Chapitre 10 · 5 min de lecture
Le Seigneur pour le corps
1 Corinthiens 6:13 Il y a une réciprocité dans les relations de Dieu avec l’homme. Ce que Dieu a été pour moi, je dois à mon tour l’être pour lui. Et ce que je suis pour lui, il désire à son tour l’être pour moi. Si, dans son amour, il se donne pleinement à moi, c’est afin que je puisse, dans l’amour, me donner pleinement à lui. Dans la mesure où je lui abandonne plus ou moins réellement tout mon être, dans cette mesure aussi il se donne plus réellement à moi. Dieu conduit ainsi le croyant à comprendre que cet abandon de soi engage le corps, et plus notre vie témoigne que le corps est pour le Seigneur, plus aussi nous éprouvons que le Seigneur est pour le corps. En disant : « Le corps est pour le Seigneur », nous exprimons le désir de regarder notre corps comme entièrement consacré, offert en sacrifice au Seigneur et sanctifié par lui. En disant : « Le Seigneur est pour le corps », nous exprimons la précieuse certitude que notre offrande a été acceptée, et que, par son Esprit, le Seigneur communiquera à notre corps sa propre force et sa propre sainteté, et que désormais il nous fortifiera et nous gardera.
C’est une affaire de foi. Notre corps est matériel, faible, débile, pécheur, mortel. C’est pourquoi il est difficile de saisir d’emblée toute la portée des paroles : « Le Seigneur est pour le corps. » C’est la Parole de Dieu qui nous explique la manière de nous les assimiler. Le corps a été créé par le Seigneur et pour le Seigneur. Jésus a pris sur lui un corps terrestre. Dans son corps il a porté nos péchés sur la croix, et a par là affranchi notre corps de la puissance du péché. En Christ le corps a été ressuscité et assis sur le trône de Dieu. Le corps est la demeure du Saint-Esprit ; il est appelé à un partage éternel de la gloire du ciel. C’est pourquoi, avec certitude, et dans un sens large et universel, nous pouvons dire : « Oui, le Seigneur Jésus, notre Sauveur, est pour le corps. » Cette vérité a de nombreuses applications. En premier lieu, elle est d’un grand secours pour la sainteté pratique. Plus d’un péché tire sa force de quelque tendance physique. L’ivrogne converti a horreur des boissons enivrantes, mais, malgré cela, ses appétits sont parfois pour lui un piège et remportent la victoire sur ses convictions nouvelles. Si toutefois, dans le combat, il remet son corps avec confiance au Seigneur, tout appétit physique, tout désir de boire sera vaincu. Notre humeur aussi résulte souvent de notre constitution physique. Un système nerveux et irritable produit des paroles vives, dures et dénuées d’amour. Mais que le corps ayant cette tendance physique soit apporté au Seigneur, et l’on éprouvera bientôt que le Saint-Esprit peut mortifier les élans de l’impatience et sanctifier le corps, en le rendant irréprochable.
Ces paroles, « Le Seigneur est pour le corps », s’appliquent aussi à la force physique que le service du Seigneur exige de nous. Lorsque David s’écrie : « C’est Dieu qui me ceint de force », il entend la force physique, car il ajoute : « Il rend mes pieds semblables à ceux des biches... et mes bras tendent l’arc d’airain » (Psaume 18:33, 34). De même, dans ces paroles : « L’Éternel est le soutien de ma vie » (Psaume 27:1), il ne s’agit pas seulement de l’homme spirituel, mais de l’homme tout entier. Bien des croyants ont éprouvé que la promesse : « Ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force » (Ésaïe 40:31) touche le corps, et que le Saint-Esprit accroît la force physique.
Mais c’est surtout dans la guérison divine que nous voyons la vérité de ces paroles : « Le Seigneur est pour le corps. » Oui, Jésus, le Guérisseur souverain et miséricordieux, est toujours prêt à sauver et à guérir. Il y avait en Suisse, il y a quelques années, une jeune fille atteinte de tuberculose et près de mourir. Le médecin lui avait conseillé un climat plus doux, mais elle était trop faible pour entreprendre le voyage. Elle apprit que Jésus est le Guérisseur des malades. Elle crut à cette bonne nouvelle, et une nuit, comme elle réfléchissait à ce sujet, il lui sembla que le corps du Seigneur s’approchait d’elle, et qu’elle devait prendre à la lettre ces paroles : « Son corps pour notre corps. » À partir de ce moment elle commença à aller mieux. Quelque temps après, elle se mit à tenir des lectures bibliques, et plus tard elle devint une ouvrière zélée et grandement bénie pour le Seigneur parmi les femmes. Elle avait appris à comprendre que le Seigneur est pour le corps.
Cher malade, le Seigneur t’a montré par la maladie quel pouvoir le péché a sur le corps. Par ta guérison, il voudrait aussi te montrer la puissance de la rédemption du corps. Il t’appelle à montrer ce que tu n’avais pas compris jusqu’ici, que « le corps est pour le Seigneur ». C’est pourquoi donne-lui ton corps. Donne-le-lui avec ta maladie et avec le péché, qui est la source originelle de la maladie. Crois toujours que le Seigneur a pris en charge ce corps, et il manifestera avec puissance qu’il est réellement le Seigneur, qui est pour le corps. Le Seigneur, qui a lui-même pris ici-bas un corps et l’a régénéré, du plus haut des cieux où il est maintenant, revêtu de son corps glorifié, nous envoie sa force divine, voulant ainsi manifester sa puissance dans notre corps.