Chapitre 7 · 5 min de lecture
Par grâce, au moyen de la foi
« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi » (Éphésiens 2:8).
Je pense qu’il est bon de me détourner un peu de côté afin de prier mon lecteur de contempler avec adoration la source même de notre salut, qui est la grâce de Dieu. « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés. » Parce que Dieu est plein de grâce, des hommes pécheurs sont pardonnés, convertis, purifiés et sauvés. Ce n’est pas à cause de quelque chose qui serait en eux, ou qui pourrait jamais y être, qu’ils sont sauvés ; mais à cause de l’amour, de la bonté, de la pitié, de la compassion, de la miséricorde et de la grâce sans bornes de Dieu. Arrêtez-vous donc un instant à la source. Contemplez le fleuve pur de l’eau de la vie, tel qu’il sort du trône de Dieu et de l’Agneau !
Quel abîme que la grâce de Dieu ! Qui peut en mesurer la largeur ? Qui peut en sonder la profondeur ? Comme tous les autres attributs divins, elle est infinie. Dieu est plein d’amour, car « Dieu est amour ». Dieu est plein de bonté ; le nom même de « Dieu » n’est que l’abrégé de « bon ». Une bonté et un amour sans bornes entrent dans l’essence même de la divinité. C’est parce que « sa miséricorde dure à toujours » que les hommes ne sont pas détruits ; c’est parce que « ses compassions ne sont pas à leur terme » que les pécheurs sont amenés à lui et pardonnés.
Souvenez-vous-en ; sinon vous pourriez tomber dans l’erreur en fixant tellement votre esprit sur la foi, qui est le canal du salut, que vous en oublieriez la grâce, qui en est la source et l’origine, et même la source de la foi elle-même. La foi est l’œuvre de la grâce de Dieu en nous. Nul ne peut dire que Jésus est le Seigneur, si ce n’est par le Saint-Esprit. « Nul ne peut venir à moi, dit Jésus, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire. » En sorte que la foi, qui est le fait de venir à Christ, est le résultat de l’attraction divine. La grâce est la cause première et dernière du salut ; et la foi, si essentielle soit-elle, n’est qu’une pièce importante de la machinerie que la grâce emploie. Nous sommes sauvés « au moyen de la foi », mais le salut est « par grâce ». Faites retentir ces paroles comme au son de la trompette de l’archange : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés. » Quelle bonne nouvelle pour ceux qui n’en sont pas dignes !
La foi occupe la place d’un canal ou d’une conduite. La grâce est la source et le fleuve ; la foi est l’aqueduc le long duquel le flot de la miséricorde descend pour rafraîchir les fils des hommes altérés. C’est grand dommage quand l’aqueduc est rompu. C’est un triste spectacle que de voir, autour de Rome, tant de nobles aqueducs qui ne conduisent plus l’eau jusque dans la ville, parce que les arches sont brisées et que ces ouvrages admirables sont en ruine. L’aqueduc doit demeurer entier pour porter le courant ; et de même, la foi doit être vraie et saine, montant droit jusqu’à Dieu et descendant droit jusqu’à nous, afin de devenir pour nos âmes un canal utile de la miséricorde.
Toutefois, je vous le rappelle encore, la foi n’est que le canal ou l’aqueduc, et non la source ; et nous ne devons pas la regarder au point de l’exalter au-dessus de la source divine de toute bénédiction, qui réside dans la grâce de Dieu. Ne faites jamais un Christ de votre foi, et ne la considérez pas comme si elle était la source indépendante de votre salut. Notre vie se trouve à « regarder à Jésus », et non à regarder à notre propre foi. Par la foi, toutes choses nous deviennent possibles ; pourtant la puissance n’est pas dans la foi, mais dans le Dieu sur qui la foi s’appuie. La grâce est la puissante machine, et la foi est la chaîne par laquelle le char de l’âme est attaché à la grande force motrice. La justice de la foi n’est pas l’excellence morale de la foi, mais la justice de Jésus-Christ que la foi saisit et s’approprie. La paix au-dedans de l’âme ne dérive pas de la contemplation de notre propre foi ; elle nous vient de Celui qui est notre paix, dont la foi touche le bord du vêtement, et une vertu sort de lui dans l’âme.
Voyez donc, cher ami, que la faiblesse de votre foi ne vous perdra pas. Une main tremblante peut recevoir un don d’or. Le salut du Seigneur peut nous parvenir quand nous n’avons de foi qu’un grain de sénevé. La puissance réside dans la grâce de Dieu, et non dans notre foi. De grands messages peuvent être transmis le long de fils ténus, et le témoignage du Saint-Esprit, qui donne la paix, peut atteindre le cœur au moyen d’une foi mince comme un fil, qui semble presque incapable de soutenir son propre poids. Pensez davantage à Celui vers qui vous regardez qu’au regard lui-même. Vous devez détourner les yeux de votre propre regard, et ne voir rien que Jésus, et la grâce de Dieu révélée en lui.