Chapitre 3 · 12 min de lecture
La foi en la Personne du Seigneur Jésus.
Il y a chez les hommes une misérable tendance à laisser Christ lui-même en dehors de l’Évangile. Autant vaudrait ôter la farine du pain. Les hommes entendent expliquer le chemin du salut, et ils y consentent comme étant conforme aux Écritures et parfaitement adapté à leur cas ; mais ils oublient qu’un plan ne sert à rien s’il n’est pas mis à exécution, et qu’en matière de salut leur propre foi personnelle au Seigneur Jésus est essentielle. Une route qui mène à York ne m’y conduira pas ; il me faut la parcourir moi-même. Toute la saine doctrine qui ait jamais été crue ne sauvera jamais un homme s’il ne place pas lui-même sa confiance dans le Seigneur Jésus.
M. Macdonald demanda aux habitants de l’île de Saint-Kilda comment un homme doit être sauvé. Un vieillard répondit : « Nous serons sauvés si nous nous repentons, si nous renonçons à nos péchés et si nous nous tournons vers Dieu. » « Oui, dit une femme d’âge mûr, et avec un cœur sincère aussi. » « Certes, reprit un troisième, et avec la prière » ; et un quatrième ajouta : « Il faut que ce soit la prière du cœur. » « Et nous devons être diligents aussi, dit un cinquième, à garder les commandements. » Ainsi, chacun ayant apporté sa modeste part, sentant qu’un credo fort convenable avait été constitué, tous regardèrent et attendirent l’approbation du prédicateur ; mais ils avaient éveillé sa plus profonde pitié : il lui fallut commencer par le commencement et leur prêcher Christ. L’esprit charnel se trace toujours à lui-même un chemin où le moi peut œuvrer et devenir grand ; mais la voie du Seigneur est tout le contraire. Le Seigneur Jésus l’exprime de façon très ramassée en Marc 16:16 : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé. » Croire et être baptisé ne sont point des affaires de mérite dont on puisse se glorifier ; ils sont si simples que toute vantardise en est exclue, et que la grâce gratuite remporte la palme. Cette voie du salut a été choisie afin qu’il fût manifeste qu’elle est de la grâce seule. Il se peut que le lecteur ne soit pas sauvé : quelle en est la raison ? Pensez-vous que la voie du salut, telle qu’elle est exposée dans le texte que nous avons cité, soit douteuse ? Craignez-vous de ne pas être sauvé si vous la suiviez ? Comment cela se pourrait-il, alors que Dieu a engagé sa propre parole pour en garantir la certitude ? Comment pourrait faillir ce que Dieu prescrit, et au sujet de quoi il donne une promesse ? La trouvez-vous très facile ? Pourquoi donc n’y prêtez-vous pas attention ? Sa facilité même laisse sans excuse ceux qui la négligent. Si vous étiez disposé à accomplir quelque grande chose, ne soyez pas assez insensé pour négliger la petite. Croire, c’est se confier, ou s’appuyer sur Christ Jésus ; en d’autres termes, c’est renoncer à compter sur soi-même pour s’en remettre au Seigneur Jésus. Être baptisé, c’est se soumettre à l’ordonnance que notre Seigneur accomplit au Jourdain, à laquelle les convertis se soumirent à la Pentecôte, à laquelle le geôlier obéit la nuit même de sa conversion. C’est la confession extérieure qui devrait toujours accompagner la foi intérieure. Le signe extérieur ne sauve point ; mais il nous représente notre mort, notre ensevelissement et notre résurrection avec Jésus, et, comme la Cène du Seigneur, il ne doit pas être négligé.
Le point capital est de croire en Jésus et de confesser votre foi. Croyez-vous en Jésus ? Alors, cher ami, écartez vos craintes ; vous serez sauvé. Êtes-vous encore incrédule ? Souvenez-vous alors qu’il n’y a qu’une seule porte, et que si vous ne voulez pas entrer par elle, il vous faudra périr dans vos péchés. La porte est là ; mais si vous n’entrez pas par elle, à quoi vous sert-elle ? Il est indispensable que vous obéissiez au commandement de l’Évangile. Rien ne peut vous sauver si vous n’écoutez pas la voix de Jésus et si vous ne faites pas ce qu’il ordonne, vraiment et en vérité. Penser et se résoudre n’atteindront pas le but ; il vous faut en venir aux choses réelles ; car ce n’est qu’en croyant effectivement que vous vivrez véritablement pour Dieu.
J’ai entendu parler d’un ami qui désirait ardemment être l’instrument de la conversion d’un jeune homme, et quelqu’un lui dit : « Vous pouvez aller le voir et lui parler, mais vous ne le mènerez pas plus loin ; car il connaît extrêmement bien le plan du salut. » Il en était éminemment ainsi ; c’est pourquoi, lorsque notre ami commença à s’entretenir avec le jeune homme, il reçut pour réponse : « Je vous suis fort obligé, mais je ne pense pas que vous puissiez m’apprendre grand-chose, car je connais et j’admire depuis longtemps le plan du salut par le sacrifice substitutif de Christ. » Hélas ! il se reposait dans le plan, mais il n’avait pas cru en la Personne. Le plan du salut est on ne peut plus béni, mais il ne peut nous être d’aucun profit si nous ne croyons pas personnellement au Seigneur Jésus-Christ lui-même. À quoi bon le plan d’une maison si vous n’entrez pas dans la maison elle-même ? L’homme de notre gravure, qui est assis dehors sous la pluie, ne tire pas grand réconfort des plans déployés devant lui. À quoi sert le plan d’un vêtement si vous n’avez pas un haillon pour vous couvrir ? N’avez-vous jamais entendu parler du chef arabe du Caire qui, très malade, alla trouver le missionnaire, et le missionnaire lui dit qu’il pouvait lui donner une ordonnance ? Il le fit ; et une semaine plus tard il trouva l’Arabe nullement mieux portant. « Avez-vous pris mon ordonnance ? » demanda-t-il. « Oui, j’en ai mangé le papier jusqu’à la dernière miette. » Il s’imaginait qu’il allait être guéri en dévorant l’écrit du médecin, que je puis appeler le plan du remède. Il aurait dû faire préparer l’ordonnance, et alors elle aurait pu lui faire du bien, s’il avait pris la potion : il ne pouvait lui servir de rien d’avaler la recette. Il en est de même du salut : ce n’est pas le plan du salut qui peut sauver, c’est l’exécution de ce plan par le Seigneur Jésus dans sa mort à notre place, et notre acceptation de cette œuvre. Sous la loi juive, celui qui offrait amenait un taureau et posait ses mains sur lui : ce n’était ni un rêve, ni une théorie, ni un plan. Dans la victime du sacrifice il trouvait quelque chose de substantiel, qu’il pouvait manier et toucher : de même nous nous appuyons sur l’œuvre réelle et véritable de Jésus, la chose la plus substantielle qui soit sous le ciel. Nous venons au Seigneur Jésus par la foi et nous disons : « Dieu a pourvu ici à une expiation, et je l’accepte. Je crois au fait accompli sur la croix ; j’ai la certitude que le péché a été ôté par Christ, et je me repose sur lui. » Si vous voulez être sauvé, il vous faut aller au-delà de l’acceptation de plans et de doctrines, jusqu’à un repos dans la personne divine et l’œuvre achevée du Seigneur Jésus-Christ. Cher lecteur, voulez-vous avoir Christ maintenant ?
Jésus invite tous ceux qui sont fatigués et chargés à venir à lui, et il leur donnera du repos. Il ne le promet pas à ceux qui se contentent de rêver de lui. Ils doivent venir ; et ils doivent venir À LUI, et non pas seulement à l’Église, au baptême, à la foi orthodoxe, ni à rien qui reste en deçà de sa personne divine. Lorsque le serpent d’airain fut élevé dans le désert, le peuple ne devait pas regarder à Moïse, ni au Tabernacle, ni à la colonne de nuée, mais au serpent d’airain lui-même. Regarder ne suffisait pas s’ils ne regardaient pas au bon objet ; et le bon objet ne suffisait pas s’ils ne regardaient pas. Il ne leur suffisait pas de savoir des choses au sujet du serpent d’airain ; il fallait que chacun d’eux le regardât pour lui-même. Quand un homme est malade, il peut avoir une bonne connaissance de la médecine, et néanmoins mourir s’il ne prend pas effectivement la potion qui guérit. Nous devons recevoir Jésus ; car « à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ». Mettez l’accent sur deux mots : Nous devons le recevoir, LUI, et nous devons le RECEVOIR, lui. Nous devons ouvrir grand la porte et faire entrer Christ Jésus ; car « Christ en vous » est « l’espérance de la gloire ». Christ ne doit être pour nous ni un mythe, ni un rêve, ni un fantôme, mais un homme réel, et vraiment Dieu ; et notre accueil de lui ne doit pas être une acceptation forcée et feinte, mais l’assentiment cordial et joyeux, le consentement de l’âme, à ce qu’il soit le tout de notre salut. Ne viendrons-nous pas aussitôt à lui, pour faire de lui notre unique confiance ?
La colombe est pourchassée par l’épervier et ne trouve aucune sécurité contre cet ennemi acharné. Elle a appris qu’il y a pour elle un abri dans la fente du rocher, et elle s’y hâte d’une aile joyeuse. Une fois pleinement à l’abri dans son refuge, elle ne craint plus aucun oiseau de proie. Mais si elle ne se cachait pas dans le rocher, elle serait saisie par son adversaire. Le rocher ne servirait de rien à la colombe si la colombe n’entrait pas dans sa fente. Le corps tout entier doit être caché dans le rocher. Quand bien même dix mille autres oiseaux y auraient trouvé une forteresse, ce fait ne sauverait pas la colombe unique qui est maintenant poursuivie par l’épervier ! Elle doit se mettre tout entière dans l’abri et s’ensevelir au sein de son refuge, sinon sa vie sera livrée au destructeur.
Quelle image de la foi que celle-là ! C’est entrer en Jésus, se cacher dans ses plaies.
« Rocher des siècles, fendu pour moi, Laisse-moi me cacher en toi. »La colombe est hors de vue : seul le rocher se voit. Ainsi l’âme coupable se précipite par la foi dans le côté ouvert de Jésus, et elle y est ensevelie, hors de la vue de la justice vengeresse. Mais il faut cette démarche personnelle vers Jésus pour y chercher abri ; et c’est cela même que tant de gens remettent de jour en jour, jusqu’à ce qu’il soit à craindre qu’ils ne « meurent dans leurs péchés ». Quelle parole terrible que celle-là ! C’est ce que notre Seigneur dit aux Juifs incrédules ; et il nous dit la même chose à cette heure : « si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés ». Le cœur frémit à la pensée que même un seul de ceux qui liront ces lignes puisse encore appartenir à la misérable compagnie de ceux qui périront ainsi. Que le Seigneur l’empêche, dans sa grande grâce !
J’ai vu, l’autre jour, un tableau remarquable, dont je me servirai comme d’une illustration du chemin du salut par la foi en Jésus. Un coupable avait commis un crime pour lequel il devait mourir, mais c’était au temps jadis, quand les églises étaient considérées comme des asiles où les criminels pouvaient se cacher et échapper ainsi à la mort. Voyez le transgresseur ! Il se précipite vers l’église, les gardes le poursuivent l’épée nue, altérés de son sang ! Ils le suivent jusqu’à la porte de l’église. Il gravit les marches en hâte, et au moment même où ils vont l’atteindre et le tailler en pièces sur le seuil de l’église, voici que sort l’Évêque qui, élevant la croix, s’écrie : « Arrière, arrière ! Ne souillez pas de sang l’enceinte de la maison de Dieu ! Reculez ! » Les farouches soldats respectent aussitôt l’emblème et se retirent, tandis que le pauvre fugitif se cache derrière les vêtements de l’Évêque. Il en est de même avec Christ. Le pécheur coupable s’enfuit droit vers Jésus ; et quoique la Justice le poursuive, Christ élève ses mains blessées et crie à la Justice : « Arrière ! J’abrite ce pécheur ; dans le lieu secret de mon tabernacle je le cache ; je ne souffrirai pas qu’il périsse, car il met en moi sa confiance. » Pécheur, fuyez vers Christ ! Mais vous répondez : « Je suis trop vil. » Plus vous êtes vil, plus vous l’honorerez en croyant qu’il est capable de vous protéger, vous aussi. « Mais je suis un si grand pécheur. » Alors il lui sera rendu d’autant plus d’honneur si vous avez la foi de vous fier à lui, tout grand pécheur que vous êtes. Si vous avez un léger malaise, et que vous disiez à votre médecin : « Monsieur, j’ai pleine confiance en votre habileté à guérir », il n’y a pas grand compliment dans votre déclaration. N’importe qui peut guérir un mal au doigt ou une maladie sans gravité. Mais si vous êtes gravement atteint d’un ensemble de maux qui vous tourmentent cruellement, et que vous disiez : « Monsieur, je ne cherche pas de meilleur médecin ; je ne demanderai d’autre avis que le vôtre ; je me confie à vous avec joie », quel honneur ne lui avez-vous pas fait, de pouvoir remettre votre vie entre ses mains alors qu’elle est en danger extrême et immédiat ! Faites de même avec Christ ; remettez votre âme à ses soins : faites-le délibérément et sans le moindre doute. Osez quitter toutes les autres espérances : risquez tout sur Jésus ; je dis « risquez » bien qu’il n’y ait là rien de réellement hasardeux, car il est abondamment capable de sauver. Jetez-vous simplement sur Jésus ; que rien d’autre que la foi ne soit dans votre âme à l’égard de Jésus ; croyez-le, et confiez-vous en lui, et vous ne serez jamais confus d’avoir eu cette assurance. « celui qui croit en elle ne sera point confus » (1 Pierre 2:6).