Revêtue de force et de dignité ·Garder son cœur : les émotions, la langue et un esprit paisible

Chapitre 9 · 8 min de lecture

Garder son cœur : les émotions, la langue et un esprit paisible

« Mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. » 1 Pierre 3:4 Le livre des Proverbes nous exhorte à garder notre cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. Tout ce qui sort de votre bouche — chaque parole adressée à votre mari, chaque correction donnée à votre enfant, chaque salutation offerte au voisin, chaque plainte que vous formulez — jaillit d’abord de votre cœur. Si votre cœur est rempli de paix, c’est la paix qui en sortira. S’il est rempli de colère, c’est la colère qui en sortira. S’il est rempli d’amertume, ce sont des paroles amères qui en sortiront. Voilà pourquoi le Seigneur Jésus a dit que c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle.

La femme chrétienne a reçu, par la grâce de Dieu, un cœur nouveau. Lorsque vous êtes venue au Christ, il a ôté votre cœur de pierre et vous a donné un cœur de chair. Il a mis son Esprit en vous. Et pourtant, vous devez encore apprendre chaque jour à marcher selon l’Esprit et non selon la chair. Les vieilles habitudes de colère, de jalousie, de peur, d’apitoiement sur soi et d’amertume ne disparaissent pas du jour au lendemain. Elles doivent être mises à mort un jour après l’autre.

Permettez-moi de parler de plusieurs émotions qui peuvent troubler une femme chrétienne, et de la manière dont les Écritures nous aident à les affronter.

Premièrement, la colère. Il existe une colère juste — le Seigneur Jésus s’est indigné contre les changeurs dans le temple. Mais la plupart de nos colères ne sont pas justes. Elles sont charnelles. Elles surgissent parce que notre orgueil est blessé, parce que nous n’avons pas obtenu ce que nous voulions, parce que quelqu’un nous a contrariées, parce que nous sommes fatiguées. La Bible dit : Si vous vous mettez en colère, ne péchez point ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère. Cela signifie : réglez votre colère sans tarder. Allez à Dieu. Confessez-la. Demandez-lui son aide. Si vous avez fait du tort à quelqu’un dans votre colère, allez faire la paix. Ne laissez pas la colère mijoter dans votre cœur. Si vous le faites, elle se changera en amertume, et l’amertume est un poison qui tue les mariages, les familles et les amitiés.

Deuxièmement, la peur. Toute femme a ses peurs. La peur pour la sécurité de ses enfants. La peur pour sa santé. La peur de la pauvreté. La peur du qu’en-dira-t-on. La peur de l’avenir. La Bible nous répète sans cesse : ne crains rien, car je suis avec toi. Ésaïe 41:10 est un verset précieux à retenir par cœur : « Ne crains rien, car je suis avec toi ; ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante. » Quand la peur vient, proclamez la parole de Dieu à votre propre âme. Priez. Ayez confiance. Déchargez-vous sur le Seigneur de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous.

Troisièmement, la jalousie. C’est un péché subtil et dangereux. C’est le péché de Caïn, qui tua Abel parce que Dieu avait agréé l’offrande d’Abel et non la sienne. C’est le péché de Marie, frappée de lèpre pour avoir envié Moïse. C’est le péché des frères de Joseph, qui le vendirent comme esclave. La jalousie naît lorsque nous nous comparons aux autres. Elle a une plus belle maison. Elle a un meilleur mari. Ses enfants se conduisent mieux que les miens. Elle a plus d’argent. Elle est plus jolie. Elle est plus respectée à l’église. Quand ces pensées viennent, repentez-vous-en aussitôt. Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent. Remerciez Dieu pour ce qu’il vous a donné. Ne vous comparez pas. Dieu a tracé un chemin différent pour chacune de ses filles.

Quatrièmement, l’amertume. L’auteur de l’épître aux Hébreux nous avertit de veiller à ce qu’aucune racine d’amertume ne pousse et ne vienne nous troubler. L’amertume vient généralement d’une blessure — une plaie profonde qui n’a jamais guéri.

Peut-être un mari vous a-t-il déçue. Peut-être un membre de votre famille vous a-t-il trompée. Peut-être un pasteur vous a-t-il blessée. Peut-être une amie vous a-t-elle trahie. Si vous ne traitez pas la blessure par la prière, le pardon, et souvent par le conseil de chrétiens sages, la blessure devient une racine.

Et cette racine grandit jusqu’à empoisonner tout ce qui est dans votre vie. Vous devez pardonner. Pardonner ne signifie pas que ce que l’autre a fait était juste. Cela ne signifie pas toujours que vous redeviendrez amies avec cette personne, surtout si elle continue à vous faire du mal. Pardonner, c’est la remettre entre les mains de Dieu et refuser de laisser plus longtemps son péché régner sur votre cœur.

Cinquièmement, l’apitoiement sur soi. C’est un péché très répandu chez les femmes, et très subtil. Il murmure : « Personne ne me comprend. Personne ne se soucie de moi. Je travaille si dur et personne ne l’apprécie. » L’apitoiement sur soi concentre toute votre attention sur vous-même. Il se nourrit des plaintes secrètes. Il conduit à la tristesse et au ressentiment. Le remède, c’est l’adoration et le service. Levez les yeux vers le Seigneur. Comptez vos bénédictions.

Puis allez servir quelqu’un d’autre. Lorsque vous versez votre vie pour les autres, le Seigneur remplit votre propre coupe.

Venons-en maintenant à la langue. L’épître de Jacques dit que la langue est un feu, un monde d’iniquité.

Elle peut bénir, et elle peut maudire. Elle peut édifier, et elle peut détruire. Elle peut dire la vérité, et elle peut répandre le mensonge. De tous les domaines qu’une femme chrétienne doit soumettre à l’autorité du Seigneur, la langue est peut-être le plus important.

Les Proverbes mettent en garde, encore et encore, contre la femme querelleuse. Ils disent qu’il vaut mieux habiter à l’angle d’un toit que de partager une grande maison avec une femme querelleuse. Ils disent qu’il vaut mieux habiter dans une terre déserte qu’avec une femme querelleuse et irritable. La Bible n’est pas dure envers les femmes — elle adresse les mêmes avertissements aux hommes sous d’autres formes — mais elle est franche. Une épouse à la langue acérée peut faire fuir son mari. Elle peut rendre ses enfants craintifs devant elle. Elle peut remplir sa maison de tension.

En revanche, considérez la femme de Proverbes 31. Elle ouvre la bouche avec sagesse, et des instructions aimables sont sur sa langue. Quelle belle description. Ses paroles sont sages. Ses paroles sont bienveillantes. Elle ne parle pas pour blesser. Elle ne parle pas à la légère. Elle ne médit pas. Elle ne rabaisse pas les autres. Quand elle parle, la sagesse coule de ses lèvres.

Permettez-moi d’être très concrète. Gardez votre langue au marché, là où les femmes se rassemblent. Ne participez pas aux commérages sur d’autres femmes, d’autres familles, d’autres églises. Si d’autres se mettent à médire, trouvez une raison de vous éloigner, ou changez doucement de sujet. Gardez votre langue à la maison. Ne parlez pas durement à votre mari. Ne harcelez pas. Ne répondez pas à vos enfants avec colère. Gardez votre langue à l’église. Ne critiquez pas le pasteur devant les autres. Ne répandez pas de rumeurs sur les autres membres. Gardez votre langue sur votre téléphone et en ligne. Bien des femmes chrétiennes ont ruiné leur témoignage par ce qu’elles écrivent dans les groupes WhatsApp ou sur Facebook.

Considérez l’exemple de Marie, la mère de notre Seigneur. Lorsqu’elle reçut de l’ange la nouvelle bouleversante qu’elle porterait le Fils de Dieu, elle, vierge non mariée, que fit-elle ? Elle ne discuta pas. Elle ne courut pas chez les voisins. Elle dit : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole. » Et plus tard, quand de grandes choses arrivèrent autour de l’enfant Jésus — les bergers vinrent, les mages vinrent, d’étranges prophéties furent prononcées — la Bible dit qu’elle gardait toutes ces choses et les repassait dans son cœur. C’était une femme à l’esprit paisible. Elle n’avait pas besoin de dire tout ce qu’elle pensait. Elle gardait la vérité au fond de son cœur et l’apportait à Dieu dans la prière. Voilà le genre d’esprit dont le Seigneur fait ses délices.

Or, un esprit doux et paisible ne désigne pas une femme qui ne parle jamais. Il ne désigne pas une femme qui pactise avec le péché ou qui se laisse écraser. Abigaïl parla avec hardiesse à David et sauva sa maison. Esther parla avec hardiesse au roi et sauva son peuple. Les filles de Tselophchad parlèrent avec hardiesse à Moïse et reçurent leur héritage. L’esprit doux et paisible est un esprit soumis à la conduite du Saint-Esprit. Il ne parle pas à la légère. Il ne parle pas sous l’emprise de la colère. Et lorsqu’il parle, il parle avec la grâce et la vérité ensemble.

Une prière. Saint-Esprit, viens sonder mon cœur aujourd’hui. Montre-moi la colère, la peur, la jalousie, l’amertume, l’apitoiement sur moi-même que j’ai laissés prendre racine. Je te confesse ces péchés.

Lave-moi par le sang de Jésus. Mets, ô Éternel, une garde à ma bouche ; veille sur la porte de mes lèvres. Donne-moi la parure d’un esprit doux et paisible, précieux à tes yeux. Que mes paroles apportent la vie et non la mort. Que mon cœur soit un lieu où habite ta paix. Au nom de Jésus, amen.

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