Chapitre 20 · 12 min de lecture
La sainteté et la résurrection
« Le Fils de Dieu, né de la postérité de David, selon la chair, et déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts. » — Romains 1:4.
Ces paroles parlent d’une double naissance de Christ. Selon la chair, il est né de la postérité de David. Selon l’Esprit, il a été le premier-né d’entre les morts. De même qu’il était Fils de David en vertu de sa naissance selon la chair, de même il a été déclaré Fils de Dieu avec puissance, en vertu de sa naissance de résurrection par l’Esprit de sainteté. De même que la vie qu’il reçut par sa première naissance était une vie dans la chair et selon la chair, avec sa faiblesse, de même la vie nouvelle qu’il reçut dans la résurrection était une vie dans la puissance de l’Esprit de sainteté.
L’expression « l’Esprit de sainteté » est singulière. Ce n’est pas le mot ordinaire qui désigne la sainteté de Dieu, employé ici comme en Hébreux 12:10, où il décrit la sainteté dans l’abstrait comme l’attribut d’un objet, mais un autre mot (employé aussi en 2 Corinthiens 7:1 et 1 Thessaloniciens 3:13) qui exprime l’habitude de la sainteté dans son action — la sainteté pratique, ou sanctité. Paul se servit de ce mot parce qu’il voulait mettre en relief cette pensée : que la résurrection de Christ était nettement le résultat de cette vie de sainteté et de propre sanctification qui avait culminé dans sa mort. C’était l’esprit de la vie de sainteté qu’il avait vécue, dans la puissance duquel il fut ressuscité. Il nous enseigne que cette vie et cette mort de propre sanctification, en quoi seul consiste notre sanctification, furent la racine et le fondement de sa résurrection, et de sa proclamation comme Fils de Dieu avec puissance, le premier-né d’entre les morts. La résurrection fut le fruit que porta cette vie de sainteté.
Et ainsi la vie de sainteté devient la propriété de tous ceux qui participent à la résurrection. La vie de résurrection et l’Esprit de sainteté sont inséparables. Christ s’est sanctifié lui-même dans la mort, afin que nous soyons nous-mêmes sanctifiés par la vérité : lorsque, en vertu de l’Esprit de sainteté, il fut ressuscité des morts, cet Esprit de sainteté se révéla être la puissance de la vie de résurrection, et la vie de résurrection se révéla être une vie de sainteté.
Comme croyant, tu as part à cette vie de résurrection. Tu as été « régénéré par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts ». Tu es « ressuscité avec Christ ». Il t’est commandé « de te regarder comme vivant pour Dieu en Jésus-Christ ». Mais la vie ne peut agir avec puissance qu’à mesure que tu cherches à la connaître, à te livrer à elle, à la laisser prendre pleine possession et maîtrise. Et pour qu’elle le fasse, l’une des choses les plus importantes à réaliser pour toi, c’est que, de même que ce fut en vertu de l’Esprit de sainteté que Christ fut ressuscité, de même l’Esprit de cette même sainteté doit être en toi la marque et la puissance de ta vie. Applique-toi à connaître et à posséder l’Esprit de sainteté tel qu’il s’est vu dans la vie de ton Seigneur.
Et en quoi consistait-il ? Son secret était, nous dit-on : « Voici, je viens pour faire ta volonté, ô Dieu. » « C’est en vertu de cette volonté », faite par Christ, « que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ ». Ce fut là Christ se sanctifiant lui-même, dans la vie et dans la mort ; ce fut là ce que l’Esprit de sainteté opéra en lui ; c’est là ce que le même Esprit, l’Esprit de la vie en Jésus-Christ, opérera en nous : une vie dans la volonté de Dieu est une vie de sainteté. Efforce-toi ardemment de le saisir clairement. Christ est venu révéler ce que serait la vraie sainteté dans les conditions de la vie humaine et de la faiblesse. Il est venu l’accomplir pour toi, afin de te la communiquer par son Esprit. À moins que tu ne la comprennes intelligemment et ne l’acceptes de bon cœur, l’Esprit ne peut l’opérer en toi. Cherche de tout ton cœur à t’en saisir : la volonté de Dieu acceptée sans hésitation est la puissance de la sainteté.
C’est en cela que doit avoir son point de départ toute tentative d’être saint comme Christ est saint, avec sa sainteté et en elle. Beaucoup cherchent à prendre pour l’imiter tel ou tel trait isolé de la vie ou de l’image de Christ, et pourtant échouent grandement sur d’autres. Ils n’ont pas vu que le renoncement à soi auquel Jésus appelle signifie réellement le reniement du moi, dans tout le sens de ce mot. En pas une seule chose la volonté du moi ne doit se faire : Jésus, qui ne fit que la volonté du Père, doit régner, et non le moi. « Demeurer parfaits et pleinement persuadés dans toute la volonté de Dieu » doit être le but, la prière, l’attente du disciple. Il n’y a pas à craindre qu’il soit impossible de connaître la volonté du Père en toute chose. « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra. » Le Père ne laissera pas l’enfant de bonne volonté dans l’ignorance de sa volonté. À mesure que l’abandon à l’Esprit de sainteté, à Jésus et à la domination de sa vie sainte devient plus simple, le péché et la propre volonté seront découverts, l’intelligence spirituelle s’ouvrira, et la loi écrite au-dedans deviendra lisible et intelligible. Il n’y a pas à craindre qu’il soit impossible de faire la volonté du Père une fois qu’elle est connue. Lorsque la douleur de l’échec et du péché aura poussé le croyant dans l’expérience de Romains 7, et que ce « je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur » aura prouvé son sérieux dans le cri « Misérable que je suis ! », la délivrance viendra par Jésus-Christ. L’Esprit opère non seulement le vouloir, mais le faire ; là où le croyant ne pouvait que se plaindre, « je ne trouve pas le pouvoir de faire le bien », il donne la force et le chant : « la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort ».
Dans cette foi qu’il est possible de connaître et de faire la volonté de Dieu en toutes choses, reçois de lui, en qui seul tu es saint, ce principe de vie : « Je viens pour faire ta volonté, ô Dieu. » C’est le principe de la vie de résurrection : sans lui, Jésus n’aurait jamais été ressuscité. C’est le principe de la vie nouvelle en toi. Accepte-le ; étudie-le ; réalise-le ; mets-le en pratique. Bien des croyants ont trouvé que quelques simples paroles de consécration, exprimant le dessein de faire en tout la volonté de Dieu, ont été une entrée dans la joie et la puissance de la vie de résurrection jusque-là inconnues. La volonté de Dieu est l’expression complète de sa perfection morale, de sa sainteté divine. Prendre sa place au centre de cette volonté, la vivre, en être porté et soutenu, telle fut la puissance de cette vie de Jésus que la mort ne pouvait retenir, qui ne pouvait que jaillir dans la gloire de la résurrection. Ce qu’elle fut pour Jésus, elle le sera pour nous.
La sainteté, c’est la vie : voilà l’expression la plus simple de la vérité qu’enseigne notre texte. Il ne peut y avoir de sainteté avant qu’une vie nouvelle ne soit implantée. La vie nouvelle ne peut croître et éclater en puissance de résurrection, ne peut porter de fruit, qu’à mesure qu’elle croît en sainteté. Tant que le croyant vit la vie mêlée, en partie dans la chair et en partie dans l’esprit, avec un peu du moi et un peu de Christ, il cherche en vain la sainteté. C’est la vie nouvelle qui est la vie sainte : la pleine appréhension par la foi, le plein abandon dans la conduite, seront le chemin de la sainteté. Jésus a vécu, est mort et est ressuscité pour nous préparer une nature nouvelle, à recevoir jour après jour dans l’obéissance de la foi : nous avons « revêtu l’homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité ». Que la vie intérieure, cachée avec Christ en Dieu, cachée aussi au plus profond des replis de notre être le plus intime, soit reconnue, attendue, cédée : elle se déploiera dans toutes les beautés de la sainteté.
Il y a plus. Cette vie n’est pas comme la vie de la nature, un principe aveugle et non conscient, réalisant involontairement son idéal dans une obéissance sans résistance à la loi de son être. Il y a l’Esprit de la vie en Jésus-Christ — l’Esprit de sainteté — le Saint-Esprit habitant en nous comme une Personne divine, entrant en communion avec nous et nous introduisant dans la communion du Christ vivant. C’est cela qui remplit notre vie d’espérance et de joie. Le Sauveur ressuscité souffla le Saint-Esprit sur ses disciples : l’Esprit amène le Ressuscité sur le terrain, dans nos cœurs, comme un ami personnel, comme un Guide et un Soutien vivant. L’Esprit de sainteté est l’Esprit, la présence et la puissance du Christ vivant. Jésus dit de l’Esprit : « vous le connaissez ». N’est-ce pas là notre grand besoin, connaître ce Saint-Esprit, l’Esprit de Christ, de sa sainteté et de la nôtre ? Comment pourrions-nous « marcher selon l’esprit » et suivre sa conduite, si nous ne le connaissons pas, lui, sa voix et sa voie ?
Apprenons encore une leçon de notre texte. C’est du tombeau de la chair et de la volonté du moi que l’Esprit de sainteté jaillit en puissance de résurrection. Nous devons accepter la mort à la chair, la mort au moi avec son vouloir et son agir, comme le lieu de naissance de notre expérience de la puissance de l’Esprit de sainteté. En vue de chaque combat contre le péché, dans chaque exercice de la foi ou de la prière, nous devons entrer dans la mort de Jésus, la mort au moi, et, comme ceux qui disent : « nous ne sommes pas par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes », attendre dans une foi paisible que l’Esprit de Christ accomplisse son œuvre. L’Esprit agira, te fortifiant puissamment dans l’homme intérieur et bâtissant au-dedans de toi un temple saint pour le Seigneur. Et le temps viendra, s’il n’est pas encore venu pour toi — et il est peut-être plus proche que tu n’oses l’espérer — où l’habitation consciente de Christ dans ton cœur par la foi, la pleine révélation et l’intronisation de lui comme maître et gardien du cœur et de la vie, sera devenue une expérience personnelle. Selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection d’entre les morts, le Fils de Dieu sera déclaré avec puissance dans le royaume qui est au-dedans de toi.
Soyez saints, car je suis saint.
Seigneur Dieu très saint ! nous te bénissons de ce que tu as ressuscité ton Fils d’entre les morts et lui as donné la gloire, afin que notre foi et notre espérance fussent en toi. Tu as fait de sa résurrection la puissance de la vie éternelle en nous, et maintenant, de même qu’il a été ressuscité, nous aussi nous pouvons marcher en nouveauté de vie. De même que l’Esprit de sainteté habita et œuvra en lui, il habite et œuvre en nous, et devient en nous l’Esprit de vie.
Ô Dieu ! nous te supplions de parfaire ton œuvre dans tes saints. Donne-leur un sens plus profond de la sainte vocation par laquelle tu les as appelés en Christ, le Ressuscité. Donne à tous d’accepter l’Esprit de sa vie sur la terre, le plaisir dans la volonté de Dieu, comme l’esprit de leur vie. Que ceux qui ne l’ont encore jamais pleinement accepté soient amenés à le faire, et, dans la foi de la puissance de la vie nouvelle, à dire : j’accepte la volonté de Dieu comme ma seule loi. Que l’Esprit de sainteté soit l’esprit de leur vie !
Père ! nous te supplions, fais que Christ, dans une expérience toujours croissante de sa puissance de résurrection, soit ainsi révélé dans nos cœurs comme le Fils de Dieu, Seigneur et Maître au-dedans de nous. Que sa vie au-dedans inspire toute la vie extérieure, afin qu’à la maison et dans la société, dans la pensée, la parole et l’action, dans la religion et dans les affaires, sa vie resplendisse de nous dans la beauté de la sainteté. Amen.
1. L’Écriture considère la résurrection sous deux aspects différents. Sous l’un, elle est le titre à la vie nouvelle, la source de notre justification. (Romains 4:25 ; 1 Corinthiens 15:17.) Sous l’autre, elle est notre régénération, la puissance de la vie nouvelle agissant en nous, la source de notre sanctification. (Romains 6:4 ; 1 Pierre 1:3.) Le pardon et la sainteté sont inséparables ; ils ont la même source, l’union avec le Christ vivant et ressuscité.
2. Le bonheur des disciples d’avoir un Christ ressuscité fut celui-ci : lui, qu’ils croyaient mort, vint et se révéla à eux. Christ vit pour se révéler à toi et à moi ; attends-toi à lui, confie-toi en lui pour cela. Il se révélera à toi comme ta sanctification. Veille à le posséder en possession vivante, et tu as sa sainteté.
3. La vie de Christ est la sainteté de Christ. La raison pour laquelle nous échouons si souvent dans la poursuite de la sainteté, c’est que la vieille vie, la chair, cherche par sa propre force la sainteté comme un beau vêtement à porter pour entrer au ciel. C’est de la mort quotidienne au moi que s’élève la vie de Christ.
4. Mourir ainsi, vivre ainsi en Christ, être saint — comment y parvenir ? Tout vient « selon l’Esprit de sainteté ». Aie le Saint-Esprit au-dedans de toi. Dis chaque jour : « Je crois au Saint-Esprit. »
5. Saints en Christ. Lorsque Christ vit en nous, et que sa pensée, telle qu’elle trouva son expression dans ses paroles et son œuvre sur la terre, entre et remplit notre volonté et notre conscience personnelle, alors notre union avec lui devient ce qu’il voulut qu’elle fût. C’est l’Esprit de sa conduite sainte, l’Esprit de sa sanctité, qui doit être en nous.