Chapitre 13 · 32 min de lecture
Les miracles
803
Commencement. — Les miracles discernent la doctrine, et la doctrine discerne les miracles.
Il y a de faux et de vrais. Il faut une marque pour les connaître ; autrement ils seraient inutiles. Or, ils ne sont pas inutiles, et sont au contraire fondement. Or, il faut que la règle qu’il nous donne soit telle, qu’elle ne détruise la preuve que les vrais miracles donnent de la vérité, qui est la fin principale des miracles.
Moïse en a donné deux : que la prédiction n’arrive pas, Deut., xviii, et qu’ils ne mènent point à l’idolâtrie, Deut., xiii ; et Jésus-Christ une.
Si la doctrine règle les miracles, les miracles sont inutiles pour la doctrine.
Si les miracles règlent…
Objection à la règle. — Le discernement des temps. Autre règle durant Moïse, autre règle à présent.
804
Miracle. — C’est un effet qui excède la force naturelle des moyens qu’on y emploie ; et non-miracle est un effet qui n’excède pas la force naturelle des moyens qu’on y emploie. Ainsi ceux qui guérissent par l’invocation du diable ne font pas un miracle ; car cela n’excède pas la force naturelle du diable. Mais…
805
Les deux fondements, l’un intérieur, l’autre extérieur ; la grâce, les miracles ; tous deux surnaturels.
806
Les miracles et la vérité sont nécessaires, à cause qu’il faut convaincre l’homme entier, en corps et en âme.
807
Toujours ou les hommes ont parlé du vrai Dieu, ou le vrai Dieu a parlé aux hommes.
808
Jésus-Christ a vérifié qu’il était le Messie, jamais en vérifiant sa doctrine sur l’Écriture et les prophéties, et toujours par ses miracles.
Il prouve qu’il remet les péchés par un miracle.
« Ne vous éjouissez point de vos miracles, dit Jésus-Christ, mais de ce que vos noms sont écrits aux cieux. »
S’ils ne croient point Moïse, ils ne croiront point un ressuscité.
Nicodème reconnaît, par ses miracles, que sa doctrine est de Dieu : Scimus quia venisti a Deo magister ; nemo enim potest facere quæ tu facis nisi Deus fuerit cum eo. Il ne juge pas des miracles par la doctrine, mais de la doctrine par les miracles.
Les Juifs avaient une doctrine de Dieu comme nous en avons une de Jésus-Christ, et confirmée par miracles ; et défense de croire à tous faiseurs de miracles, et, de plus, ordre de recourir aux grands prêtres, et de s’en tenir à eux.
Et ainsi toutes les raisons que nous avons pour refuser de croire les faiseurs de miracles, ils les avaient à l’égard de leurs prophètes.
Et cependant ils étaient très coupables de refuser les prophètes, à cause de leurs miracles, et Jésus-Christ ; et n’eussent point été coupables s’ils n’eussent point vu les miracles : Nisi fecissem…, peccatum non haberent. Donc toute la créance est sur les miracles.
La prophétie n’est point appelée miracle ; comme, saint Jehan parle du premier miracle en Cana, et puis de ce que Jésus-Christ dit à la Samaritaine qui découvre toute sa vie cachée, et puis guérit le fils d’un sergent, et saint Jehan appelle cela « le deuxième signe ».
809
Les combinaisons des miracles.
810
Le second miracle peut supposer le premier ; le premier ne peut supposer le second.
811
On n’aurait point péché en ne croyant pas Jésus-Christ, sans les miracles.
812
Je ne serais pas chrétien sans les miracles, dit saint Augustin.
813
Miracles. — Que je hais ceux qui font les douteurs de miracles ! Montaigne en parle comme il faut dans les deux endroits. On voit, en l’un, combien il est prudent ; et néanmoins il croit en l’autre, et se moque des incrédules.
Quoi qu’il en soit, l’Église est sans preuve s’ils ont raison.
814
Montaigne contre les miracles.
Montaigne pour les miracles.
815
Il n’est pas possible de croire raisonnablement contre les miracles.
816
Incrédules, les plus crédules : ils croient les miracles de Vespasien, pour ne pas croire ceux de Moïse.
817
Titre : D’où vient qu’on croit tant de menteurs qui disent qu’ils ont vu des miracles et qu’on ne croit aucun de ceux qui disent qu’ils ont des secrets pour rendre l’homme immortel ou pour rajeunir. — Ayant considéré d’où vient qu’on ajoute tant de foi à tant d’imposteurs qui disent qu’ils ont des remèdes, jusques à mettre souvent sa vie entre leurs mains, il m’a paru que la véritable cause est qu’il y en a de vrais ; car il ne serait pas possible qu’il y en eût tant de faux, et qu’on y donnât tant de créance, s’il n’y en avait de véritables. Si jamais il n’y eût eu remède à aucun mal, et que tous les maux eussent été incurables, il est impossible que les hommes se fussent imaginé qu’ils en pourraient donner ; et encore plus que tant d’autres eussent donné croyance à ceux qui se fussent vantés d’en avoir : de même que, si un homme se vantait d’empêcher de mourir, personne ne le croirait, parce qu’il n’y a aucun exemple de cela. Mais comme il y eut quantité de remèdes qui se sont trouvés véritables, par la connaissance même des plus grands hommes, la créance des hommes s’est pliée par là ; et cela s’étant connu possible, on a conclu de là que cela était. Car le peuple raisonne ordinairement ainsi : Une chose est possible, donc elle est ; — parce que la chose ne pouvant être niée en général, puisqu’il y a des effets particuliers qui sont véritables, le peuple, qui ne peut pas discerner quels d’entre ces effets particuliers sont les véritables, les croit tous. De même, ce qui fait qu’on croit tant de faux effets de la lune, c’est qu’il y en a de vrais, comme le flux de la mer.
Il en est de même des prophéties, des miracles, des divinations par les songes, des sortilèges, etc.. Car, si de tout cela il n’y avait jamais eu rien de véritable, on n’en aurait jamais rien cru : et ainsi, au lieu de conclure qu’il n’y a point de vrais miracles parce qu’il y en a tant de faux, il faut dire au contraire qu’il y a certainement de vrais miracles, puisqu’il y en a tant de faux, et qu’il n’y en a de faux que par cette raison qu’il y en a de vrais. Il faut raisonner de la même sorte pour la religion ; car il ne serait pas possible que les hommes se fussent imaginé tant de fausses religions, s’il n’y en avait une véritable. L’objection à cela, c’est que les sauvages ont une religion : mais on répond à cela que c’est qu’ils en ont ouï parler, comme il paraît par le déluge, la circoncision, la croix de saint André, etc..
818
Ayant considéré d’où vient qu’il y a tant de faux miracles, de fausses révélations, sortilèges, etc., il m’a paru que la véritable cause est qu’il [y] en a de vrais ; car il ne serait pas possible qu’il y eût tant de faux miracles s’il n’y en avait de vrais, ni tant de fausses révélations s’il n’y en avait de vraies, ni tant de fausses religions s’il n’y en avait une véritable. Car s’il n’y avait jamais eu de tout cela, il est comme impossible que les hommes se le fussent imaginé, et encore plus impossible que tant d’autres l’eussent cru. Mais comme il y a eu de très grandes choses véritables, et qu’ainsi elles ont été crues par de grands hommes, cette impression a été cause que presque tout le monde s’est rendu capable de croire aussi les fausses. Et ainsi, au lieu de conclure qu’il n’y a point de vrais miracles, puisqu’il y en a tant de faux, il faut dire au contraire qu’il y a de vrais miracles, puisqu’il y en a tant de faux, et qu’il n’y en a de faux que par cette raison qu’il y en a de vrais, et qu’il n’y a de même de fausses religions que parce qu’il y en a une vraie. — L’objection à cela : que les sauvages ont une religion ; mais c’est qu’ils ont ouï parler de la véritable, comme il paraît par la croix de saint André, le déluge, la circoncision, etc. Cela vient de ce que l’esprit de l’homme, se trouvant plié de ce côté-là par la vérité, devient susceptible par là de toutes les faussetés de cette…
819
Jérémie, xxiii, 32, les miracles des faux prophètes. En l’hébreu et Vatable, il y a les légèretés.
Miracle ne signifie pas toujours miracle. I Rois, xiv, 15, miracle signifie crainte, et est ainsi en l’hébreu. De même en Job manifestement, xxxiii, 7. Et encore Isaïe, xxi, 4 ; Jérémie, xliv, 12. Portentum signifie simulacrum, Jér., l, 38, et est ainsi en l’hébreu et en Vatable. Is., viii, 18. Jésus-Christ dit que lui et les siens seront en miracles.
820
Si le diable favorisait la doctrine qui le détruit, il serait divisé, comme disait Jésus-Christ. Si Dieu favorisait la doctrine qui détruit l’Église, il serait divisé : Omne regnum divisum… Car Jésus-Christ agissait contre le diable et détruisait son empire sur les cœurs, dont l’exorcisme est la figuration, pour établir le royaume de Dieu. Et ainsi il ajoute : Si in digito Dei… regnum Dei ad vos.
821
Il y a bien de la différence entre tenter et induire en erreur. Dieu tente, mais il n’induit pas en erreur. Tenter est procurer les occasions, qui n’imposant point de nécessité, si on n’aime pas Dieu, on fera une certaine chose. Induire en erreur est mettre l’homme dans la nécessité de conclure et suivre une fausseté.
822
Abraham, Gédéon : [signes] au-dessus de la révélation. Les Juifs s’aveuglaient en jugeant des miracles par l’Écriture. Dieu n’a jamais laissé ses vrais adorateurs.
J’aime mieux suivre Jésus-Christ qu’aucun autre parce qu’il a les miracles, prophéties, doctrine, perpétuité, etc.
Donatistes : point de miracle, qui oblige à dire que c’est le diable. Plus on particularise Dieu, Jésus-Christ, l’Église…
823
S’il n’y avait point de faux miracles, il y aurait certitude. S’il n’y avait point de règle pour les discerner, les miracles seraient inutiles, et il n’y aurait point de raison de croire.
Or, il n’y a pas humainement de certitude humaine, mais raison.
824
Ou Dieu a confondu les faux miracles, ou il les a prédits ; et, par l’un et par l’autre, il s’est élevé au-dessus de ce qui est surnaturel à notre égard, et nous y a élevés nous-mêmes.
825
Les miracles ne servent pas à convertir, mais à condamner (1re p. 113, A 10, Ad 2).
825 bis
Miracles. — Saint Thomas, t. III, l. viii, ch. 20.
826
Raisons pourquoi on ne croit point.
Joh. xii, 37. Cum autem tanta signa fecisset, non credebant in eum, ut sermo Isayæ impleretur : Excæcavit, etc.
Hæc dixit Isayas, quando vidit gloriam ejus et locutus est de eo.
« Judæi signa petunt et Græci sapientiam quærunt, nos autem Jesum crucifixum. » Sed plenum signis, sed plenum sapientia ; vos autem Christum non crucifixum et religionem sine miraculis et sine sapientia.
Ce qui fait qu’on ne croit pas les vrais miracles, est le manque de charité. Joh. : Sed vos non creditis, quia non estis ex ovibus. Ce qui fait croire les faux est le manque de charité II Thess., II.
Fondement de la religion ; c’est les miracles. Quoi donc ? Dieu parle-t-il contre les miracles, contre les fondements de la foi qu’on a en lui ?
S’il y a un Dieu, il fallait que la foi de Dieu fût sur la terre. Or les miracles de Jésus-Christ ne sont pas prédits par l’Antechrist, mais les miracles de l’Antechrist sont prédits par Jésus-Christ ; et ainsi, si Jésus-Christ n’était pas le Messie, il aurait bien induit en erreur ; mais l’Antechrist ne peut bien induire en erreur. Quand Jésus-Christ a prédit les miracles de l’Antechrist, a-t-il cru détruire la foi de ses propres miracles ?
Moïse a prédit Jésus-Christ, et ordonné de le suivre ; Jésus-Christ a prédit l’Antechrist, et défendu de le suivre.
Il était impossible qu’au temps de Moïse on réservât sa croyance à l’Antechrist, qui leur était inconnu ; mais il est bien aisé, au temps de l’Antechrist, de croire en Jésus-Christ, déjà connu.
Il n’y a nulle raison de croire en l’Antechrist, qui ne soit à croire en Jésus-Christ ; mais il y en a en Jésus-Christ, qui ne sont pas en l’autre.
827
Juges, xiii, 23 : « Si le Seigneur nous eût voulu faire mourir, il ne nous eût pas montré toutes ces choses. »
Ézéchias, Sennachérib.
Jérémie. Hananias, faux prophète, meurt le septième mois.
II Mach., iii : Le temple prêt à piller secouru miraculeusement. — II Mach., xv.
III Rois, xvii : La veuve à Élie, qui avait ressuscité l’enfant : « Par là je connais que tes paroles sont vraies. »
III Rois, xviii : Élie avec les prophètes de Baal.
Jamais en la contention du vrai Dieu, de la vérité de la religion, il n’est arrivé de miracle du côté de l’erreur, et non de la vérité.
828
Contestation. — Abel, Caïn ; Moïse, magiciens ; Élie, faux prophètes ; Jérémie, Hananias ; Michée, faux prophètes ; Jésus-Christ, Pharisiens ; saint Paul, Barjésu ; Apôtres, exorcistes ; les Chrétiens et les infidèles ; les catholiques, les hérétiques ; Élie Énoch. Antechrist.
Toujours le vrai prévaut en miracles. Les deux croix.
829
Jésus-Christ dit que les Écritures témoignent de lui, mais il ne montre pas en quoi.
Même les prophéties ne pouvaient pas prouver Jésus-Christ pendant sa vie ; et ainsi, on n’eût pas été coupable de ne pas croire en lui avant sa mort, si les miracles n’eussent pas suffi sans la doctrine. Or, ceux qui ne croyaient pas en lui, encore vivant, étaient pécheurs, comme il le dit lui-même, et sans excuse. Donc il fallait qu’ils eussent une démonstration à laquelle ils résistassent. Or, ils n’avaient pas la nôtre, mais seulement les miracles ; donc ils suffisent, quand la doctrine n’est pas contraire, et on doit y croire.
Jehan, vii, 40. Contestation entre les juifs, comme entre les chrétiens aujourd’hui. Les uns croyaient en Jésus-Christ, les autres ne le croyaient pas, à cause des prophéties qui disaient qu’il devait naître de Bethléem. Ils devaient mieux prendre garde s’il n’en était pas, car ses miracles étant convaincants ; ils devaient bien s’assurer de ces prétendues contradictions de sa doctrine à l’Écriture ; et cette obscurité ne les excusait pas, mais les aveuglait. Ainsi ceux qui refusent de croire les miracles d’aujourd’hui, pour une prétendue contradiction chimérique, ne sont pas excusés.
Le peuple qui croyait en lui sur ses miracles ; les pharisiens leur disaient : Ce peuple est maudit, qui ne sait pas la loi ; mais y a-t-il un prince ou un pharisien qui ait cru en lui ? car nous savons que nul prophète ne sort de Galilée. Nicodème répondit : Notre loi juge-t-elle un homme devant que de l’avoir ouï ?
830
Les prophéties étaient équivoques : elles ne le sont plus.
831
Les cinq propositions étaient équivoques, elles ne le sont plus.
832
Les miracles ne sont plus nécessaires, à cause qu’on en a déjà. — Mais quand on n’écoute plus la tradition, quand on ne propose plus que le Pape, quand on l’a surpris, et qu’ainsi ayant exclu la vraie source de la vérité, qui est la tradition, et ayant prévenu le Pape, qui en est le dépositaire, la vérité n’a plus de liberté de paraître : alors les hommes ne parlant plus de la vérité, la vérité doit parler elle-même aux hommes. C’est ce qui arriva au temps d’Arius. (Miracles sous Dioclétien et sous Arius.)
833
Miracle. — Le peuple conclut cela de soi-même ; mais s’il vous en faut donner la raison…
Il est fâcheux d’être dans l’exception de la règle. Il faut même être sévère, et contraire à l’exception. Mais néanmoins, comme il est certain qu’il y a des exceptions de la règle, il en faut juger sévèrement, mais justement.
834
Jeh., vi, 26 : Non quia vidistis signa, sed quia saturati estis.
Ceux qui suivent Jésus-Christ à cause de ses miracles honorent sa puissance dans tous les miracles qu’elle produit ; mais ceux qui, en faisant profession de le suivre pour ses miracles, ne le suivent en effet que parce qu’il les console et les rassasie des biens du monde, ils déshonorent ses miracles, quand ils sont contraires à leurs commodités,
Jeh., ix : Non est hic homo a Deo, qui sabbatum non custodit. Alii : Quomodo potest homo peccator hæc signa facere ?
Lequel est le plus clair ?
Cette maison n’est pas de Dieu ; car on n’y croit pas que les cinq propositions soient dans Jansénius. Les autres : Cette maison est de Dieu ; car il y fait d’étranges miracles.
Lequel est le plus clair ?
Tu quid dicis ? Dico quia propheta est. Nisi esset hic a Deo, non poterat facere quidquam.
835
Dans le Vieux Testament, quand on vous détournera de Dieu. Dans le Nouveau, quand on vous détournera de Jésus-Christ. Voilà les occasions d’exclusion à la foi des miracles, marquées. Il ne faut pas y donner d’autres exclusions.
S’ensuit-il de là qu’ils avaient droit d’exclure tous les prophètes qui leur sont venus ? Non. Ils eussent péché en n’excluant pas ceux qui niaient Dieu, et eussent péché d’exclure ceux qui ne niaient pas Dieu.
D’abord donc qu’on voit un miracle, il faut, ou se soumettre, ou avoir d’étranges marques du contraire. Il faut voir s’il nie un Dieu, ou Jésus-Christ, ou l’Église.
836
Il y a bien de la différence entre n’être pas pour Jésus-Christ et le dire, ou n’être pas pour Jésus-Christ, et feindre d’en être. Les uns peuvent faire des miracles, non les autres ; car il est clair des uns qu’ils sont contre la vérité, non des autres ; et ainsi les miracles sont plus clairs.
837
C’est une chose si visible, qu’il faut aimer un seul Dieu, qu’il ne faut pas de miracles pour le prouver.
838
Jésus-Christ a fait des miracles, et les apôtres ensuite, et les premiers saints, en grand nombre ; parce que, les prophéties n’étant pas encore accomplies, et s’accomplissant par eux, rien ne témoignait que les miracles. Il était prédit que le Messie convertirait les nations. Comment cette prophétie se fût-elle accomplie, sans la conversion des nations ? Et comment les nations se fussent-elles converties au Messie, ne voyant pas ce dernier effet des prophéties qui le prouvent ? Avant donc qu’il ait été mort, ressuscité, et converti les nations, tout n’était pas accompli ; et ainsi il a fallu des miracles pendant tout ce temps. Maintenant il n’en faut plus contre les Juifs, car les prophéties accomplies sont un miracle subsistant.
839
« Si vous ne croyez en moi, croyez au moins aux miracles. » Il les renvoie comme au plus fort.
Il avait été dit aux Juifs, aussi bien qu’aux Chrétiens, qu’ils ne crussent pas toujours les prophètes ; mais néanmoins les pharisiens et les scribes font grand état de ses miracles, et essayent de montrer qu’ils sont faux, ou faits par le diable, étant nécessités d’être convaincus, s’ils reconnaissent qu’ils sont de Dieu.
Nous ne sommes pas aujourd’hui dans la peine de faire ce discernement. Il est pourtant bien facile à faire : ceux qui ne nient ni Dieu, ni Jésus-Christ, ne font point de miracles qui ne soient sûrs. Nemo facit virtutem in nomine meo et cito possit de me male loqui.
Mais nous n’avons point à faire ce discernement. Voici une relique sacrée ; voici une épine de la couronne du Sauveur du monde, en qui le prince de ce monde n’a point puissance, qui fait des miracles par la propre puissance de ce sang répandu pour nous. Voici que Dieu choisit lui-même cette maison pour y faire éclater sa puissance.
Ce ne sont point des hommes qui font ces miracles par une vertu inconnue et douteuse, qui nous oblige à un difficile discernement. C’est Dieu même ; c’est l’instrument de la Passion de son Fils unique, qui, étant en plusieurs lieux, choisit celui-ci, et fait venir de tous côtés les hommes pour y recevoir ces soulagements miraculeux dans leurs langueurs.
840
L’Église a trois sortes d’ennemis : les Juifs, qui n’ont jamais été de son corps ; les hérétiques, qui s’en sont retirés ; et les mauvais Chrétiens, qui la déchirent au dedans.
Ces trois sortes différentes d’adversaires la combattent d’ordinaire diversement ; mais ici ils la combattent d’une même sorte. Comme ils sont tous sans miracles, et que l’Église a toujours eu contre eux des miracles, ils ont tous eu le même intérêt à les éluder, et se sont tous servis de cette défaite : qu’il ne faut pas juger de la doctrine par les miracles, mais des miracles par la doctrine. Il y avait deux partis centre ceux qui écoutaient Jésus-Christ : les uns qui suivaient sa doctrine pour ses miracles ; les autres qui disaient… Il y avait deux partis au temps de Calvin… Il y a maintenant les Jésuites, etc.
841
Les miracles discernent aux choses douteuses : entre les peuples juif et païen, juif et chrétien ; catholique, hérétique ; calomniés, et calomniateurs ; entre les deux croix.
Mais aux hérétiques, les miracles seraient inutiles ; car l’Église, autorisée par les miracles qui ont préoccupé la créance, nous dit qu’ils n’ont pas la vraie foi. Il n’y a pas de doute qu’ils n’y sont pas, puisque les premiers miracles de l’Église excluent la foi des leurs. Il y a ainsi miracle contre miracle, et premiers et plus grands du côté de l’Église.
Ces filles, étonnées de ce qu’on dit, qu’elles sont dans la voie de perdition ; que leurs confesseurs les mènent à Genève ; qu’ils leur inspirent que Jésus-Christ n’est point en l’Eucharistie, ni en la droite du Père ; elles savent que tout cela est faux, elles s’offrent donc à Dieu en cet état : Vide si via iniquitatis in me est. Qu’arrive-t-il là-dessus ? Ce lieu, qu’on dit être le temple du diable, Dieu en fait son temple. On dit qu’il faut en ôter les enfants : Dieu les y guérit. On dit que c’est l’arsenal de l’enfer : Dieu en fait le sanctuaire de ses grâces. Enfin on les menace de toutes les fureurs, de toutes les vengeances du ciel ; et Dieu les comble de ses faveurs. Il faudrait avoir perdu le sens pour en conclure qu’elles sont donc en la voie de perdition.
(On a sans doute les mêmes marques que saint Athanase.)
842
« Si tu es Christus, dic nobis. »
« Opera quæ ego facio in nomine patris mei, hæc testimonium perhibent de me. Sed vos non creditis quia non estis ex ovibus meis. Oves meæ vocem meam audiunt. »
Joh. vi, 30. « Quod ergo tu facis signum ut videamus et credamus tibi ? » — Non dicunt : Quam doctrinam prædicas ?
« Nemo potest facere signa quæ tu facis nisi Deus fuerit cum es. »
II. Mach. xiv, 15. « Deus qui signis evidentibus suam portionem protegit. »
« Volumus signum videre de cœlo, tentantes eum. Luc, XI, 16.
« Generatio prava signum quærit ; et non dabitur. Et ingemiscens ait : Quid generatio ista signum quærit ? ». (Marc, VIII, 12.) Elle demandait signe à mauvaise intention.
« Et non poterat facere. » Et néanmoins il leur promet le signe de Jonas, de sa résurrection, le grand et l’incomparable.
« Nisi videritis signa, non creditis. » Il ne les blâme pas de ce qu’ils ne croient pas sans qu’il y ait de miracles ; mais sans qu’ils en soient eux-mêmes les spectateurs.
— L’Antechrist « in signis mendacibus, dit saint Paul, ii Thess. ii secundum operationem Satanæ, in seductione iis qui pereunt eo quod charitatem veritatis non receperunt ut salvi fierent, ideo mittet illis Deus operationes erroris ut credant mendacio. » Comme au passage de Moïse : tentat enim vos Deus, utrum diligatis eum.
Ecce prædixi vobis : vos ergo videte.
843
Ce n’est point ici le pays de la vérité, elle erre inconnue parmi les hommes. Dieu l’a couverte d’un voile, qui la laisse méconnaître à ceux qui n’entendent pas sa voix. Le lieu est ouvert au blasphème, et même sur des vérités au moins bien apparentes. Si l’on publie les vérités de l’Évangile, on en publie de contraires, et on obscurcit les questions en sorte que le peuple ne peut discerner, Et on demande : Qu’avez-vous pour vous faire plutôt croire que les autres ? Quel signe faites-vous ? Vous n’avez que des paroles, et nous aussi. Si vous aviez des miracles, bien. — Cela est une vérité, que la doctrine doit être soutenue par les miracles, dont on abuse pour blasphémer la doctrine. Et si les miracles arrivent, on dit que les miracles ne suffisent pas sans la doctrine ; et c’est une autre vérité, pour blasphémer, les miracles.
Jésus-Christ guérit l’aveugle-né, et fit quantité de miracles, au jour du sabbat. Par où il aveuglait les pharisiens qui disaient qu’il fallait juger des miracles par la doctrine.
« Nous avons Moïse : mais celui-là, nous ne savons d’où il est. » C’est ce qui est admirable, que vous ne savez d’où il est ; et cependant il fait de tels miracles.
Jésus-Christ ne parlait ni contre Dieu, ni contre Moïse.
L’Antechrist et les faux prophètes, prédits par l’un et l’autre Testament, parleront ouvertement contre Dieu et contre Jésus-Christ. Qui n’est point caché… Qui serait ennemi couvert, Dieu ne permettrait pas qu’il fît des miracles ouvertement.
Jamais en une dispute publique où les deux parties se disent à Dieu, à Jésus-Christ, à l’Église, les miracles ne sont du côté des faux chrétiens, et l’autre côté sans miracle.
« Il a le diable. Joh., x, 21. — Et les autres disaient : Le diable peut-il ouvrir les yeux des aveugles ? »
Les preuves que Jésus-Christ et les apôtres tirent de l’Écriture ne sont pas démonstratives ; car ils disent seulement que Moïse a dit qu’un prophète viendrait ; mais ils ne prouvent pas par là que ce soit celui-là, et c’était toute la question. Ces passages ne servent donc qu’à montrer qu’on n’est pas contraire à l’Écriture, et qu’il n’y paraît point de répugnance, mais non pas qu’il y ait accord. Or, cela suffit, exclusion de répugnance, avec miracle.
Il y a un devoir réciproque entre Dieu et les hommes, pour faire et pour donner. Venite : Quid debui ? « Accusez-moi, » dit Dieu dans Isaïe.
Dieu doit accomplir ses promesses, etc.
Les hommes doivent à Dieu de recevoir la religion qu’il leur envoie. Dieu doit aux hommes de ne les point induire en erreur. Or, ils seraient induits en erreur, si les faiseurs [de] miracle annonçaient une doctrine qui ne parût pas visiblement fausse aux lumières du sens commun, et si un plus grand faiseur de miracles n’avait déjà averti de ne les pas croire.
Ainsi, s’il y avait division dans l’Église, et que les Ariens, par exemple, qui se disaient fondés en l’Écriture comme les Catholiques, eussent fait des miracles, et non les Catholiques, on eût été induit en erreur.
Car, comme un homme qui nous annonce les secrets de Dieu n’est pas digne d’être cru sur son autorité privée, et que c’est pour cela que les impies en doutent, aussi un homme qui, pour marque de la communication qu’il a avec Dieu, ressuscite les morts, prédit l’avenir, transporte les mers, guérit les malades, il n’y a point d’impie qui ne s’y rende, et l’incrédulité de Pharao et des Pharisiens est l’effet d’un endurcissement surnaturel.
Quand donc on voit les miracles et la doctrine non suspecte tout ensemble d’un côté, il n’y a pas de difficulté. Mais quand on voit les miracles et doctrine suspects d’un même côté, alors il faut voir quel est le plus clair. Jésus-Christ était suspect.
Barjésu aveuglé : la force de Dieu surmonte celle de ses ennemis.
Les exorcistes juifs battus par les diables disant : « Je connais Jésus et Paul, mais vous, qui êtes-vous ? »
Les miracles sont pour la doctrine, et non pas la doctrine pour les miracles.
Si les miracles sont vrais, pourra-t-on persuader toute doctrine ? non, car cela n’arrivera pas. Si angelus…
Règle : Il faut juger de la doctrine par les miracles, il faut juger des miracles par la doctrine. Tout cela est vrai, mais cela ne se contredit pas, car il faut distinguer les temps.
Que vous êtes aise de savoir les règles générales, pensant par là jeter le trouble, et rendre tout inutile ! On vous en empêchera, mon Père : la vérité est une et ferme.
Il est impossible, par le devoir de Dieu, qu’un homme cachant sa mauvaise doctrine, et n’en faisant apparaître qu’une bonne, et se disant conforme à Dieu et à l’Église, fasse des miracles pour couler insensiblement une doctrine fausse et subtile : cela ne se peut.
Et encore moins que Dieu, qui connaît les cœurs, fasse des miracles en faveur d’un tel.
844
Les trois marques de la religion : la perpétuité, la bonne vie, les miracles. Ils détruisent la perpétuité par la probabilité, la bonne vie, par leur morale ; les miracles, en détruisant ou leur vérité, ou leur conséquence.
Si on les croit, l’Église n’aura que faire de perpétuité, sainteté, ni miracles. Les hérétiques les nient, ou en nient la conséquence ; eux de mêmes. Mais il faudrait n’avoir point de sincérité pour les nier, ou encore perdre le sens pour nier la conséquence.
Jamais on ne s’est fait martyriser pour les miracles qu’on dit avoir vus, car [pour] ceux que les Turcs croient par tradition, la folie des hommes va peut-être jusqu’au martyre, mais non pour ceux qu’on a vus.
844 bis
Perpétuité. — Molina : nouveauté.
845
Les hérétiques ont toujours combattu ces trois marques qu’ils n’ont point.
846
« Première objection : Ange du ciel. Il ne faut pas juger de la vérité par les miracles, mais des miracles par la vérité. Donc les miracles sont inutiles. »
Or ils servent, et il ne faut point être contre la vérité, donc ce qu’a dit le P. Lingendes que Dieu ne permettra pas qu’un miracle puisse induire à erreur…
Lorsqu’il y aura contestation dans la même Église, le miracle décidera.
Deuxième objection : Mais l’Antechrist fera des signes.
Les magiciens de Pharao ne séduisaient point à erreur. Ainsi on ne pourra point dire à Jésus-Christ sur l’Antechrist : Vous m’avez séduit à erreur. — Car l’Antechrist les fera contre Jésus-Christ et ainsi ils ne peuvent induire à erreur. Ou Dieu ne permettra point de faux miracles, ou il en procurera de plus grands.
[Depuis le commencement du monde Jésus-Christ subsiste : cela est plus fort que tous les miracles de l’Antechrist].
Si dans la même Église il arrivait miracle du côté des errants, on serait induit à erreur. Le schisme est visible, le miracle est visible. Mais le schisme est plus marque d’erreur que le miracle n’est marque de vérité : donc le miracle ne peut induire à erreur.
Mais, hors le schisme, l’erreur n’est pas si visible que le miracle est visible, donc le miracle induirait à erreur.
Ubi est Deus tuus ? Les miracles le montrent, et sont un éclair.
847
Une des antiennes des vêpres de Noël : Exortum est in tenebris lumen rectis corde.
848
Que si la miséricorde de Dieu est si grande qu’il nous instruit salutairement, même lorsqu’il se cache, quelle lumière n’en devons-nous pas attendre, lorsqu’il se découvre ?
849
Est et non est sera-t-il reçu dans la foi même, aussi bien que dans les miracles ? Et s’il en est inséparable dans les autres…
Quand saint Xavier fait des miracles. — [Saint Hilaire. — Misérables qui nous obligez à parler des miracles.] Væ qui conditis.
Juges injustes, ne faites pas des lois sur l’heure ; jugez par celles qui sont établies, et établies par vous-mêmes : Væ qui conditis leges iniquas.
Miracles continuels, faux.
Pour affaiblir vos adversaires, vous désarmez toute l’Église.
S’ils disent que notre salut dépend de Dieu ce sont des hérétiques. S’ils disent qu’ils sont soumis au Pape, c’est une hypocrisie. S’ils sont prêts à souscrire toutes ses constitutions, cela ne suffit pas. S’ils disent qu’il ne faut pas tuer pour une pomme, ils combattent la morale des catholiques. S’il se fait des miracles parmi eux, ce n’est point une marque de sainteté, et c’est au contraire un soupçon d’hérésie.
La manière dont l’Église a subsisté est que la vérité a été sans contestation, ou si elle a été contestée, il y a eu le Pape, ou sinon, il y a eu l’Église.
850
Les cinq propositions condamnées, point de miracle, car la vérité n’était point attaquée. Mais la Sorbonne…, mais la bulle…
Il est impossible que ceux qui aiment Dieu de tout leur cœur méconnaissent l’Église, tant elle est évidente. — Il est impossible que ceux qui n’aiment pas Dieu soient convaincus de l’Église.
Les miracles ont une telle force qu’il a fallu que Dieu ait averti qu’on n’y pense point contre lui, tout clair qu’il soit qu’il y a un Dieu ; sans quoi ils eussent été capables de troubler.
Et ainsi tant s’en faut que ces passages, Deut., xiii, fassent contre l’autorité des miracles, que rien n’en marque davantage la force. Et de même pour l’Antechrist : « Jusqu’à séduire les élus, s’il était possible. »
851
L’histoire de l’aveugle-né.
Que dit saint Paul ? dit-il le rapport des prophéties à toute heure ? non, mais son miracle. Que dit Jésus-Christ ? dit-il le rapport des prophéties ? non : sa mort ne les avait pas accomplies ; mais il dit : si non fecissem. Croyez aux œuvres.
Deux fondements surnaturels de notre religion toute surnaturelle : l’un visible, l’autre invisible. Miracles avec la grâce, miracles sans grâce.
La synagogue qui a été traitée avec amour comme figure de l’Église, et avec haine, parce qu’elle n’en était que la figure, a été relevée, étant prête à succomber quand elle était bien avec Dieu ; et ainsi figure.
Les miracles prouvent le pouvoir que Dieu a sur les cœurs, par celui qu’il exerce sur les corps.
Jamais l’Église n’a approuvé un miracle parmi les hérétiques.
Les miracles, appui de religion : ils ont discerné les juifs, ils ont discerné les chrétiens, les saints, les innocents, les vrais croyants.
Un miracle parmi les schismatiques n’est pas tant à craindre ; car le schisme, qui est plus visible que le miracle, marque visiblement leur erreur. Mais quand il n’y a point de schisme, et que l’erreur est en dispute, le miracle discerne.
Si non fecissem quæ alius non fecit. Ces malheureux, qui nous ont obligé de parler des miracles.
Abraham, Gédéon ; confirmer la foi par miracles.
Judith : enfin Dieu parle dans les dernières oppressions.
Si le refroidissement de la charité laisse l’Église presque sans vrais adorateurs, les miracles en exciteront. C’est un des derniers effets de la grâce.
S’il se faisait un miracle aux Jésuites !
Quand le miracle trompe l’attente de ceux en présence desquels il arrive, et qu’il y a disproportion entre l’état de leur foi et l’instrument du miracle, alors il doit les porter à changer. Mais vous, autrement. Il y aurait autant de raison à dire que si l’Eucharistie ressuscitait un mort, il faudrait se rendre calviniste que demeurer catholique. Mais quand il couronne l’attente, et que ceux qui ont espéré que Dieu bénirait les remèdes se voient guéris sans remèdes…
Impies. — Jamais signe n’est arrivé de la part du diable sans un signe plus fort de la part de Dieu, au moins sans qu’il eût été prédit que cela arriverait.
852
Injustes persécuteurs de ceux que Dieu protège visiblement : s’ils vous reprochent vos excès, ils parlent comme les hérétiques ; s’ils disent que la grâce de Jésus-Christ nous discerne, « ils sont hérétiques » ; s’il se fait des miracles, « c’est la marque de leur hérésie ».
Ézéchiel. On dit : Voilà le peuple de Dieu qui parle ainsi. — Ézéchias.
Il est dit : « Croyez à l’Église », mais il n’est pas dit : « Croyez aux miracles », à cause que le dernier est naturel, et non pas le premier. L’un avait besoin de précepte, non pas l’autre.
La synagogue était la figure, et ainsi ne périssait point ; et n’était que la figure, et ainsi est périe. C’était une figure qui contenait la vérité, et ainsi, elle a subsisté jusqu’à ce qu’elle n’a plus eu la vérité.
Mon révérend Père, tout cela se passait en figure. Les autres religions périssent ; celle-là ne périt point.
Les miracles sont plus importants que vous ne pensez : ils ont servi à la fondation, et serviront à la continuation de l’Église, jusqu’à l’Antechrist, jusqu’à la fin.
Les deux Témoins.
En l’Ancien Testament et au Nouveau, les miracles sont faits par l’attachement des figures. Salut, ou chose inutile sinon pour montrer qu’il faut se soumettre aux Écritures : figures des sacrement.
853
[Il faut sobrement juger des ordonnances divines, mon Père.
Saint Paul en l’île de Malte.]
855
Je suppose qu’on croit les miracles : vous corrompez la religion ou en faveur de vos amis, ou contre vos ennemis. Vous en disposez à votre gré.
856
Sur le miracle. — Comme Dieu n’a pas rendu de famille plus heureuse, qu’il fasse aussi qu’il n’en trouve point de plus reconnaissante.
Chapitre 13 terminé
Les miracles