La guérison divine ·Le corps pour le Seigneur

Chapitre 9 · 5 min de lecture

Le corps pour le Seigneur

1 Corinthiens 6:13 L’un des plus savants théologiens a dit que la corporéité est le terme des voies de Dieu. Comme nous l’avons déjà vu, c’est bien là ce que Dieu a accompli en créant l’homme. C’est cela qui fait l’étonnement et l’admiration des habitants du ciel lorsqu’ils contemplent la gloire du Fils. Revêtu d’un corps humain, Jésus a pris pour toujours sa place sur le trône de Dieu, afin de participer à sa gloire. C’est cela que Dieu a voulu. Cela sera reconnu au jour où l’humanité régénérée, formant le corps de Christ, sera véritablement et visiblement le temple du Dieu vivant (2 Corinthiens 6:16), et où toute la création, dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, participera à la gloire des enfants de Dieu. Le corps matériel sera alors entièrement sanctifié, glorifié par l’Esprit ; et ce corps, ainsi spiritualisé, sera la gloire suprême du Seigneur Jésus-Christ et de ses rachetés.

C’est dans l’attente de ce nouvel ordre de choses que le Seigneur attache une grande importance à ce que son Esprit habite et sanctifie nos corps, ici-bas. Cette vérité est si peu comprise des croyants qu’ils cherchent moins encore la puissance du Saint-Esprit dans leurs corps. Beaucoup d’entre eux, croyant que ce corps leur appartient, en usent à leur gré. Ne comprenant pas à quel point la sanctification de l’âme et de l’esprit dépend du corps, ils ne saisissent pas tout le sens des paroles : « Le corps est pour le Seigneur », de manière à les recevoir dans l’obéissance.

« Le corps est pour le Seigneur. » Qu’est-ce que cela signifie ? L’apôtre vient de dire : « Les aliments sont pour le ventre, et le ventre pour les aliments ; et Dieu détruira l’un comme les autres. » Le manger et le boire offrent au chrétien l’occasion de mettre en pratique cette vérité : « Le corps est pour le Seigneur. » Il lui faut en effet apprendre à manger et à boire pour la gloire de Dieu. C’est par le manger que le péché et la chute sont survenus. C’est aussi par le manger que le diable a cherché à tenter notre Seigneur. Ainsi Jésus lui-même a sanctifié son corps en ne mangeant que selon la volonté de son Père (Matthieu 4:4). Beaucoup de croyants négligent de veiller sur leur corps — de garder une sainte sobriété afin d’éviter de rendre leur corps impropre au service de Dieu. Le manger et le boire ne devraient jamais entraver la communion avec Dieu ; leur but est plutôt de la faciliter en maintenant le corps dans son état normal.

L’apôtre parle aussi de l’impudicité, ce péché qui souille le corps et qui s’oppose directement aux paroles : « Le corps est pour le Seigneur. » Il ne s’agit pas seulement de l’incontinence hors de l’état de mariage, mais aussi dans cet état ; toute volupté, tout manque de sobriété de quelque nature que ce soit est condamné par ces paroles : « Votre corps est le temple du Saint-Esprit » (1 Corinthiens 6:19). De même, tout ce qui sert à entretenir le corps — à le vêtir, à le fortifier, à le reposer dans le sommeil ou à lui procurer du plaisir — doit être placé sous le contrôle du Saint-Esprit. De même que, sous l’Ancienne Alliance, le temple était construit uniquement pour Dieu et pour son service, de même notre corps a été créé pour le Seigneur et pour lui seul.

L’un des principaux bienfaits de la guérison divine sera donc de nous enseigner que notre corps doit être affranchi du joug de notre propre volonté pour devenir la propriété du Seigneur. Dieu n’accorde pas la guérison à nos prières avant d’avoir atteint le but pour lequel il a permis la maladie. Il veut que cette discipline nous introduise dans une communion plus intime avec lui ; il veut nous faire comprendre que nous avons regardé notre corps comme notre propriété, alors qu’il appartenait au Seigneur, et que le Saint-Esprit cherche à sanctifier toutes ses actions. Il nous amène à comprendre que si nous livrons notre corps sans réserve à l’influence du Saint-Esprit, nous éprouverons sa puissance en nous, et qu’il nous guérira en introduisant dans notre corps la vie même de Jésus ; il nous amène, en un mot, à dire avec une pleine conviction : « Le corps est pour le Seigneur. »

Il y a des croyants qui recherchent la sainteté, mais seulement pour l’âme et l’esprit. Dans leur ignorance, ils oublient que le corps et tout son système nerveux — que la main, l’oreille, les yeux, la bouche — sont appelés à témoigner directement de la présence et de la grâce de Dieu en eux. Ils n’ont pas suffisamment fait leur ces paroles : « Vos corps sont des membres de Christ. » « Si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez » (1 Corinthiens 6:15 ; Romains 8:13). « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! » (1 Thessaloniciens 5:23). Oh ! quel renouvellement s’opère en nous lorsque, par son propre toucher, le Seigneur guérit nos corps, lorsqu’il en prend possession et que, par son Esprit, il devient pour eux vie et santé ! C’est avec une conscience indescriptible de sainteté, de crainte et de joie que le croyant peut alors offrir son corps en sacrifice vivant pour recevoir la guérison, et avoir pour devise ces paroles : « Le corps est pour le Seigneur. »

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La guérison divine Andrew Murray

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