Saint en Christ ·Sainteté et Vérité

Chapitre 17 · 13 min de lecture

Sainteté et Vérité

« Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. » — Jean 17:17.

« Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. » — 2 Thessaloniciens 2:13.

Le principal moyen de sanctification dont Dieu se sert est sa parole. Et pourtant, que de lecture et d’étude, que d’enseignement et de prédication de la parole n’ont presque aucun effet pour rendre les hommes saints. Ce n’est pas la parole qui sanctifie ; c’est Dieu lui-même qui seul peut sanctifier. Et ce n’est pas non plus simplement par la parole que Dieu le fait, mais par la Vérité qui est dans la parole. Comme moyen, la parole est d’une valeur inexprimable, comme le vase qui contient la vérité, si Dieu s’en sert ; comme moyen, elle est sans valeur si Dieu ne s’en sert pas. Efforçons-nous de relier la sainte Parole de Dieu au Dieu saint lui-même. Dieu sanctifie dans la Vérité par sa parole.

Jésus venait de dire : « Je leur ai donné les paroles que tu m’as données. » Efforçons-nous de saisir ce que cela signifie. Songez à cette grande transaction dans l’éternité : l’Être infini, que nous appelons Dieu, donnant ses paroles à son Fils ; dans ses paroles ouvrant son cœur, communiquant sa pensée et sa volonté, se révélant lui-même ainsi que tout son dessein et son amour. Dans une puissance et une réalité divines qui dépassent toute conception, Dieu donna à Christ ses paroles. Dans la même puissance vivante, Christ les donna à ses disciples, toutes pleines d’une vie et d’une énergie divines pour agir dans leurs cœurs, à mesure qu’ils étaient capables de les recevoir. Et de même que dans les paroles d’un homme sur la terre nous nous attendons à trouver toute la sagesse ou toute la bonté qui est en lui, ainsi la parole du Trois fois Saint est tout animée de la sainteté de Dieu. Tout le feu sacré, tant de son zèle brûlant que de son amour brûlant, habite dans ses paroles.

Et pourtant les hommes peuvent manier ces paroles, les étudier, les prononcer, et rester entièrement étrangers à leur sainteté ou à leur pouvoir de rendre saint. C’est Dieu lui-même, le Saint, qui doit rendre saint par la parole. Toute semence, dans laquelle est contenue la vie d’un arbre, a autour d’elle une enveloppe ou une écorce, qui protège et cache la vie intérieure. Ce n’est que là où la semence trouve place dans un sol propice, et où l’enveloppe est brisée et ôtée, que la semence peut germer et grandir. Et ce n’est que là où il y a un cœur en harmonie avec la sainteté de Dieu, l’aspirant, s’y livrant, que la parole rendra vraiment saint. C’est le cœur qui ne se contente pas de la parole, mais qui cherche le Vivant, le Saint, dans la parole, à qui il révélera la vérité, et, en elle, lui-même. C’est la parole qui nous est donnée par Christ comme Dieu la lui a donnée, et reçue par nous comme elle le fut par lui, pour gouverner et remplir notre vie, qui a le pouvoir de rendre saint.

Mais nous devons remarquer tout spécialement comment notre Sauveur dit : Sanctifie-les, non dans la parole, mais dans la vérité. De même que dans l’homme il y a le corps, l’âme et l’esprit, ainsi en est-il de la vérité. Il y a d’abord la vérité-parole ; un homme peut posséder la forme correcte des mots sans vraiment saisir la vérité qu’ils contiennent. Puis il y a la vérité-pensée ; il peut y avoir une claire appréhension intellectuelle de la vérité sans l’expérience de sa puissance. La Bible parle de la vérité comme d’une réalité vivante : c’est la vérité-vie, dans laquelle l’Esprit même de la vérité que nous professons est entré et a pris possession de notre être intérieur. Christ s’appelle lui-même la Vérité : il est dit plein de grâce et de vérité. La vie et la grâce divines sont en lui comme une existence et une réalité réellement substantielles. Il n’agit pas seulement sur nous par des pensées et des motifs, mais il communique, comme une réalité, la vie éternelle qu’il a apportée pour nous d’auprès du Père. Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de vérité ; ce qu’il communique est tout réel et actuel, la substance même des choses invisibles ; il conduit dans la Vérité, non la vérité-pensée ou la doctrine seulement, mais la vérité-vie, la possession personnelle de la Vérité telle qu’elle est en Jésus. Comme Esprit de vérité, il est l’Esprit de sainteté ; la vie de Dieu, qui est sa sainteté, il nous l’apporte comme une possession réelle.

C’est maintenant de cette Vérité vivante, qui demeure dans la parole comme la vie de la semence demeure dans l’enveloppe, que Jésus dit : « Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. » Il veut nous faire remarquer l’intime connexion, aussi bien que la profonde différence, entre la parole et la vérité. Cette connexion est voulue de Dieu et destinée à être inséparable. « Ta parole est la vérité » ; en Dieu elles sont une. Mais non chez l’homme. De même qu’il y avait des hommes en contact étroit et en relations continuelles avec Jésus, pour qui il n’était qu’un homme, et rien de plus, ainsi il y a des chrétiens qui connaissent et comprennent la parole, et qui pourtant sont étrangers à sa véritable puissance spirituelle. Ils ont la lettre mais non l’esprit ; la Vérité leur vient en parole mais non en puissance. La parole ne les rend pas saints, parce qu’ils ne la tiennent pas en Esprit et en Vérité. À d’autres, au contraire, qui savent ce que c’est que de recevoir la vérité dans l’amour d’elle, qui se livrent, dans tous leurs rapports avec la parole, à l’Esprit de vérité qui demeure en elle et en eux aussi, la parole vient vraiment comme Vérité, comme une réalité divine, communiquant et opérant ce dont elle parle. Et c’est d’un tel usage de la parole que le Sauveur dit : « Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. » De même que les paroles que Dieu lui a données étaient toutes dans la puissance de la Vie, de l’Amour et de la Volonté éternels de Dieu, révélation et communication du dessein du Père, de même que la parole de Dieu était Vérité pour lui et en lui, ainsi peut-elle l’être en nous. Et lorsque nous la recevons ainsi, nous sommes rendus saints dans la Vérité.

Et quelles sont maintenant les leçons que nous avons à apprendre ici pour le chemin de la Sainteté ? La première est celle-ci : veillons à ne nous contenter, dans tous nos rapports avec la Parole bénie de Dieu, de rien de moins que de l’expérience de celle-ci, comme vérité de Dieu, comme esprit et comme puissance. Jésus a dit : « Si vous demeurez dans ma parole, vous connaîtrez la vérité. » Aucune analyse ne peut jamais trouver ni prouver la vie d’une semence : plantez-la dans un sol convenable, et la croissance témoignera de la vie. Ce n’est que lorsque la parole de Dieu est reçue dans l’amour d’elle, qu’elle croît et agit en nous, que nous pouvons en connaître la vérité, connaître qu’elle est la Vérité de Dieu. C’est en vivant dans les paroles de Jésus, dans l’amour et l’obéissance, en les gardant et en les mettant en pratique, que la Vérité venue du ciel, la Puissance de la Vie divine qui est en elles, se déploiera pour nous. Christ est la Vérité ; en lui l’amour et la grâce, la vie même de Dieu, sont venus sur la terre comme une existence substantielle, une Puissance vivante et grande, quelque chose de nouveau qui n’avait jamais été sur la terre auparavant (Jean 1:17) ; livrons-nous au Christ vivant pour qu’il nous possède et nous gouverne comme la Vérité vivante, alors la parole de Dieu sera Vérité pour nous et en nous.

L’Esprit de Christ est l’Esprit de vérité ; cette réalité céleste et actuelle de la vie et de l’amour divins en Christ, la Vérité, a un Esprit, qui vient la communiquer et la transmettre. Gardons-nous d’essayer d’étudier, de comprendre ou de prendre possession de la parole de Dieu sans cet Esprit par qui la parole fut prononcée autrefois ; nous ne trouverions que l’enveloppe, la vérité ou la pensée et le sentiment, très beaux peut-être, mais sans aucun pouvoir de nous rendre saints. Nous devons avoir l’Esprit de la Vérité au-dedans de nous. Il nous conduira dans la Vérité ; lorsque nous sommes dans la Vérité, Dieu nous rend saints en elle et par elle. La Vérité doit être en nous, et nous en elle. Dieu veut la vérité au-dedans de nous : nous devons être de ceux dont Christ dit : « Si vous étiez de la vérité », « celui qui est de la vérité me connaît ». Dans la sphère inférieure de la vie et de la conduite quotidiennes, de la pensée et de l’action, il doit y avoir un amour intense de la vérité, et la disposition à tout sacrifier pour elle ; dans la vie spirituelle, une profonde faim que toute notre religion, chaque jour, à chaque instant, se tienne pleinement dans la vérité de Dieu. C’est à l’esprit simple, humble et enfantin que la vérité de la parole sera descellée et révélée. En un tel esprit l’Esprit de vérité vient demeurer. En de tels croyants, tandis qu’ils attendent chaque jour devant le Saint dans le silence et le dénuement, dans la révérence et la sainte crainte, son Saint-Esprit agit et donne la vérité au-dedans. En communiquant ainsi Christ tel qu’il est révélé dans la parole, dans sa vie et son amour divins, comme leur propre vie, il les rend saints de la sainteté de Christ.

Il y a encore une autre leçon. Écoutez cette prière, l’écho terrestre de la prière qu’il vit toujours pour la faire monter : « Père saint ! sanctifie-les par ta vérité. » Voulez-vous être saint, enfant de Dieu ? Jetez-vous dans ce puissant courant d’intercession qui afflue sans cesse vers le sein du Père et l’atteint sans cesse. Laissez-vous porter par lui jusqu’à ce que votre âme tout entière s’écrie, avec des soupirs inexprimables, trop profonds et trop intenses pour le langage humain : « Père saint ! sanctifie-moi par ta vérité. » Tandis que vous vous confiez en Christ comme en la vérité, la réalité de ce à quoi vous aspirez, et en son intercession toute-puissante ; tandis que vous attendez l’Esprit au-dedans comme l’Esprit de vérité ; levez les yeux vers le Père, et attendez sa propre action directe et toute-puissante pour vous rendre saint. Le mystère de la sainteté est le mystère du Dieu trois fois un. L’entrée plus profonde dans la vie sainte repose dans la communion des Trois en Un. C’est le Père qui nous affermit en Christ, qui donne, en un don chaque jour renouvelé, le Saint-Esprit ; c’est vers le Père, le Père saint, que l’âme doit lever les yeux continuellement dans la prière : « Sanctifie-moi par ta vérité. »

On a bien dit que, dans le mot Saint, nous avons la pensée centrale de la prière sacerdotale. Comme attribut du Père (Jean 17:11), comme œuvre du Fils pour lui-même et pour nous (v. 19), comme œuvre directe du Père par l’Esprit (v. 17, 20), il est la révélation de la gloire de Dieu en lui-même et en nous. Entrons dans le lieu très saint, et, tandis que nous nous inclinons avec notre grand souverain sacrificateur, que le cri profond et incessant monte pour toute l’Église de Dieu : « Père saint ! sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. » La parole dans laquelle Dieu rend saint se résume en ceci : Saints en Christ. Que Dieu la rende vérité en nous !

Soyez saints, comme je suis saint.

Père béni ! à Israël tu as dit : Moi, l’Éternel, je suis saint et je rends saint. Mais ce n’est qu’en ton Fils bien-aimé que la pleine gloire de ta sainteté, comme nous rendant saints, a été révélée. Tu es notre Père saint, qui nous rends saints dans ta vérité.

Nous te rendons grâces de ce que ton Fils nous a donné les paroles que tu lui as données, et de ce que, comme il les a reçues de toi en vie et en puissance, nous pouvons les recevoir aussi. Ô Père ! de tout notre cœur nous les recevons ; que l’Esprit les rende vérité et vie au-dedans de nous. Ainsi te connaîtrons-nous comme le Saint, consumant le péché, renouvelant le pécheur.

Nous te bénissons surtout pour ton Fils béni, le Saint de Dieu, la Parole vivante en qui demeure la Vérité. Nous te rendons grâces de ce que, dans son intercession qui ne cesse jamais, ce cri monte sans cesse vers toi : « Père, sanctifie-les par ta vérité », et de ce que la réponse jaillit sans cesse de ta gloire. Père saint ! rends-nous saints dans ta vérité, dans ta merveilleuse révélation de toi-même en celui qui est la vérité. Que ton Saint-Esprit domine tellement dans nos cœurs que ton saint Enfant Jésus, se sanctifiant lui-même pour nous afin que nous soyons sanctifiés dans la vérité, soit pour nous le Chemin, la Vérité et la Vie. Puissions-nous savoir que nous sommes en lui dans ta présence, et que ton unique parole en réponse à notre prière de nous rendre saints est : Saints en Christ. Amen.

1. Dieu est le Dieu de vérité — non la vérité dans la parole seulement, ni la vérité de doctrine — mais la vérité de l’existence, ou la vie dans sa réalité divine. Et Christ est la vérité ; l’incarnation réelle de cette vie divine. Et il y a un royaume de vérité, de réalités spirituelles divines, dont Christ est le Roi. Et de toute cette vérité de Dieu en Christ, l’essence même est l’Esprit. Il est l’Esprit de vérité : il nous y conduit, en sorte que nous sommes de la vérité et que nous marchons en elle. De la vérité, la réalité qui est en Dieu, la Sainteté est la racine la plus profonde ; l’Esprit de vérité est le Saint-Esprit.

2. C’est l’œuvre du Père de nous rendre saints dans la vérité : inclinons-nous très bas dans une confiance d’enfant, tandis que nous exhalons la prière : « Père saint ! sanctifie-nous par ta vérité. » Il le fera.

3. C’est l’intercession du Fils qui demande et obtient cette bénédiction : prenons notre place en lui, et réjouissons-nous dans l’assurance d’une réponse.

4. C’est l’Esprit de vérité par qui le Père accomplit cette œuvre, en sorte que nous demeurons dans la vérité, et la vérité en nous. Livrons-nous très librement et très pleinement à la conduite de l’Esprit, dans nos rapports avec la Parole de Dieu, afin que, comme le Fils le demande, le Père nous rende saints dans la vérité.

5. À la lumière de cette œuvre du Dieu trois fois un, ne lisons jamais la Parole que dans ce but : être rendus saints dans la vérité par Dieu.


Dix-septième Jour.

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Saint en Christ Andrew Murray

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