Chapitre 14 · 55 min de lecture
Fragments polémiques
857
Clarté, obscurité. — Il y aurait trop d’obscurité, si la vérité n’avait pas des marques visibles ; c’en est une admirable d’être toujours conservée dans une Église et assemblée visible. Il y aurait trop de clarté s’il n’y avait qu’un sentiment dans cette Église ; celui qui y a toujours été est la vérité ; car le vrai y a toujours été, et aucun faux n’y a toujours été.
858
L’histoire de l’Église doit être proprement appelée l’histoire de la vérité.
859
Il y a plaisir d’être dans un vaisseau battu de l’orage, lorsqu’on est assuré qu’il ne périra point : les persécutions qui travaillent l’Église sont de cette nature.
860
Après tant de marques de piété, ils ont encore la persécution, qui est la meilleure des marques de la piété.
861
Bel état de l’Église quand elle n’est plus soutenue que de Dieu.
862
L’Église a toujours été combattue par des erreurs contraires ; mais peut-être jamais en même temps, comme à présent. Et si elle en souffre plus, à cause de la multiplicité d’erreurs, elle en reçoit cet avantage qu’elles se détruisent.
Elle se plaint des deux, mais bien plus des calvinistes, à cause du schisme.
Il est certain que plusieurs des deux contraires sont trompés ; il faut les désabuser.
La foi embrasse plusieurs vérités qui semblent se contredire : Temps de rire, de pleurer, etc. Responde, ne respondeas, etc.
La source en est l’union des deux natures en Jésus-Christ ; et aussi les deux mondes (la création d’un nouveau ciel et nouvelle terre ; nouvelle vie, nouvelle mort ; toutes choses doublées, et les mêmes noms demeurant) ; et enfin les deux hommes qui sont dans les justes (car ils sont les deux mondes, et un membre et image de Jésus-Christ. Et ainsi tous les noms leur conviennent, de justes, pécheurs ; mort, vivant ; vivant, mort ; élu, réprouvé, etc.).
Il y a donc un grand nombre de vérités, et de foi et de morale, qui semblent répugnantes, et qui subsistent toutes dans un ordre admirable. La source de toutes les hérésies est l’exclusion de quelques-unes de ces vérités ; et la source de toutes les objections que nous font les hérétiques est l’ignorance de quelques-unes de nos vérités. Et d’ordinaire il arrive que, ne pouvant concevoir le rapport de deux vérités opposées, et croyant que l’aveu de l’une enferme l’exclusion de l’autre, ils s’attachent à l’une, ils excluent l’autre, et pensent que nous au contraire. Or l’exclusion est la cause de leur hérésie ; et l’ignorance que nous tenons l’autre, cause leurs objections.
1er exemple : Jésus-Christ est Dieu et homme. Les Ariens, ne pouvant allier ces choses qu’ils croient incompatibles, disent qu’il est homme : en cela ils sont catholiques. Mais ils nient qu’il soit Dieu : en cela ils sont hérétiques. Ils prétendent que nous nions son humanité : en cela ils sont ignorants.
2e exemple : sur le sujet du Saint-Sacrement : Nous croyons que la substance du pain étant changée, et transsubstantiellement, en celle du corps de Notre-Seigneur, Jésus-Christ y est présent réellement ; voilà une des vérités. Une autre est que ce Sacrement est aussi une figure de celui de la croix et de la gloire, et une commémoration des deux ; voilà la foi catholique, qui comprend ces deux vérités qui semblent opposées.
L’hérésie d’aujourd’hui, ne concevant pas que ce Sacrement contienne tout ensemble et la présence de Jésus-Christ et sa figure, et qu’il soit sacrifice, et commémoration de sacrifice, [croit] qu’on ne peut admettre l’une de ces vérités sans exclure l’autre pour cette raison.
Ils s’attachent à ce point seul, que ce Sacrement est figuratif ; et en cela ils ne sont pas hérétiques. Ils pensent que nous excluons cette vérité ; et de là vient qu’ils nous font tant d’objections sur les passages des Pères qui le disent. Enfin ils nient la présence ; et en cela ils sont hérétiques.
3e exemple : les indulgences.
C’est pourquoi le plus court moyen pour empêcher les hérésies est d’instruire de toutes les vérités ; et le plus sûr moyen de les réfuter est de les déclarer toutes ; car que diront les hérétiques ?
Pour savoir si un sentiment est d’un Père…
863
Tous errent d’autant plus dangereusement qu’ils suivent chacun une vérité ; leur faute n’est pas de suivre une fausseté, mais de ne pas suivre une autre vérité.
864
La vérité est si obscurcie en ce temps, et le mensonge si établi, qu’à moins que d’aimer la vérité, on ne saurait la connaître.
865
S’il y a jamais un temps auquel on doive faire profession des deux contraires, c’est quand on reproche qu’on en omet un. Donc les Jésuites et les Jansénistes ont tort en les célant ; mais les Jansénistes plus, car les Jésuites en ont mieux fait profession des deux.
866
Deux sortes de gens égalent les choses, comme les fêtes aux jours ouvriers, les chrétiens aux prêtres, tous les péchés entre eux, etc. Et de là les uns concluent que ce qui est donc mal aux prêtres l’est aussi aux chrétiens ; et les autres, que ce qui n’est pas mal aux chrétiens est permis aux prêtres.
867
Si l’ancienne Église était dans l’erreur, l’Église est tombée. Quand elle y serait aujourd’hui, ce n’est pas de même ; car elle a toujours la maxime supérieure de la tradition, de la main de l’ancienne Église ; et ainsi cette soumission et cette conformité à l’ancienne Église prévaut et corrige tout. Mais l’ancienne Église ne supposait pas l’Église future et ne la regardait pas, comme nous supposons et regardons l’ancienne.
868
Ce qui nous gâte pour comparer ce qui s’est passé autrefois dans l’Église à ce qui s’y voit maintenant, est qu’ordinairement on regarde saint Athanase, sainte Thérèse, et les autres, comme couronnés de gloire et… comme des dieux. À présent que le temps a éclairci les choses, cela paraît ainsi. Mais au temps où on le persécutait, ce grand saint était un homme qui s’appelait Athanase ; et sainte Thérèse, une fille. « Élie était un homme comme nous, et sujet aux mêmes passions que nous », dit saint Pierre, pour désabuser les Chrétiens de cette fausse idée qui nous fait rejeter l’exemple des saints, comme disproportionné à notre état. C’étaient des saints, disons-nous, ce n’est pas comme nous. Que se passait-il donc alors ? Saint Athanase était un homme appelé Athanase, accusé de plusieurs crimes, condamné en tel et tel concile, pour tel et tel crime ; tous les évêques y consentaient, et le pape enfin. Que dit-on à ceux qui y résistent ? qu’ils troublent la paix, qu’ils font schisme, etc.
Zèle, lumière. Quatre sortes de personnes : zèle sans science ; science sans zèle ; ni science ni zèle ; et zèle et science. Les trois premiers le condamnent, et les derniers l’absolvent, et sont excommuniés de l’Église, et sauvent néanmoins l’Église.
869
Si saint Augustin venait aujourd’hui et qu’il fût aussi peu autorisé que ses défenseurs, il ne ferait rien. Dieu conduit bien son Église de l’avoir envoyé devant avec autorité.
870
Dieu n’a pas voulu absoudre sans l’Église ; comme elle a part à l’offense, il veut qu’elle ait part au pardon ; il l’associe à ce pouvoir comme les rois les parlements. Mais si elle absout ou si elle lie sans Dieu, ce n’est plus l’Église ; comme au parlement : car encore que le roi ait donné grâce à un homme, si faut-il qu’elle soit entérinée ; mais si le parlement entérine sans le roi ou s’il refuse d’entériner sur l’ordre du roi, ce n’est plus le parlement du roi, mais un corps révolté.
871
Église, pape. Unité, multitude. — En considérant l’Église comme unité, le pape, qui en est le chef, est comme tout ; en la considérant comme multitude, le Pape n’en est qu’une partie. Les Pères l’ont considérée, tantôt en une manière, tantôt en l’autre ; et ainsi ont parlé diversement du Pape (Saint Cyprien : Sacerdos Dei). Mais en établissant une de ces deux vérités, ils n’ont pas exclu l’autre. La multitude qui ne se réduit pas à l’unité est confusion ; l’unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie. Il n’y a presque plus que la France où il soit permis de dire que le concile est au-dessus du Pape.
872
Le Pape est premier. Quel autre est connu de tous ? quel autre est reconnu de tous ; ayant pouvoir d’insinuer dans tout le corps, parce qu’il tient la maîtresse branche, qui s’insinue partout ? Qu’il était aisé de faire dégénérer cela en tyrannie ! C’est pourquoi Jésus-Christ leur a posé ce précepte : Vos autem non sic.
873
Le Pape hait et craint les savants qui ne lui sont pas soumis par vœu.
874
Il ne faut pas juger de ce qu’est le Pape par quelques paroles des Pères, comme disaient les Grecs dans un concile — règles importantes — mais par les actions de l’Église et des Pères, et par les canons.
L’unité et la multitude. Duo aut tres. In unum : Erreur à exclure l’un des deux, comme font les papistes qui excluent la multitude, ou les huguenots qui excluent l’unité.
875
Le Pape serait-il déshonoré, pour tenir de Dieu et de la tradition ses lumières ? et n’est-ce pas le déshonorer de le séparer de cette sainte union ?
876
Dieu ne fait point de miracles dans la conduite ordinaire de son Église. C’en serait un étrange, si l’infaillibilité était dans un ; mais d’être dans la multitude, cela paraît si naturel, que la conduite de Dieu est cachée sous la nature, comme en tous ses autres ouvrages.
877
Les rois disposent de leur empire ; mais les Papes ne peuvent disposer du leur.
878
Summum jus, summa injuria.
La pluralité est la meilleure voie, parce qu’elle est visible, et qu’elle a la force pour se faire obéir ; cependant c’est l’avis des moins habiles. Si l’on avait pu, l’on aurait mis la force entre les mains de la justice ; mais, comme la force ne se laisse pas manier comme on veut, parce que c’est une qualité palpable, au lieu que la justice est une qualité spirituelle dont on dispose comme on veut, on l’a mise entre les mains de la force ; et ainsi on appelle juste ce qu’il est force d’observer. De là vient le droit de l’épée, car l’épée donne un véritable droit ; autrement on verrait la violence d’un côté et la justice de l’autre (fin de la douzième Provinciale). De là vient l’injustice de la Fronde, qui élève sa prétendue justice contre la force. Il n’en est pas de même dans l’Église, car il y a une justice véritable, et nulle violence.
879
Injustice. — La juridiction ne se donne pas pour [le] juridiciant, mais pour le juridicié. — Il est dangereux de le dire au peuple. — Mais le peuple a trop de croyance en vous ; cela ne lui nuira pas, et peut vous servir ; il faut donc le publier : Pasce oves meas, non tuas ; vous me devez pâture.
880
On aime la sûreté ; on aime que le Pape soit infaillible en la foi, et que les docteurs graves le soient dans les mœurs, afin d’avoir son assurance.
881
L’Église enseigne et Dieu inspire, l’un et l’autre infailliblement. L’opération de l’Église ne sert qu’à préparer à la grâce ou à la condamnation ; ce qu’elle fait suffit pour condamner, non pour inspirer.
882
Toutes les fois que les Jésuites surprendront le Pape, on rendra toute la chrétienté parjure.
Le Pape est très aisé à être surpris à cause de ses affaires et de la créance qu’il a aux Jésuites ; et les Jésuites sont très capables de surprendre à cause de la calomnie.
883
Les malheureux, qui m’ont obligé de parler du fond de la religion.
884
Des pécheurs purifiés sans pénitence, des justes justifiés sans charité, tous les chrétiens sans la grâce de Jésus-Christ, Dieu sans pouvoir sur la volonté des hommes, une prédestination sans mystère, une rédemption sans certitude.
884 bis
Des pécheurs sans pénitence, des justes sans charité, un Dieu sans pouvoir sur la volonté des hommes, une prédestination sans mystère.
885
Est fait prêtre qui veut l’être, comme sous Jéroboam. C’est une chose horrible qu’on nous propose la discipline de l’Église d’aujourd’hui pour tellement bonne, qu’on fait un crime de la vouloir changer. Autrefois elle était bonne infailliblement, et on trouve qu’on a pu la changer sans péché ; et maintenant, telle qu’elle est, on ne la pourra souhaiter changée ! Il a bien été permis de changer la coutume de ne faire des prêtres qu’avec tant de circonspection qu’il n’y en avait presque point qui en fussent dignes ; et il ne sera pas permis de se plaindre de la coutume qui en fait tant d’indignes !
886
Hérétiques. — Ézéchiel. Tous les païens disaient du mal d’Israël, et le prophète aussi : et tant s’en faut que les Israélites eussent droit de lui dire : Vous parlez comme les païens, qu’il fait sa plus grande force sur ce que les païens parlent comme lui.
887
Les jansénistes ressemblent aux hérétiques par la réformation des mœurs ; mais vous leur ressemblez en mal.
888
Vous ignorez les prophéties si vous ne savez que tout cela doit arriver : princes, prophètes, pape et même les prêtres ; et néanmoins l’Église doit subsister. Par la grâce de Dieu nous n’en sommes pas là. Malheur à ces prêtres ! mais nous espérons que Dieu nous fera la miséricorde que nous n’en serons point.
Saint Pierre, chap. 2 : faux prophètes passés, image des futurs.
889
… De sorte que s’il est vrai, d’une part, que quelques religieux relâchés et quelques casuistes corrompus, qui ne sont pas membres de la hiérarchie, ont trempé dans ces corruptions, il est constant, de l’autre, que les véritables pasteurs de l’Église, qui sont les véritables dépositaires de la parole divine, l’ont conservée immuablement contre les efforts de ceux qui ont entrepris de la ruiner. Et ainsi les fidèles n’ont aucun prétexte de suivre ces relâchements, qui ne leur sont offerts que par les mains étrangères de ces casuistes, au lieu de la saine doctrine, qui leur est présentée par les mains paternelles de leurs propres pasteurs.
Et les impies et les hérétiques n’ont aucun sujet de donner ces abus pour des marques du défaut de la providence de Dieu sur son Église, puisque, l’Église étant proprement dans le corps de la hiérarchie, tant s’en faut qu’on puisse conclure de l’état présent des choses que Dieu l’ait abandonnée à la corruption, qu’il n’a jamais mieux paru qu’aujourd’hui que Dieu la défend visiblement de la corruption.
Car, si quelques-uns de ces hommes qui, par une vocation extraordinaire, ont fait profession de sortir du monde et de prendre l’habit de religieux pour vivre dans un état plus parfait que le commun des chrétiens, sont tombés dans des égarements qui font horreur au commun des chrétiens et sont devenus entre nous ce que les faux prophètes étaient entre les Juifs, c’est un malheur particulier et personnel qu’il faut à la vérité déplorer, mais dont on ne peut rien conclure contre le soin que Dieu prend de son Église, puisque toutes ces choses sont si clairement prédites, et qu’il a été annoncé depuis si longtemps que ces tentations s’élèveraient de la part de ces sortes de personnes que quand on est bien instruit on voit plutôt en cela des marques de la conduite de Dieu que de son oubli à notre égard.
890
Tertullien : nunquam Ecclesia reformabitur.
891
Il faut faire connaître aux hérétiques qui se prévalent de la doctrine des Jésuites que [ce n’est pas] celle de l’Église [la doctrine de l’Église] ; et que nos divisions ne nous séparent pas d’autel.
892
« Si en différant nous condamnions, vous auriez raison. L’uniformité sans diversité inutile aux autres, la diversité sans uniformité ruineuse pour nous. L’une nuisible au dehors, l’autre nuisible au dedans. »
893
En montrant la vérité, on la fait croire ; mais en montrant l’injustice des ministres, on ne la corrige pas. On assure la conscience en montrant la fausseté ; on n’assure pas la bourse en montrant l’injustice.
894
Ceux qui aiment l’Église se plaignent de voir corrompre les mœurs ; mais au moins les lois subsistent. Mais ceux-ci corrompent les lois : le modèle est gâté.
895
Jamais on ne fait le mal si pleinement et si gaiement que quand on le fait par conscience.
896
C’est en vain que l’Église a établi ces mots d’anathèmes, hérésies, etc. ; on s’en sert contre elle.
897
Le serviteur ne sait ce que le maître fait, car le maître lui dit seulement l’action et non la fin ; et c’est pourquoi il s’y assujettit servilement et pèche souvent contre la fin. Mais Jésus-Christ nous a dit la fin. Et vous détruisez cette fin.
898
Ils ne peuvent avoir la perpétuité, et ils cherchent l’universalité ; et pour cela, ils font toute l’Église corrompue, afin qu’ils soient sains.
899
Contre ceux qui abusent des passages de l’Écriture, et qui se prévalent de ce qu’ils en trouvent quelqu’un qui semble favoriser leur erreur. — Le chapitre de Vêpres, le dimanche de la Passion, l’oraison pour le roi.
Explication de ces paroles : Qui n’est pas pour moi est contre moi — et de ces autres : Qui n’est point contre vous est pour vous. Une personne qui dit : Je ne suis ni pour ni contre — ; on doit lui répondre…
900
Qui veut donner le sens de l’Écriture et ne le prend point de l’Écriture, est ennemi de l’Écriture. (Aug. d. d. ch.).
901
« Humilibus dat gratiam » — an ideo non dedit humilitatem ?
« Sui eum non receperunt » — quotquot autem non receperunt annon erant sui ?
902
« Il faut bien, dit le Feuillant, que cela ne soit pas si certain ; car la contestation marque l’incertitude (saint Athanase, saint Chrysostome ; la morale, les infidèles). »
Les Jésuites n’ont pas rendu la vérité incertaine, mais ils ont rendu leur impiété certaine.
La contradiction a toujours été laissée, pour aveugler les méchants ; car tout ce qui choque la vérité ou la charité est mauvais : voilà le vrai principe.
902 bis
Sur le bruit des Feuillants, je fus voir un de mes anciens amis ; en parlant de dévotion, il crut que j’en avais quelque sentiment et que je pouvais bien être feuillant, et que je pourrais faire fruit en écrivant, surtout en ce temps-ci, contre les novateurs.
Nous avons fait depuis peu contre votre chapitre général qui est qu’on signerait la bulle.
Qu’il souhaiterait que Dieu m’inspirât.
« Mon Père, faudrait-il signer ? »
903
Toutes les religions et les sectes du monde ont eu la raison naturelle pour guide. Les seuls Chrétiens ont été astreints à prendre leurs règles hors d’eux-mêmes, et à s’informer de celles que Jésus-Christ a laissées aux anciens pour être transmises aux fidèles. Cette contrainte lasse ces bons Pères ; ils veulent avoir, comme les autres peuples, la liberté de suivre leurs imaginations. C’est en vain que nous leur crions, comme les prophètes disaient autrefois aux Juifs : Allez au milieu de l’Église ; informez-vous des voies que les anciens lui ont laissées, et suivez ces sentiers. — Ils ont répondu comme les Juifs : Nous n’y marcherons pas : mais nous suivrons les pensées de notre cœur ; et ils ont dit : Nous serons comme les autres peuples.
904
Ils font de l’exception la règle.
Les anciens ont donné l’absolution avant la pénitence — faites-le en esprit d’exception. Mais, de l’exception, vous faites une règle sans exception, en sorte que vous ne voulez plus même que la règle soit en exception.
905
Sur les confessions et absolutions sans marques de regret. — Dieu ne regarde que l’intérieur : l’Église ne juge que par l’extérieur. Dieu absout aussitôt qu’il voit la pénitence dans le cœur ; l’Église, quand elle la voit dans les œuvres. Dieu fera une Église pure au dedans, qui confonde par sa sainteté intérieure et toute spirituelle l’impiété intérieure des sages superbes et des pharisiens : et l’Église fera une assemblée d’hommes dont les mœurs extérieures soient si pures qu’elles confondent les mœurs des païens. S’il y en a d’hypocrites, mais si bien déguisés qu’elle n’en reconnaisse pas le venin, elle les souffre ; car, encore qu’ils ne soient pas reçus de Dieu, qu’ils ne peuvent tromper, ils le sont des hommes, qu’ils trompent. Et ainsi elle n’est pas déshonorée par leur conduite, qui paraît sainte. Mais vous voulez que l’Église ne juge, ni de l’intérieur, parce que cela n’appartient qu’à Dieu, ni de l’extérieur, parce que Dieu ne s’arrête qu’à l’intérieur ; et ainsi, lui ôtant tout choix des hommes, vous retenez dans l’Église les plus débordés, et ceux qui la déshonorent si fort, que les synagogues des Juifs et les sectes des philosophes les auraient exilés comme indignes, et les auraient abhorrés comme impies.
906
Les conditions les plus aisées à vivre selon le monde sont les plus difficiles à vivre selon Dieu ; et au contraire. Rien n’est si difficile selon le monde que la vie religieuse ; rien n’est plus facile que de la passer selon Dieu. Rien n’est plus aisé que d’être dans une grande charge et dans de grands biens selon le monde ; rien n’est plus difficile que d’y vivre selon Dieu, et sans y prendre de part et de goût.
907
Les casuistes soumettent la décision à la raison corrompue et le choix des décisions à la volonté corrompue, afin que tout ce qu’il y a de corrompu dans la nature de l’homme ait part à sa conduite.
908
Mais est-il probable que la probabilité assure ?
Différence entre repos et sûreté de conscience. Rien ne donne l’assurance que la vérité ; rien ne donne le repos que la recherche sincère de la vérité.
909
Toute la société entière de leurs casuistes ne peut assurer la conscience dans l’erreur, et c’est pourquoi il est important de choisir de bons guides.
Ainsi, ils seront doublement coupables : et pour avoir suivi des voies qu’ils ne devaient pas suivre, et pour avoir ouï des docteurs qu’ils ne devaient pas ouïr.
910
Peut-ce être autre que la complaisance du monde qui vous fasse trouver les choses probables ? nous ferez-vous accroire que ce soit la vérité, et que, si la mode du duel n’était point, vous trouveriez probable qu’on se peut battre, en regardant la chose en elle-même ?
911
Faut-il tuer pour empêcher qu’il n’y ait des méchants ? — c’est en faire deux au heu d’un : Vince in bono malum. (Saint Aug.)
912
Universel. — Morale — et langage — sont des ; sciences particulières, mais universelles.
913
Probabilité. — Chacun peut mettre, nul ne peut ôter.
914
Ils laissent agir la concupiscence et retiennent le scrupule, au lieu qu’il faudrait faire au contraire.
915
Montalte. — Les opinions relâchées plaisent tant aux hommes, qu’il est étrange que les leurs déplaisent ; c’est qu’ils ont excédé toute borne. Et, de plus, il y a bien des gens qui voient le vrai, et qui n’y peuvent atteindre ; mais il y en a peu qui ne sachent que la pureté de la religion est contraire à nos corruptions. Ridicule de dire qu’une récompense éternelle est offerte à des mœurs escobartines.
916
Probabilité. — Ils ont quelques principes vrais ; mais ils en abusent. Or, l’abus des vérités doit être autant puni que l’introduction du mensonge.
Comme s’il y avait deux enfers, l’un pour les péchés contre la charité, l’autre contre la justice !
917
Probabilité. — L’ardeur des saints à chercher le vrai était inutile, si le probable est sûr. La peur des saints qui avaient toujours suivi le plus sûr (sainte Thérèse ayant toujours suivi son confesseur).
918
Ôtez la probabilité, on ne peut plus plaire au monde ; mettez la probabilité, on ne peut plus lui déplaire.
919
Ce sont les effets des péchés des peuples et des Jésuites : les grands ont souhaité d’être flattés ; les Jésuites ont souhaité d’être aimés des grands. Ils ont tous été dignes d’être abandonnés à l’esprit du mensonge, les uns pour tromper, les autres pour être trompés. Ils ont été avares, ambitieux, voluptueux : Coacervabunt sibi magistros. Dignes disciples de tels maîtres, digni sunt. Ils ont cherché des flatteurs et en ont trouvé.
920
S’ils ne renoncent à la probabilité, leurs bonnes maximes sont aussi peu saintes que les méchantes, car elles sont fondées sur l’autorité humaine ; et ainsi, si elles sont plus justes, elles seront plus raisonnables, mais non pas plus saintes, elles tiennent de la tige sauvage sur quoi elles sont entées.
Si ce que je dis ne sert à vous éclaircir, il servira au peuple.
Si ceux-là se taisent, les pierres parleront.
Le silence est la plus grande persécution. Jamais les saints ne se sont tus. Il est vrai qu’il faut vocation, mais ce n’est pas des arrêts du Conseil qu’il faut apprendre si l’on est appelé, c’est de la nécessité de parler. Or, après que Rome a parlé, et qu’on pense qu’il a condamné la vérité, et qu’ils l’ont écrit ; et que les livres qui ont dit le contraire sont censurés, il faut crier d’autant plus haut qu’on est censuré plus injustement, et qu’on veut étouffer la parole plus violemment, jusqu’à ce qu’il vienne un pape qui écoute les deux parties, et qui consulte l’antiquité pour faire justice. Ainsi les bons papes trouveront encore l’Église en clameurs.
L’Inquisition et la Société, les deux fléaux de la vérité.
Que ne les accusez-vous d’arianisme ? car ils ont dit que Jésus-Christ est Dieu : peut-être ils l’entendent, non par nature, mais comme il est dit : Dii estis.
Si mes lettres sont condamnées à Rome, ce que j’y condamne est condamné dans le ciel : Ad tuum, Domine Jesu, tribunal appello.
Vous-mêmes êtes corruptibles.
J’ai craint que je n’eusse mal écrit, me voyant condamné, mais l’exemple de tant de pieux écrits me fait croire au contraire. Il n’est plus permis de bien écrire, tant l’Inquisition est corrompue ou ignorante !
« Il est meilleur d’obéir à Dieu qu’aux hommes. »
Je ne crains rien, je n’espère rien. Les évêques ne sont pas ainsi. Le Port-Royal craint, et c’est une mauvaise politique de les séparer, car ils ne craindront plus et se feront plus craindre. Je ne crains pas même vos censures particulières, si elles ne sont fondées sur celles de la tradition. Censurez-vous tout ? Quoi ! même mon respect ? Non. Donc dites quoi, ou vous ne ferez rien, si vous ne désignez le mal, et pourquoi il est mal. — Et c’est ce qu’ils auront bien peine à faire.
Probabilité. — Ils ont plaisamment expliqué la sûreté ; car après avoir établi que toutes leurs voies sont sûres ; ils n’ont plus appelé sûr ce qui mène au ciel, sans danger de n’y pas arriver par là, mais ce qui y mène sans danger de sortir de cette voie.
921
[Qu’avez-vous gagné en m’accusant de railler des choses saintes ? Vous ne gagnerez pas plus en m’accusant d’imposture.]
[Je n’ai pas tout dit, vous le verrez bien.]
Je ne suis point hérétique ; je n’ai point soutenu les cinq propositions. Vous le dites et ne le prouvez pas. Je dis que vous avez dit cela, et je le prouve.
Vous me menacez.
Direz-vous que je suis un imposteur ?
Je vous dis que vous êtes des imposteurs. Je vous le prouve ; et que vous ne le cachez pas, et que vous l’autorisez insolemment Brisacier, Meynier, d’Alby. Elidere.
Quand vous croyiez M. Puys ennemi de la Société, il étoit indigne pasteur de son Église, ignorant, hérétique, de mauvaise foi et mœurs. Depuis, il est digne pasteur, de bonne foi et mœurs.
Puisque vous n’avez touché que cela, c’est approuver tout le reste.
Calomnier, hæc est magna cæcitas cordis ; n’en pas voir le mal, hæc est major cæcitas cordis ; le défendre au lieu de s’en confesser comme d’un péché, hæc tunc hominem concludit profunditas iniquitatis, etc. 230e passim, Elidere, Caramuel.
Les grands seigneurs se divisent dans les guerres civiles, et ainsi vous dans la guerre civile des hommes.
[Je veux vous le dire à vous-même, afin que cela ait plus de force.]
[Ceux qui examinent les livres, je suis sûr de leur approbation. Mais ceux qui ne lisent que les titres, et ceux-là sont le plus grand nombre, ceux-là pourraient croire à votre parole, ne supposant pas que des religieux fussent des imposteurs.]
[Ce n’est pas que je ne voie combien vous êtes embarrassé : car si vous vouliez vous dédire, cela serait fini, mais, etc.]
Les saints subtilisent pour se trouver criminels, et accusent leurs meilleures actions ; et ceux-ci subtilisent pour excuser les plus méchantes.
Ne prétendez pas que ceci se passe en dispute : on fera imprimer vos ouvrages entiers et en français, et on en fera tout le monde juge.
Je prie qu’on me fasse la justice de ne plus les croire sur leur parole.
Un bâtiment également beau par dehors, mais sur un mauvais fondement, les païens sages le bâtissaient : et le diable trompe les hommes par cette ressemblance apparente fondée sur le fondement le plus différent.
Jamais homme n’a eu si bonne cause que moi ; et jamais d’autres n’ont donné si belle prise que vous.
Les gens du monde ne croient pas être dans les bonnes voies.
Plus ils marquent de faiblesse en ma personne, plus ils autorisent ma cause.
Vous dites que je suis hérétique. Cela est-il permis ? Et si vous ne craignez pas que les hommes ne rendent point de justice, ne craignez-vous pas que Dieu ne la rende ?
Vous sentirez la force de la vérité et vous lui céderez.
Il faudrait obliger le monde à vous croire, sous peine de péché mortel.
Elidere. C’est péché de croire témérairement les médisances. (Non credebitur temere calumniatori.) (St. Aug.)
Fecitque cadendo undique me cadere, par la maxime de la médisance.
Il y a quelque chose de surnaturel en un tel aveuglement. Digna necessitas.
Je suis seul contre trente mille ? Point. Gardez, vous la cour, vous l’imposture ; moi la vérité : c’est toute ma force ; si je la perds, je suis perdu. Je ne manquerai pas d’accusations et de persécutions. Mais j’ai la vérité, et nous verrons qui l’emportera.
Je ne mérite pas de défendre la religion, mais vous ne méritez pas de défendre l’erreur et l’injustice. Que Dieu par sa miséricorde, n’ayant pas égard au mal qui est en moi, et ayant égard au bien qui est en vous, nous fasse à nous la grâce que la vérité ne succombe pas entre mes mains et que le mensonge ne…
Mentiris impudentissime.
230. — Extrême péché est de le défendre. Elidere.
340. 23. — L’heur des méchants.
Doctrina sua noscitur vir.
66. Labor mendacii.
80. Dii iniqui.
Fausse piété, double péché.
922
Probable. — Qu’on voie si on recherche sincèrement Dieu par la comparaison des choses qu’on affectionne. Il est probable que cette viande ne m’empoisonnera pas ; il est probable que je ne perdrai pas mon procès en ne sollicitant pas…
Quand il serait vrai que les auteurs graves et les raisons suffiraient, je dis qu’ils ne sont ni graves ni raisonnables. Quoi ! un mari peut profiter de sa femme selon Molina ! la raison qu’il en donne est-elle raisonnable ? et la contraire de Lessius l’est-elle encore ?
Oserez-vous ainsi, vous, vous jouer des édits du roi ? ainsi en disant que ce n’est pas se battre en duel que d’aller dans un champ en attendant un homme.
Que l’Église a bien défendu le duel, mais non pas de se promener.
Et aussi l’usure, mais non…
Et la simonie, mais non…
Et la vengeance, mais non…
Et les sodomistes, mais non…
Et le quam primum, mais non…
923
Ce n’est pas l’absolution seule qui remet les péchés au sacrement de pénitence, mais la contrition, qui n’est point véritable si elle ne recherche le sacrement.
Ainsi ce n’est pas la bénédiction nuptiale qui empêche le péché dans la génération, mais le désir d’engendrer des enfants à Dieu, qui n’est point véritable que dans le mariage.
Et comme un contrit sans sacrement est plus disposé à l’absolution qu’un impénitent avec le sacrement, ainsi les filles de Loth, par exemple, qui n’avaient que le désir des enfants étaient plus pures sans mariage que les mariés sans désir d’enfants.
924
Gens sans parole, sans foi, sans honneur, sans vérité, doubles de cœur, doubles de langue et semblables comme il vous fut reproché autrefois à cet animal amphibie de la fable, qui se tenait dans un état ambigu entre les poissons et les oiseaux.
Le Port-Royal vaut bien Voltigerod.
Autant que votre procédé est juste, selon ce biais, autant il est injuste, si on regarde la piété chrétienne.
Il importe aux rois, aux princes, d’être en estime de piété ; et pour cela, il faut qu’ils se confessent à vous.
925
Examiner le motif de la censure, par les phénomènes : faire une hypothèse qui convienne à tous.
L’habit fait la doctrine.
[Vous confessez tant de gens qui ne se confessent qu’une fois l’an.]
[Je croyais qu’il y avait une opinion contre une opinion.]
[Quand on est si méchant qu’on n’en a plus aucun remords, on ne peut déplaire. Vous persécutez donc M. Arnauld sans remords.]
Je me défie de cette doctrine, car elle m’est trop douce pour la malignité qu’on dit qui est en moi.
Je me défie de leur union, vu leurs contradictions particulières. J’attendrai qu’ils s’accordent avant que de prendre parti. Pour un ami j’aurais trop d’ennemis. Je ne suis pas assez savant pour leur répondre.
[Que ne choisissiez-vous quelque grosse hérésie !]
[La gageure.]
[Je croyais bien qu’on fût damné pour n’avoir pas eu de bonnes pensées, mais pour croire que personne n’en a, cela m’est nouveau.]
[À quoi sert cela ? pour consoler les justes et sauver le désespoir ? — Non, car personne ne peut être en état de se croire juste.
[M. Chamillard serait hérétique ce qui est une fausseté manifeste —, car il a écrit pour M. Arnauld.
— Ceux qui croient bien faire en péchant.]
En l’an 1647, la grâce à tous ; en 1650, elle fut plus rare, etc.
Luther — tout hors le vrai.
S’il n’y avait point eu dans l’Église des occasions pareilles ; mais j’en crois mon curé.
Un seul dit vrai.
Si peu qu’elle incommode, ils en font d’autres (grâces), car ils en disposent comme de leur ouvrage. [À chaque occasion, chaque grâce ; à chaque personne : grâce pour les grands, grâce pour les coquins.]
Enfin M. Chamillard en est si proche, que s’il y a des degrés pour descendre dans le néant, cette grâce suffisante est maintenant au plus proche.
[Plaisant d’être hérétique pour cela !]
Il n’y a personne qui n’y fût surpris ; car on ne l’a jamais vue dans l’Écriture ni dans les Pères, etc..
Combien y a-t-il, mon père, que c’est un article de foi ? ce n’est tout au plus que depuis les mots de pouvoir prochain ; et je crois qu’en naissant il a fait cette hérésie et qu’il n’est né que pour ce seul dessein.
[La censure défend seulement de parler ainsi de saint Pierre, et rien plus.]
[Je leur ai bien de l’obligation. Ce sont d’habiles gens ; ils ont craint que les lettres qu’on écrit aux provinciaux…
Ce n’est pas la peine pour un mot.
Je pense qu’ils sont sorciers. L’on dit tout hormis le vrai. Membre — Hérétique. Unam sanctam.
Les Enluminures m’ont fait tort.
Une proposition est bonne dans un auteur et méchante dans un autre.
Oui ; mais il y a donc d’autres mauvaises propositions.
Il y a des gens qui défèrent à la censure ; d’autres aux raisons, et tous aux raisons. Je m’étonne que vous n’ayez donc pris la voie générale au lieu de la particulière ; ou du moins que vous ne l’y avez jointe.
Que je suis soulagé ! nul Français bon catholique.
Les… Clément VIII — Paul V — Censure.
Dieu nous protège visiblement.
« L’homme est bien insensé. Il ne peut faire un ciron. »
Au lieu de désirer la grâce pour y aller. Pluralité de grâces.
Traductions jansénistes.
Saint Augustin en a le plus a cause des divisions de ses amis. Outre une chose qu’on peut considérer comme une tradition sans interruption de douze mille papes, conciles, etc.
Il faut donc que M. Arnauld ait bien des mauvais sentiments pour infecter ceux qu’il embrasse.
La censure ne leur fait ce bien que quand on les censurera ; ils la combattront en disant qu’ils imitent les jansénistes.
926
Il faut ouïr les deux parties ; c’est de quoi j’ai eu soin.
Quand on n’a ouï qu’une partie on est toujours de ce côté-là ; mais l’adverse fait changer, au lieu qu’ici le Jésuite confirme.
Non ce qu’ils font, mais ce qu’ils disent.
Ce n’est que contre moi que l’on crie. Je le veux bien : je sais à qui en rendre compte.
Jésus-Christ a été pierre de scandale.
Condamnable, condamné.
Politique. — Nous avons trouvé deux obstacles au dessein de soulager les hommes : l’un, des lois intérieures, de l’Évangile ; l’autre des lois extérieures, de l’État et de la Religion. Les unes nous en sommes maîtres ; les autres, voici comme nous avons fait : amplianda, restringenda, a majori ad minus. Junior.
Probable. Si d’aussi méchantes raisons que celles-ci sont probables, tout le sera :
1re raison. Dominus actuum conjugalium. Molin.
2e raison. Non potest compensari. Less.
Opposer, non des maximes saintes, mais des abominables.
Ils raisonnent comme ceux qui montrent qu’il est nuit à midi : Bauny brûleur de granges.
… Concile de Trente pour les prêtres en péché mortel : quam primum…
927
La folle idée que vous avez de l’importance de votre Compagnie, vous a fait établir ces horribles voies. Il est bien visible que c’est ce qui vous a fait suivre celle de la calomnie, puisque vous blâmez en moi comme horribles les mêmes impostures que vous excusez en vous, parce que vous me regardez comme un particulier et vous comme Imago.
Il paraît bien que vos louanges sont des folies, par les folies comme le privilège de non damné.
Est-ce donner courage à vos enfants de les condamner quand ils servent l’Église ?
C’est un artifice de diable de divertir ailleurs les armes dont ces gens-là combattaient les hérésies.
Vous êtes mauvais politiques.
928
Diana. — [Cela nous est fort utile.] Corruption fondamentale.
11. Il est permis de ne point donner les bénéfices qui n’ont pas charge d’âmes aux plus dignes. Le concile de Trente semble dire le contraire ; mais voici comme il le prouve : Car si cela était, tous les prélats seraient en état de damnation, car ils en usent tous de la sorte.
Le roi et le pape ne sont pas obligés de choisir les plus dignes. Si cela était, le pape et les rois auraient une terrible charge.
Et ailleurs : 21. Si cette opinion n’était pas vraie, les pénitents et les confesseurs auraient bien des affaires, et c’est pourquoi j’estime qu’il faut la suivre dans la pratique. »
Et en un autre endroit, 22, où il met les conditions nécessaires pour faire qu’un péché soit mortel, il y met tant de circonstances qu’à peine pèche-t-on mortellement ; et après l’avoir établi, il s’écrie : Ô que le joug du Seigneur est doux et léger !
Et ailleurs : 11. L’on n’est pas obligé de donner l’aumône de son superflu, dans les communes nécessités des pauvres ; si le contraire était vrai, il faudrait condamner la plupart des riches et de leurs confesseurs.
Ces raisons-là m’impatientaient lorsque je dis au père : Mais qui empêche de dire qu’ils le sont ? — C’est ce qu’il a prévu aussi en ce lieu, me répondit-il, où après avoir dit : Si cela était vrai, les plus riches seraient damnés, il ajoute : 22. À cela Arragonius répond qu’ils le sont aussi ; et Baunez ajoute de plus que leurs confesseurs le sont de même. Mais je réponds avec Valentia, autre jésuite, et d’autres auteurs, qu’il y a plusieurs raisons pour excuser ces riches et leurs confesseurs.
J’étais ravi de ce raisonnement, quand il me finit par celui-ci. Si cette opinion était vraie pour la restitution, ô qu’il y aurait de restitutions à faire !
— Ô mon père, lui dis-je, la bonne raison ! — Ô ! me dit le père, que voilà un homme commode ! — Ô mon père, répondis-je, sans vos casuistes qu’il y aura de monde damné ! ô que vous rendez large la voie qui mène au ciel ! ô qu’il y a de gens qui la trouvent ! Voilà un…
929
[Et on se dispose à chasser de l’Église ceux qui refusent cet aveu. En v…] Tout le monde déclare qu’elles le sont.
M. Arnauld (et ses amis) proteste qu’il les condamne en elles-mêmes et en quelque lieu où elles se trouvent ; que si elles sont dans Jansénius, il les y condamne ; qu’alors même qu’elles n’y soient pas, si le sens hérétique de ces propositions que le pape a condamné se trouve dans Jansénius, qu’il condamne Jansénius.
Mais vous n’êtes pas satisfaits de ces protestations : vous voulez qu’il assure que ces propositions sont mot à mot dans Jansénius. Il a répondu qu’il ne peut l’assurer, ne sachant pas si cela est ; qu’il les y a cherchées et une infinité d’autres sans jamais les y trouver. Ils vous ont priés vous et tous les vôtres de citer en quelles pages elles sont ; jamais personne ne l’a fait. Et vous voulez néanmoins le retrancher de l’Église sur ce refus, quoiqu’il condamne tout ce qu’elle condamne, par cette seule raison qu’il n’assure pas que des paroles, ou un sens, est dans un livre où il ne l’a jamais trouvé, et où personne ne le lui veut montrer. En vérité, mon père, ce prétexte est si vain qu’il n’y eut peut-être jamais dans l’Église de procédé si étrange, si injuste et si téméraire que…
L’Église peut bien obliger.
Il ne faut pas être théologien pour voir que leur hérésie ne consiste qu’en l’opposition qu’ils vous font. Je l’éprouve en moi-même et on en voit l’épreuve générale en tous ceux qui vous ont attaqués : les curés de Rouen, jansénistes… de Caen.
Vous croyez vos desseins si honnêtes, que vous en faites matière de vœu.
Il y a deux ans que leur hérésie était la bulle ; l’année passée c’était intérieur ; il y a six mois que c’était totidem ; à présent c’est le sens.
Ne vois-je pas bien que vous ne voulez que les rendre hérétiques ? Saint-Sacrement. Préface. Villeloin…
Jansénius — Aurelius — Arnauld — Provinciales.
Je vous ai querellés en parlant pour les autres.
Vous êtes bien ridicules de faire du bruit pour les propositions ; ce n’est rien. Il faut qu’on l’entende.
Sans nom d’auteurs ; mais comme on savait votre dessein 70 s’opposèrent.
Dater l’arrêt.
Afin que celui que vous n’aviez pu rendre hérétique sur ses propres paroles, etc.
[Que moi j’ai démontré que tout cela est de vos auteurs jusqu’aux plus horribles.] Car tout se sait.
[N’avez-vous que cela à répondre, et que cette manière de le prouver ?]
Ou il sait que oui, ou que non, ou il doute ; ou pécheur ou hérétique.
En ne considérant que les païens.
Cette même lumière qui découvre les vérités surnaturelles, les découvre sans erreur, au lieu que la lumière que…
[Un corps de réprouvés. On ouvrirait tous les troncs de Saint-Merri sans que vous en fussiez moins innocents.]
[Aussi cela n’est pas étrange… Faux droit… Pour moi j’aimerais mieux être injustement que.]
Quelle raison en avez-vous ? vous dites que je suis janséniste, que le Port-Royal soutient les cinq propositions et qu’ainsi je les soutiens : trois mensonges.
Et je vous prie de ne venir pas me dire que ce n’est pas vous qui faites agir tout cela. Épargnez-moi la réponse. Je vous répondrais des choses qui ne plairaient ni à vous ni à d’autres.
Le pape n’a pas condamné deux choses ; il n’a condamné que le sens des propositions ; direz-vous qu’il ne l’a pas condamné ? — Mais le sens de Jansénius y est enfermé, dit le pape. — Je vois bien que le pape le pense à cause de vos totidem ; mais il ne l’a pas dit sur peine d’excommunication. Comment ne l’eût-il pas cru et les évêques de France aussi ? Vous le disiez totidem, et ils ne savaient pas que vous êtes en pouvoir de le dire encore que cela ne fut pas. Imposteurs, on n’avait pas vu ma quinzième lettre.
Comment le sens de Jansénius serait-il dans des propositions qui ne sont point de lui ?
Ou cela est dans Jansénius, ou non. Si cela y est, le voilà condamné en cela ; sinon, pourquoi le voulez-vous faire condamner ?
Que l’on condamne seulement une de vos propositions du P. Escobar, j’irai porter d’une main Escobar, de l’autre la censure, et j’en ferai un argument en forme.
930
Qu’on les a traités aussi humainement qu’il était possible de le faire pour se tenir dans le milieu entre l’amour de la vérité et le devoir de la charité. Que la piété ne consiste pas à ne s’élever jamais contre ses frères ; il serait bien facile, etc.
C’est une fausse piété de conserver la paix au préjudice de la vérité ; c’est aussi un faux zèle de conserver la vérité en blessant la charité ; aussi ils ne s’en sont pas plaints.
Leurs maximes ont leur temps et leur lieu.
Leur vanité tend à s’élever de leurs erreurs.
Conformes aux païens par leurs fautes, et aux martyrs par leur supplice.
Encore n’en désavouent-ils aucune de…
Ils n’avaient qu’à prendre l’extrait et le désavouer.
Sanctificant prælium.
Monsieur Bourseys. Pour le moins ne peuvent-ils pas désavouer qu’il s’oppose à la condamnation.
931
Casuistes. — Une aumône considérable, une pénitence raisonnable ; encore qu’on ne puisse assigner le juste, on voit bien ce qui ne l’est pas. Les casuistes sont plaisants de croire pouvoir interpréter cela comme ils font !
Gens qui s’accoutument à mal parler et à mal penser.
Leur grand nombre, loin de marquer leur perfection, marque le contraire.
L’humilité d’un seul fait l’orgueil de plusieurs.
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Sera bien condamné, qui le sera par Escobar !
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Ceux qui ont écrit cela en latin parlent en français. Le mal ayant été fait de les mettre en français, il fallait faire le bien de les condamner.
Il y a une seule hérésie qu’on explique différemment dans l’école et dans le monde.
934
Généraux. — Il ne leur suffît pas d’introduire dans nos temples de telles mœurs, templis inducere mores. Non seulement ils veulent être soufferts dans l’Église, mais comme s’ils étaient devenus les plus forts, ils en veulent chasser ceux qui n’en sont pas…
Mohatra. Ce n’est pas être théologien de s’en étonner.
Qui eût dit à vos généraux qu’un temps était si proche qu’ils donneraient ces mœurs à l’Église universelle, et appelleraient guerre le refus de ces désordres : Tot et tanta mala pacem ?
935
Les Jésuites. — Les Jésuites ont voulu joindre Dieu au monde et n’ont gagné que le mépris de Dieu et du monde. Car du côté de la conscience cela est évident, et du côté du monde ils ne sont pas de bons cabalistes. Ils ont du pouvoir, comme je l’ai dit souvent, mais c’est-à-dire à l’égard des autres religieux. Ils auront le crédit de faire bâtir une chapelle et d’avoir une station du jubilé, non de pouvoir faire avoir des évêchés, des gouvernements de places. C’est un sot poste dans le monde que celui de moines, qu’ils tiennent par leur aveu même (P. Brisacier. Bénédictins). Cependant… vous ployez sous les plus puissants que vous et vous opprimez de tout votre petit crédit ceux qui ont moins d’intrigue que vous dans le monde.
936
Il est bon qu’ils fassent des injustices de peur qu’il ne paraisse que les molinistes ont agi avec justice. Et ainsi il ne les faut pas épargner, ils sont dignes d’en commettre.
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Il faut que le monde soit bien aveugle s’il vous croit.
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Je les ai relus depuis, car je ne les avais pas… .
939
Vous ne m’accusez jamais de fausseté sur Escobar parce qu’il est connu.
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Il est indifférent au cœur de l’homme de croire trois ou quatre personnes en la Trinité ; mais non pas, etc. Et de là vient qu’ils s’échauffent pour soutenir l’un et non pas l’autre.
Il est bon de faire l’un ; mais il ne faut pas laisser l’autre. Le même Dieu qui nous a dit, etc.
Et ainsi qui ne croit que l’un, et non pas l’autre, ne le croit pas parce que Dieu l’a dit, mais parce que sa convoitise ne le désire pas et qu’il est bien aise d’y consentir et donner ainsi sans peine un témoignage de sa conscience qui lui… Mais c’est un témoignage faux.
941
Fin. — Est-on en sûreté ? Ce principe est-il sûr ? Examinons.
Témoignage de soi nul. Saint Thomas.
942
Or, la probabilité est nécessaire pour les antres maximes, comme pour celle de Lamy et [du] calomniateur.
A fructibus eorum : jugez de leur foi par leur morale.
La probabilité est peu sans les moyens corrompus, et les moyens ne sont rien sans la probabilité.
Il y a du plaisir d’avoir assurance de pouvoir bien faire et de savoir bien faire ; la grâce : scire et posse et la probabilité le donnent, car on peut rendre compte à Dieu en assurance sur leurs auteurs.
943
M. de Condren : Il n’y a point, dit-il, de comparaison de l’union des saints à celle de la Sainte Trinité. Jésus-Christ dit le contraire.
944
Il y a contradiction ; car d’un côté ils disent qu’il faut suivre la tradition et n’oseraient désavouer cela, et de l’autre ils diront ce qu’il leur plaira. On croira toujours ce premier, puisque aussi bien ce serait leur être contraire que de ne le pas croire.
945
Le jour du jugement.
C’est donc là, mon Père, ce que vous appelez le sens de Jansénius : c’est donc cela que vous faites entendre et au pape et aux évêques.
Si les jésuites étaient corrompus, et qu’il fût vrai que nous fussions seuls, à plus forte raison devrions-nous demeurer.
Quod bellum firmavit, pax ficta non auferat.
Neque benedictione, neque maledictione movetur, sicut angelus Domini.
On attaque la plus grande des vérités chrétiennes, qui est l’amour de la vérité.
Si la signature signifie cela, qu’on souffre que nous l’expliquions afin qu’il n’y ait point d’équivoque ; car il faut demeurer d’accord que plusieurs croient que signer marque consentement.
Si le rapporteur ne signait pas, l’arrêt serait invalidé ; si la bulle n’était pas signée, elle serait valable ; ce n’est donc pas…
Mais vous pouvez vous être trompé ? — Je jure que je crois que je puis m’être trompé ; mais je ne jure pas que je crois que je me suis trompé.
On n’est pas coupable de ne pas croire, et on serait coupable de jurer sans croire.
… de belles questions, il…
Je suis fâché de vous dire tout ; je ne fais qu’un récit.
Cela avec Escobar les met au haut bout ; mais ils ne le prennent pas ainsi, et témoignant le déplaisir de se voir entre Dieu et le pape.
946
Il y a tant de disproportion entre le mérite qu’il croit avoir et sa bêtise, qu’on ne saurait croire qu’il se méconnaisse si fort.
946 bis
Annat. Il fait le disciple sans ignorance et le maître sans présomption.
947
Vous abusez de la créance que le peuple a en l’Église et leur faites accroire.
948
En corrompant les évêques et la Sorbonne, s’ils n’ont pas eu l’avantage de rendre leur jugement juste, ils ont eu celui de rendre leurs juges injustes. Et ainsi quand ils en seront condamnés à l’avenir, ils diront ad hominem qu’ils sont injustes, et ainsi réfuteront leur jugement. Mais cela ne sert à rien. Car comme ils ne peuvent pas conclure que les jansénistes sont bien condamnés par cette seule raison qu’ils sont condamnés, de même ils ne pourront conclure alors qu’ils seront mal condamnés eux-mêmes, parce qu’ils le seront par des juges corruptibles. Car leur condamnation sera juste, non parce qu’elle sera donnée par des juges toujours justes, mais par des juges justes en cela ; ce qui se montrera par les autres preuves.
949
Comme la paix dans les États n’a pour objet que de conserver les biens des peuples en assurance, de même la paix dans l’Église n’a pour objet que de conserver en assurance la vérité, qui est son bien, et le trésor où est son cœur ; et comme ce serait aller contre la fin de la paix que de laisser entrer les étrangers dans un État pour le piller, sans s’y opposer, de crainte d’en troubler le repos, parce que la paix n’étant juste et utile que pour la sûreté du bien, elle devient injuste et pernicieuse quand elle le laisse perdre, et la guerre qui le peut défendre devient et juste et nécessaire ; de même dans l’Église, quand la vérité est offensée par les ennemis de la foi, quand on veut l’arracher du cœur des fidèles pour y faire régner l’erreur, de demeurer en paix alors serait-ce servir l’Église ou la trahir ? Serait-ce la défendre ou la ruiner ? Et n’est-il pas visible que comme c’est un crime de troubler la paix où la vérité règne, c’est aussi un crime de demeurer en paix, quand on détruit la vérité ? Il y a donc un temps où la paix est juste, et un autre où elle est injuste. Il est écrit qu’il y a temps de paix et temps de guerre ; et c’est l’intérêt de la vérité qui les discerne. Mais il n’y a pas temps de vérité et temps d’erreur ; et il est écrit, au contraire, que la vérité de Dieu demeure éternellement. Et c’est pourquoi Jésus-Christ, qui dit qu’il est venu apporter la paix dit aussi qu’il est venu apporter la guerre. Mais il ne dit pas qu’il est venu apporter et la vérité et le mensonge. La vérité est donc la première règle et la dernière fin des choses.
950
Après vous avoir bien tourmentés, on vous renverra chez vous.
C’est une aussi faible consolation que celle des appels comme d’abus, car un grand moyen d’abus est — outre que la plupart n’auront pas le moyen de venir du fond du Périgord et d’Anjou plaider au parlement de Paris — est qu’ils auront à toute heure des arrêts du conseil pour défendre ces appels comme d’abus.
Car encore qu’ils ne puissent obtenir ce qu’ils en demandent, cette demande ne laisse pas de faire paraître leur puissance qui est d’autant plus grande qu’elle les a portés à demander une chose si injuste qu’il est visible qu’ils ne la peuvent obtenir.
Cela ne fait donc que mieux connaître leur intention et la nécessité qu’il y a de ne pas autoriser par un enregistrement la bulle qu’ils veulent faire servir de base à ce nouvel établissement.
Ce n’est pas ici une bulle simple, mais une base.
Au sortir du palais.
121. Le pape défend au roi de marier ses enfants sans sa permission (1294).
Si volumus 124 (1302).
951
En la bulle Cum ex apostolatus officio par Paul IV, publiée en 1558 :
« Nous ordonnons, statuons, décrétons, définissons qu’un et chacun de ceux qui se trouvent être fourvoyés ou être tombés en hérésie ou schisme, et de quelque qualité et condition qu’ils soient, laïques, ecclésiastiques, évêques, archevêques, patriarches, primats, cardinaux, comtes, marquis, ducs, rois et empereurs, outre les sentences et peines susdites, soient, par cela même, sans aucun ministère de droit ou de fait, privés en tout et pour tout perpétuellement de leurs ordres, évêchés, bénéfices, offices, royaume, empire, et incapables d’y rentrer jamais.
« Délaissons iceux à la discrétion de la puissance séculière pour être punis ; n’accordons autre grâce à ceux qui poussés par une véritable pénitence reviendraient de leur erreur, sinon que, par la bénignité et clémence du Saint-Siège, ils soient estimés mériter d’être reclus en un monastère pour y faire perpétuelle pénitence au pain et à l’eau ; mais qu’ils demeurent toujours privés de toute dignité, ordre, prélature, comté, duché, royaume. Et que ceux qui les recèleront et défendront seront, par cela même, jugés excommuniés et infâmes, privés de tout royaume, duché, bien et possession qui appartiendront de droit et de propriété à ceux qui s’en saisiront les premiers.
« Si… exterminabunt justificabuntur. 23 q. 5 d’Urbain II. Non eos homicidas reputamus quod adversus excommunicatos zelo catholicæ matris ardentes aliquem eorum trucidasse contigerit. »
952
Comme les deux principaux intérêts de l’Église sont la conservation de la piété des fidèles et la conversion des hérétiques, nous sommes comblés de douleur de voir les factions qui se font aujourd’hui pour introduire les erreurs les plus capables de fermer pour jamais aux hérétiques l’entrée de notre communion et de corrompre mortellement ce qui nous reste de personnes pieuses et catholiques. Cette entreprise qu’on fait aujourd’hui si ouvertement contre les vérités de la religion et les plus importantes pour le salut, ne nous remplit pas seulement de déplaisir, mais aussi de frayeur et de crainte, parce que, outre le sentiment que tout chrétien doit avoir de ces désordres, nous avons de plus l’obligation d’y remédier et d’employer l’autorité que Dieu nous a donnée pour faire que les peuples qu’il nous a commis, etc.
953
Lettre des établissements violents des Jésuites partout.
Aveuglement surnaturel.
Cette morale qui a en tête un Dieu crucifié.
Voilà ceux qu’ils ont fait vœu d’obéir, tanquam Christo.
La décadence des Jésuites.
Notre religion qui est toute divine.
Un casuiste, miroir.
Nous sommes les…
Si vous le trouvez bon, c’est bon signe.
C’est une chose étrange qu’il n’y a pas moyen de leur donner l’idée de la religion.
Un Dieu crucifié.
En divulguant cette affaire, pour parler du formulaire, ils sont punis.
Mais quel renversement ! Les enfants aiment la corruption en l’embrassant. Leurs ennemis les abhorrent.
Pour la foule des casuistes, tant s’en faut que ce soit un sujet d’accusation contre l’Église, que c’est au contraire un sujet de gémissement de l’Église.
Et afin que nous ne soyons point suspects, comme les juifs qui portent les livres, qui ne sont point suspects aux gentils, ils nous portent leurs Constitutions.
954
Venise. Quel avantage en tirerez-vous, si du besoin qu’en ont les princes, et de l’horreur qu’en ont les peuples… ? S’ils vous avaient demandés, et que pour l’obtenir ils eussent imploré l’assistance des princes chrétiens, vous pourriez faire valoir cette recherche. Mais que durant cinquante ans tous les princes s’y soient employés inutilement, et qu’il ait fallu un aussi pressant besoin pour l’obtenir… !
955
751. Un bout de capuchon arme vingt-cinq mille moines.
956
« Avez-vous l’idée qu’il faut de notre Société ? »
L’Église a subsisté si longtemps sans ces questions. Les autres en font, mais ce n’est pas de même.
Quelle comparaison croyez-vous qu’il y ait entre vingt mille séparés et deux cent millions joints, qui périraient l’un pour l’autre ? Un corps immortel. Nous nous soutenons jusques à périr (Lamy). Nous poussons nos ennemis (M. Puys).
Rois. Pape. III, Rois, 246.
Tout dépend de la probabilité.
Le monde veut naturellement une religion, mais douce. Accordez-moi ce principe, et je vous prouverai ceci : c’est que la Société et l’Église courent même fortune. Sans ce principe on ne peut rien. On ne vit pas longtemps dans l’impiété ouverte, ni naturellement dans les grandes austérités. Une religion accommodée est propre à durer. On les cherche par libertinage.
Il me prend donc envie de vous le montrer par une étrange supposition. Je dirai donc : quand Dieu ne nous soutiendrait pas par une providence particulière pour le bien de l’Église, je veux vous montrer qu’en parlant même humainement nous n’en sommes point… Des particuliers qui ne veulent pas dominer par les armes, je ne sais s’ils pourraient mieux faire.
6. Droit et de bonne foi à la dévotion. — vi, 452 Rois nourriciers. 4 Haïs à cause de leur mérite. — Apol. Univ.
59. Décret de Sorbonne. Les rois 241, 228. Jésuites pendus. 112. La religion et la science. Jesuita omnis homo. Collèges, parents, amis, enfants à choisir,.
253. Pauvreté, ambition.
257. Principalement les princes, les grands seigneurs qui peuvent nuire et servir.
12. Inutiles rejetés. — Bonne mine. — Richesse, noblesse, etc.. Eh quoi ! aviez-vous peur qu’on manquât à les recevoir plus tôt ? 27.
Un corps universel immortel. Affirmation pour la communauté grande et sans scrupule — dangereuse.
47. Donner son bien à la Société, pour la gloire de Dieu. Décl..
51, 52. Union de sentiments. Décl. : Soumettre à la Société, et ainsi garder l’uniformité. Or aujourd’hui cette uniformité est en la diversité, car la Société le veut.
117. Const. : L’Évangile et saint Thomas. Décl. : Quelque théologie accommodante.
65. Rares savants pieux, mais aujourd’hui on change d’avis.
74, 23. Mendier.
79. Ne point donner aux parents, et s’en reposer sur les conseillers donnés par le supérieur.
1. Ne pas pratiquer l’examen. Décl.
2. Pauvreté entière : Point de messes, ni pour sermon, ni par aumône, compensation.
4. Décl. de même autorité que les Const. fin ; lire les Const. chaque mois.
143. Les Déclarations gâtent tout.
154. Ni inciter à donner des aumônes perpétuelles, ni les demander en justice, ni tronc. (Décl.). Non tanquam eleemosyna, [sed tanquam compensatio.]
200, 4. Mais avertis de tout.
190. Const. ne veut pas tromper. Décl. trompe interprétée.
Par la religion nous serions tous riches, sans nos Constitutions ; aussi nous sommes pauvres ; et, par la vraie religion et sans elles, nous sommes forts.
Clavis Placentium. Nos généraux craignaient le déchet — à cause des occupations extérieures (208, 152, 15) ; — à cause de la Cour (209, 200, 216, 218) ; — à cause qu’on ne suivait pas les opinions les plus sûres et les plus autorisées, saint Thomas, etc. (215, 218). — Stipendium contra Constit. (218). — Femmes (224, 225, 228). — Princes et politique (227, 168, 177).
Probabilité — Nouveauté (279, 156).
Nouveauté — Vérité.
Pour passer le temps et se divertir, plus que pour aider les âmes (158).
Opinions relâchées (160).
Péché mortel en véniel.
Contrition (162, 64).
Politique (162, 64).
« An licitum sit » (162, 182).
Les commodités de la vie croissent aux Jésuites (166). Biens apparents et faux qui les trompent (192, ad). Plaintes des généraux : point de saint Ignace ; point de Laynèz ; quelques-unes de Borgia et d’Aquaviva ; infinies de Mutius, etc..
Le P. Lemoine : 10 000 écus hors de sa province.
182, 157. Voyez combien la prévoyance des hommes est faible : toutes les choses d’où nos premiers généraux craignaient la perte de notre Société, c’est par là qu’elle s’est accrue, par les grands, par la contrariété à nos institutions, par la multitude des religieux, la diversité et nouveauté d’opinions, etc.
Politique (181).
Le premier esprit de la Société éteint (184 ad 189-170, 171 ad 174).
Non e piu quella (Vitelescus, 180).
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Nous-mêmes, n’avons pu avoir de maximes générales. Si vous voyez nos Constitutions, à peine nous connaîtrez-vous : elles nous font mendiants et exclus des cours — et cependant, etc. Mais ce n’est pas les enfreindre, car la gloire de Dieu partout.
Il y a diverses voies pour y arriver. Saint Ignace a pris les unes, et maintenant d’autres. Il était meilleur pour le commencement de proposer la pauvreté et la retraite ; il a été meilleur ensuite de prendre le reste. Car cela eût effrayé, de commencer par le haut : cela est contre nature.
Ce n’est pas que la règle générale ne soit qu’il faut s’en tenir aux Institutions ; car on en abuserait. On en trouverait peu comme nous, qui sachions nous élever sans vanité.
Deux obstacles : l’Évangile ; lois de l’État. — A majori ad minus. Junior. — Unam sanctam. — Les jansénistes en portent la peine.
Dieu nous protège visiblement contre les jugements téméraires et les scrupules. — Falso crimine. — Subtililer. — « Toute la vérité d’un côté, nous l’étendons aux deux. »
Le P. Saint-Jure — Escobar — « Tanto vero. » (Aquaviva. 14 déc. 1621) — Clément et Paul V — Sainte Thérèse (474) (1660) — Roman rose, etc.
Pour parler des vices personnels. — Belle lettre d’Aquaviva (18 juin 1611) contre les opinions probables. — Saint Augustin (282). — Et pour saint Thomas, les lieux où il a traité exprès les matières. — Climaque… (277). — Et Nouveautés. — Et ce n’est pas une excuse aux Supérieurs de ne l’avoir pas su, car ils le devaient savoir (279-194-192). — Pour la morale (283, 288). — Aquaquiva a confessé les femmes (360). — La Société imputée à l’Église, en bien et en mal (236, 156).
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Chapitre 14 terminé
Fragments polémiques