L'humilité ·L’humilité dans la vie de Jésus

Chapitre 3 · 7 min de lecture

L’humilité dans la vie de Jésus

« Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. » Luc 22:27.

Dans l’Évangile de Jean, la vie intérieure de notre Seigneur nous est ouverte. Jésus parle fréquemment de sa relation au Père, des mobiles qui le dirigent, de la conscience qu’il a de la puissance et de l’esprit dans lesquels il agit. Bien que le mot humble n’y paraisse pas, nulle part dans l’Écriture nous ne verrons aussi clairement en quoi consistait son humilité. Nous avons déjà dit que cette grâce n’est en vérité rien d’autre que ce simple consentement de la créature à laisser Dieu être tout, en vertu duquel elle s’abandonne à son opération seule.

En Jésus, nous verrons comment, à la fois comme Fils de Dieu dans le ciel et comme homme sur la terre, il prit la place d’une entière subordination et rendit à Dieu l’honneur et la gloire qui lui sont dus. Et ce qu’il enseigna si souvent se vérifia en lui-même : « quiconque s’abaissera sera élevé. »

(Matthieu 23:12). Ainsi qu’il est écrit : « C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé » (Philippiens 2:9).

Écoutez les paroles par lesquelles notre Seigneur parle de sa relation au Père, et avec quelle constance il emploie, à son propre sujet, les mots « ne… point » et « rien ». Le « non pas moi », par lequel Paul exprime sa relation à Christ, est l’esprit même de ce que Christ dit de sa relation au Père.

« Le Fils ne peut rien faire de lui-même » (Jean 5:19).

« Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté. »

(Jean 5:30).

« Je ne tire pas ma gloire des hommes » (Jean 5:41).

« Je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté » (Jean 6:38).

« Ma doctrine n’est pas de moi » (Jean 7:16) « Je ne suis pas venu de moi-même » (Jean 7:28) « Je ne fais rien de moi-même » (Jean 8:28) « Je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé » (Jean 8:42).

« Je ne cherche point ma gloire » (Jean 8:50) « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même » (Jean 14:10).

« La parole que vous entendez n’est pas de moi » (Jean 14:24).

Ces paroles nous ouvrent les plus profondes racines de la vie et de l’œuvre de Christ. Elles nous disent comment le Dieu tout-puissant put accomplir par lui sa puissante œuvre de rédemption. Elles montrent ce que Christ tenait pour l’état de cœur qui lui convenait comme Fils du Père. Elles nous enseignent quelle est la nature et la vie essentielles de cette rédemption que Christ a accomplie et qu’il communique aujourd’hui. La voici : il n’était rien, afin que Dieu fût tout. Il se remit lui-même, avec sa volonté et ses facultés, tout entier entre les mains du Père pour que celui-ci agît en lui. De sa propre puissance, de sa propre volonté et de sa propre gloire, de toute sa mission avec toutes ses œuvres et son enseignement, de tout cela il disait : Ce n’est pas moi ; je ne suis rien ; je me suis donné au Père pour qu’il agisse ; je ne suis rien, le Père est tout.

Cette vie d’entier renoncement à soi-même, de soumission et de dépendance absolues à l’égard de la volonté du Père, Christ la trouva pleine d’une paix et d’une joie parfaites. Il ne perdit rien en donnant tout à Dieu. Dieu honora sa confiance, fit tout pour lui, puis l’éleva à sa propre droite dans la gloire (Actes 5:31).

Et parce que Christ s’était ainsi humilié devant Dieu, et que Dieu était sans cesse devant lui, il lui fut possible de s’humilier aussi devant les hommes et d’être le Serviteur de tous. Son humilité n’était rien d’autre que l’abandon de lui-même à Dieu, pour le laisser faire en lui ce qu’il voulait, sans égard à ce que les hommes autour de lui pouvaient dire de lui ou lui faire.

C’est dans cet état d’esprit, dans cet esprit et cette disposition, que la rédemption de Christ tient sa vertu et son efficace. C’est pour nous amener à cette disposition que nous sommes rendus participants de Christ. Tel est le vrai renoncement à soi-même auquel notre Sauveur nous appelle : la reconnaissance que le moi n’a rien de bon en lui, sinon comme un vase vide que Dieu doit remplir, et que sa prétention à être ou à faire quoi que ce soit ne peut être admise un seul instant. C’est en cela, par-dessus et avant tout, que consiste la conformité à Jésus : n’être et ne rien faire de nous-mêmes, afin que Dieu soit tout. Nous avons ici la racine et la nature de la vraie humilité. C’est parce que cela n’est ni compris ni recherché que notre humilité est si superficielle et si faible.

Nous devons apprendre de Jésus comment il est doux et humble de cœur. Il nous enseigne que la vraie humilité prend naissance et trouve sa force dans la connaissance que c’est Dieu qui opère tout en tous, que notre place est de nous soumettre à lui dans une parfaite résignation et dépendance, dans un plein consentement à n’être et à ne rien faire de nous-mêmes. Telle est la vie que Christ est venu révéler et communiquer, une vie tournée vers Dieu, parvenue au travers de la mort au péché et au moi. Si nous sentons que cette vie est trop haute et hors de notre portée, il nous faut alors la chercher en lui. C’est le Christ habitant en nous qui vivra en nous cette vie, douce et humble.

Si nous aspirons à cela, cherchons cependant, par-dessus tout, le saint secret de la connaissance de la nature de Dieu, qui à chaque instant opère tout en tous. Ce secret dont toute la nature, chaque créature et, avant tout, chaque enfant de Dieu doit être le témoin : qu’il n’est rien qu’un vase, un canal par lequel le Dieu vivant peut manifester les richesses de sa sagesse, de sa puissance et de sa bonté. La racine de toute vertu et de toute grâce, de toute foi et de tout culte agréable, c’est que nous sachions que nous n’avons rien que ce que nous recevons, et que nous nous inclinions dans la plus profonde humilité pour l’attendre de Dieu.

C’est parce que cette humilité n’était pas seulement un sentiment passager, éveillé et mis en œuvre lorsqu’il pensait à Dieu, mais l’esprit même de toute sa vie, que Jésus était tout aussi humble dans ses rapports avec les hommes qu’avec Dieu. Il se sentait le Serviteur de Dieu pour les hommes que Dieu avait faits et aimés. Par une conséquence naturelle, il se tenait pour le Serviteur des hommes, afin que par lui Dieu accomplît son œuvre d’amour. Jamais un seul instant il ne songea à chercher son honneur ni à affirmer sa puissance pour se justifier lui-même. Tout son esprit était celui d’une vie livrée à Dieu pour qu’il y agisse.

Ce n’est que lorsque les chrétiens étudieront l’humilité de Jésus comme l’essence même de sa rédemption, comme la félicité même de la vie du Fils de Dieu, comme la seule vraie relation au Père, et par conséquent comme ce que Jésus doit nous donner si nous voulons avoir quelque part avec lui — ce n’est qu’alors que le terrible manque d’une humilité réelle, céleste, manifeste, deviendra un fardeau et une douleur, et que notre religion ordinaire sera mise de côté pour obtenir cela : la première et principale marque de Christ au-dedans de nous.

Frère, es-tu revêtu d’humilité ? Interroge ta vie de chaque jour. Interroge Jésus. Interroge tes amis.

Interroge le monde. Et commence à louer Dieu, puisqu’il t’a ouvert en Jésus une humilité céleste que tu as à peine connue, et par laquelle une félicité céleste, que peut-être tu n’as pas encore goûtée, peut venir en toi.

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L'humilité Andrew Murray

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