Chapitre 22 · 4 min de lecture · 6 min d’écoute
Jour 21 — Les conflits à la maison
« D’où viennent les luttes, et d’où viennent les querelles parmi vous? N’est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres? »
— Jacques 4:1
Ça commence par un rien. Qui a fini le forfait de données. À qui c’était le tour d’aller chercher l’eau ou de laver les casseroles. Une remarque sur tes notes pendant le dîner. Dix minutes plus tard, le ton monte, quelqu’un a lancé « Tu fais toujours… » et un autre est parti en claquant la porte. Le soir, toute la maison est tendue, et personne ne se souvient vraiment comment ça a commencé.
Chaque foyer connaît des conflits. Les petits appartements et les grandes concessions, les familles de trois et les familles de onze, les foyers chrétiens et ceux où tu es le seul croyant. S’il y a des disputes chez toi, ça ne veut pas dire que c’est un échec. Mais il te faut apprendre à bien te disputer, parce que certaines disputes guérissent et d’autres blessent.
Jacques pose une question qui pique : d’où viennent vraiment les querelles ? En général, on répond : « D’eux. Ma mère est stressée. Mon frère est pénible. Mon père n’écoute jamais. » Jacques montre une autre direction : « de vos passions qui combattent dans vos membres ». La bagarre au-dehors commence souvent par une bagarre au-dedans. Je veux avoir raison. Je veux qu’on me respecte. Je veux faire à ma façon, avoir mon espace, récupérer mon téléphone. Ces envies ne sont pas toujours mauvaises, mais quand elles commandent, la moindre chose devient une bataille.
C’est en fait une bonne nouvelle : tu n’es pas impuissant. Tu ne peux pas contrôler l’humeur de tes parents ni l’attitude de ta sœur. Tu peux contrôler ce qui se passe en toi.
Voici quelques façons de mieux te disputer.
Écoute d’abord. Jacques dit : « que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère ». La plupart des disputes de famille, ce sont deux personnes qui parlent et personne qui écoute. Les Proverbes le disent sans détour : « Celui qui répond avant d’avoir écouté Fait un acte de folie et s’attire la confusion. » Essaie de redire ce que tu as entendu : « Donc tu es fâché parce que j’avais dit que je rentrerais à six heures et que je suis arrivé à huit heures ? » C’est fou comme ça fait retomber la température.
Baisse la voix quand la sienne monte. « Une réponse douce calme la fureur, Mais une parole dure excite la colère. » Une réponse douce n’est pas une réponse faible. C’est le geste le plus fort.
Choisis ton moment. Demander une chose importante à ton père quand il rentre épuisé du travail, c’est chercher un non. Attends. Le bon moment, c’est une forme d’amour.
Pose les armes. « Tu fais toujours », « Tu ne fais jamais », ressortir les vieilles erreurs, se moquer, claquer les portes, ne plus parler pendant deux jours. Ces armes-là font gagner la dispute et perdre la relation.
Ne va pas te coucher avec. Paul écrit : « Si vous vous mettez en colère, ne péchez point; que le soleil ne se couche pas sur votre colère. » Tu ne régleras peut-être pas tout ce soir, mais tu peux dire : « Pardon d’avoir crié. On peut en parler demain ? »
Tu n’y arriveras pas parfaitement, et personne d’autre chez toi non plus. Mais Paul donne un objectif réaliste : « S’il est possible, autant que cela dépende de vous, soyez en paix avec tous les hommes. » Autant que cela dépende de toi. Ta part est la seule dont tu auras à rendre compte.
Une dernière chose compte beaucoup. Les disputes ordinaires, c’est une chose. Mais si un jour les conflits à la maison deviennent des coups, des menaces ou quoi que ce soit qui te fait peur, ce n’est pas un conflit familial normal, et ce n’est pas de ta faute. Parles-en tout de suite à un adulte de confiance, comme un enseignant, un pasteur ou quelqu’un de ta famille.
Réfléchis : Lors de ta dernière dispute à la maison, que voulais-tu vraiment, au fond ? Et l’autre, que voulait-il ?
À toi de jouer : La prochaine fois qu’un désaccord commence, avant de répondre, redis en une phrase ce que tu crois que l’autre veut dire. Puis réponds, plus doucement que lui.
Pour aller plus loin : Les enseignements clés de Dietrich Bonhoeffer — dans son petit livre sur la vie commune des chrétiens, Bonhoeffer nomme les façons simples et sans éclat dont ceux qui vivent sous un même toit se servent : tenir sa langue au lieu de parler des autres dans leur dos, écouter avant de parler, et « porter » les faiblesses des autres, et même leurs péchés. Commence par le chapitre 12, « Écouter et porter ».
Seigneur, tu connais les disputes chez moi et le rôle que j’y joue. Calme la guerre en moi, mon besoin d’avoir raison et de faire comme je veux. Rends-moi prompt à écouter, lent à parler et lent à me mettre en colère. Aide-moi à faire ma part pour la paix, et donne-moi le courage de parler si un jour je ne suis pas en sécurité. Au nom de Jésus, amen.
Chapitre 22 terminé
Jour 21 — Les conflits à la maison