Chapitre 8 · 7 min de lecture
Enseigner les femmes et les enfants
« Dis que les femmes âgées doivent, elles aussi, avoir une conduite qui convient à la sainteté : ni médisantes, ni adonnées au vin, mais enseignant le bien, afin d’apprendre aux jeunes femmes à aimer leurs maris et leurs enfants. » Tite 2:3-4 (Segond) L’un des ministères les plus négligés dans l’Église aujourd’hui est celui des femmes chrétiennes plus âgées qui enseignent les plus jeunes. Paul a dit à Tite, un jeune pasteur, que cela devait être une pratique courante dans l’église. Les femmes âgées devaient apprendre aux plus jeunes à aimer leurs maris, à aimer leurs enfants, à être sobres, discrètes et pures, à tenir leur maison, à faire le bien. Ce n’est pas facultatif. Cela fait partie du dessein de Dieu pour la manière dont la foi se transmet d’une génération à l’autre.
Pourquoi Dieu ordonne-t-il aux femmes âgées d’enseigner les plus jeunes ? Parce que certaines choses s’enseignent mieux de femme à femme. Une jeune épouse ne se sentira peut-être pas à l’aise pour parler à son pasteur des difficultés de son mariage. Une jeune mère aura besoin de conseils pratiques venant de quelqu’un qui a déjà parcouru ce chemin. Une jeune chrétienne aura besoin d’une femme plus âgée pour prier avec elle au moment d’une décision difficile.
Ces relations d’accompagnement sont précieuses et puissantes.
Si vous êtes une femme plus âgée qui lisez ces lignes — et j’entends par là toute femme qui marche avec Christ depuis plus longtemps qu’une autre —, vous avez quelque chose à donner. Vous n’avez pas besoin d’être diplômée d’une école biblique. Vous n’avez pas besoin d’être l’épouse d’un pasteur. Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses.
Il vous suffit d’avoir marché avec le Seigneur, de connaître votre Bible et d’être prête à vous investir auprès de la génération suivante.
Si vous êtes une femme plus jeune, cherchez une sœur aînée dans le Seigneur. Demandez-lui de vous rencontrer, peut-être une fois par mois ou une fois par semaine. Posez-lui vos questions. Apprenez de sa vie. Priez avec elle. La Bible nous dit que le salut est dans le grand nombre des conseillers. N’essayez pas de vivre seule la vie chrétienne.
La Bible nous donne de nombreux exemples de femmes qui enseignent des femmes et des enfants. Pensez à Débora, dans le livre des Juges. C’était une prophétesse qui jugeait Israël en un temps de grande obscurité. Elle siégeait sous un palmier, et le peuple montait vers elle pour être jugé. Elle a aussi conduit la nation au combat aux côtés du guerrier Barak, car Barak refusait d’y aller si elle ne l’accompagnait pas. Débora était une mère en Israël — c’est ainsi qu’elle se décrivait dans son cantique de victoire. Elle enseignait au peuple les voies du Seigneur et montrait du courage dans la bataille. Dieu se sert des femmes comme enseignantes et comme conductrices au sein de son peuple.
Pensez encore à Priscille. Lorsqu’elle et son mari Aquilas entendirent Apollos enseigner dans la synagogue — Apollos était un homme éloquent, versé dans les Écritures, mais qui n’avait pas encore entendu le plein message de Jésus ni celui du baptême du Saint-Esprit —, ils le prirent à part et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu. Priscille a enseigné Apollos. Elle l’a fait discrètement, aux côtés de son mari, non pas en public, mais sa connaissance des Écritures était assez profonde pour instruire un prédicateur doué. Bien des jeunes hommes ont été aidés sur leur chemin par une femme pieuse qui a pris le temps de leur expliquer ce qu’ils ne comprenaient pas encore.
Pensez à Naomi et à Ruth. Lorsque Ruth revint avec Naomi à Bethléhem, elle suivit soigneusement les instructions de Naomi. Naomi lui enseigna les coutumes d’Israël. Naomi lui apprit comment s’approcher de Boaz dans l’affaire du rachat par le proche parent. Ruth obéit à Naomi, et il en résulta son mariage avec Boaz et sa place dans la généalogie du roi David et de Jésus-Christ. Une jeune femme qui écoute le sage conseil d’une femme âgée et pieuse est placée sur un chemin de bénédiction.
Dans l’histoire du Réveil de l’Afrique de l’Est, les femmes ont été au cœur de la diffusion de l’Évangile. Des femmes comme l’épouse de Blasio Kigozi, et bien d’autres dont les noms ne figurent pas dans les livres mais sont écrits au ciel, rassemblaient d’autres femmes pour la communion fraternelle, l’étude de la Bible et la prière. Elles allaient de village en village, de maison en maison, parlant aux autres femmes de Jésus et de la marche dans la lumière.
Leur témoignage simple et fidèle a transformé l’Église en Afrique de l’Est.
Pensez aussi à Mary Slessor, qui partit d’Écosse comme missionnaire vers Calabar, dans l’actuel Nigéria, au XIXe siècle. Elle apprit la langue du peuple. Elle vécut parmi eux. Elle enseigna aux femmes que les jumeaux ne devaient pas être tués, comme le voulait la coutume. Elle leur parla de Jésus. Elle éleva comme les siens des enfants abandonnés. Son influence sur la région fut si grande qu’on se souvient encore d’elle aujourd’hui. Une seule Écossaise, petite et déterminée, changea la vie de milliers de femmes et d’enfants africains.
Ou pensez à Mama Mary Stuart, venue d’Irlande en Ouganda au début des années 1900, qui fonda la Gayaza High School en 1905. Elle croyait que les filles africaines méritaient une éducation chrétienne tout autant que les garçons. Elle bâtit une école où les filles pouvaient apprendre les Écritures, développer leur esprit et se préparer à une vie de femme pieuse. Un siècle plus tard, Gayaza demeure une école de premier plan, et ses anciennes élèves se retrouvent dans toutes les sphères de la vie ougandaise.
Vous n’avez pas besoin de traverser un océan pour enseigner des femmes et des enfants. Vous pouvez le faire dans votre église, dans votre quartier, dans votre famille. Permettez-moi de vous suggérer quelques moyens concrets.
Commencez par les enfants. Portez-vous volontaire à l’école du dimanche. Les récits que vous racontez, les versets que vous enseignez, l’amour que vous montrez façonneront les petits pour toute une vie. Ne pensez pas qu’enseigner les enfants soit moins important qu’enseigner les adultes. Jésus a dit que le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent.
Lancez un petit groupe de femmes. Il n’a pas besoin d’être grand. Réunissez trois ou quatre femmes chez vous. Lisez un chapitre de la Bible. Discutez-en. Priez ensemble. Partagez vos joies et vos fardeaux.
Avec le temps, invitez d’autres femmes à se joindre à vous. Certains des ministères féminins les plus solides au monde ont commencé avec deux ou trois femmes réunies dans une petite pièce.
Accompagnez une femme plus jeune. Regardez autour de vous dans votre église. Qui est une nouvelle convertie, une jeune épouse ou une jeune mère qui pourrait bénéficier d’une sœur aînée et pieuse ? Demandez au Seigneur en qui vous devez vous investir. Puis invitez-la à prendre le thé. Posez-lui des questions. Partagez ce que vous avez appris. Marchez à ses côtés pour un temps.
Enseignez d’abord par votre vie. Paul a dit à Tite que les femmes âgées devaient avoir une conduite qui convient à la sainteté. Vous ne pouvez pas enseigner ce que vous n’êtes pas. Si vous devez apprendre aux jeunes femmes à aimer leurs maris, vous devez aimer le vôtre. Si vous devez leur apprendre à s’occuper de leurs enfants, vous devez vous occuper des vôtres. Il ne s’agit pas d’être parfaite. Il s’agit de marcher dans la voie, de se repentir quand on tombe, et d’être authentique.
Servez-vous de ce que Dieu a mis dans votre main. Peut-être avez-vous un don pour l’hospitalité — apprenez aux jeunes femmes à accueillir les autres. Peut-être avez-vous un don pour la prière — apprenez-leur à intercéder. Peut-être avez-vous un don pour les Écritures — enseignez-leur la Parole. Peut-être avez-vous un don pour l’encouragement — apprenez-leur à édifier plutôt qu’à démolir. Dieu a donné à chacun de nous quelque chose. N’enfouissez pas votre talent. Faites-le fructifier.
Une prière. Père, suscite dans nos églises des femmes qui enseignent des femmes, et des femmes âgées qui s’investissent auprès des plus jeunes. Aide-moi à recevoir avec joie de celles qui sont plus avancées, et à donner de bon cœur à celles qui viennent après moi. Donne-moi la sagesse, l’humilité et l’amour. Que la foi transmise de Loïs à Eunice, puis à Timothée, se transmette aussi dans notre génération.
Fais de moi une mère en Israël, quel que soit mon âge, pour l’amour de ton Royaume. Au nom de Jésus, amen.