Chapitre 2 · 12 min de lecture
L’appel de Dieu à la sainteté
« Mais, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, selon qu’il est écrit : Vous serez saints, car je suis saint. » — 1 Pierre 1:15-16.
L’appel de Dieu est la manifestation dans le temps du dessein de l’éternité : « Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés. » Les croyants sont « les appelés selon son dessein ». Dans son appel, il nous révèle quelles sont ses pensées et sa volonté à notre égard, et quelle est la vie à laquelle il nous convie. Dans son appel, il nous fait clairement connaître quelle est l’espérance de notre vocation ; à mesure que nous la saisissons spirituellement et que nous y entrons, notre vie sur la terre sera le reflet de son dessein dans l’éternité.
La sainte Écriture emploie plus d’un mot pour désigner l’objet ou le but de notre vocation, mais aucun plus souvent que celui dont Pierre parle ici — Dieu nous a appelés à être saints comme il est saint. Paul s’adresse deux fois aux croyants comme à des « appelés à être saints » (Romains 1:7 ; 1 Corinthiens 1:2). « Dieu ne nous a pas appelés », dit-il, « à l’impureté, mais à la sanctification » (1 Thessaloniciens 4:7). Lorsqu’il écrit : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers », il ajoute : « Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera » (1 Thessaloniciens 5:24). La vocation elle-même est appelée « une sainte vocation ». Le dessein éternel dont la vocation est le fruit est lui aussi constamment rattaché à la sainteté comme à son but. « En lui, il nous a élus, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles » (Éphésiens 1:4). « Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification » (2 Thessaloniciens 2:13). « Élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l’Esprit » (1 Pierre 1:2). L’appel est le dévoilement du dessein sur lequel le Père, de toute éternité, avait mis son cœur : que nous soyons saints.
Il n’est pas besoin de prouver combien il importe infiniment de bien connaître ce à quoi Dieu nous a appelés. Un malentendu sur ce point peut avoir des conséquences funestes. Vous avez peut-être entendu dire que Dieu vous appelle au salut ou au bonheur, à recevoir le pardon ou à obtenir le ciel, sans jamais remarquer que tout cela était subordonné. C’était au « salut dans la sanctification », c’était à la sainteté en premier lieu, comme à l’élément dans lequel se trouvent le salut et le ciel. Les plaintes de bien des chrétiens quant au manque de joie et de force, quant aux échecs et à l’absence de croissance, tiennent simplement à ceci : la place que Dieu a donnée à la sainteté dans son appel, ils ne la lui ont pas donnée dans leur réponse. Dieu et eux ne sont encore jamais parvenus à un accord là-dessus.
Il n’est pas étonnant que Paul, dans le chapitre où il avait parlé aux Éphésiens de ce qu’ils étaient « élus pour être saints », demande que l’esprit de sagesse et de révélation dans la connaissance de Dieu soit donné aux croyants, afin qu’ils connaissent « l’espérance de leur vocation » (Éphésiens 1:17-18). Nous tous qui sentons que nous avons trop peu compris que nous sommes appelés à la sainteté, faisons cette prière. C’est précisément ce qu’il nous faut. Demandons à Dieu de nous montrer comment, de même que celui qui nous a appelés est lui-même saint, nous aussi devons être saints ; notre vocation est une vocation sainte, une vocation avant et par-dessus tout à la sainteté. Demandons-lui de nous montrer ce qu’est la sainteté, la sienne d’abord, puis la nôtre ; de nous montrer comment il y a mis son cœur comme à la seule chose qu’il veut voir en nous, étant son image et sa ressemblance ; de nous montrer aussi l’ineffable félicité et la gloire d’avoir part avec Christ à sa sainteté. Oh ! que Dieu, par son Esprit, nous enseigne ce que signifie être appelés à être saints comme il est saint. Nous pouvons aisément concevoir quelle puissante influence cela exercerait.
« Puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints ». Comme cet appel de Dieu nous montre le vrai motif de la sainteté. « Soyez saints, car je suis saint. » C’est comme si Dieu disait : La sainteté est ma félicité et ma gloire ; sans elle, tu ne peux, dans la nature même des choses, ni me voir ni jouir de moi. La sainteté est ma félicité et ma gloire ; on ne peut rien concevoir de plus élevé ; je t’invite à la partager avec moi, je t’invite à me ressembler : « Soyez saints, car je suis saint. » N’est-ce pas assez, cela n’a-t-il aucun attrait, cela ne t’émeut-il pas et ne t’attire-t-il pas puissamment, l’espérance d’être avec moi, participant de ma sainteté ? Je n’ai rien de meilleur à offrir — je m’offre moi-même : « Soyez saints, car je suis saint. » N’allons-nous pas crier ardemment à Dieu de nous montrer la gloire de sa sainteté, afin que nos âmes soient rendues disposées à tout donner en réponse à ce merveilleux appel ?
À mesure que nous écoutons l’appel, il nous montre aussi la nature de la vraie sainteté. « De même qu’il est saint, soyez saints vous aussi. » Être saint, c’est être semblable à Dieu, avoir une disposition, une volonté, un caractère semblables à ceux de Dieu. Cette pensée a presque des airs de blasphème, jusqu’à ce que nous écoutions de nouveau : « Il nous a élus en Christ pour être saints. » En Christ, la sainteté de Dieu est apparue dans une vie humaine : dans l’exemple de Christ, dans sa pensée et son Esprit, nous avons la sainteté de l’Invisible traduite dans les formes de la vie et de la conduite humaines. Être semblable à Christ, c’est être semblable à Dieu ; être semblable à Christ, c’est être saint comme Dieu est saint.
L’appel révèle également la puissance de la sainteté. « Nul n’est saint comme l’Éternel » ; il n’y a de sainteté que celle qu’il possède, ou plutôt celle qu’il est et qu’il donne. La sainteté n’est pas quelque chose que nous faisons ou que nous atteignons : elle est la communication de la vie divine, l’insufflation de la nature divine, la puissance de la Présence divine reposant sur nous. Et notre pouvoir de devenir saints se trouve dans l’appel de Dieu : le Saint nous appelle à lui-même, afin de nous rendre saints en nous donnant de le posséder. Il ne dit pas seulement : « Je suis saint », mais : « Je suis l’Éternel, qui sanctifie. » C’est parce que l’appel à la sainteté vient du Dieu de puissance et d’amour infinis que nous pouvons avoir cette assurance : nous pouvons être saints.
L’appel ne révèle pas moins la mesure de la sainteté. « De même qu’il est saint, vous aussi vous-mêmes », ou (comme le porte la marge de la R.V.) : « Comme le Saint qui vous appelle, soyez saints vous aussi vous-mêmes. » Il n’y a pas une mesure de sainteté pour Dieu et une autre pour l’homme. La nature de la lumière est la même, que nous la voyions dans le soleil ou dans une chandelle : la nature de la sainteté demeure inchangée, que ce soit Dieu ou l’homme en qui elle habite. Le Seigneur Jésus ne pouvait rien dire de moins que : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » Quand Dieu nous appelle à la sainteté, il nous appelle à lui-même et à sa propre vie : plus nous écoutons attentivement cette voix et la laissons pénétrer dans nos cœurs, plus toutes les mesures humaines s’effacent, et seules se font entendre ces paroles : Saint, comme je suis saint.
Et l’appel nous montre le chemin de la sainteté. L’appel de Dieu est d’une puissante efficacité, un appel efficace. Oh ! écoutons-le seulement, écoutons-le lui seul, et l’appel opérera avec une puissance divine ce qu’il offre. Il appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient : son appel donne la vie aux morts et la sainteté à ceux qu’il a fait vivre. Il nous appelle à écouter tandis qu’il parle de sa sainteté et de notre sainteté semblable à la sienne. Il nous appelle à lui-même, à étudier, à craindre, à aimer, à revendiquer sa sainteté. Il nous appelle à Christ, en qui la sainteté divine est devenue sainteté humaine, à voir et à admirer, à désirer et à accepter ce qui est tout entier pour nous. Il nous appelle à l’habitation et à l’enseignement de l’Esprit de sainteté, à nous abandonner afin qu’il applique en nous et souffle au-dedans de nous ce qui est nôtre en Christ. Chrétien ! écoute Dieu qui t’appelle à la sainteté. Viens apprendre ce qu’est sa sainteté, et ce qu’est et doit être la tienne.
Oui, fais un profond silence et écoute. Quand Dieu appela Abraham, il répondit : Me voici. Quand Dieu appela Moïse du milieu du buisson, il répondit : Me voici, et il se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu. Dieu t’appelle à la sainteté, à lui-même le Saint, afin de te rendre saint. Que ton âme tout entière réponde : Me voici, Seigneur ! Parle, Seigneur ! Montre-toi, Seigneur ! Me voici. À mesure que tu écoutes, la voix résonnera toujours plus profonde et toujours plus paisible : Sois saint, comme je suis saint. Sois saint, car je suis saint. Tu entendras une voix sortie de la grande éternité, de la salle du conseil de la rédemption, et, en saisissant son murmure lointain, ce sera : Sois saint, je suis saint. Tu entendras une voix venue du Paradis, le Créateur sanctifiant le septième jour pour l’homme qu’il avait créé, et disant : Sois saint. Tu entendras la voix du Sinaï, au milieu des tonnerres et des éclairs, et c’est encore : Sois saint, comme je suis saint. Tu entendras une voix venue du Calvaire, et là par-dessus tout c’est : Sois saint, car je suis saint.
Enfant de Dieu, l’as-tu jamais compris : notre Père nous appelle à lui-même, pour être saints comme il est saint ? Ne devons-nous pas confesser que le bonheur a compté pour nous plus que la sainteté, le salut plus que la sanctification ? Oh ! il n’est pas trop tard pour réparer l’erreur. Unissons-nous maintenant pour écouter la voix qui appelle, pour nous approcher, et pour découvrir et connaître ce qu’est la sainteté, ou plutôt pour découvrir et connaître le Saint lui-même. Et si la première approche de lui nous remplit de honte et de confusion, nous fait craindre et reculer, écoutons encore la Voix et l’Appel : « Sois saint, comme je suis saint. » « Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera. » Toutes nos craintes et toutes nos questions trouveront réponse auprès du Saint qui a révélé sa sainteté, dans ce seul but que nous la partagions avec lui. Tandis que nous nous abandonnons, dans un profond silence de l’âme, à l’écoute de la Voix sainte qui nous appelle, elle éveillera en nous un nouveau désir et une foi ferme, et la plus précieuse de toutes les promesses sera pour nous cette parole de commandement divin :
Soyez saints, car je suis saint.
Ô Seigneur ! toi le seul Saint, tu nous as appelés à être saints, comme toi-même tu es saint. Seigneur ! comment le pourrions-nous, si tu ne nous révèles ta sainteté ? Montre-nous, nous t’en prions, comment tu es saint, combien tu es saint, ce qu’est ta sainteté, afin que nous sachions comment nous devons être saints, combien saints nous devons être. Et lorsque la vue de ta sainteté ne fait que nous montrer davantage combien nous sommes impurs, enseigne-nous que tu rends participants de ta propre sainteté ceux qui viennent à toi pour l’obtenir.
Ô Dieu ! nous venons à toi, le Saint. C’est en te connaissant, en te trouvant et en te possédant que l’âme trouve la sainteté. Nous t’en supplions, tandis que nous venons maintenant à toi, affermis dans les pensées de notre cœur que l’unique objet de ton appel et de notre venue à toi est la sainteté. Tu veux nous voir semblables à toi, participants de ta sainteté. Si jamais notre cœur vient à s’effrayer, comme si elle était trop haute, ou se contente d’un salut moindre que la sainteté, Dieu béni ! fais-nous entendre ta voix appeler encore : Sois saint, je suis saint. Que cet appel soit notre motif et notre force, car il est fidèle celui qui appelle, et c’est lui aussi qui le fera. Que cet appel marque notre mesure et notre chemin ; oh ! que notre vie soit telle que tu es capable de la faire.
Père saint ! je m’incline dans une humble adoration et un profond silence devant toi. Que maintenant ta propre voix retentisse au fond de mon cœur pour m’appeler : Sois saint, comme je suis saint. Amen.
1. Que je le presse auprès de chaque lecteur de ce petit livre : si ce livre doit l’aider dans la poursuite de la sainteté, il lui faut commencer par Dieu lui-même. Tu dois aller à celui qui t’appelle. Ce n’est que dans la révélation personnelle de Dieu à toi, tandis qu’il dit : Je suis saint, que le commandement : Soyez saints, peut avoir vie et puissance.
2. Souviens-toi que, comme croyant, tu as déjà accepté l’appel de Dieu, même si tu ne l’as pas pleinement compris. Que ce soit une chose arrêtée : quel que soit le sens que tu découvres à cet appel, tu l’accepteras et l’accompliras aussitôt. Si Dieu m’appelle à être saint, saint je serai.
3. Saisis fermement cette parole : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers : celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera. » Dans cette foi, écoute Dieu qui t’appelle.
4. Fais silence maintenant, et écoute ton Père qui t’appelle. Demande et compte sur le Saint-Esprit, l’Esprit de sainteté, pour ouvrir ton cœur à l’intelligence de ce saint appel. Puis exprime la réponse que tu as à donner à cet appel.