Chapitre 1 · 7 min de lecture
La pureté : ce qu’elle est
Matthieu 5:8 dit : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! »
Mes chers camarades, nous, les salutistes, chantons, prions ou parlons sans cesse du Cœur pur. En vérité, il y a peu de sujets dont nous parlions plus souvent, ou dont nous nous glorifiions plus sincèrement. Quelques-uns de nos chants les plus beaux et les plus émouvants portent sur ce thème. Peut-être aucun n’est-il chanté parmi nous plus souvent que celui qui commence ainsi : « Oh ! un cœur pour louer mon Dieu !
Un cœur affranchi du péché !
Un cœur qui sent toujours le Sang si librement versé pour moi ! » N’est-ce pas magnifique ? Mais la suite est plus belle encore : « Un cœur en toute pensée renouvelé, et rempli d’un Amour divin ; parfait et droit, et pur et bon, une copie, Seigneur, du tien ! »
Mais si grande que soit la puissance de tels chants pour émouvoir nos cœurs, peut-être rien ne réjouit-il davantage le vrai salutiste que les témoignages précis de ceux qui vivent dans la jouissance de la Bénédiction, ou les prières ferventes pour qu’elle soit accordée, ou les appels pressants adressés aux camarades pour qu’ils s’assurent cette Perle de grand prix, dont on entend si souvent parler dans nos rangs.
Et pourtant, beaucoup de nos Soldats ne font pas nettement l’expérience de la Bénédiction ni n’en professent ouvertement la jouissance ; et je me suis dit que cela tient peut-être à ce que le sujet n’est pas aussi bien compris qu’il devrait l’être. Je me propose donc d’essayer de l’expliquer en quelques Lettres, que mes camarades voudront bien, je l’espère, considérer avec soin.
Or, souvenez-vous, je vous prie, que mon sujet est la « Pureté du Cœur ». Je veux expliquer ce que nous entendons par un Cœur pur ; montrer comment vous pouvez obtenir ce précieux trésor, si vous ne le possédez pas déjà ; et comment vous pouvez garder la Bénédiction une fois acquise. Je commencerai par dire ceci : nous savons tous ce que signifie être pur. Quand nous parlons de la pureté des choses qui nous entourent, nous voulons dire qu’elles sont propres et sans mélange. Non seulement elles sont exemptes de saleté ou d’impureté, mais aucune matière inférieure ne s’y trouve mêlée.
Quand nous disons qu’un homme est pur, au sens religieux, nous voulons dire qu’il est droit, honnête et vrai, au dedans comme au dehors ; qu’il ne professe pas seulement, mais qu’il pratique ce qui touche à son devoir envers Dieu et envers les hommes.
Le péché est décrit dans la Bible comme une souillure ou une contamination du corps, de l’âme ou de l’esprit. La pureté, en religion, doit donc signifier l’absence de ces choses immondes que sont l’ivrognerie, la gloutonnerie, la malhonnêteté, la tromperie, le mensonge, l’orgueil, la méchanceté, la mauvaise humeur, l’égoïsme, l’incrédulité, la désobéissance, et le reste.
En un mot, être pur dans l’âme signifie la délivrance de tout ce que le Seigneur vous montre être contraire à sa sainte volonté. Cela veut dire que vous possédez non seulement la capacité de vivre le genre de vie qu’il désire, mais qu’en réalité vous la vivez.
Or, la Pureté, je n’ai pas besoin de vous le dire, mes camarades, est fort admirée et vivement désirée par tous les êtres bien disposés. Pour commencer : nous aimons tous la pureté matérielle ; par exemple, je suis sûr que quiconque lit cette lettre préfère avoir un corps propre. Quand vous vous levez le matin, vous n’êtes pas à l’aise avant de vous être lavé. Quand les mineurs remontent de la fosse, ou les cultivateurs reviennent des champs, ou les jeunes filles sortent de l’usine, leur première demande est de l’eau pour se nettoyer.
Vous aimez les vêtements propres et le linge propre, n’est-ce pas ? Songez à l’argent et au travail dépensés pour tenir vos habits propres. Vous aimez une maison propre. Voyez comme la ménagère frotte, lave, brosse et époussette pour tenir propres le plancher, les fenêtres et les meubles.
Vous aimez une ville propre. Que de balayages pénibles et coûteux des rues, que d’enlèvements d’ordures ; et que d’argent dépensé pour l’aménagement et le nettoyage des égouts, afin de garder saines et pures nos villes petites et grandes. Nous aimons cette sorte de pureté parce qu’elle est agréable à l’œil et bonne pour la santé. Nous savons que la saleté est odieuse aux sens, engendre la vermine, produit le choléra, la peste et les maladies en général, et précipite les gens dans la tombe. Aussi la détestons-nous et disons-nous : « Loin d’elle ; soyons propres ! »
Mais tous les êtres bien disposés admirent la pureté de l’âme bien plus que celle du corps, ou des vêtements, ou de la maison, ou de quoi que ce soit d’autre ; et cela parce qu’elle est tellement plus importante.
Par exemple : (a) Dieu aime la Pureté de l’âme. Il est dans sa nature de l’aimer. Je ne doute pas que, comme nous, il préfère voir ses enfants extérieurement propres. Il nous dit, par l’apôtre Paul, que nous devons avoir le corps lavé d’une eau pure ; mais le lavage du cœur lui est bien plus désirable que celui du corps.
« Ses saints sont beaux à ses regards, il contemple ses enfants avec délices ; il voit leur espérance, il connaît leur crainte, et il regarde, et il aime son image en eux. »
Oui, Dieu se plaît dans la Sainteté. Le Ciel, sa demeure, est pur. Ses habitants sont purs. Ses occupations, ses joies et son adoration sont toutes également pures.
(b) Les Anges aiment la Pureté. Si quelque créature impie pouvait, par quelque moyen, être introduite dans la Cité céleste, les habitants, j’en suis sûr, éviteraient une telle créature comme nous éviterions un être atteint de quelque maladie affreuse.
(c) Les Démons savent que la Pureté est une chose précieuse, quoiqu’ils la haïssent et s’y opposent de toutes leurs forces.
(d) Bien des hommes méchants admirent la Pureté. Ils la regardent comme belle et désirable chez les autres, tout en la tenant pour impossible pour eux-mêmes. Dans leurs moments de réflexion, quand l’Esprit de Dieu les presse, quand les souvenirs des jours innocents d’autrefois affluent dans leur mémoire, et qu’ils voient des gens qu’ils savent purs et bons, ils se détestent eux-mêmes à cause de leur propre impureté, tout en refusant sans cesse de se soumettre à Dieu et d’accepter le Salut qui les rendrait purs.
(e) Les âmes perdues en Enfer sentent combien la Sainteté est infiniment supérieure à la Méchanceté. Elles voient maintenant combien il eût mieux valu pour elles de laver leur cœur dans le Sang de l’Agneau lorsqu’elles en avaient le privilège. Oh ! que ne donneraient-elles pas pour avoir des occasions comme celles dont vous jouissez !
Aimez-vous la Pureté, mes amis ? Peut-être la possédez-vous. Peut-être êtes-vous allés à Jésus pour la Puissance qui purifie, vous êtes-vous couchés à ses pieds, avez-vous renoncé à vos choses douteuses, vous êtes-vous offerts à faire sa volonté, dans la vie comme dans la mort, et avez-vous cru que le Sang de Jésus-Christ vous a rendus purs.
Oh ! si telle a été votre expérience, heureux êtes-vous, et plus heureux encore si vous marchez aujourd’hui dans la puissance et la paix de cette expérience. S’il en est ainsi, je vous félicite ; je me réjouis en vous et je loue Dieu à votre sujet.
Mais si cette Bénédiction n’est pas la vôtre, la désirez-vous ardemment ? La pensée en remplit-elle votre âme de désir ? Vous fait-elle éprouver ce que ressentait le poète lorsqu’il chantait : « Ô glorieuse espérance de l’amour parfait !
Elle m’élève vers les choses d’en haut, elle me porte sur des ailes d’aigle ; elle donne à mon âme ravie un avant-goût, et me fait, pour quelques instants, festoyer avec les prêtres et les rois de Jésus. »
Mes amis, votre bonheur et votre influence sont tous liés à votre sanctification. Oh ! je vous en supplie, agenouillez-vous ici maintenant et demandez à Dieu de vous rendre chacun purs, par la Puissance du Saint-Esprit, par le Sang de l’Agneau.