Chapitre 23 · 12 min de lecture
En Christ, notre sanctification
« Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption, afin, comme il est écrit : Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur. »—1 Corinthiens 1:30, 31.
Ces paroles nous conduisent maintenant au centre même de la révélation que Dieu fait du chemin de la sainteté. Nous connaissons les étapes de la route qui y mène. Il est saint, et la sainteté est sienne. Il rend saint en s’approchant. Sa présence est la sainteté. Dans la vie de Christ, la sainteté qui n’avait été révélée qu’en symbole, et comme une promesse de biens à venir, avait réellement pris possession d’une volonté humaine, et avait été rendue une avec la véritable nature humaine. Dans sa mort, tout obstacle avait été ôté qui pût empêcher la transmission de cette sainte nature jusqu’à nous : Christ était véritablement devenu notre sanctification. Dans le Saint-Esprit eut lieu la communication effective de cette sainteté. Et maintenant nous voulons comprendre quelle est l’œuvre que fait le Saint-Esprit, et comment il nous communique cette sainte nature : quelle est notre relation à Christ comme notre sanctification, et quelle est la position que nous avons à prendre à son égard, afin que, dans sa plénitude et sa puissance, elle accomplisse en nous son œuvre.
La réponse divine à cette question est : « C’est de Dieu que vous êtes en Christ. » La seule chose que nous ayons à saisir, c’est ce qu’est cette position et cette vie en Christ, et comment cette position et cette vie peuvent, de notre part, être acceptées et maintenues. De ceci nous pouvons être sûrs : ce n’est pas quelque chose de haut et hors de notre portée. Il n’est besoin d’aucun effort épuisant ni d’aucun soupir sans espoir : « Qui montera au ciel ? c’est-à-dire en faire descendre Christ. » C’est une vie qui est destinée aux pécheurs et aux las, aux indignes et aux impuissants. C’est une vie qui est le don de l’amour du Père, et que lui-même révélera en chacun de ceux qui viennent à lui avec une confiance d’enfant. C’est une vie destinée à notre vie de tous les jours, qui, dans chaque circonstance et chaque situation changeante, nous rendra et nous gardera saints.
« C’est de Dieu que vous êtes en Christ. » Avant que notre Seigneur béni quittât le monde, il dit : Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Et il est écrit de lui : « Celui qui est descendu, c’est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. » « L’Église est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. » Dans le Saint-Esprit, le Seigneur Jésus est avec son peuple ici sur la terre. Bien qu’invisible et non dans la chair, sa présence personnelle est aussi réelle sur la terre que lorsqu’il marchait avec ses disciples. Dans la régénération, le croyant est retiré de son ancienne place « dans la chair » ; il n’est plus dans la chair, mais dans l’esprit (Romains 8:9) ; il est réellement et effectivement en Christ. Le Christ vivant l’entoure par sa sainte présence. Où qu’il soit et quoi qu’il soit, si ignorant de sa position ou si infidèle qu’il y soit, là il est en Christ. Par un acte de grâce divine et toute-puissante, il a été planté en Christ, environné de toutes parts par la puissance et l’amour de celui qui remplit toutes choses, dont la plénitude habite spécialement dans son corps ici-bas, l’Église.
Et comment celui qui aspire à connaître pleinement Christ comme sa sanctification peut-il en venir à vivre ce que Dieu veut dire et a pourvu en ceci — « en Christ » ? La première chose dont il faut se souvenir, c’est que c’est une affaire de foi et non de sentiment. La promesse de l’habitation et de la vivification du Saint est pour les humbles et les contrits. C’est précisément lorsque je sens le plus profondément que je ne suis pas saint, et que je ne puis rien faire pour me rendre saint, lorsque j’ai honte de moi-même, c’est alors le moment de me détourner de moi-même et de dire tout tranquillement : je suis en Christ. Ici il est tout autour de moi. Comme l’air qui m’environne, comme la lumière qui brille sur moi, voici mon Seigneur Jésus avec moi, dans sa présence cachée mais divine et très réelle. Ma foi doit, dans un repos et une confiance paisibles, s’incliner devant le Père, de qui et par la puissante grâce de qui je suis en Christ : il me le révélera avec une clarté et une puissance sans cesse croissantes. Il le fait à mesure que je crois, et qu’en croyant j’ouvre toute mon âme pour recevoir ce qui y est impliqué : le sentiment de mon péché et de mon manque de sainteté doit devenir la force de ma confiance et de ma dépendance. Dans une telle foi, je demeure en Christ.
Mais parce que c’est de la foi, c’est donc du Saint-Esprit. C’est de Dieu que vous êtes en Christ. Ce n’est pas comme si Dieu nous avait placés et plantés en Christ, et nous laissait maintenant le soin de maintenir l’union. Non, Dieu est l’Éternel, le Dieu de la vie éternelle, qui agit à chaque instant dans une puissance qui ne cesse pas un seul moment. Ce que Dieu donne, il le continue par un don qui ne cesse jamais. C’est lui qui, par le Saint-Esprit, fait de cette vie en Christ une bienheureuse réalité dans notre conscience. « Nous avons reçu l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. » La foi ne dépend pas seulement de Dieu pour le don qu’elle doit accepter, mais aussi pour la puissance de l’accepter. La foi n’a pas seulement besoin du Fils comme sa plénitude et sa nourriture ; elle a besoin de l’Esprit comme sa puissance pour recevoir et pour tenir. Et ainsi la bienheureuse possession de tout ce que signifie être en Christ notre sanctification vient à mesure que nous apprenons à nous incliner devant Dieu dans une prière croyante pour les puissantes opérations de l’Esprit, et dans la profonde confiance d’enfant qu’il révélera et glorifiera en nous ce Christ notre sanctification en qui nous sommes.
Et comment l’Esprit révélera-t-il ce Christ en qui nous sommes ? Ce sera spécialement comme le Vivant, l’Ami et le Maître personnel. Christ n’est pas seulement notre Exemple et notre Idéal. Sa vie n’est pas seulement une atmosphère et une inspiration, comme lorsque nous parlons d’un homme qui nous influence puissamment par ses écrits. Christ n’est pas seulement un trésor et une plénitude de grâce et de puissance, dans lesquels l’Esprit doit nous conduire. Mais Christ est le Sauveur vivant, avec un cœur qui bat d’un amour tendrement humain, et pourtant divin. C’est dans cet amour qu’il s’approche, et c’est dans cet amour qu’il nous reçoit, lorsque le Père nous plante en lui. Dans la puissance d’un amour personnel, il veut exercer son influence et nous attacher à lui-même. Dans cet amour qui est le sien, nous avons la garantie que sa sainteté entrera en nous ; dans cet amour, la grande puissance par laquelle elle entre. À mesure que l’Esprit nous révèle où nous demeurons — en Christ et dans son amour — et que ce Christ est un Seigneur et un Sauveur vivant, s’éveille au-dedans de nous l’enthousiasme d’un attachement personnel, et le dévouement d’une fidélité aimante, qui nous rendent entièrement siens. Et il devient possible pour nous de croire que nous pouvons être saints : nous avons la certitude que, dans le chemin de la sainteté, nous pouvons aller de force en force.
Une telle intuition croyante de notre relation à Christ comme étant en lui, et un tel attachement personnel à celui qui nous a reçus dans son amour et nous y garde demeurant, devient la source d’une nouvelle obéissance. La volonté de Dieu nous parvient à la lumière de la vie de Christ et de son amour — chaque commandement d’abord accompli par lui, puis transmis à nous comme le secours sûr et très béni vers une communion plus parfaite avec le Père et sa sainteté. Christ devient Seigneur et Roi dans l’âme, par la puissance du Saint-Esprit, conduisant la volonté dans toute la parfaite volonté de Dieu, et se montrant lui-même sa sanctification, à mesure qu’il couronne son obéissance d’un afflux toujours plus grand de la présence et de la sainteté de Dieu.
Y a-t-il quelque cher enfant de Dieu tant soit peu disposé à perdre courage en pensant à quel homme il devrait être dans toute une vie sainte ? Que je l’appelle à prendre courage. Dieu aurait-il pu concevoir quelque chose de plus merveilleux ou de plus beau pour des créatures si pécheresses et si impuissantes ? Songes-y : Christ, le propre Fils de Dieu, fait sanctification pour toi. Le Christ puissant, aimant et saint, sanctifié par la souffrance afin de pouvoir compatir avec toi, donné pour te rendre saint. Que pourrais-tu désirer de plus ? Oui, il y a plus : « C’est de Dieu que vous êtes en lui. » Que tu le comprennes ou non, si faiblement que tu le réalises, cela demeure, chose très divinement vraie et réelle. Tu es en Christ, par un acte de la propre puissance de Dieu. Et là, en Christ, Dieu lui-même désire t’établir et t’affermir jusqu’à la fin. Et tu as, merveille des merveilles, le Saint-Esprit au-dedans de toi pour t’enseigner à connaître, à croire et à recevoir tout ce qu’il y a en Christ pour toi. Et si seulement tu veux confesser qu’il n’y a en toi ni sagesse ni puissance pour la sainteté, aucune, et laisser Christ, « la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu », par le Saint-Esprit au-dedans de toi, te conduire en avant, et prouver combien complètement, combien fidèlement, combien puissamment il peut être ta sanctification, il le fera très glorieusement.
Ô mon frère ! viens consentir plus pleinement au chemin de sainteté de Dieu. Que Christ soit ta sanctification. Non pas un Christ lointain que tu regardes, mais un Christ tout proche, tout autour de toi, en qui tu es. Non pas un Christ selon la chair, un Christ du passé, mais un Christ présent dans la puissance du Saint-Esprit. Non pas un Christ que tu puisses connaître par ta sagesse, mais le Christ de Dieu, qui est Esprit, et que l’Esprit au-dedans de toi, à mesure que tu meurs à la chair et à toi-même, révélera avec puissance. Non pas un Christ tel que tes petites pensées puissent s’en former une idée, mais un Christ selon la grandeur du cœur et de l’amour de Dieu. Oh ! viens accepter ce Christ, et réjouis-toi en lui ! Consens maintenant à laisser toute ta faiblesse, ta folie et ton infidélité entre ses mains, dans la confiance paisible qu’il fera pour toi plus que tu ne peux penser. Et qu’il en soit désormais ainsi, comme il est écrit : Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur.
Soyez saints, comme je suis saint.
Ô Père très béni ! Je m’incline dans une adoration muette devant le saint mystère de ton amour divin….
Oh ! pardonne-moi de l’avoir si peu connu et cru, autant qu’il mérite d’être connu et cru.
Accepte ma louange pour ce que j’ai vu et goûté de sa bienheureuse divinité. Accepte, Seigneur Dieu ! la louange d’un cœur joyeux et aimant, qui sait seulement qu’il ne pourra jamais te louer dignement.
Et écoute ma prière, ô mon Père ! qu’au moyen de la puissance de ton Saint-Esprit, qui habite en moi, je puisse chaque jour accepter et vivre pleinement ce que tu m’as donné en Christ, ma sanctification. Que les richesses insondables qui sont en lui soient la provision quotidienne pour chacun de mes besoins. Que sa sainteté, ses délices en ta volonté, deviennent véritablement les miennes. Enseigne-moi, par-dessus tout, comment cela peut se réaliser le plus sûrement, parce que je suis, par l’œuvre de ta toute-puissante puissance vivifiante, en lui, et que tu m’y gardes toi-même. Mon Père ! ma foi s’écrie : je peux être saint, béni soit mon Seigneur Jésus !
Dans cette foi, je me livre à toi, Seigneur Jésus, mon Roi et mon Maître, pour ne faire que ta volonté. En tout ce que je fais, grand ou petit, je voudrais agir comme un être sanctifié en Jésus, uni à la volonté de Dieu en lui. Toi seul peux m’enseigner à le faire, toi seul peux me donner la force de l’accomplir. Mais je me confie en toi — n’es-tu pas Christ ma sanctification ? Seigneur béni ! oui, je me confie en toi. Amen.
1. Christ, tel qu’il a vécu et est mort sur la terre, est notre sanctification. Sa vie, l’Esprit de sa vie, voilà ce qui constitue notre sainteté. Être en parfaite harmonie avec Christ, avoir sa pensée, c’est être saint.
2. La sainteté de Christ avait deux côtés. Dieu le sanctifia par son Esprit : Christ se sanctifia lui-même en suivant la conduite de l’Esprit, en abandonnant sa volonté à Dieu en toutes choses. Ainsi Dieu nous a rendus saints en Christ ; et ainsi nous poursuivons et perfectionnons la sainteté en nous abandonnant à l’Esprit de Dieu, en abandonnant notre volonté et en vivant dans la volonté de Dieu.
3. Il est bon que nous saisissions chaque aspect de ce que Dieu a révélé de la sainteté dans sa parole. Mais ne nous lassons jamais à chercher à tout saisir complètement. Revenons plutôt à la simplicité qui est en Jésus. S’incliner à ses pieds, croire qu’il sait tout ce dont nous avons besoin, qu’il possède tout, et qu’il aime à tout donner, voilà le repos. Et la sainteté, c’est de se reposer en Jésus du repos de Dieu. Que toutes nos pensées se rassemblent en une seule : Jésus, Jésus béni.
4. Cette sainte vie en Christ est pour aujourd’hui, au moment où tu lis ceci. Car aujourd’hui il est fait de Dieu sanctification pour toi : aujourd’hui il sera vraiment ta sainteté. Crois en lui pour cela ; confie-toi en lui, loue-le. Et souviens-toi : tu es en lui.