À l’école de la prière avec Christ
Seul avec Dieu

Chapitre 4 · 11 min de lecture

Seul avec Dieu

« Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » — Matthieu 6:6.

APRÈS avoir appelé ses premiers disciples, Jésus leur donna son premier enseignement public dans le Sermon sur la montagne. Il leur y exposa le royaume de Dieu, ses lois et sa vie. Dans ce royaume, Dieu n’est pas seulement Roi, mais Père ; il ne donne pas seulement tout, mais il est lui-même tout. Dans la connaissance et la communion de lui seul réside sa félicité. Il allait donc de soi que la révélation de la prière et de la vie de prière fît partie de son enseignement touchant le Royaume nouveau qu’il venait établir. Moïse ne donna ni commandement ni règle au sujet de la prière ; les prophètes eux-mêmes disent peu de chose directement du devoir de la prière ; c’est Christ qui enseigne à prier.

Et la première chose que le Seigneur enseigne à ses disciples, c’est qu’ils doivent avoir un lieu secret pour la prière ; chacun doit avoir quelque endroit solitaire où il puisse être seul avec son Dieu. Tout maître doit avoir une salle d’étude. Nous avons appris à connaître et à recevoir Jésus comme notre unique maître à l’école de la prière. Il nous a déjà enseigné, à Samarie, que l’adoration n’est plus liée à des temps ni à des lieux ; que l’adoration, l’adoration vraie et spirituelle, est chose de l’esprit et de la vie ; l’homme tout entier, dans toute sa vie, doit être adoration en esprit et en vérité. Et pourtant il veut que chacun choisisse pour lui-même le lieu fixe où il pourra le rencontrer chaque jour. Cette chambre intérieure, ce lieu solitaire, voilà la salle d’étude de Jésus. Ce lieu peut être n’importe où ; ce lieu peut changer d’un jour à l’autre s’il nous faut changer de demeure ; mais ce lieu secret doit exister, avec ce temps de recueillement où le disciple se place en la présence du Maître, pour être par lui préparé à adorer le Père. Là seulement, mais là très sûrement, Jésus vient à nous pour nous apprendre à prier.

Un maître a toujours à cœur que sa salle d’étude soit claire et attrayante, remplie de la lumière et de l’air du ciel, un lieu où les élèves aspirent à venir et aiment à demeurer. Dans ses premières paroles sur la prière, au Sermon sur la montagne, Jésus cherche à nous présenter la chambre intérieure sous son jour le plus attrayant. Si nous écoutons avec soin, nous remarquons bientôt quelle est la chose essentielle qu’il a à nous dire touchant notre séjour en ce lieu. Trois fois il emploie le nom de Père : « prie ton Père ; » « ton Père te le rendra ; » « votre Père sait de quoi vous avez besoin. » La première chose, dans la prière du lieu secret, c’est : je dois rencontrer mon Père. La lumière qui brille dans le lieu secret doit être : la lumière du visage du Père. L’air frais du ciel dont Jésus voudrait le remplir, l’atmosphère dans laquelle je dois respirer et prier, c’est : l’amour paternel de Dieu, l’infinie tendresse paternelle de Dieu. Ainsi, chaque pensée ou requête que nous exhalerons sera une confiance simple, cordiale et filiale envers le Père. Voilà comment le Maître nous apprend à prier : il nous introduit dans la présence vivante du Père. Ce que nous prions là ne saurait être vain. Écoutons avec soin ce que le Seigneur a à nous dire.

D’abord : « Prie ton Père qui est là dans le lieu secret. » Dieu est un Dieu qui se cache à l’œil charnel. Aussi longtemps que, dans notre adoration de Dieu, nous sommes surtout occupés de nos propres pensées et de nos propres exercices, nous ne rencontrerons pas Celui qui est Esprit, l’Invisible. Mais à l’homme qui se retire de tout ce qui est du monde et de l’homme, et qui se prépare à attendre Dieu seul, le Père se révélera. À mesure qu’il abandonne, renonce et exclut le monde et la vie du monde, et qu’il se livre pour être conduit par Christ dans le secret de la présence de Dieu, la lumière de l’amour du Père se lèvera sur lui. Le secret de la chambre intérieure et de la porte fermée, la séparation entière d’avec tout ce qui nous entoure, est une image — et par là une aide — de ce sanctuaire spirituel intérieur, le secret du tabernacle de Dieu, au-dedans du voile, où notre esprit entre véritablement en contact avec l’Invisible. Ainsi nous apprenons, dès le début même de notre recherche du secret de la prière efficace, à nous souvenir que c’est dans la chambre intérieure, où nous sommes seuls avec le Père, que nous apprendrons à prier comme il faut. Le Père est dans le lieu secret : par ces mots, Jésus nous enseigne où il nous attend, où on peut toujours le trouver. Les chrétiens se plaignent souvent que leur prière particulière n’est pas ce qu’elle devrait être. Ils se sentent faibles et pécheurs, le cœur froid et obscur ; il leur semble avoir si peu à prier, et dans ce peu, ni foi ni joie. Ils sont découragés et détournés de la prière par la pensée qu’ils ne peuvent venir au Père comme ils le devraient ou comme ils le voudraient. Enfant de Dieu ! écoute ton Maître. Il te dit que, lorsque tu vas à la prière particulière, ta première pensée doit être : le Père est dans le lieu secret, le Père m’y attend. C’est justement parce que ton cœur est froid et sans prière qu’il faut te rendre dans la présence du Père aimant. Comme un père a compassion de ses enfants, ainsi le Seigneur a compassion de toi. Ne pense pas au peu que tu as à apporter à Dieu, mais à tout ce qu’il veut te donner. Place-toi simplement devant sa face et lève les yeux vers elle ; pense à son amour, à son amour merveilleux, tendre et compatissant. Dis-lui simplement combien tout est pécheur, froid et obscur : c’est le cœur aimant du Père qui donnera lumière et chaleur au tien. Ô fais ce que dit Jésus : ferme simplement ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret. N’est-ce pas merveilleux, de pouvoir aller seul avec Dieu, le Dieu infini ? Et puis de lever les yeux et de dire : Mon Père !

« Et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » Ici, Jésus nous assure que la prière secrète ne peut être sans fruit : sa bénédiction se manifestera dans notre vie. Nous n’avons, dans le secret, seuls avec Dieu, qu’à lui confier notre vie devant les hommes ; il nous récompensera ouvertement ; il veillera à ce que la réponse à la prière se manifeste dans la bénédiction qu’il répandra sur nous. Notre Seigneur voudrait ainsi nous enseigner que, de même que c’est par une infinie tendresse de Père et une infinie fidélité que Dieu vient à notre rencontre dans le secret, de même il doit y avoir, de notre côté, la simplicité filiale de la foi, l’assurance que notre prière fait bien descendre une bénédiction. « Il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » Ce n’est pas du sentiment fort ou fervent avec lequel je prie que dépend la bénédiction du lieu secret, mais de l’amour et de la puissance du Père à qui j’y confie mes besoins. Et c’est pourquoi le Maître n’a qu’un seul désir : souviens-toi que ton Père est, voit et entend dans le secret ; rends-toi là, demeures-y, et repars de là dans l’assurance qu’il te récompensera. Fie-toi à lui pour cela ; compte sur lui : la prière au Père ne peut être vaine ; il te récompensera ouvertement.

Pour affermir encore cette foi en l’amour paternel de Dieu, Christ prononce une troisième parole : « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. » À première vue, il pourrait sembler que cette pensée rende la prière moins nécessaire : Dieu sait bien mieux que nous ce dont nous avons besoin. Mais à mesure que nous pénétrons plus avant dans ce qu’est réellement la prière, cette vérité contribuera beaucoup à fortifier notre foi. Elle nous enseignera que nous n’avons pas besoin, comme les païens, par la multitude et l’insistance de nos paroles, de contraindre un Dieu réticent à nous écouter. Elle conduira à une sainte gravité et à un silence dans la prière, car elle suggère cette question : mon Père sait-il vraiment que j’ai besoin de cela ? Elle nous donnera, une fois que l’Esprit nous aura menés à la certitude que notre demande est bien quelque chose dont, selon la Parole, nous avons besoin pour la gloire de Dieu, une merveilleuse assurance pour dire : mon Père sait que j’en ai besoin et que je dois l’avoir. Et s’il y a quelque délai dans la réponse, elle nous enseignera, dans une paisible persévérance, à tenir ferme : PÈRE ! TU SAIS que j’en ai besoin. Ô la bienheureuse liberté et la simplicité d’un enfant que Christ, notre Maître, voudrait cultiver en nous à mesure que nous nous approchons de Dieu : levons les yeux vers le Père jusqu’à ce que son Esprit l’opère en nous. Parfois, dans nos prières, quand nous risquons d’être si occupés de nos requêtes ferventes et pressantes que nous en oublions que le Père sait et entend, tenons-nous tranquilles et disons simplement, avec calme : mon Père voit, mon Père entend, mon Père sait ; cela aidera notre foi à recevoir la réponse, et à dire : nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée.

Et maintenant, vous tous qui êtes de nouveau entrés à l’école de Christ pour apprendre à prier, recevez ces leçons, mettez-les en pratique, et confiez-vous en lui pour qu’il vous y rende parfaits. Demeurez beaucoup dans la chambre intérieure, la porte fermée — à l’abri des hommes, enfermés avec Dieu ; c’est là que le Père vous attend, c’est là que Jésus vous apprendra à prier. Être seul dans le secret avec LE PÈRE : que ce soit votre joie la plus haute. Être assuré que LE PÈRE récompensera ouvertement la prière secrète, de sorte qu’elle ne peut demeurer sans bénédiction : que ce soit votre force, jour après jour. Et savoir que LE PÈRE sait que vous avez besoin de ce que vous demandez : que ce soit votre liberté d’apporter tout besoin, dans l’assurance que votre Dieu y pourvoira selon ses richesses avec gloire en Jésus-Christ.

« SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER. »

Bienheureux Sauveur ! de tout mon cœur je te bénis d’avoir institué la chambre intérieure comme l’école où tu rencontres seul à seul chacun de tes élèves et lui révèles le Père. Ô mon Seigneur ! fortifie tellement ma foi en la tendre affection et en la bonté du Père que, chaque fois que je me sens pécheur ou troublé, ma première pensée, spontanée, soit d’aller là où je sais que le Père m’attend, et où la prière ne peut jamais rester sans bénédiction. Que la pensée qu’il connaît mon besoin avant même que je demande m’amène, dans un grand repos de la foi, à croire qu’il donnera ce que son enfant réclame. Ô que le lieu de la prière secrète devienne pour moi l’endroit le plus aimé de la terre.

Et, Seigneur ! écoute-moi lorsque je te prie de bénir partout les lieux secrets de ton peuple croyant. Que ta merveilleuse révélation de la tendresse d’un Père délivre tous les jeunes chrétiens de toute pensée qui ferait de la prière secrète un devoir ou un fardeau, et les amène à la regarder comme le plus haut privilège de leur vie, une joie et une bénédiction. Ramène tous ceux qui sont découragés parce qu’ils ne trouvent rien à t’apporter dans la prière. Ô donne-leur de comprendre qu’ils n’ont qu’à venir avec leur vide à Celui qui a tout à donner et qui prend plaisir à le faire. Non pas ce qu’ils ont à apporter au Père, mais ce que le Père attend de leur donner : que ce soit là leur unique pensée.

Et bénis particulièrement la chambre intérieure de tous tes serviteurs qui travaillent pour toi, comme le lieu où la vérité de Dieu et la grâce de Dieu leur sont révélées, où ils sont chaque jour oints d’une huile nouvelle, où leur force est renouvelée, et où sont reçues dans la foi les bénédictions dont ils doivent bénir leurs semblables. Seigneur, attire-nous tous, dans le lieu secret, plus près de toi et du Père. Amen.

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