Chapitre 11 · 49 min de lecture
Les prophéties
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H. 5. — En voyant l’aveuglement et la misère de l’homme, en regardant tout l’univers muet, et l’homme sans lumière, abandonné à lui-même, et comme égaré dans ce recoin de l’univers, sans savoir qui l’y a mis, ce qu’il y est venu faire, ce qu’il deviendra en mourant, incapable de toute connaissance, j’entre en effroi comme un homme qu’on aurait porté endormi dans une île déserte et effroyable, s’éveillerait sans connaître [où il est], et sans moyen d’en sortir. Et sur cela j’admire comment on n’entre point en désespoir d’un si misérable état. Je vois d’autres personnes auprès de moi, d’une semblable nature : je leur demande s’ils sont mieux instruits que moi ; ils me disent que non. Et sur cela, ces misérables égarés, ayant regardé autour d’eux, et ayant vu quelques objets plaisants, s’y sont donnés et s’y sont attachés. Pour moi, je n’ai pu y prendre d’attache, et, considérant combien il y a plus d’apparence qu’il y a autre chose que ce que je vois, j’ai recherché si ce Dieu n’aurait point laissé quelque marque de soi.
Je vois plusieurs religions contraires, et partant toutes fausses, excepté une. Chacune veut être crue par sa propre autorité et menace les incrédules ; je ne les crois donc pas là-dessus. Chacun peut dire cela, chacun peut se dire prophète. Mais je vois la chrétienne où je trouve des prophéties, et c’est ce que chacun ne peut pas faire.
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Et ce qui couronne tout cela est la prédiction, afin qu’on ne dît point que c’est le hasard qui l’a faite.
Quiconque n’ayant plus que huit jours à vivre ne trouvera pas que le parti est de croire que tout cela n’est pas un coup du hasard…
Or, si les passions ne nous tenaient point, huit jours et cent ans sont une même chose.
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Prophéties. — Le grand Pan est mort.
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Susceperunt verbum cum omni aviditate, scrutantes Scripturas, si ita se haberent.
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Prodita lege. — Impleta cerne. — Implenda collige.
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On n’entend les prophéties que quand on voit les choses arrivées : ainsi les preuves de la retraite, et de la discrétion, du silence, etc., ne se prouvent qu’à ceux qui les savent et les croient.
Joseph si intérieur dans une loi tout extérieure.
Les pénitences extérieures disposent à l’intérieure, comme les humiliations à l’humilité. Ainsi les…
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La synagogue a précédé l’Église ; les Juifs, les Chrétiens. Les prophètes ont prédit les Chrétiens ; saint Jehan, Jésus-Christ.
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Beau de voir par les yeux de la foi l’histoire d’Hérode, de César.
701
Le zèle des Juifs pour leur loi et leur temple : Josèphe, et Philon Juif ad Caïum. Quel autre peuple a un tel zèle ? il fallait qu’ils l’eussent.
Jésus-Christ prédit quant au temps et à l’état du monde : le duc ôté de la cuisse et la quatrième monarchie. Qu’on est heureux d’avoir cette lumière dans cette obscurité.
Qu’il est beau de voir, par les yeux de la foi, Darius et Cyrus, Alexandre, les Romains, Pompée et Hérode agir, sans le savoir, pour la gloire de l’Évangile !
702
Zèle du peuple juif pour sa loi, et principalement depuis qu’il n’y a plus eu de prophètes.
703
Tandis que les prophètes ont été pour maintenir la loi, le peuple a été négligent ; mais depuis qu’il n’y a plus eu de prophètes, le zèle a succédé.
704
Le diable a troublé le zèle des Juifs avant Jésus-Christ parce qu’il leur eût été salutaire, mais non pas après.
Le peuple juif, moqué des Gentils ; le peuple chrétien, persécuté.
705
Preuve. — Prophéties avec l’accomplissement : ce qui a précédé et ce qui a suivi Jésus-Christ.
706
La plus grande des preuves de Jésus-Christ sont les prophéties ; c’est aussi à quoi Dieu a le plus pourvu, car l’événement qui les a remplies est un miracle subsistant depuis la naissance de l’Église jusques à la fin. Aussi Dieu a suscité des prophéties durant seize cents ans ; et, pendant quatre cents ans après, il a dispersé toutes ces prophéties, avec tous les Juifs qui les portaient, dans tous les lieux du monde. Voilà quelle a été la préparation à la naissance de Jésus-Christ, dont l’Évangile devant être cru de tout le monde, il a fallu non seulement qu’il y ait eu des prophéties pour le faire croire, mais que ces prophéties fussent par tout le monde, pour le faire embrasser par tout le monde.
707
Mais ce n’était pas assez que les prophéties fussent ; il fallait qu’elles fussent distribuées par tous les lieux et conservées dans tous les temps. Et afin qu’on ne prît point ce concert pour un effet du hasard, il fallait que cela fût prédit.
Il est bien plus glorieux au Messie qu’ils soient les spectateurs, et même les instruments de sa gloire, outre que Dieu les a réservés.
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Prophéties. — Le temps prédit par l’état du peuple juif, par l’état du peuple païen, par l’état du temple, par le nombre des années.
709
Il faut être hardi pour prédire une même chose en tant de manières : il fallait que les quatre monarchies, idolâtres ou païennes, la fin du règne de Juda, et les soixante-dix semaines arrivassent en même temps, et le tout avant que le deuxième temple fût détruit.
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Prophéties. — Quand un seul homme aurait fait un livre des prédictions de Jésus-Christ, pour le temps et pour la manière, et que Jésus-Christ serait venu conformément à ces prophéties, ce serait une force infinie.
Mais il y a bien plus ici, c’est une suite d’hommes, durant quatre mille ans, qui, constamment et sans variation, viennent, l’un ensuite de l’autre, prédire ce même avènement. C’est un peuple tout entier qui l’annonce, et qui subsiste depuis quatre mille années, pour rendre en corps témoignage des assurances qu’ils en ont, et dont ils ne peuvent être divertis par quelques menaces et persécutions qu’on leur fasse : ceci est tout autrement considérable.
711
Prédictions des choses particulières. — Ils étaient étrangers en Égypte, sans aucune possession en propre, ni en ce pays là ni ailleurs. [Il n’y avait pas la moindre apparence ni de la royauté qui y a été si longtemps après, ni de ce conseil souverain des soixante-dix juges qu’ils appelaient le synédrin qui, ayant été institué par Moïse, a duré jusqu’au temps de Jésus-Christ : toutes ces choses étaient aussi éloignées de leur état présent qu’elles le pouvaient être] lorsque Jacob mourant, et bénissant ses douze enfants, leur déclare qu’ils seront possesseurs d’une grande terre, et prédit particulièrement à la famille de Juda que les rois qui les gouverneraient un jour seraient de sa race et que tous ses frères seraient ses sujets [et que même le Messie qui devait être l’attente des nations naîtrait de lui et que la royauté ne serait point ôtée de Juda, ni le gouverneur et le législateur de ses descendants, jusqu’à ce que ce Messie attendu arrivât dans sa famille].
Ce même Jacob, disposant de cette terre future comme s’il en eût été maître, en donna une portion à Joseph plus qu’aux autres : Je vous donne, dit-il, une part plus qu’à vos frères. Et bénissant ses deux enfants, Éphraïm et Manassé, que Joseph lui avait présentés, l’aîné, Manassé, à sa droite, et le jeune Éphraïm à sa gauche, il met ses bras en croix, et posant sa main droite sur la tête d’Éphraïm, et la gauche sur Manassé, il les bénit en [la] sorte ; et sur ce que Joseph lui représente qu’il préfère le jeune, il lui répond avec une fermeté admirable : « Je le sais bien, mon fils, je le sais bien ; mais Éphraïm croîtra autrement que Manassé ». Ce qui a été en effet si véritable dans la suite, qu’étant seul presque aussi abondant que deux lignées entières qui composaient tout un royaume, elles ont été ordinairement appelées du seul nom d’Éphraïm.
Ce même Joseph, en mourant, recommande à ses enfants d’emporter ses os avec eux quand ils iront en cette terre, où ils ne furent que deux cents ans après.
Moïse, qui a écrit toutes ces choses si longtemps avant qu’elles fussent arrivées, a fait lui-même à chaque famille les partages de cette terre avant que d’y entrer, comme s’il en eut été maître [et déclare enfin que Dieu doit susciter de leur nation et de leur race un prophète, dont il a été la figure, et leur prédit exactement tout ce qui leur devait arriver dans la terre où ils allaient entrer après sa mort, les victoires que Dieu leur donnera, leur ingratitude envers Dieu, les punitions qu’ils en recevront et le reste de leurs aventures]. Il leur donne les arbitres qui en feront le partage, il leur prescrit toute la forme du gouvernement politique qu’ils y observeront, les villes de refuge qu’ils y bâtiront, et…
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Les prophéties mêlées des choses particulières, et de celles du Messie, afin que les prophéties du Messie ne fussent pas sans preuves, et que les prophéties particulières ne fussent pas sans fruit.
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Captivité des Juifs sans retour. Jér. xi, 11 : « Je ferai venir sur Juda des maux desquels ils ne pourront être délivrés. »
Figures. — Is. v : « Le Seigneur a eu une vigne dont il a attendu des raisins, et elle n’a produit que du verjus. Je la dissiperai donc et la détruirai ; la terre n’en produira que des épines, et je défendrai au ciel d’y [pleuvoir]. La vigne du Seigneur est la maison d’Israël, et les hommes de Juda en sont le germe délectable. J’ai attendu qu’ils fissent des actions de justice, et ils ne produisent qu’iniquités. »
Is. viii : « Sanctifiez le Seigneur avec crainte et tremblement ; ne redoutez que lui, et il vous sera en sanctification ; mais il sera en pierre de scandale et en pierre d’achoppement aux deux maisons d’Israël. Il sera en piège et en ruine au peuple de Jérusalem ; et un grand nombre d’entre eux heurteront cette pierre, y tomberont, y seront brisés, et seront pris à ce piège, et y périront. Voilez mes paroles, et couvrez ma loi pour mes disciples.
« J’attendrai donc en patience le Seigneur qui se voile et se cache à la maison de Jacob. »
Is. xxix : « Soyez confus et surpris, peuple d’Israël ; chancelez, trébuchez et soyez ivres, mais non pas d’une ivresse de vin ; trébuchez, mais non pas d’ivresse, car Dieu vous a préparé l’esprit d’assoupissement : il vous voilera vos yeux, il obscurcira vos princes et vos prophètes qui ont les visions ».
(Daniel, xii : « Les méchants ne l’entendront point, mais ceux qui seront bien instruits l’entendront. » Osée, dernier chapitre, dernier verset, après bien des bénédictions temporelles, dit : « Où est le sage ? et il entendra ces choses ; » etc.) Et les visions de tous les prophètes seront à votre égard comme un livre scellé, lequel si on donne à un homme savant, et qui le puisse lire, il répondra : Je ne puis le lire, car il est scellé ; et quand on le donnera à ceux qui ne savent pas lire, ils diront : Je ne connais pas les lettres.
Et le Seigneur m’a dit : Parce que ce peuple m’honore des lèvres, mais que son cœur est bien loin de moi (en voilà la raison et la cause ; car s’ils adoraient Dieu de cœur, ils entendraient les prophéties), et qu’ils ne m’ont servi que par des voies humaines : c’est pour cette raison que j’ajouterai à tout le reste d’amener sur ce peuple une merveille étonnante, et un prodige grand et terrible ; c’est que la sagesse de ses sages périra, et leur intelligence en sera [obscurcie].
Prophéties. Preuves de divinité. — Is. xli : « Si vous êtes des dieux, approchez, annoncez-nous les choses futures, nous inclinerons notre cœur à vos paroles. Apprenez-nous les choses qui ont été au commencement, et prophétisez-nous celles qui doivent arriver.
« Par là nous saurons que vous êtes des dieux. Faites-le bien ou mal, si vous pouvez. Voyons donc et raisonnons ensemble. Mais vous n’êtes rien, vous n’êtes qu’abominations ; etc. Qui d’entre vous nous<ref[Annonce.]></ref> instruit (par des auteurs contemporains) des choses faites dès le commencement et l’origine ? afin que nous lui disions : Vous êtes le juste. — Il n’y en a aucun qui nous apprenne, ni qui prédise l’avenir. »
Is. xlii : « Moi qui suis le Seigneur je ne communique pas ma gloire à d’autres. C’est moi qui ai fait prédire les choses qui sont arrivées, et qui prédis encore celles qui sont à venir. Chantez en un cantique nouveau à Dieu par toute la terre.
« Amène ici ce peuple qui a des yeux et qui ne voit pas, qui a des oreilles et qui est sourd. Que les nations s’assemblent toutes. Qui d’entre elles, — et leurs dieux, — vous instruira des choses passées et futures ? Qu’elles produisent leurs témoins pour leur justification ; ou qu’elles m’écoutent, et confessent que la vérité est ici.
« Vous êtes mes témoins, dit le Seigneur, vous et mon serviteur que j’ai élu, afin que vous me connaissiez, et que vous croyiez que c’est moi qui suis.
« J’ai prédit, j’ai sauvé, j’ai fait moi seul ces merveilles à vos yeux ; vous êtes mes témoins de ma divinité, dit le Seigneur.
« C’est moi qui pour l’amour de vous ai brisé les forces des Babyloniens ; c’est moi qui vous ai sanctifiés et qui vous ai créés.
« C’est moi qui vous ai fait passer au milieu des eaux et de la mer et des torrents, et qui ai submergé et détruit pour jamais les puissants ennemis qui vous ont résisté.
« Mais perdez la mémoire de ces anciens bienfaits, et ne jetez plus les yeux vers les choses passées.
« Voici, je prépare de nouvelles choses qui vont bientôt paraître, vous les connaîtrez : je rendrai les déserts habitables et délicieux.
« Je me suis formé ce peuple, je l’ai établi pour annoncer mes louanges, etc.
« Mais c’est pour moi-même que j’effacerai vos péchés et que j’oublierai vos crimes : car (pour vous repasser en votre mémoire vos ingratitudes, pour voir si vous avez de quoi vous justifier), votre premier père a péché, et vos docteurs ont tous été des prévaricateurs. »
Is., xliv : « Je suis le premier et le dernier, dit le Seigneur ; qui s’égalera à moi, qu’il raconte l’ordre des choses depuis que j’ai formé les premiers peuples, et qu’il annonce les choses qui doivent arriver. Ne craignez rien ; ne vous ai-je pas fait entendre toutes ces choses ? Vous êtes mes témoins. »
Prédiction de Cyrus. — Is. xlv, 4 : « À cause de Jacob que j’ai élu, je t’ai appelé par ton nom. »
Is. xlv, 21 : « Venez et disputons ensemble. Qui a fait entendre les choses depuis le commencement ? Qui a prédit les choses dès lors ? N’est-ce pas moi, qui suis le Seigneur ?
Is. xlvi : « Ressouvenez-vous des premiers siècles, et connaissez qu’il n’y a rien de semblable à moi, qui annonce dès le commencement les choses qui doivent arriver à la fin, et déjà en l’origine du monde. Mes décrets subsisteront, et toutes mes volontés seront accomplies.
Is. xlii, 9 : « Les premières choses sont arrivées comme elles avaient été prédites ; et voici maintenant, j’en prédis de nouvelles et vous les annonce avant qu’elles soient arrivées.
Is. xlviii, 3 : « J’ai fait prédire les premières, et je les ai accomplies ensuite ; et elles sont arrivées en la manière que j’avais dit, parce que je sais que vous êtes dur, que votre esprit est rebelle et votre front impudent ; c’est pourquoi je les ai voulu annoncer avant l’événement, afin que vous ne puissiez pas dire que ce fût l’ouvrage de vos dieux et l’effet de leur ordre.
« Vous voyez arrivé ce qui a été prédit ; ne le raconterez-vous pas ? Maintenant je vous annonce des choses nouvelles, que je conserve en ma puissance, et que vous n’avez pas encore sues ; ce n’est que maintenant que je les prépare, et non pas depuis longtemps : je vous les ai tenues cachées de peur que vous ne vous vantassiez de les avoir prévues par vous-mêmes.
« Car vous n’en avez aucune connaissance, et personne ne vous en a parlé, et vos oreilles n’en ont rien ouï ; car je vous connais, et je sais que vous êtes plein de prévarication, et je vous ai donné le nom de prévaricateurs dès les premiers temps de votre origine.
Is. lxv : Réprobation des Juifs et conversion des Gentils. — « Ceux-là m’ont cherché qui ne me consultaient point. Ceux-là m’ont trouvé qui ne me cherchaient point. J’ai dit : Me voici, me voici, — au peuple qui n’invoquait pas mon nom.
« J’ai étendu mes mains tout le jour au peuple incrédule qui suit ses désirs et qui marche dans une voie mauvaise, à ce peuple qui me provoque sans cesse par les crimes qu’il commet en ma présence, qui s’est emporté à sacrifier aux idoles, etc.
« Ceux-là seront dissipés en fumée au jour de ma fureur, etc.
« J’assemblerai les iniquités de vous et de vos pères, et vous rendrai à tous selon vos œuvres.
« Le Seigneur dit ainsi : Pour l’amour de mes serviteurs, je ne perdrai tout Israël, mais j’en réserverai quelques-uns, de même qu’on réserve un grain resté dans une grappe, duquel on dit : Ne l’arrachez pas, parce que c’est bénédiction.
« Ainsi j’en prendrai de Jacob et de Juda pour posséder mes montagnes, que mes élus et mes serviteurs avaient en héritage, et mes campagnes fertiles et admirablement abondantes ; mais j’exterminerai tous les autres, parce que vous avez oublié voire Dieu pour servir des dieux étrangers. Je vous ai appelés et vous n’avez pas répondu ; j’ai parlé et vous n’avez pas ouï, et vous avez choisi [des] choses que j’avais défendues.
« C’est pour cela que le Seigneur dit ces choses : Voici : mes serviteurs seront rassasiés, et vous languirez de faim ; mes serviteurs seront dans la joie, et vous dans la confusion ; mes serviteurs chanteront des cantiques de l’abondance de la joie de leur cœur, et vous pousserez des cris et des hurlements de l’affliction de votre esprit.
« Et vous laisserez votre nom en abomination à mes élus. Le Seigneur vous exterminera, et nommera ses serviteurs d’un autre nom dans lequel celui qui sera béni sur la terre sera béni en Dieu, etc., parce que les premières douleurs sont mises en oubli.
« Car voici : je crée de nouveaux cieux et une nouvelle terre, et les choses passées ne seront plus en mémoire et ne viendront plus en la pensée.
« Mais vous vous réjouirez à jamais dans les choses nouvelles que je crée, car je crée Jérusalem qui n’est autre chose que joie, et son peuple réjouissance.
« Et je me plairai en Jérusalem et en mon peuple, et on n’y entendra plus de cris et de pleurs.
« Je l’exaucerai avant qu’il demande ; je les ouïrai quand ils ne feront que commencer à parler. Le loup et l’agneau paîtront ensemble, le lion et le bœuf mangeront la même paille ; le serpent ne mangera que la poussière, et on ne commettra plus d’homicide ni de violence en toute ma sainte montagne.
Is. lvi : « Le Seigneur dit ces choses : Soyez justes et droits, car mon salut est proche, et ma justice va être révélée.
« Bienheureux est celui qui fait ces choses et qui observe mon sabbat, et garde ses mains de commettre aucun mal.
« Et que les étrangers qui s’attachent à moi ne disent point : Dieu me séparera d’avec son peuple ; car le Seigneur dit ces choses : Quiconque gardera mon sabbat, et choisira de faire mes volontés, et gardera mon alliance, je leur donnerai place dans ma maison, et je leur donnerai un nom meilleur que celui que j’ai donné à mes enfants : ce sera un nom éternel qui ne périra jamais.
« C’est pour nos crimes que la justice s’est éloignée de nous. Nous avons attendu la lumière et nous ne trouvons que les ténèbres ; nous avons espéré la clarté et nous marchons dans l’obscurité ; nous avons tâté contre la muraille comme des aveugles et nous avons heurté en plein midi comme au milieu d’une nuit, et comme des morts en des lieux ténébreux.
« Nous rugirons tous comme des ours, nous gémirons comme des colombes. Nous avons attendu la justice, et elle ne vient point : nous avons espéré le salut, et il s’éloigne de nous.
Is. lxvi, 18 : « Mais je visiterai leurs œuvres et leurs pensées quand je viendrai pour les assembler avec toutes les nations et les peuples, et ils verront ma gloire.
« Et je leur imposerai un signe, et de ceux qui seront sauvés j’en enverrai aux nations, en Afrique, en Lydie, en Italie, en Grèce, et aux peuples qui n’ont point ouï parler de moi, et qui n’ont point vu ma gloire. Et ils amèneront vos frères. »
Jér. vii. Réprobation du temple : « Allez en Silo, où j’avais établi mon nom au commencement, et voyez ce que j’y ai fait à cause des péchés de mon peuple. Et maintenant, dit le Seigneur, parce que vous avez fait les mêmes crimes, je ferai de ce temple où mon nom est invoqué, sur lequel vous vous confiez, et que j’ai moi-même donné à vos prêtres, la même chose que j’ai faite de Silo. (Car je l’ai rejeté, et je me suis fait un temple ailleurs.)
« Et je vous rejetterai loin de moi, de la même manière que j’ai rejeté vos frères les enfants d’Éphraïm, (Rejetés sans retour.) Ne priez donc point pour ce peuple.
Jér. vii, 22 : « À quoi vous sert-il d’ajouter sacrifice sur sacrifice ? Quand je retirai vos pères hors d’Égypte, je ne leur parlai pas des sacrifices et des holocaustes ; je ne leur en donnai aucun ordre, et le précepte que je leur ai donné a été en cette sorte : Soyez obéissants et fidèles à mes commandements, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple. (Ce ne fut qu’après qu’ils eurent sacrifié au veau d’or que je me donnai des sacrifices pour tourner en bien une mauvaise coutume.)
Jér. vii, 4 : « N’ayez point confiance aux paroles de mensonge de ceux qui vous disent : Le temple du Seigneur, le temple du Seigneur, le temple du Seigneur sont. »
713 bis
Sophonie, III, 9 : « Je donnerai mes paroles aux Gentils, afin que tous me servent d’une seule épaule. » — Ézéchiel, XXXVII, 25 : « David mon serviteur sera éternellement prince sur eux, » — Exode, IV, 22 : « Israël est mon fils premier-né. »
714
Juifs témoins de Dieu. Is. xliii, 9 ; xliv, 8.
Prophéties accomplies. — III. R. xiii, 2. — IV. R. xxiii, 16. — Jos. VI, xxvi. — III. R. xvi, 34. — Deut. xxiii.
Malach. I, 11. Le sacrifice des Juifs réprouvé, et le sacrifice des païens (même hors de Jérusalem), et en tous les lieux.
Moïse prédit la vocation des Gentils avant que de mourir, xxxii, 21 et la réprobation des Juifs.
Moïse prédit ce qui doit arriver à chaque tribu.
Prophétie. — « Votre nom sera en exécration à mes élus et je leur donnerai un autre nom. »
« Endurcis leur cœur » et comment ? en flattant leur concupiscence et leur faisant espérer de l’accomplir.
715
Prophéties. — Amos et Zacharie : Ils ont vendu le juste, et pour cela ne seront jamais rappelés. — Jésus-Christ trahi.
On n’aura plus mémoire d’Égypte ; Voyez Is. xliii, 16, 17, 18, 19. Jérém. xxiii, 6, 7.
Prophéties. — Les Juifs seront répandus partout. Is. xxvii, 6. — Loi nouvelle. Jér. xxxi, 32.
Malachie, Grotius. Le deuxième temple glorieux. — Jésus-Christ y viendra. Agg. ii, 7, 8, 9, 10.
Vocation des Gentils. Joël. ii, 28. Osée. ii, 34. Deut. xxxii, 21. Mal. i, 11.
716
Osée iii. — Is. xlii, xlviii : « Je l’ai prédit depuis longtemps afin qu’on sût que c’est moi. » liv, lx, dernier : Jaddus à Alexandre.
717
[Prophéties. — Serment que David aura toujours des successeurs. Jér..]
718
Le règne éternel de la race de David, II Chron., par toutes les prophéties, et avec serment. Et n’est point accompli temporellement : Jérém. xxiii, 20.
719
On pourrait peut-être penser que, quand les prophètes ont prédit que le sceptre ne sortirait point de Juda jusqu’au roi éternel, ils auraient parlé pour flatter le peuple, et que leur prophétie se serait trouvée fausse à Hérode. Mais pour montrer que ce n’est pas leur sens, et qu’ils savaient bien au contraire que ce royaume temporel devait cesser, ils disent qu’ils seront sans roi et sans prince et longtemps durant. Osée.
720
Non habemus regem nisi Cæsarem. Donc Jésus-Christ était le Messie, puisqu’ils n’avaient plus de roi qu’un étranger, et qu’ils n’en voulaient point d’autre.
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« Nous n’avons point de roi que César ».
722
« Daniel, ii. Tous vos devins et vos sages ne peuvent vous découvrir le mystère que vous demandez. Mais il y a un Dieu au ciel, qui le peut, et qui vous a révélé dans votre songe les choses qui doivent arriver dans les derniers temps. (Il fallait que ce songe lui tînt bien au cœur.)
« Et ce n’est point par ma propre science que j’ai eu la connaissance de ce secret, mais par la révélation de ce même Dieu, qui me l’a découverte pour la rendre manifeste en votre présence.
« Votre songe était donc de cette sorte. Vous avez vu une statue grande, haute et terrible, qui se tenait debout devant vous : la tête en était d’or ; la poitrine et les bras étaient d’argent ; le ventre et les cuisses étaient d’airain ; et les jambes étaient de fer, mais les pieds étaient mêlés de fer et de terre (argile). Vous la contempliez toujours en cette sorte, jusqu’à ce que la pierre taillée sans mains a frappé la statue par les pieds mêlés de fer et de terre et les a écrasés.
« Et alors s’en sont allés en poussière et le fer, et la terre, et l’airain, et l’argent, et l’or, et se sont dissipés en l’air ; mais cette pierre, qui a frappé la statue, est crue en une grande montagne, et elle a rempli toute la terre. Voilà quel a été votre songe, et maintenant je vous en donnerai l’interprétation.
« Vous qui êtes le plus grand des rois et à qui Dieu a donné une puissance si étendue que vous êtes redoutable à tous les peuples, vous êtes représenté par la tête d’or de la statue que vous avez vue. Mais un autre empire succédera au vôtre, qui ne sera pas si puissant ; et ensuite il en viendra un autre, d’airain, qui s’étendra par tout le monde.
« Mais le quatrième sera fort comme le fer ; et, de même que le fer brise et perce toutes choses, de même cet empire brisera et écrasera tout.
« Et ce que vous avez vu que les pieds et les extrémités des pieds étaient composés en partie de terre et en partie de fer, cela marque que cet empire sera divisé, et qu’il tiendra en partie de la fermeté du fer et en partie de la fragilité de la terre.
« Mais comme le fer ne peut s’allier solidement avec la terre, de même ceux qui sont représentés par le fer et par la terre ne pourront faire d’alliance durable quoiqu’ils s’unissent par des mariages.
« Or ce sera dans le temps de ces monarques, que Dieu suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, ni jamais transporté à un autre peuple. Il dissipera et finira tous les autres empires ; mais, pour lui, il subsistera éternellement selon ce qui vous a été révélé de cette pierre, qui n’étant pas taillée de main est tombée de la montagne et a brisé le fer, la terre et l’argent et l’or. Voilà ce que Dieu vous a découvert des choses qui doivent arriver dans la suite des temps. Ce songe est véritable ; et l’interprétation en est fidèle.
« Lors Nabuchodonosor tomba le visage contre terre, etc.
Daniel, viii. « Daniel ayant vu le combat du bélier et du bouc qui le vainquit, et qui domina sur la terre, duquel la principale corne étant tombée, quatre autres en étaient sorties vers les quatre vents du ciel ; de l’une desquelles était sortie une petite corne qui s’agrandit vers le Midi, vers l’Orient et vers la terre d’Israël, et s’éleva contre l’armée du ciel, en renversa des étoiles, et les foula aux pieds et enfin abattit le Prince, et fit cesser le sacrifice perpétuel et mit en désolation le sanctuaire.
« Voilà ce que vit Daniel. Il en demandait l’explication, et une voix cria en cette sorte : Gabriel, faites-lui entendre la vision qu’il a eue, — et Gabriel lui dit : Le bélier que vous avez vu est le roi des Mèdes et des Perses ; et le bouc est le roi des Grecs, et la grande corne qu’il avait entre les yeux est le premier Roi de cette monarchie.
« Et ce que, cette corne étant rompue, quatre autres sont venus en la place, c’est que quatre rois de cette nation lui succéderont, mais non pas en la même puissance.
« Or, sur le déclin de ces royaumes, les iniquités étant accrues, il s’élèvera un roi insolent et fort, mais d’une puissance empruntée, auquel toutes choses succéderont à son gré ; et il mettra en désolation le peuple saint, et réussissant dans ses entreprises avec un esprit double et trompeur, il en tuera plusieurs, et s’élèvera enfin contre le prince des princes, mais il périra malheureusement, et non pas néanmoins par une main violente. »
Daniel, ix, 20. « Comme je priais Dieu de tout cœur, et qu’en confessant mon péché et celui de tout mon peuple, j’étais prosterné devant mon Dieu, voici que Gabriel, lequel j’avais vu en vision dès le commencement, vint à moi et me toucha, au temps du sacrifice du vêpre, et, me donnant l’intelligence, me dit : Daniel, je suis venu à vous pour vous ouvrir la connaissance des choses. Dès le commencement de vos prières, je suis venu pour vous découvrir ce que vous désirez, parce que vous êtes l’homme de désirs. Entendez donc la parole, et entrez dans l’intelligence de la vision. Septante semaines sont prescrites et déterminées sur votre peuple et sur votre sainte cité, pour expier les crimes, pour mettre fin aux péchés et abolir l’iniquité et pour introduire la justice éternelle, pour accomplir les visions et les prophéties et pour oindre le saint des saints. » (Après quoi ce peuple ne sera plus votre peuple, ni cette cité la sainte cité. Le temps de colère sera passé, les ans de grâce viendront pour jamais).
« Sachez donc et entendez. Depuis que la parole sortira pour rétablir et réédifier Jérusalem, jusqu’au prince Messie, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines. (Les Hébreux ont accoutumé de diviser les nombres et de mettre le petit le premier ; ces 7 et 62 font donc 69 : de ces 70 il en restera donc la 70e, c’est-à-dire les sept dernières années, dont il parlera ensuite.)
« Après que la place et les murs seront édifiés dans un temps de trouble et d’affliction, et après ces soixante-deux semaines (qui auront suivi les 7 premières. Le Christ sera donc tué après les 69 semaines, c’est-à-dire en la dernière semaine), le Christ sera tué, et un peuple viendra avec son prince, qui détruira la ville et le sanctuaire, et inondera tout ; et la fin de cette guerre consommera la désolation ».
« Or une semaine (qui est la 70e qui reste) établira l’alliance avec plusieurs, et même la moitié de la semaine (c’est-à-dire les derniers trois ans et demi) abolira le sacrifice et l’hostie, et rendra étonnante l’étendue de l’abomination, qui se répandra et durera sur ceux-mêmes qui s’en étonneront jusqu’à la consommation. »
Daniel, xi. « L’ange dit à Daniel : Il y aura (après Cyrus, sous lequel ceci est encore) encore trois rois de Perse (Cambyses, Smerdis, Darius), et le quatrième (Xercès) qui viendra ensuite sera plus puissant en richesses et en forces, et élèvera tous ses peuples contre les Grecs.
« Mais il s’élèvera un puissant roi (Alexandre), dont l’empire aura une étendue extrême, et qui réussira en toutes ses entreprises selon son désir. Mais, quand sa monarchie sera établie, elle périra et sera divisée en quatre parties vers les quatre vents du ciel (comme il avait dit auparavant, vii, 6 ; viii, 8), mais non pas à des personnes de sa race ; et ses successeurs n’égaleront point sa puissance, car même son royaume sera dispersé à d’autres outre ceux-ci (ces quatre principaux successeurs).
« Et celui de ses successeurs qui régnera vers le Midi (Égypte : Ptolemeus, fils de Lagus) deviendra puissant ; mais un autre le surmontera et son État sera un grand État (Séleucus, roi de Syrie. Appianus dit que c’est le plus paissant des successeurs d’Alexandre).
« Et dans la suite des années, ils s’allieront ; et la fille du roi du Midi (Bérénice, fille de Ptolemeus Philadelphos, fils de l’autre Ptolemeus) viendra au roi d’Aquilon (à Antiochus Deus, roi de Syrie et d’Asie, neveu de Séleucus Lagidas), pour établir la paix entre ces princes.
« Mais ni elle ni ses descendants n’auront pas une longue autorité ; car elle et ceux qui l’avaient envoyée, et ses enfants, et ses amis, seront livrés à la mort (Bérénice et son fils furent tués par Séleucus Callinicus).
« Mais il s’élèvera un rejeton de ses racines (Ptolemeus Evergetes naîtra du même père que Bérénice), qui viendra avec une puissante armée dans les terres du roi d’Aquilon, où il mettra tout sous sa sujétion et, emmènera en Égypte leurs dieux, leurs princes, leur or, leur argent et toutes leurs plus précieuses dépouilles (s’il n’eût pas été rappelé en Égypte par des raisons domestiques, il aurait entièrement dépouillé Séleucus, dit Justin) ; et sera quelques années sans que le roi d’Aquilon puisse rien contre lui.
« Et ainsi il reviendra en son royaume ; mais les enfants de l’autre (Séleucus Ceraunus, Antiochus Magnus) irrités, assembleront de grandes forces. Et leur armée viendra et ravagera tout ; dont le roi du Midi (Ptolemeus Philopator), étant irrité, formera aussi un grand corps d’armée, et livrera bataille (contre Antiochus Magnus, à Raphia), et vaincra ; et ses troupes en deviendront insolentes, et son cœur s’en enflera (ce Ptolemeus profana le temple, Josèphe) : il vaincra des milliers d’hommes, mais sa victoire ne sera pas ferme. Car le roi d’Aquilon (Antiochus Magnus) viendra avec encore plus de forces que la première fois, et alors aussi un grand nombre d’ennemis s’élèvera contre le roi du Midi (le jeune Ptolemeus Épiphanes régnant), et même des hommes apostats, violents, de ton peuple, s’élèveront afin que les visions soient accomplies, et ils périront (ceux qui avaient quitté leur religion pour plaire à Evergetes quand il envoya ses troupes à Scopas, car Antiochus reprendra Scopas et les vaincra). Et le roi d’Aquilon détruira les remparts, et les villes les mieux fortifiées, et toute la force du Midi ne pourra lui résister, et tout cédera à sa volonté ; il s’arrêtera dans la terre d’Israël, et elle lui cédera. Et ainsi il pensera à se rendre maître de tout l’empire d’Égypte (méprisant la jeunesse d’Épiphanes, dit Justin). Et pour cela il fera alliance avec lui et lui donnera sa fille (Cléopâtre, afin qu’elle trahît son mari ; sur quoi Appianus dit que se défiant de pouvoir se rendre maître d’Égypte par force, à cause de la protection des Romains, il voulut l’attenter par finesse). Il la voudra corrompre, mais elle ne suivra pas son intention ; ainsi il se jettera à d’autres desseins et pensera à se rendre maître de quelques îles (c’est-à-dire lieux maritimes), et il en prendra plusieurs (comme dit Appianus).
« Mais un grand chef s’opposera à ses conquêtes et arrêtera la honte qui lui en reviendrait (Scipion l’Africain, qui arrêta les progrès d’Antiochus Magnus, à cause qu’il offensait les Romains en la personne de leurs alliés). Il retournera donc dans son royaume, et y périra, et ne sera plus (il fut tué par les siens).
« Et celui qui lui succédera (Seleucus Philopator ou Soter, fils d’Antiochus Magnus), sera un tyran, qui affligera d’impôts la gloire du royaume (qui est le peuple) ; mais, en peu de temps, il mourra, mais non par sédition ni par guerre. Et il succédera à sa place un homme méprisable et indigne des honneurs de la royauté, qui s’y introduira adroitement et par caresses. Toutes les armées fléchiront devant lui, il les vaincra et même le prince avec qui il avait fait alliance ; car ayant renouvelé l’alliance avec lui, il le trompera, et, venant avec peu de troupes dans ses provinces calmes et sans crainte, il prendra les meilleures places, et fera plus que ses pères n’avaient jamais fait, et ravageant de toutes parts, il formera de grands desseins pendant son temps. »
723
Prophéties. — Les septante semaines de Daniel sont équivoques pour le terme du commencement, à cause des termes de la prophétie ; et pour le terme de la fin, à cause des diversités des chronologistes. Mais toute cette différence ne va qu’à deux cents ans.
724
Prédictions. — Qu’en la quatrième monarchie, avant la destruction du second temple, avant que la domination des Juifs fût ôtée, en la septantième semaine de Daniel, pendant la durée du second temple, les païens seraient instruits, et amenés à la connaissance du Dieu adoré par les Juifs ; que ceux qui l’aiment seraient délivrés de leurs ennemis, remplis de sa crainte et de son amour.
Et il est arrivé qu’en la quatrième monarchie, avant la destruction du second temple, etc., les païens en foule adorent Dieu et mènent une vie angélique ; les filles consacrent à Dieu leur virginité et leur vie ; les hommes renoncent à tous plaisirs. Ce que Platon n’a pu persuader à quelque peu d’hommes choisis et si instruits, une force secrète le persuade à cent millions d’hommes ignorants, par la vertu de peu de paroles.
Les riches quittent leur bien, les enfants quittent la maison délicate de leurs pères pour aller dans l’austérité d’un désert, etc. (Voyez Philon juif). Qu’est-ce que tout cela ? C’est ce qui a été prédit si longtemps auparavant. Depuis deux mille années aucun païen n’avait adoré le Dieu des Juifs ; et dans le temps prédit, la foule des païens adore cet unique Dieu. Les temples sont détruits, les rois mêmes se soumettent à la croix. Qu’est-ce que tout cela ? C’est l’esprit de Dieu qui est répandu sur la terre.
Nul païen depuis Moïse jusqu’à Jésus-Christ, selon les Rabbins mêmes. La foule des païens, après Jésus-Christ, croit les livres de Moïse, et en observe l’essence et l’esprit, et n’en rejette que l’inutile.
725
Prophéties. — La conversion des Égyptiens (Isaïe, xix, 19) : un autel en Égypte au vrai Dieu.
726
Prophéties. — 215, En Égypte.
Pug., p. 659, Talmud : « C’est une tradition entre nous que, quand le Messie arrivera, la maison de Dieu, destinée à la dispensation de sa parole, sera pleine d’ordure et d’impureté, et que la sagesse des scribes sera corrompue et pourrie ; ceux qui craindront de pécher seront réprouvés du peuple, et traités de fous et d’insensés. »
Is. xlix : « Écoutez, peuples éloignés, et vous, habitants des îles de la mer : le Seigneur m’a appelé par mon nom dès le ventre de ma mère, il me protège sous l’ombre de sa main, il a mis mes paroles comme un glaive aigu, et m’a dit : Tu es mon serviteur ; c’est par toi que je ferai paraître ma gloire. Et j’ai dit : Seigneur, ai-je travaillé en vain ? est-ce inutilement que j’ai consommé toute ma force ? faites-en le jugement. Seigneur, mon travail est devant vous. Lors le Seigneur, qui m’a formé lui-même dès le ventre de ma mère pour être tout à lui, afin de ramener Jacob et Israël, m’a dit : Tu seras glorieux en ma présence, et je serai moi-même ta force ; c’est peu de chose que tu convertisses les tribus de Jacob ; je t’ai suscité pour être la lumière des Gentils, et pour être mon salut jusqu’aux extrémités de la terre. Ce sont les choses que le Seigneur a dites à celui qui a humilié son âme, qui a été en mépris et en abomination aux Gentils, et qui s’est soumis aux puissants de la terre. Les princes et les rois t’adoreront, parce que le Seigneur qui t’a élu est fidèle.
« Le Seigneur m’a dit encore : Je t’ai exaucé dans les jours de salut et de miséricorde, et je t’ai établi pour être l’alliance du peuple, et te mettre en possession des nations les plus abandonnées ; afin que tu dises à ceux qui sont dans les chaînes : Sortez en liberté ; et à ceux qui sont dans les ténèbres : Venez à la lumière, et possédez des terres abondantes et fertiles. Ils ne seront plus travaillés ni de la faim, ni de la soif, ni de l’ardeur du soleil, parce que celui qui a eu compassion d’eux sera leur conducteur : il les mènera aux sources vivantes des eaux, et aplanira les montagnes devant eux. Voici, les peuples aborderont de toutes parts, d’Orient, d’Occident, d’Aquilon et de Midi. Que le ciel en rende gloire à Dieu ; que la terre s’en réjouisse, parce qu’il a plu au Seigneur de consoler son peuple, et qu’il aura enfin pitié des pauvres qui espèrent en lui.
« Et cependant Sion a osé dire : Le Seigneur m’a abandonnée, et n’a plus mémoire de moi. Une mère peut-elle mettre en oubli son enfant, et peut-elle perdre la tendresse pour celui qu’elle a porté dans son sein ? mais quand elle en serait capable, je ne t’oublierai pourtant jamais, Sion, je te porte toujours entre mes mains, et tes murs sont toujours devant mes yeux. Ceux qui doivent te rétablir accourent, et tes destructeurs seront éloignés. Lève les yeux de toutes parts, et considère toute cette multitude qui est assemblée pour venir à toi. Je jure que tous ces peuples te seront donnés comme l’ornement duquel tu seras à jamais revêtue ; tes déserts et tes solitudes, et toutes tes terres qui sont maintenant désolées seront trop étroites pour le grand nombre de tes habitants, et les enfants qui te naîtront dans les années de ta stérilité te diront : La place est trop petite, écarte les frontières, et fais-nous place pour habiter. Alors tu diras en toi-même : Qui est-ce qui m’a donné cette abondance d’enfants, moi qui n’enfantais plus, qui étais stérile, transportée et captive ? et qui est-ce qui me les a nourris, moi qui étais délaissée, sans secours ? d’où sont donc venus tous ceux-ci ? Et le Seigneur te dira : Voici, j’ai fait paraître ma puissance sur les Gentils, et j’ai élevé mon étendard sur les peuples, et ils t’apporteront des enfants dans leurs bras et dans leurs seins ; les rois et les reines seront tes nourriciers, ils t’adoreront le visage contre terre, et baiseront la poussière de tes pieds ; et tu connaîtras que je suis le Seigneur, et que ceux qui espèrent en moi ne seront jamais confondus ; car qui peut ôter la proie à celui qui est fort et puissant ? Mais encore même qu’on la lui pût ôter, rien ne pourra empêcher que je ne sauve tes enfants, et que je ne perde tes ennemis, et tout le monde reconnaîtra que je suis le Seigneur ton sauveur et le puissant rédempteur de Jacob.
« Le Seigneur dit ces choses : Quel est ce libelle de divorce par lequel j’ai répudié la synagogue ? et pourquoi l’ai-je livrée entre les mains de vos ennemis ? n’est-ce pas pour ses impiétés et pour ses crimes que je l’ai répudiée ?
« Car je suis venu, et personne ne m’a reçu ; j’ai appelé, et personne n’a écouté. Est-ce que mon bras est accourci, et que je n’ai pas la puissance de sauver ?
« C’est pour cela que je ferai paraître les marques de ma colère ; je couvrirai les cieux de ténèbres, et les cacherai sous des voiles.
« Le Seigneur m’a donné une langue bien instruite, afin que je sache consoler par ma parole celui qui est dans la tristesse. Il m’a rendu attentif à ses discours, et je l’ai écouté comme un maître.
Le Seigneur m’a révélé ses volontés et je n’y ai point été rebelle.
« J’ai livré mon corps aux coups et mes joues aux outrages ; j’ai abandonné mon visage aux ignominies et aux crachats ; mais le Seigneur m’a soutenu, et c’est pourquoi je n’ai point été confondu.
« Celui qui me justifie est avec moi : qui osera m’accuser ? qui se lèvera pour disputer contre moi et pour m’accuser de péché, Dieu étant lui-même mon protecteur ?
« Tous les hommes passeront et seront consommés par le temps ; que ceux qui craignent Dieu écoutent donc les paroles de son serviteur ; que celui qui languit dans les ténèbres mette sa confiance au Seigneur. Mais pour vous, vous ne faites qu’embraser la colère de Dieu sur vous, vous marchez sur les brasiers et entre les flammes que vous-mêmes avez allumées. C’est ma main qui a fait venir ces maux sur vous ; vous périrez dans les douleurs.
« Écoutez-moi, vous qui suivez la justice et qui cherchez le Seigneur. Regardez à la pierre d’où vous êtes taillés, et à la citerne d’où vous êtes tirés. Regardez à Abraham votre père, et à Sara qui vous a enfantés. Voyez qu’il était seul et sans enfants quand je l’ai appelé et que je lui ai donné une postérité si abondante ; voyez combien de bénédictions j’ai répandues sur Sion, et de combien de grâces et de consolations je l’ai comblée.
« Considérez toutes ces choses, mon peuple, et rendez-vous attentif à mes paroles, car une loi sortira de moi, et un jugement qui sera la lumière des Gentils. »
Amos, viii : Le prophète ayant fait un dénombrement des péchés d’Israël, dit que Dieu a juré d’en faire la vengeance.
« Dit ainsi : En ce jour-là, dit le Seigneur, je ferai coucher le soleil à midi, et je couvrirai la terre de ténèbres dans le jour de lumière, je changerai vos fêtes solennelles en pleurs, et tous vos cantiques en plaintes.
« Vous serez tous dans la tristesse et dans les souffrances, et je mettrai cette nation en une désolation pareille à celle de la mort d’un fils unique ; et ces derniers temps seront des temps d’amertume. Car voici, les jours viennent, dit le Seigneur, que j’enverrai sur cette terre la famine, la faim, non pas la faim et la soif de pain et d’eau, mais la faim et la soif d’ouïr des paroles de la part du Seigneur. Ils iront errants d’une mer jusqu’à l’autre, et se porteront d’Aquilon en Orient ; ils tourneront de toutes parts en cherchant qui leur annonce la parole du Seigneur, et ils n’en trouveront point.
« Et leurs vierges et leurs jeunes hommes périront en cette soif, eux qui ont suivi les idoles de Samarie, qui ont juré par le Dieu adoré en Dan, et qui ont suivi le culte de Bersabée ; ils tomberont et ne se relèveront jamais de leur chute. »
Amos, iii, 2 : « De toutes les nations de la terre, je n’ai reconnu que vous pour être mon peuple. »
Daniel, xii, 7. Daniel ayant décrit toute l’étendue du règne du Messie, dit : « Toutes ces choses s’accompliront lorsque la dispersion du peuple d’Israël sera accomplie. »
Aggée, ii, 4 : « Vous qui, comparant cette seconde maison à la gloire de la première, la méprisez, prenez courage, dit le Seigneur, à vous Zorobabel, et à vous Jésus grand prêtre, et à vous, tout le peuple de la terre, et ne cessez point d’y travailler. Car je suis avec vous, dit le Seigneur des armées ; la promesse subsiste, que j’ai faite quand je vous ai retirés d’Égypte ; mon esprit est au milieu de vous. Ne perdez point espérance, car le Seigneur des armées dit ainsi : Encore un peu de temps, et j’ébranlerai le ciel et la terre, et la mer et la terre ferme (façon de parler pour marquer un changement grand et extraordinaire) ; et j’ébranlerai toutes les nations. Alors viendra celui qui est désiré par tous les Gentils, et je remplirai cette maison de gloire, dit le Seigneur.
« L’argent et l’or sont à moi, dit le Seigneur (c’est-à-dire que ce n’est pas de cela que je veux être honoré ; comme il est dit ailleurs : Toutes les bêtes des champs sont à moi ; à quoi sert de me les offrir en sacrifice ?) ; la gloire de ce nouveau temple sera bien plus grande que la gloire du premier, dit le Seigneur des armées ; et j’établirai ma maison en ce lieu-ci, dit le Seigneur. »
« En Horeb, au jour que vous y étiez assemblés, et que vous dites : Que le Seigneur ne parle plus lui-même à nous, et que nous ne voyions plus ce feu, de peur que nous ne mourions. Et le Seigneur me dit : Leur prière est juste ; je leur susciterai un prophète tel que vous, du milieu de leurs frères, dans la bouche duquel je mettrai mes paroles ; et il leur dira toutes les choses que je lui aurai ordonnées ; et il arrivera que quiconque n’obéira point aux paroles qu’il lui portera en mon nom, j’en ferai moi-même le jugement. »
Genèse, xlix : « Vous, Juda, vous serez loué de vos frères, et vainqueur de vos ennemis ; les enfants de votre père vous adoreront. Juda, faon de lion, vous êtes monté à la proie, ô mon fils ! et vous êtes couché comme un lion, et comme une lionnesse qui s’éveillera.
« Le sceptre ne sera point ôté de Juda, ni le législateur d’entre ses pieds, jusqu’à ce que Silo vienne ; et les nations s’assembleront à lui, pour lui obéir. »
727
Pendant la durée du Messie. — Ænigmatis. Ézech., xvii.
Son précurseur. Malachie, iii.
Il naîtra. Enfant. Is., ix.
Il naîtra de la ville de Bethléem. Mich., v. Il paraîtra principalement en Jérusalem et naîtra de la famille de Juda et de David.
Il doit aveugler les sages et les savants, Is., vi, viii, xxix, etc., et annoncer l’Évangile aux pauvres et aux petits, Is., xxix, ouvrir les yeux des aveugles, et rendre la santé aux infirmes, et mener à la lumière ceux qui languissent dans les ténèbres. Is., lxi.
Il doit enseigner la voie parfaite, et être le précepteur des Gentils. Is., lv, xlii, 1-7.
Les prophéties doivent être inintelligibles aux impies, Dan, xii, Osée, ult. 10, mais intelligibles à ceux qui sont bien instruits.
Les prophéties qui le représentent pauvre le représentent maître des nations. Is., lii, 14, etc. ; lii. Zach., ix, 9.
Les prophéties qui prédisent le temps ne le prédisent que maître des Gentils, et souffrant, et non dans les nuées, ni juge. Et celles qui le représentent ainsi, jugeant et glorieux, ne marquent point le temps.
Qu’il doit être la victime pour les péchés du monde. Is., xxxix, liii, etc.
Il doit être la pierre fondamentale précieuse. Is., xxviii, 16.
Il doit être la pierre d’achoppement et de scandale. Is., viii. Jérusalem doit heurter contre cette pierre.
Les édifiants doivent réprouver cette pierre. Ps. cxvii, 22. Dieu doit faire de cette pierre le chef du coin.
Et cette pierre doit croître en une immense montagne, et doit remplir toute la terre. Dan., ii.
Qu’ainsi il doit être rejeté, méconnu, trahi, Ps. cviii, 8, vendu, Zach., xi, 12 ; craché, souffleté, moqué, affligé en une infinité de manières, abreuvé de fiel, Ps. lxviii, transpercé, Zach., xii, les pieds et les mains percés, tué, et ses habits jetés au sort.
Qu’il ressusciterait, Ps. xv, le troisième jour, Osée, vi, 3.
Qu’il monterait au ciel pour s’asseoir à la droite. Ps. cix.
Que les rois s’armeraient contre lui. Ps. ii.
Qu’étant à la droite du Père, il serait victorieux de ses ennemis.
Que les rois de la terre et tous les peuples l’adoreraient. Is., LX.
Que les Juifs subsisteront en nation. Jér..
Qu’ils seraient errants, sans rois, etc., Osée, iii, sans prophètes, Amos, attendant le salut et ne le trouvant point. Is.
Vocation des Gentils par Jésus-Christ. Is. lii, 15 ; lv, 5 ; lx, etc., Ps. lxxxi.
Os., i, 9 : « Vous ne serez plus mon peuple et je ne serai plus votre Dieu, après que vous serez multipliés de la dispersion. Les lieux où l’on n’appelle pas mon peuple, je l’appellerai mon peuple. »
727 bis
Vocation des gentils par Jésus-Christ (Isaïe, lii, 15).
728
II n’était point permis de sacrifier hors de Jérusalem, qui était le lieu que le Seigneur avait choisi, ni même de manger ailleurs les décimes. Deut., xii, 5, etc. Deut., xiv, 23, etc. : xv, 20 ; xvi, 2, 7, 11, 15.
Osée a prédit qu’ils seraient sans roi, sans prince, sans sacrifice et sans idole ; ce qui est accompli aujourd’hui, ne pouvant faire sacrifice légitime hors de Jérusalem.
729
Prédictions. — Il est prédit qu’au temps du Messie, il viendrait établir une nouvelle alliance, qui ferait oublier la sortie d’Égypte, Jérém., xxiii, 5 ; Is., xliii, 10 ; qui mettrait sa loi, non dans l’extérieur, mais dans les cœurs ; qu’il mettrait sa crainte, qui n’avait été qu’au dehors, dans le milieu du cœur. Qui ne voit la loi chrétienne en tout cela ?
730
… Qu’alors l’idolâtrie serait renversée ; que ce Messie abattrait toutes les idoles, et ferait entrer les hommes dans le culte du vrai Dieu.
Que les temples des idoles seraient abattus, et que parmi toutes les nations et en tous les lieux du monde, lui serait offerte une hostie pure, non pas des animaux.
Qu’il serait roi des Juifs et des Gentils. Et voilà ce roi des juifs et des gentils, opprimé par les uns et les autres qui conspirent à sa mort, dominateur des uns et des autres, et détruisant et le culte de Moïse dans Jérusalem, qui en était le centre, dont il fait sa première Église, et le culte des idoles dans Rome, qui en était le centre, et dont il fait sa principale Église.
731
Prophéties. — Que Jésus-Christ sera à la droite, pendant que Dieu lui assujettira ses ennemis.
Donc il ne les assujettira pas lui-même.
732
— « … Qu’alors on n’enseignera plus son prochain, disant : Voici le Seigneur, car Dieu se fera sentir à tous. » — « Vos fils prophétiseront. » — Je mettrai mon esprit et ma crainte en votre cœur. »
Tout cela est la même chose. Prophétiser, c’est parler de Dieu, non par preuves du dehors, mais par sentiment intérieur et immédiat.
733
Qu’il enseignerait aux hommes la voie parfaite.
Et jamais il n’est venu, ni devant, ni après lui, aucun homme qui ait enseigné rien de divin approchant de cela.
734
… Que Jésus-Christ serait petit en son commencement, et croîtrait ensuite. La petite pierre de Daniel.
Si je n’avais ouï parler en aucune sorte du Messie, néanmoins après les prédictions si admirables de l’ordre du monde que je vois accomplies, je vois que cela est divin. Et si je savais que ces mêmes livres prédisent un Messie, je m’assurerais qu’il serait venu ; et voyant qu’ils mettent son temps avant la destruction du deuxième temple, je dirais qu’il serait venu.
735
Prophéties. — Que les Juifs réprouveraient Jésus-Christ, et qu’ils seraient réprouvés de Dieu, par cette raison. Que la vigne élue ne donnerait que du verjus. Que le peuple choisi serait infidèle, ingrat et incrédule : populum non credentem et contradicentem. Que Dieu les frappera d’aveuglement, et qu’ils tâtonneraient en plein midi comme les aveugles. Qu’un précurseur viendrait avant lui.
736
Prophéties. — Transfixerunt, Zach. XII, 10.
Qu’il devait venir un libérateur qui écraserait la tête au démon, qui devait délivrer son peuple de ses péchés, ex omnibus iniquitatibus. Qu’il devait y avoir un Nouveau Testament, qui serait éternel. Qu’il devait y avoir une autre prêtrise selon l’ordre de Melchisédech ; que celle-là serait éternelle. Que le Christ devait être glorieux, puissant, fort, et néanmoins si misérable qu’il ne serait pas reconnu ; qu’on ne le prendrait point pour ce qu’il est ; qu’on le rebuterait, qu’on le tuerait ; que son peuple, qui l’aurait renié, ne serait plus son peuple ; que les idolâtres le recevraient, et auraient recours à lui ; qu’il quitterait Sion pour régner au centre de l’idolâtrie ; que néanmoins les Juifs subsisteraient toujours ; qu’il devait être de Juda, et quand il n’y aurait plus de roi.
Chapitre 11 terminé
Les prophéties