Chapitre 1 · 22 min de lecture
Leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent.
Les paroles à partir desquelles je veux présenter un simple message se trouvent dans l’Évangile selon Luc 24:31 : « Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent. »
Il m’est arrivé de prêcher un sermon en prenant pour texte ces mots : « Jésus lui-même » ; et, en rentrant chez moi, je disais à ceux qui marchaient avec moi : « Comme il est possible d’avoir Jésus lui-même avec nous sans jamais le savoir, et comme il est possible de prêcher toute la vérité sur Jésus lui-même, et de l’écouter, sans pourtant le connaître ! » Je ne saurais dire quelle impression profonde cela produisit en moi tandis que j’y réfléchissais.
Or, ces disciples avaient passé auprès de Jésus un temps des plus bénis ; mais s’ils étaient partis avant qu’il se révélât à eux ce soir-là, ils n’auraient jamais eu la certitude que c’était bien Jésus, car leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Telle est, hélas, la condition d’une grande multitude dans l’Église du Christ. Ils savent que le Christ est ressuscité d’entre les morts. Ils croient, et souvent ils font de bienheureuses expériences qui viennent du Christ ressuscité.
Bien souvent, au temps d’une convention, ou dans un temps de lecture silencieuse de la Bible, ou au temps d’une visitation de la grâce de Dieu, leur cœur brûle ; et pourtant on peut dire d’un peuple dont le cœur brûle au-dedans de lui qu’il ne savait pas que c’était Jésus lui-même. Et maintenant, si vous me demandez quelle est la grande bénédiction à rechercher, voici ma réponse : non seulement nous devons penser à Jésus lui-même, parler de lui et croire en lui, mais nous devons parvenir au point où les disciples de notre texte sont parvenus : « et ils le reconnurent ». Tout est là.
Si je lis ce récit des disciples en chemin vers Emmaüs, j’y trouve quatre étapes de la vie chrétienne. Songez-y ! Comment commencèrent-ils la matinée de ce jour-là ? Le cœur triste et troublé, parce qu’ils croyaient Jésus mort. Ils ne savaient pas qu’il était vivant, et c’est là l’état de bien des chrétiens. Ils regardent à la croix, ils s’efforcent de se confier au Christ, mais ils n’ont jamais encore appris le bonheur de croire qu’il y a un Christ vivant pour tout faire à leur place. Oh ! cette parole de l’ange aux femmes : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? » Luc 24:5. Quelle différence y a-t-il entre un Christ mort, que les femmes allaient embaumer, et un Christ vivant ? Pour un Christ mort, c’est moi qui dois tout faire ; un Christ vivant fait tout pour moi.
Les disciples commencèrent la matinée le cœur triste. J’imagine qu’ils passèrent une nuit sans sommeil. Oh !
Quelle terrible déception ! Ils avaient espéré que le Christ serait le libérateur d’Israël, et ils l’avaient vu mourir d’une mort maudite. Au matin de ce premier jour de la semaine, ils se levèrent le cœur triste — cette amère tristesse ne peut se dire. Telle est justement la vie de bien des chrétiens.
Ils s’efforcent de croire en Jésus, de se confier en lui et d’espérer en lui, mais il n’y a point de joie. Pourquoi ? Parce qu’ils ne savent pas qu’il y a un Christ vivant pour se révéler lui-même.
Vient ensuite la deuxième étape. Quelle est-elle ? L’étape où le Christ parle : « dont le cœur est lent à croire » Luc 24:25-26. Ils avaient reçu le message des femmes. Ils dirent à l’étranger qui marchait avec eux : « Quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés ; elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant. » Luc 24:23. Et le Christ leur répondit : « O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire » Luc 24:25-26.
Il y a aujourd’hui bien des chrétiens qui ont entendu et qui savent qu’ils doivent croire non seulement en un Christ crucifié, mais en un Christ vivant ; ils s’efforcent de le saisir et de le recevoir, mais cela ne leur apporte pas de bénédiction. Pourquoi ? Parce qu’ils veulent le sentir plutôt que le croire. Ils veulent y travailler et s’en saisir à force d’efforts, au lieu de simplement s’abandonner dans le calme et de croire : « Le Christ, le Jésus vivant, fera tout pour nous. » Voilà la deuxième étape. La première étape est celle de l’ignorance, la deuxième est celle de l’incrédulité — le cœur qui doute et qui ne peut recevoir la merveilleuse vérité que Jésus vit.
Vient ensuite la troisième étape : le cœur brûlant. Jésus vint vers les deux disciples, et, après les avoir repris en disant : « O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire », il se mit à leur ouvrir les Écritures et à leur dire toutes les choses merveilleuses qu’avaient enseignées les prophètes. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils commencèrent à comprendre les Écritures. Ils virent qu’il était vrai qu’il avait été prophétisé que le Christ devait ressusciter. Tandis qu’il parlait, il sortait de lui — le Vivant, le Ressuscité — une puissante influence qui reposa sur eux, et ils commencèrent à sentir leur cœur brûler au-dedans d’eux, dans la joie et l’allégresse.
Peut-être direz-vous encore : « C’est là l’étape à laquelle nous voulons parvenir. » Non ; à Dieu ne plaise que vous vous arrêtiez là. Vous pouvez atteindre cette troisième étape, le cœur brûlant, et pourtant quelque chose manque encore : la révélation du Christ. Les disciples avaient fait une bienheureuse expérience de ses puissances divines, mais il ne s’était pas révélé lui-même ; et oh ! combien de fois, dans les conventions et dans les églises, dans les réunions et dans une bienheureuse communion avec les saints de Dieu, notre cœur brûle au-dedans de nous.
Ce sont là de précieuses expériences de l’action de la grâce et de l’Esprit de Dieu, et pourtant quelque chose manque. Quoi donc ? Jésus lui-même a agi sur nous, et la puissance de sa vie ressuscitée nous a touchés, mais nous ne pouvons pas dire : « Je l’ai rencontré. Il s’est fait connaître à moi. » Oh ! quelle différence entre un cœur brûlant, qui se refroidit après un temps, qui va par élans et par accès, et la bienheureuse révélation de Jésus lui-même comme mon Sauveur, qui prend soin de moi, me bénit et me garde chaque jour !
Voici l’étape du cœur satisfait. Oh, mon frère, ma sœur ! C’est ce que je demande pour vous, et c’est, j’en suis sûr, ce que vous demandez pour vous-mêmes. Je le demande pour moi. Seigneur Jésus ! puissions-nous te connaître dans ta gloire divine de Ressuscité, notre Jésus, notre Bien-Aimé, notre Tout-Puissant. Oh ! si quelque âme attristée ne peut recevoir ceci et dit : « Je n’ai encore jamais connu la joie de la foi », écoute : nous allons te dire comment tu le peux. Tout se ramènera à cette seule chose : de même qu’un petit enfant vit jour après jour dans les bras de sa mère et grandit d’année en année sous le regard maternel, il t’est possible de vivre chaque jour et chaque heure de ta vie en communion avec le saint Jésus. Il le fera pour toi.
Viens, et que ton cœur attristé commence à espérer. Se révélera-t-il ? Il l’a fait pour les disciples, et il le fera pour toi. Peut-être certains ont-ils dépassé le cœur attristé et sentent-ils encore : « Je n’ai pas obtenu ce que je désire. » Si tu ouvres tout grand ton cœur et que tu abandonnes tout, pourvu seulement que tu croies et que tu le laisses faire ce qu’il veut, cela viendra. Dieu soit loué ! cela viendra. Jésus se révélera lui-même !
Peut-être es-tu parvenu à l’étape du cœur brûlant et peux-tu raconter bien des expériences bénies, mais, d’une manière ou d’une autre, il y a un ver à la racine. Les expériences ne durent pas, et le cœur est si changeant. Oh, viens, mon bien-aimé ! Suis le Christ. Dis : « Jésus, révèle-toi, afin que nous te connaissions. Nous ne demandons pas seulement à boire l’eau vive, mais nous voulons aussi la source. Nous ne demandons pas seulement à nous baigner dans la lumière, mais nous voulons aussi le Soleil de justice au-dedans de nos cœurs.
Nous ne demandons pas seulement à te connaître, toi qui nous as touchés, as réchauffé nos cœurs et nous as bénis, mais nous voulons savoir que nous possédons le Jésus immuable, demeurant au-dedans de nos cœurs et habitant avec nous à jamais. »
Vient maintenant la question que je voulais poser : « À quelles conditions notre Seigneur béni se révèle-t-il lui-même ? » Ou, pour le dire autrement : à qui Jésus se révélera-t-il ?
Il nous suffit de voir comment il a agi envers ces disciples, et nous avons la réponse. Quelle est-elle ? Tout d’abord, je crois trouver ici que le Christ se révéla à ces disciples qui avaient tout abandonné pour lui.
Il leur avait dit : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive », Matthieu 16:24, et ils le firent. Avec toute leur faiblesse et toute leur infidélité, ils suivirent le Christ jusqu’au bout. Il leur dit : « Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves ; c’est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur, comme mon Père en a disposé en ma faveur » Luc 22:28-29. Ce n’étaient pas des hommes parfaits, mais ils seraient morts pour lui. Ils l’aimaient, ils lui obéissaient, ils le suivaient. Ils avaient tout quitté, et pendant trois ans ils s’étaient attachés à suivre le Christ. Vous dites : « Dis-moi ce que le Christ attend de moi, si je dois avoir sa merveilleuse présence. Dis-moi quel est le caractère de l’homme à qui le Christ se révélera de cette manière la plus haute et la plus pleine. » Je réponds : « C’est celui qui est prêt à tout abandonner et à le suivre. »
Si le Christ doit se donner tout entier à moi, il faut qu’il sache qu’il me possède tout entier pour lui-même ; et j’ai confiance que Dieu donnera la grâce que ces paroles prononcées au sujet de la consécration et de l’abandon — non seulement de tout mal, mais de bien des choses licites, et même, s’il le faut, de la vie elle-même — nous conduisent à comprendre quelle est l’exigence que Jésus pose sur nous. La devise de la Cape General Mission est : « Dieu premier. »
En un sens, c’est une belle devise, et pourtant elle ne me satisfait pas toujours, car c’est une devise que l’on comprend souvent mal. « Dieu premier » peut vouloir dire : « moi » deuxième, autre chose troisième, autre chose encore quatrième. Dieu est ainsi premier dans l’ordre, mais Dieu devient alors l’une d’une série de puissances, et ce n’est pas la place que Dieu veut. Le sens des mots « Dieu premier » est en réalité : « Dieu tout ; Dieu en tout » ; et c’est là ce que le Christ veut. Être prêt à tout abandonner, à se soumettre au Christ pour qu’il enseigne quoi dire et quoi faire, voilà la première marque de l’homme à qui le Christ viendra. N’es-tu pas prêt à faire ce pas et à dire : « Jésus ! oui, j’abandonne tout ; j’ai tout abandonné ; révèle-toi. » Oh, frère ! oh, sœur ! n’hésite pas. Dis-le au fond de ton cœur, et que ce soit l’heure où un nouveau sacrifice sera déposé aux pieds de l’Agneau béni de Dieu.
Voici une seconde pensée. Il y a d’abord l’idée d’avoir tout quitté pour le suivre, d’avoir tout abandonné par obéissance envers lui, et de vivre simplement une vie d’amour et d’obéissance. Mais il faut une seconde chose chez l’homme qui doit recevoir cette pleine révélation du Christ. Il doit être convaincu de son incrédulité.
« O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes! » Luc 24:25. Oh ! frère, sœur, si nous pouvions apercevoir la somme d’incrédulité qui est dans le cœur des enfants de Dieu, barrant la porte et fermant le cœur contre le Christ, comme nous resterions saisis d’étonnement et de honte !
Là où il n’y a point d’incrédulité, mais où il y a la foi, le Christ ne peut faire autrement que d’entrer. Il ne peut faire autrement que de venir là où il y a une foi vivante, une pleine foi. Le cœur est ouvert, le cœur est préparé ; et aussi naturellement que l’eau s’écoule dans un creux, aussi naturellement le Christ doit entrer dans un cœur qui est plein de foi.
Quel est l’obstacle chez certaines âmes ferventes qui disent : « Je me suis donné au Seigneur Jésus. Je l’ai fait souvent, et, par sa grâce, je le fais chaque jour ; Dieu sait avec quel sérieux je le fais, et j’ai sur cela l’approbation de Dieu, je sais que Dieu m’a béni » ?
Ils n’ont pas été convaincus de leur incrédulité. « O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire. » Savez-vous ce que le Christ a dit de l’homme qui traite son frère d’insensé ? Et pourtant, ici, le Fils de Dieu plein d’amour ne put trouver d’autre parole à adresser à ses disciples bien-aimés : « O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire. » Veux-tu que le Seigneur Jésus te donne cette pleine révélation de lui-même ? Es-tu disposé à reconnaître que tu es un insensé pour n’avoir jamais cru en lui ? « Seigneur Jésus, c’est ma faute.
Te voilà, désirant me posséder. Te voilà, avec tes fidèles promesses, attendant de te révéler. » As-tu jamais entendu parler d’un homme qui en aime un autre sans désirer se faire connaître à lui ?
Le Christ désire ardemment se révéler, mais il ne le peut à cause de notre incrédulité. Que Dieu nous convainque de notre incrédulité, afin que nous soyons entièrement couverts de honte et brisés, et que nous criions : « Oh, mon Dieu, qu’est-ce donc que ceci, ce cœur d’incrédulité qui dresse une barrière en travers de la porte, en sorte que le Christ ne peut entrer, qui aveugle mes yeux, en sorte que je ne puis voir Jésus, bien qu’il soit si près ? Voici dix ou vingt ans qu’il est là, me donnant de temps à autre le cœur brûlant, me faisant jouir d’un peu de son amour et de sa grâce, et pourtant je n’ai pas eu la révélation de lui, prenant possession de mon cœur et demeurant avec moi dans une continuité ininterrompue. » Oh ! que Dieu nous convainque de notre incrédulité. Croyons, car tout est possible à celui qui croit. C’est la parole de Dieu ; et cette bénédiction, recevoir la révélation de Jésus, ne peut venir qu’à ceux qui apprennent à croire et à se confier en lui.
Il y a une autre marque de ceux à qui viendra cette révélation particulière du Christ : ils ne se reposent pas avant de l’obtenir.
Vous connaissez l’histoire. Leur cœur brûlait tandis qu’ils approchaient du lieu où ils allaient, et le Christ fit comme s’il voulait aller plus loin. Il les mit à l’épreuve ; et s’ils l’avaient laissé poursuivre tranquillement son chemin, s’ils s’étaient contentés de l’expérience du cœur brûlant, ils auraient perdu quelque chose d’infiniment meilleur. Mais ils ne s’en contentèrent pas. Ils ne se contentèrent pas de rentrer ce soir-là auprès des disciples et de dire : « Oh, quel après-midi béni nous avons eu ! quel merveilleux enseignement nous avons reçu ! » Non ! le cœur brûlant et l’expérience bénie leur firent simplement dire : « Reste avec nous », et ils le contraignirent à entrer. Ils le pressèrent d’entrer.
Cela me rappelle toujours l’histoire de Jacob : « Je ne te laisserai point aller, que tu ne m’aies béni. » Genèse 32:26. Voilà l’esprit qui nous prépare à la révélation de Jésus. Oh ! mon cher ami, est-ce là l’esprit dans lequel nous avons considéré la merveilleuse bénédiction dont nous avons parfois entendu parler ? « Oh ! mon Seigneur Jésus, bien que je ne le comprenne pas, bien que je ne puisse le saisir, et bien que mes efforts ne servent à rien, je ne vais pas te laisser aller.
Si un pécheur sur la terre peut avoir Jésus chaque jour, chaque heure, chaque instant, demeurant dans son cœur avec la puissance de la résurrection, resplendissant au-dedans de lui, le remplissant d’amour et de joie — si cela est possible, je le veux. » Est-ce là ton langage ? Oh ! viens donc et dis : « Seigneur Jésus, je ne puis te laisser aller à moins que tu ne me bénisses. » On pose si souvent la question : « Quelle est la cause de la vie languissante de tant de chrétiens ? » Qu’y a-t-il ? Que leur manque-t-il ?
Comme l’Église répond peu à l’appel du Christ ! Comme l’Église est peu ce que le Christ voudrait qu’elle fût ! Quelle est la cause de tout ce mal ? On peut donner diverses réponses, mais il en est une qui les renferme toutes : c’est que chaque croyant a besoin de la pleine révélation personnelle d’un Christ personnel, comme d’un Seigneur qui l’habite, comme d’une portion qui rassasie. Lorsque le Seigneur Jésus était ici-bas, qu’est-ce qui distinguait ses disciples des autres hommes ? Il les arracha à leurs filets de pêche et à leurs maisons, il les rassembla autour de lui, et ils connurent Jésus. Il était leur Maître, il les gardait, et ils le suivaient.
Et qu’est-ce qui doit faire une différence entre les disciples du Christ — non pas ceux qui espèrent seulement parvenir au ciel, mais les disciples du Christ de tout leur cœur — qu’est-ce qui doit les distinguer des autres hommes ? C’est ceci : être en communion avec Jésus à chaque heure du jour ; et de même que le Christ, sur la terre, put garder ces hommes avec lui pendant trois ans, jour après jour, de même le Christ peut maintenant faire au ciel ce qu’il ne pouvait faire lorsqu’il était sur la terre : se tenir dans la plus étroite communion avec chaque croyant du monde entier. Gloire soit à Dieu !
Vous connaissez ce texte de l’épître aux Éphésiens : « Celui qui est descendu, c’est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. » Éphésiens 4:10. Pourquoi mon Seigneur Jésus fut-il enlevé au ciel, loin de la vie terrestre ? Parce que la vie sur la terre est une vie confinée à des lieux, tandis que la vie dans le ciel est une vie où il n’y a ni limite, ni borne, ni lieu ; et le Christ fut enlevé au ciel afin que, dans la puissance de Dieu, du Dieu omniprésent, il pût remplir chaque personne ici présente et être avec chaque croyant. Voilà ce que mon cœur veut réaliser par la foi ; c’est une possibilité, c’est une promesse, c’est mon droit d’aînesse, et je veux le posséder, et je veux, par la grâce de Dieu, dire : « Jésus, je ne me reposerai pas avant que tu ne te sois pleinement livré à mon âme. »
Il y a souvent, dans la vie chrétienne, de très bienheureuses expériences à ce que j’appelle la troisième étape, l’étape du cœur brûlant. Savez-vous quelle autre grande marque distingue cette étape ? Les délices dans la parole de Dieu. Comment les disciples reçurent-ils leur cœur brûlant ? Par cette étrange ouverture des Écritures qui leur fut faite. Il fit tout paraître différent et nouveau, et ils virent ce qu’ils n’avaient jamais vu auparavant. Ils ne pouvaient s’empêcher de sentir combien cet enseignement était merveilleux, combien il était céleste.
Oh ! il y a bien des chrétiens qui trouvent le meilleur moment de la journée dans celui où ils peuvent se retrouver avec leur Bible, et qui n’aiment rien tant que d’y trouver une pensée nouvelle ; et, comme le chercheur de diamants se réjouit quand il a trouvé un diamant, ou le chercheur d’or quand il a trouvé une pépite, ils se réjouissent quand ils tirent de la Bible quelque pensée nouvelle, et ils s’en nourrissent. Et pourtant, malgré tout cet intérêt pour la parole de Dieu, malgré toute cette émotion joyeuse du cœur, lorsqu’ils se rendent à leurs affaires ou vaquent à leurs devoirs quotidiens, quelque chose manque encore.
Il nous faut nous détacher de toutes les bénédictions multiples et diverses que Jésus peut accorder de temps à autre, pour parvenir à la bienheureuse unité de celle-ci : que Jésus se fait connaître, que Jésus lui-même consent à se faire connaître. Oh ! si je demandais : « N’est-ce pas là précisément ce que vous et moi désirons, et ce qu’un grand nombre d’entre nous soupirons depuis longtemps ? », je suis sûr que vous répondriez : « C’est là ce que je veux. »
Songez quel sera le bonheur qui en découle. Vous chantez souvent : « Oh ! la paix que donne mon Sauveur ! Une paix que je n’avais jamais connue ; et mon chemin s’est éclairci depuis que j’ai appris à me confier davantage en lui. » J’ai reçu récemment une lettre de quelqu’un de l’État libre me disant quel merveilleux réconfort et quelle force avait été ce petit couplet au milieu des difficultés et des épreuves. Oui ; mais comment garder cette paix ? C’était la présence du Christ qui apportait la paix. Lorsque la tempête menaçait d’engloutir les disciples, ce fut la présence du Christ lui-même qui donna la paix.
Oh ! chrétien, veux-tu la paix et le repos ? Il te faut Jésus lui-même. Tu parles de pureté, tu parles de purification et de délivrance du péché. Loué soit Dieu, voici la délivrance et la purification : quand le Jésus vivant vient et donne sa puissance. Alors nous avons cette résurrection du Christ, ce Christ céleste sur le trône, qui se fait connaître à nous. Assurément, ce sera là le secret de la pureté et le secret de la force.
D’où vient la force de tant de croyants ? De la joie d’une amitié personnelle avec Jésus. Ces disciples, s’ils étaient repartis avec leur cœur brûlant vers les autres disciples, auraient pu leur raconter des choses merveilleuses au sujet d’un homme qui leur avait expliqué les Écritures et les promesses, mais ils n’auraient pu dire : « Nous avons vu Jésus. » Ils auraient pu dire : « Jésus est vivant. Nous en sommes certains », mais cela n’aurait pas satisfait les autres. Or ils pouvaient maintenant aller et dire : « Nous l’avons vu lui-même. Il s’est révélé à nous. » Nous sommes tous heureux de travailler pour le Christ, mais il y a, dans toute l’Église du Christ, depuis les pasteurs en chaire jusqu’au plus faible des ouvriers, une plainte : le manque de joie et le manque de bonheur.
Cherchons à découvrir si ce n’est pas là le lieu où se trouvera le secret : que le Seigneur Jésus vient et se montre à nous comme notre Maître et nous parle. Quand nous avons Jésus avec nous, et que nous faisons chaque pas avec la pensée que c’est Jésus qui veut que nous allions, que c’est Jésus qui nous envoie et qui nous aide, alors il y aura de l’éclat dans notre témoignage, et cela aidera d’autres croyants, et ils commenceront à comprendre : « Je vois pourquoi j’ai échoué. J’ai pris la parole, j’ai pris la bénédiction, et j’ai pris, à ce que je croyais, la vie, mais j’étais sans le Jésus vivant. »
Si tu demandes maintenant : « Comment cette révélation viendra-t-elle ? » — frère, sœur, c’est là le secret qu’aucun homme ne peut dire, que Jésus garde pour lui seul. C’est dans la puissance du Saint-Esprit que le Christ, le Ressuscité, est entré dans une vie nouvelle. Sa vie de ressuscité est entièrement différente de sa vie d’avant sa mort. Vous savez ce que nous lisons : « ils le reconnurent » Luc 24:31. Il se révéla, puis il disparut. Et cette vision du Christ valait-elle donc si cher ? Elle fut perdue en un instant. Elle valait le ciel, l’éternité, tout. Pourquoi ? Parce que désormais le Christ ne devait plus être connu selon la chair. Le Christ était désormais dans la puissance de l’Esprit, qui remplit le ciel ; dans la puissance de l’Esprit, qui est la puissance de la divinité ; dans la puissance de l’Esprit, qui remplit nos cœurs. Le Christ devait désormais vivre de la vie du ciel.
Grâce à Dieu, le Christ peut, par la puissance du Saint-Esprit, se révéler à chacun de nous ; mais oh, frère, c’est une chose secrète entre le Christ et toi. Reçois cette assurance : « leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent », et crois que cela est écrit pour toi. Tu dis : « J’ai connu les trois autres étapes : l’étape du cœur attristé, pleurant de ne connaître aucun Christ vivant ; j’ai connu l’étape du cœur lent à croire, quand je luttais contre mon incrédulité ; et je connais l’étape du cœur brûlant, quand il y a de grands moments de joie et de bonheur. »
Est-ce là ton langage ? Oh, viens donc et connais la quatrième étape, celle du cœur satisfait, du cœur rendu joyeux pour l’éternité, du cœur qui ne peut retenir sa joie, mais qui s’en retourne à Jérusalem et dit : « C’est vrai. Jésus s’est révélé. Je le sais, je le sens. » Oh ! frère, oh ! sœur, comment cette révélation viendra-t-elle ? Jésus te le dira. Viens seulement au Seigneur Jésus et exhale devant lui une simple prière d’enfant ; et moi, son serviteur, je viendrai te prendre par la main et te dire : « Viens maintenant, mon œuvre est achevée. J’ai montré l’Agneau de Dieu, le Ressuscité. Mon œuvre est achevée. »
Entrons dans la sainte Présence et commençons, si tu ne l’as jamais encore recherchée, à supplier : « Oh ! Sauveur, que je puisse avoir ce bonheur présent avec moi à chaque instant ; Jésus lui-même, ma portion pour toujours ! »
« Jésus lui-même » « Et voici, je suis avec vous tous les jours »