promesses de guérison, depuis l’Exode jusqu’à Jacques, furent soigneusement comparées et chaque question pesée avec calme, jusqu’à ce que la vérité devînt si manifeste, et son évidence si accablante, qu’elle ne pût que dire : « Je sais qu’elle est ici, et je sais qu’elle est vraie, quand le monde entier la nierait. » Alors elle se mit à genoux et demanda au Seigneur pardon de sa faiblesse et de son incrédulité, renouvela sa solennelle profession de foi et de consécration, et réclama de nouveau la promesse de la guérison et le baptême du Saint-Esprit. Depuis ce jour elle a été rétablie et bénie de toutes sortes de bénédictions spirituelles ; en sorte que le pasteur même qui l’avait fait broncher a été contraint de reconnaître que c’est là le doigt de Dieu. Mais le point de départ de toute sa bénédiction fut le moment où elle accepta pleinement la Parole de Dieu et s’y reposa.
2. Soyez pleinement assuré de LA VOLONTÉ DE DIEU DE VOUS GUÉRIR.
La plupart des personnes sont assez disposées à admettre la puissance de Christ pour guérir. Le diable lui-même l’admet. La vraie foi implique une égale confiance dans la bonne volonté de Dieu d’exaucer cette prière de la foi. Le moindre doute sur ce point paralysera assurément notre prière pour une guérison précise. S’il subsiste la moindre question là-dessus, il ne peut y avoir aucune certitude dans notre attente. Une confiance vague dans l’acceptation possible de notre prière n’est pas assez forte pour lutter contre les forces de la maladie et de la mort. La prière pour la guérison faite « si telle est sa volonté » ne porte avec elle aucune revendication devant laquelle Satan lâchera prise. C’est là un point dont nous devrions connaître sa volonté avant de demander, puis la vouloir et la réclamer parce qu’elle est sa volonté. Nous a-t-il donné quelque moyen de connaître sa volonté ? Très assurément. Si le Seigneur Jésus l’a acquise pour nous dans sa rédemption, il faut que ce soit la volonté de Dieu que nous la possédions, car toute l’œuvre rédemptrice de Christ ne fut que l’accomplissement de la volonté du Père. Si Jésus nous l’a promise, il faut que ce soit sa volonté que nous la recevions ; car comment connaître sa volonté sinon par sa parole ? Bien plus, si Jésus nous l’a léguée dans le Nouveau Testament, qui n’est autre que SES DERNIÈRES VOLONTÉS, alors elle n’est qu’un des legs du testament de notre Frère, et toute question de volonté doit prendre fin. La Parole de Dieu est à jamais la règle de sa volonté, et cette parole a déclaré immuablement que c’est le plus grand désir de Dieu, et le principe inaltérable de son action et de sa volonté, de rendre à chaque homme selon qu’il croira, et surtout de sauver tous ceux qui recevront Christ par la foi, et de guérir tous ceux qui le recevront par une foi semblable. Personne ne songe à demander le pardon « si le Seigneur le veut ». Nous ne devrions pas non plus jeter un doute plus grand sur sa promesse de rédemption physique. L’un et l’autre sont offerts gratuitement à tout cœur confiant qui voudra les accepter. Un cas fort frappant s’est récemment présenté à l’observation de l’auteur. Une dame, tout à fait en vue dans l’œuvre chrétienne, avait reçu la prière et l’onction pour la guérison. Elle revint au bout de quelques semaines en disant qu’elle n’allait pas mieux. On lui demanda si elle avait pleinement cru. « Oui, répondit-elle, je croyais que je serais guérie si tel était son bon plaisir, et sinon, je consens à ce qu’il en soit autrement. » « Mais, lui répondit-on, ne pouvons-nous pas connaître le bon plaisir de Dieu en cette matière par sa propre parole, et demander dans la pleine attente de la bénédiction ? En vérité, devons-nous rien demander à Dieu avant d’avoir lieu de croire que c’est sa volonté ? Sa parole n’est-elle pas la manifestation de sa volonté ; et, après qu’il l’a si pleinement promise, n’est-ce pas une contrariété et une dérision que de laisser paraître un doute sur sa bonne volonté ? » Elle s’en alla, et le lendemain matin même elle réclama la promesse. Elle dit au Seigneur que désormais elle croyait non seulement qu’il pouvait, mais qu’il voulait, et qu’il ôtait le mal. En moins d’une demi-heure il avait entièrement et visiblement disparu — et c’était une tumeur externe d’une grosseur considérable, sur laquelle il ne pouvait y avoir ni imagination ni méprise. Il y a souvent bien de l’incrédulité subtile dans cette prière : « Que ta volonté soit faite. » Cette bienheureuse requête exprime en réalité la plus haute mesure de l’amour et de la bénédiction divine. Rien de plus bienveillant ne peut nous advenir que cette volonté. Et pourtant nous la demandons souvent comme si elle était la main de fer d’un cruel despote, et une destinée inexorable.
3. Veillez à être vous-même EN RÈGLE AVEC DIEU.
Si votre maladie vous est venue à cause de quelque cause coupable, ayez soin de vous repentir à fond de vos péchés et de les confesser, et de faire pleine réparation autant qu’il est en votre pouvoir. Si elle a été une discipline destinée à vous séparer de quelque mal, présentez-vous aussitôt à Dieu dans un franc jugement de vous-même et dans la consécration, et réclamez de lui la grâce de vous sanctifier et de vous garder saint. Un cœur impur est une source continuelle de maladie. Un esprit sanctifié est en lui-même aussi salutaire qu’il est saint. En même temps, ne laissez pas Satan paralyser votre foi en vous rejetant sur votre indignité, et en vous disant que vous n’êtes pas assez bon pour réclamer ceci. Jamais nous ne pouvons mériter aucune des miséricordes de Dieu. Le seul recours est le nom, les mérites et la justice de Christ. Mais nous pouvons renoncer au péché connu, nous pouvons marcher de manière à plaire à Dieu. Nous pouvons nous juger nous-mêmes, et rejeter tout ce que Dieu nous montre comme mauvais. Au moment où nous le faisons, nous sommes pardonnés. « Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. » « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. » N’attendez pas de sentir le pardon ou la joie, mais que votre volonté soit tout entière tournée vers Dieu, et croyez à l’instant que vous êtes agréé ; puis approchez-vous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, le cœur purifié d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’une eau pure.
Il nous est tout à fait vain d’essayer d’exercer la foi pour nous-mêmes ou pour d’autres en face d’une transgression volontaire et au mépris du châtiment que Dieu a voulu que nous respections et auquel nous nous soumettions. Mais lorsque nous recevons sa correction et que nous nous tournons vers lui avec un cœur humble et obéissant, il ôtera avec bonté la main de la douleur, et fera du toucher de la guérison le gage de son amour qui pardonne. « La prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné. Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. »
Souvent notre maladie n’est qu’une malaria morale contractée pour nous être aventurés sur le territoire de Satan. Nous ne pouvons être guéris tant que nous ne sortons pas du lieu défendu et ne nous tenons pas de nouveau sur un sol saint. De sorte que cette question de notre état personnel, sans être une condition de la guérison, en est pourtant un élément fort important. Le grand dessein de Dieu dans tous ses rapports avec nous, c’est notre bien suprême et notre santé spirituelle. Au chrétien qui souffre, il n’est donc pas de meilleur conseil que la vieille exhortation : « Recherchons nos voies et sondons, et retournons à l’Éternel. Car ce n’est pas volontiers qu’il humilie et qu’il afflige les enfants des hommes. L’Éternel a de la bonté pour qui espère en lui, pour l’âme qui le cherche. »
L’auteur voudrait l’illustrer en rapportant encore un fait réel. Un membre de sa propre famille fut soudain frappé d’une maladie violente et dangereuse. C’était un petit enfant, assez jeune pour qu’il fût certain que ce ne pouvait être à cause d’aucune faute ni d’aucun péché de sa part. Au milieu de convulsions violentes, on renonça bientôt à tous les remèdes humains, et le cas fut présenté à Dieu dans la prière et par l’onction. Un soulagement immédiat fut accordé, mais le mal ne fut pas entièrement ôté ; et de nouveau, cette nuit-là, une rechute très menaçante survint, et la prière de la foi parut se heurter à une affreuse nuée d’empêchement. Aussitôt il fut profondément gravé dans son cœur que quelque chose n’allait gravement pas du côté de tel ou tel membre de la famille. On chercha avec ardeur, et l’on finit par découvrir qu’il en était bien ainsi. Une personne avait grièvement péché et l’avait caché. Mais alors une confession profonde et entière fut faite, le tort solennellement réparé aux yeux de Dieu, et son pardon cherché et réclamé. Alors tout le fardeau s’écarta, l’innocent qui souffrait fut guéri à l’instant, et le lendemain matin il se leva avec la santé et l’allégresse les plus merveilleuses, et n’a plus été gravement malade depuis.
4. Étant devenu pleinement persuadé de la Parole de Dieu, de la volonté de Dieu et de votre propre acceptation personnelle auprès de Dieu, REMETTEZ MAINTENANT VOTRE CORPS ENTRE SES MAINS ET RÉCLAMEZ SA PROMESSE DE GUÉRISON au nom de Jésus, par une simple foi. Ne vous contentez pas de la demander, mais réclamez-la humblement et fermement comme le gage de son alliance, comme votre héritage, comme un droit de rédemption acquis, comme une chose déjà pleinement offerte dans l’Évangile, et qui n’attend que votre acceptation pour vous en assurer la possession. Il y a une grande différence entre demander et réclamer, entre vouloir et prendre. Vous devez prendre Christ pour votre Médecin — non comme une expérience, non comme un avenir, un peut-être, mais comme une réalité présente. Vous devez croire que, selon sa promesse, il touche maintenant votre vie de sa Main toute-puissante, et vivifie les sources de votre être de sa force. Ne croyez pas seulement qu’il le fera, mais réclamez et croyez qu’il vous touche maintenant, et qu’il commence l’œuvre de la guérison dans votre corps. Et allez de l’avant en la tenant pour accomplie, en le reconnaissant et en le louant pour elle. Il est bon de se préparer à cet acte solennel de foi qui se livre et s’approprie. Ce doit être un pas très réfléchi et définitif, et de par sa nature il ne peut se répéter. Comme la cérémonie du mariage, il signale et scelle une grande transaction, et sa valeur dépend de la réalité de l’union qu’il scelle. Avant de faire ce pas, nous devons peser à fond chaque question, puis les regarder comme réglées pour toujours, et alors nous avancer solennellement, définitivement, irrévocablement sur un terrain nouveau, sur la promesse de Dieu, avec la profonde conviction que c’est pour jamais. Cela donne au cœur une grande force et un grand repos, et ferme la porte à mille doutes et tentations. Dès ce moment, le doute doit être tenu pour absolument hors de question, et jusqu’à la pensée même de reculer ou de recourir aux anciens moyens pour inadmissible. Bien entendu, une telle personne abandonnera aussitôt tous les remèdes et tout traitement médical. Dieu est devenu le Médecin, et il ne donnera pas sa gloire à un autre. Dieu a guéri, et toute tentative humaine de secours impliquerait un doute sur la réalité de la guérison. Plus cet acte de foi peut être une remise complète, plus il aura de puissance. Si vous avez quelque doute sur votre foi pour cela, faites-en un objet spécial de préparation et de prière. Demandez à Dieu de vous donner une foi spéciale pour cet acte. Toutes nos grâces doivent venir de lui, et la foi entre autres. Nous n’avons rien en propre, et notre foi même n’est que la grâce de Christ lui-même en nous. Nous pouvons l’exercer, et jusque-là s’étend notre responsabilité ; mais c’est lui qui doit la communiquer, et nous ne faisons que la revêtir et la porter comme venant de lui. Et cela fait de l’exercice d’une foi forte une possibilité très simple et très bénie. Jésus ne nous dit pas : Ayez vous-mêmes une grande foi. Mais il nous dit : Ayez la foi de Dieu. Cela vaut mieux. La foi de Dieu suffit à tout, et nous pouvons l’avoir et nous en servir. Nous pouvons prendre Christ pour notre foi comme nous l’avons pris pour notre justification, pour nos victoires sur la tentation, pour notre sanctification. Nous pouvons ainsi nous reposer doucement dans l’assurance que notre foi n’a pas manqué de répondre aux exigences de la promesse, car ce fut la foi propre de Christ. Nous venons simplement en son nom, et nous le présentons comme notre offrande parfaite, notre plaidoyer, notre foi, notre avocat, notre justice, et tout — et nous recevons simplement et entièrement, pour l’amour de Christ, notre foi elle-même, rien que le fait de prendre son libre don de grâce. Venez donc et réclamez sa promesse ; et, l’ayant fait, croyez, selon sa parole, que vous l’avez reçue.
5. AGISSEZ VOTRE FOI. « Lève-toi, prends ton lit, et marche. » Non pour montrer votre foi ni pour faire parade de votre courage, mais à cause de votre foi, commencez à agir comme quelqu’un qui est guéri. Traitez Christ comme si vous vous confiiez en lui, en entreprenant en son nom et par sa force ce qui serait impossible par la vôtre ; et il ne vous fera pas défaut si vous vous confiez réellement en lui, et si vous continuez à agir votre foi avec constance et courage. Mais il est très important que vous preniez garde de ne pas le faire sur la foi ou la parole de quelqu’un d’autre. Ne vous levez pas de votre lit et ne marchez pas sur votre pied boiteux parce que quelqu’un vous dit de le faire. Ce n’est pas là de la foi, mais de la présomption. Il vous dira certainement de le faire, mais ce doit être en tant qu’il est VOTRE SEIGNEUR ; et si vous marchez avec lui et vous confiez en lui, vous connaîtrez sa voix. Votre prière, comme celle de Pierre, doit être : « Seigneur, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux » ; et il vous l’ordonnera certainement, s’il doit vous guérir ; mais, dans cette œuvre grande et solennelle, chacun de nous doit connaître et voir le Seigneur pour lui-même. Et alors, lorsque vous vous avancerez pour agir votre foi, gardez-vous de vous mettre à épier le résultat, à regarder les symptômes, ou à voir si vous tenez debout. Vous devez faire abstraction de tous les symptômes, et ne voir que lui, là, devant vous, tout-puissant pour vous soutenir et vous garder de tomber. L’homme qui déterre sa semence pour voir si elle pousse ne tardera guère à la tuer jusqu’à la racine. Le vrai laboureur se fie à la nature et la laisse croître en silence. Ainsi, confions-nous en Dieu, consentant même à voir la réponse ensevelie comme cette semence, et mourant dans le sol obscur du découragement, sachant que « s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »
6. SOYEZ PRÉPARÉ AUX ÉPREUVES DE LA FOI. Ne cherchez pas toujours la disparition immédiate des symptômes. N’y pensez pas. Faites-en simplement abstraction et avancez, réclamant la réalité qui est derrière et au-dessous de tous les symptômes. Souvenez-vous que la santé que vous avez réclamée n’est pas votre propre force naturelle, mais la vie de Jésus manifestée dans votre chair mortelle ; c’est pourquoi la vieille vie naturelle peut encore être environnée de bien des infirmités, mais derrière elle, à côté d’elle et en face d’elle, se tient la vie toute-suffisante de Christ pour soutenir votre corps. « Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. » Mais « Christ est votre vie ; » et la vie que vous vivez maintenant dans la chair, vous la vivez dans la foi au Fils de Dieu, qui vous a aimé et qui s’est livré lui-même pour vous. Ne vous étonnez donc pas si la nature vient souvent encore à vous manquer. Sa guérison n’est pas la nature, c’est la grâce, c’est Christ, c’est la vie corporelle du Seigneur ressuscité. C’est l’énergie vitale du corps qui est monté à la droite de Dieu ; et elle ne défaille jamais et ne fait jamais défaut à ceux qui s’y confient. C’EST CHRIST QUI EST VOTRE VIE ; le corps de Christ pour votre corps, comme son Esprit fut pour votre esprit. Ne vous étonnez donc pas s’il doit y avoir des épreuves. Elles viennent pour vous montrer votre besoin de Christ et vous rejeter sur lui. Et connaître cela, revêtir ainsi sa force dans notre faiblesse, et y vivre d’instant en instant, voilà la parfaite guérison. Puis encore, les épreuves toujours éprouvent et fortifient la foi dans la mesure où elle est réelle ; il faut qu’elle se montre véritable, afin que Dieu puisse justifier devant tout l’univers la récompense qu’il lui accorde. C’est ainsi que Dieu accroît notre foi en lui imposant de plus grandes exigences, et en nous contraignant à réclamer et à exercer davantage de grâce. « Pareil à l’aigle qui éveille sa couvée », et précipite ses petits en plein air pour les obliger à déployer leurs faibles ailerons et les dresser à voler, ainsi Dieu nous arrache souvent à tous nos appuis et à toutes nos assurances pour nous contraindre à étendre les bras et les ailes de la foi. Sans le sacrifice d’Isaac, jamais Abraham n’aurait pu atteindre, comme il l’atteignit, à la foi en la résurrection.
Mais, quels que soient les symptômes, nous devons croire fermement que, derrière tous les symptômes, Dieu accomplit sa propre grande restauration. « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. »
7. EMPLOYEZ VOTRE NOUVELLE FORCE ET VOTRE SANTÉ POUR DIEU, et ayez soin d’obéir à la volonté du Maître. Cette force donnée par Christ est une chose très sacrée. C’est la Vie de résurrection de Christ en nous. Et elle doit être dépensée comme lui-même la dépenserait. Elle ne peut être gaspillée dans le péché et l’égoïsme : elle doit être donnée à Dieu, « un sacrifice vivant. » La force viendra à manquer là où on la consacre au monde, et le péché entraînera toujours un châtiment corporel. Nous pouvons, d’ordinaire, nous attendre à être en bonne santé et à prospérer, comme prospère l’état de notre âme.
Et il ne nous suffit pas de l’employer pour nous-mêmes ; nous devons en témoigner aux autres. Nous devons le dire au monde. Nous devons être des témoins intrépides et fidèles de l’Évangile de la pleine rédemption. Souvent le témoignage devra être rendu dans les circonstances les plus pénibles, à des personnes qui le dédaigneront avec le plus d’orgueil. Mais le Maître l’ordonne, et l’Église en a besoin : que tout le conseil de Dieu soit annoncé. Et le monde a besoin de cet Évangile de guérison. Les nations païennes en ont besoin comme d’une preuve du christianisme. L’incrédulité en a besoin comme d’une réponse à son matérialisme. La grande œuvre des Missions étrangères en a besoin comme d’une introduction de l’Évangile parmi les païens. Le prochain grand mouvement missionnaire incorporera, et doit incorporer, cette puissante vérité. Et cette vérité sera pour l’œuvre de la propagation de l’Évangile infiniment plus que ne l’a été, dans le passé, l’œuvre des missions médicales. Ce n’est pas là une foi que nous puissions garder pour nous-mêmes. C’est un dépôt grand et solennel, et nous qui l’avons reçu devons nous unir pour l’employer à la gloire de Dieu, en témoignage de la vérité et pour la propagation de l’Évangile, comme les langues de la Pentecôte furent employées aux anciens jours du christianisme. Ces merveilleuses manifestations de la puissance de Dieu que nous commençons à voir sont des signaux significatifs de la fin. Elles sont les avant-coureurs de la Grande Apparition. De même qu’elles marquèrent le temps de sa présence sur la terre, de même elles accompagnent son retour. Et elles nous invitent à nous préparer, dans un solennel sérieux, à son Avènement. Les yeux non plus fixés sur la tombe, mais sur les cieux qui s’ouvrent, et le cœur sentant déjà quelques-unes des pulsations de cette vie de résurrection, c’est à nous de veiller et de travailler comme nul autre ne le peut ; sans nous ménager dans un anxieux souci de nous-mêmes, mais travaillant dans sa grande puissance, à temps et à contretemps, et trouvant vrai que « Celui qui sauve sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la conservera pour la vie éternelle. »
Ainsi, réclamons, gardons et consacrons ce grand don de l’Évangile et de la grâce de Dieu. Et maintenant : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera. »