À l’école de la prière avec Christ
La foi qui saisit

Chapitre 12 · 12 min de lecture

La foi qui saisit

« C’est pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. » — Marc 11:24

Quelle promesse ! si vaste, si divine, que nos petits cœurs ne peuvent la contenir, et cherchent par tous les moyens à la restreindre à ce que nous jugeons sûr ou probable ; au lieu de la laisser entrer, dans sa puissance et son énergie vivifiantes, telle qu’il l’a donnée, et d’élargir nos cœurs à la mesure de ce que son amour et sa puissance sont réellement prêts à faire pour nous. La foi est bien loin d’être une simple conviction de la vérité de la parole de Dieu, ou une conclusion tirée de certaines prémisses. Elle est l’oreille qui a entendu Dieu dire ce qu’il fera, l’œil qui l’a vu le faire ; c’est pourquoi, là où il y a une foi véritable, il est impossible que la réponse ne vienne pas. Si seulement nous veillons à faire la seule chose qu’il nous demande lorsque nous prions : CROIRE que vous l’avez reçu ; lui-même veillera à accomplir ce qu’il a promis : « vous le verrez s’accomplir. » La note fondamentale de la prière de Salomon (2 Chroniques 6:4), « Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël, qui a parlé de sa bouche à David, mon père, et qui accomplit par sa puissance ce qu’il avait déclaré », est la note fondamentale de toute vraie prière : l’adoration joyeuse d’un Dieu dont la main assure toujours l’accomplissement de ce que sa bouche a prononcé. Écoutons dans cet esprit la promesse que Jésus donne ; chacune de ses parties porte son message divin.

« Tout ce que. » À ce premier mot, notre sagesse humaine se met aussitôt à douter et à demander : cela ne peut sûrement pas être littéralement vrai ? Mais s’il n’en est pas ainsi, pourquoi le Maître l’a-t-il dit, en employant l’expression la plus forte qu’il pût trouver : « Tout ce que. » Et ce n’est pas comme si c’était la seule fois qu’il parât ainsi ; n’est-ce pas lui qui a dit aussi : « Si tu peux!… TOUT est possible à celui qui croit » ; « Si vous aviez de la foi, RIEN ne vous serait impossible » ? La foi est si entièrement l’œuvre de l’Esprit de Dieu par sa parole dans le cœur préparé du disciple croyant, qu’il est impossible que l’accomplissement ne vienne pas ; la foi est le gage et l’avant-coureur de la réponse à venir. Oui, « TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ en priant, en croyant, vous le recevez ». La tendance de la raison humaine est d’intervenir ici et de briser, par certaines réserves — « si cela est opportun », « si c’est selon la volonté de Dieu » —, la force d’une affirmation qui paraît dangereuse. Ô, gardons-nous de traiter ainsi les paroles du Maître. Sa promesse est vraie au sens le plus littéral. Il veut que son « TOUTES CHOSES » si souvent répété entre dans nos cœurs et nous révèle combien la puissance de la foi est grande, combien vraiment le Chef appelle les membres à partager avec lui sa puissance, combien pleinement notre Père met sa puissance à la disposition de l’enfant qui se confie entièrement en lui. Dans ce « toutes choses », la foi doit trouver sa nourriture et sa force : en l’affaiblissant, nous affaiblissons la foi. Le QUOI QUE CE SOIT est sans condition : la seule condition est celle qu’implique le fait de croire. Avant de pouvoir croire, il nous faut découvrir et connaître quelle est la volonté de Dieu ; croire, c’est l’exercice d’une âme abandonnée et livrée à l’influence de la Parole et de l’Esprit ; mais une fois que nous croyons, rien ne sera impossible. À Dieu ne plaise que nous cherchions à ramener son TOUTES CHOSES au niveau de ce que nous croyons possible. Prenons maintenant simplement le « QUOI QUE CE SOIT » du Christ comme la mesure et l’espérance de notre foi : c’est une parole-semence qui, reçue telle qu’il la donne et gardée dans le cœur, se déploiera et prendra racine, remplira notre vie de sa plénitude et portera du fruit en abondance.

« Tout ce que vous demanderez en priant. » C’est dans la prière que ces « toutes choses » doivent être apportées à Dieu, pour lui être demandées et reçues de lui. La foi qui les reçoit est le fruit de la prière. D’un côté, il faut qu’il y ait la foi avant qu’il puisse y avoir la prière ; d’un autre, la foi est le fruit et la croissance de la prière. C’est dans la présence personnelle du Sauveur, dans la communion avec lui, que la foi s’élève pour saisir ce qui d’abord paraissait trop élevé. C’est dans la prière que nous exposons notre désir à la lumière de la sainte volonté de Dieu, que nos mobiles sont éprouvés, et qu’il est prouvé si nous demandons vraiment au nom de Jésus, et seulement pour la gloire de Dieu. C’est dans la prière que nous attendons la conduite de l’Esprit, pour qu’il nous montre si nous demandons la chose juste et dans l’esprit juste. C’est dans la prière que nous prenons conscience de notre manque de foi, que nous sommes amenés à dire au Père que nous croyons vraiment, et que nous prouvons la réalité de notre foi par la confiance avec laquelle nous persévérons. C’est dans la prière que Jésus enseigne et inspire la foi. Celui qui attend pour prier, ou qui perd courage dans la prière parce qu’il ne sent pas encore la foi nécessaire pour obtenir la réponse, n’apprendra jamais à croire. Celui qui commence à prier et à demander trouvera que l’Esprit de foi n’est nulle part donné aussi sûrement qu’au pied du Trône.

« Croyez que vous l’avez reçu. » Il est clair que ce que nous devons croire, c’est que nous recevons les choses mêmes que nous demandons. Le Sauveur ne laisse pas entendre que, parce que le Père sait ce qui est le meilleur, il pourrait nous donner autre chose. La montagne même à laquelle la foi ordonne de s’en aller est jetée dans la mer. Il est une prière dans laquelle, en toutes choses, nous faisons connaître nos demandes par la prière et la supplication, et la récompense en est la douce paix de Dieu qui garde le cœur et l’intelligence. C’est la prière de confiance. Elle se rapporte à des choses dont nous ne pouvons découvrir si Dieu va nous les donner. Comme des enfants, nous faisons connaître nos désirs dans les innombrables choses de la vie quotidienne, et nous laissons au Père le soin de donner ou non, selon qu’il le juge bon. Mais la prière de la foi dont parle Jésus est quelque chose de différent, quelque chose de plus élevé. Lorsque, que ce soit dans les grands intérêts de l’œuvre du Maître ou dans les moindres soucis de notre vie quotidienne, l’âme est amenée à voir que rien n’honore autant le Père que la foi qui a l’assurance qu’il fera ce qu’il a dit en nous donnant tout ce que nous demandons, et qu’elle prend appui sur la promesse telle que l’Esprit la lui rend présente, alors elle peut savoir très certainement qu’elle reçoit exactement ce qu’elle demande. Voyez seulement avec quelle clarté le Seigneur nous le présente au verset 23 : « Quiconque ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir. » Telle est la bénédiction de la prière de la foi dont parle Jésus.

« Croyez que vous l’avez reçu. » C’est là le mot d’importance centrale, dont le sens est trop souvent mal compris. Croyez que vous avez reçu ! maintenant, pendant que vous priez, la chose que vous demandez. Ce n’est peut-être que plus tard que vous l’aurez dans l’expérience personnelle, que vous verrez ce que vous croyez ; mais maintenant, sans voir, vous devez croire qu’elle vous a été donnée par le Père qui est dans les cieux. Recevoir ou accepter une réponse à la prière, c’est exactement comme recevoir ou accepter Jésus ou le pardon : une chose spirituelle, un acte de foi indépendant de tout sentiment. Quand je viens en suppliant demander le pardon, je crois que Jésus, dans le ciel, est pour moi, et ainsi je le reçois, je le prends. Quand je viens en suppliant demander quelque don particulier, conforme à la parole de Dieu, je crois que ce que je demande m’est donné : je crois que je l’ai, je le tiens par la foi ; je remercie Dieu de ce qu’il est mien. « Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée. »

« Et vous le verrez s’accomplir. » C’est-à-dire que le don que nous tenons d’abord par la foi comme nous étant accordé dans le ciel deviendra aussi le nôtre dans l’expérience personnelle. Mais sera-t-il nécessaire de prier plus longtemps, une fois que nous savons que nous avons été exaucés et que nous avons reçu ce que nous demandions ? Il est des cas où une telle prière ne sera pas nécessaire, où la bénédiction est prête à faire irruption aussitôt, pourvu que nous tenions ferme notre assurance et que nous prouvions notre foi en louant pour ce que nous avons reçu, alors même que nous ne le possédons pas encore dans l’expérience. Il est d’autres cas où la foi qui a reçu a besoin d’être encore éprouvée et fortifiée dans la prière persévérante. Dieu seul sait quand tout, en nous et autour de nous, est pleinement mûr pour la manifestation de la bénédiction qui a été donnée à la foi. Élie savait avec certitude que la pluie viendrait ; Dieu l’avait promise ; et pourtant il lui fallut prier sept fois. Et cette prière n’était ni parade ni jeu : une intense réalité spirituelle dans le cœur de celui qui était là, prosterné et suppliant, et dans le ciel au-dessus, où elle avait son œuvre efficace à accomplir. C’est « par la foi et la persévérance que nous héritons des promesses ». La foi dit avec la plus grande assurance : je l’ai reçu. La patience persévère dans la prière jusqu’à ce que le don accordé dans le ciel se voie sur la terre. « Croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. » Entre le vous l’avez reçu du ciel et le vous le verrez s’accomplir de la terre, croyez : la louange et la prière croyantes sont le lien.

Et maintenant, souvenez-vous encore d’une chose : c’est Jésus qui a dit cela. Tandis que nous voyons le ciel ainsi ouvert devant nous, et le Père sur le Trône s’offrant à nous donner tout ce que nous demandons avec foi, nos cœurs se remplissent de honte d’avoir si peu profité de notre privilège, et de crainte que notre foi débile ne parvienne pas encore à saisir ce qui est placé si clairement à notre portée. Il est une chose qui doit nous rendre forts et pleins d’espérance : c’est Jésus qui nous a apporté ce message de la part du Père. Lui-même, lorsqu’il était sur la terre, a vécu la vie de foi et de prière. C’est lorsque les disciples exprimèrent leur étonnement devant ce qu’il avait fait au figuier qu’il leur dit que la vie même qu’il menait pouvait être la leur ; qu’ils pouvaient commander non seulement au figuier, mais à la montagne elle-même, et qu’elle devrait obéir. Et il est notre vie : tout ce qu’il était sur la terre, il l’est maintenant en nous ; tout ce qu’il enseigne, il le donne réellement. Il est lui-même l’auteur et le consommateur de notre foi : il donne l’esprit de foi ; ne craignons pas qu’une telle foi ne soit pas destinée à nous. Elle est destinée à tout enfant du Père ; elle est à la portée de quiconque veut seulement devenir semblable à un enfant, se livrant à la volonté et à l’amour du Père, se confiant en la Parole et la Puissance du Père. Cher compagnon dans la foi ! que la pensée que cette parole nous vient par Jésus, le Fils, notre Frère, nous donne du courage, et que notre réponse soit : Oui, Seigneur béni, nous croyons ta Parole, nous croyons que nous recevons.

« SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER. »

Seigneur béni ! Tu es venu du Père pour nous montrer tout son amour, et tous les trésors de bénédiction que cet amour attend de dispenser. Seigneur ! Tu as de nouveau, en ce jour, ouvert les portes toutes grandes, et tu nous as donné, quant à notre liberté dans la prière, de telles promesses que nous devons rougir de ce que nos pauvres cœurs les ont si peu reçues. Cela a été trop vaste pour que nous puissions le croire.

Seigneur ! nous levons maintenant les yeux vers toi pour que tu nous apprennes à recevoir, à garder et à employer cette précieuse parole qui est la tienne : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu. » Béni sois-tu, Jésus ! c’est en toi-même que notre foi doit être enracinée si elle doit devenir forte. Ton œuvre nous a entièrement affranchis de la puissance du péché et a ouvert le chemin vers le Père ; ton Amour aspire sans cesse à nous introduire dans la pleine communion de ta gloire et de ta puissance ; ton Esprit nous attire sans cesse vers le haut, dans une vie de foi et de confiance parfaites ; nous avons l’assurance que, sous ton enseignement, nous apprendrons à prier la prière de la foi. Tu nous formeras à prier de telle sorte que nous croyions que nous recevons, à croire que nous avons réellement ce que nous demandons. Seigneur ! apprends-moi à te connaître, à me confier en toi et à t’aimer, à vivre et à demeurer en toi de telle sorte que toutes mes prières s’élèvent et parviennent devant Dieu en toi, et que mon âme ait en toi l’assurance que je suis exaucé. Amen.

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