Biographie
Jamais la puissance expiatoire du Christ ne m’a été plus clairement révélée qu’aujourd’hui. Dans la crucifixion du Fils de Dieu se trouve la solution de toutes les difficultés qui ont assailli mon esprit jusqu’ici.
Kanzo Uchimura naquit à Edo — la ville qui allait bientôt prendre le nom de Tokyo — en mars 1861, dans une famille de la classe des samouraïs. « Ma famille appartenait à la classe des guerriers, écrivit-il, si bien que je suis né pour combattre. » Son grand-père avait soupiré après une bataille qu’il ne vit jamais ; son père était un lettré confucéen capable de réciter presque entièrement de mémoire les sentences du sage. De lui, l’enfant reçut les vieilles vertus : la loyauté envers son seigneur, la vénération des parents et des maîtres, et un honneur qui aimerait mieux mourir de faim que plier. Il reçut aussi une religion encombrée et anxieuse. Chaque matin, il priait les dieux des quatre points cardinaux, s’imposait des vœux d’abstinence pour un dieu après l’autre, jusqu’à ce que les œufs et les haricots lui fussent interdits, et prenait pour aller à l’école un chemin plus long afin de passer devant moins de sanctuaires. « Avec tant de dieux à satisfaire et à apaiser, se rappelait-il, j’étais naturellement un enfant inquiet et craintif. »
En 1877, il entra au nouveau Collège agricole gouvernemental de Sapporo, dans l’île septentrionale de Hokkaido. Le savant américain William S. Clark y avait passé la première année du collège et en était déjà reparti, mais il avait laissé derrière lui un document qu’il avait rédigé en anglais — l’« Alliance des croyants en Jésus » — signé par tous les étudiants de la première promotion. Les aînés entreprirent de convertir les nouveaux venus. Uchimura leur résista comme un patriote résiste à un envahisseur étranger ; un après-midi, il se rendit à un sanctuaire voisin et pria, avec toute la sincérité dont il était capable, pour que le dieu protecteur éteigne ce nouvel enthousiasme et punisse ceux qui s’y étaient convertis. Ce fut en vain. Avant la fin de l’année, le garçon de seize ans avait signé l’alliance, poussé à le faire, reconnut-il, « contre ma volonté ».
Et pourtant, ce pas forcé ouvrit une porte. L’alliance lui apprit qu’il y avait un seul Dieu et non huit millions, et cette découverte le libéra. « Un seul Dieu, et non plusieurs, ce fut vraiment une heureuse nouvelle pour ma petite âme », écrivit-il. Il passait devant les temples la tête haute et continuait de parler et de rire tout le long du chemin de l’école. Le 2 juin 1878, lui et six de ses camarades furent baptisés par un missionnaire méthodiste de passage ; agenouillés, ils répondirent « Amen » lorsqu’on leur demanda de confesser « le nom de celui qui fut crucifié pour nos péchés ». Il prit le nom chrétien de Jonathan, en souvenir de l’amour de Jonathan pour David, et, avec ses amis, fonda une petite Église dans leurs chambres du dortoir.
Dans la chrétienté
La joie de ces années d’étudiant ne dura pas sans trouble. Diplômé en 1881, il entra au service de l’État, où il travailla sur les pêcheries de son pays, et en 1884 il épousa Take Asada. Le mariage s’acheva dans la douleur au bout de quelques mois, et le jeune chrétien qui s’était cru fort se trouva écrasé par la culpabilité, par le chagrin et par un cœur qu’il ne parvenait pas à maîtriser. En novembre de cette année-là, avec peu d’argent et moins de paix encore, il s’embarqua pour les États-Unis, espérant que les pays chrétiens qui lui avaient envoyé l’Évangile pourraient lui donner la paix qu’il ne trouvait pas.
Son premier refuge ne fut ni une église ni un collège, mais un asile. À Elwyn, en Pennsylvanie, le directeur d’une école spécialisée pour enfants atteints de déficience intellectuelle, le docteur Isaac Kerlin, l’engagea comme surveillant, et pendant quelque huit mois le fils de samouraï lava, nourrit et veilla les plus petits d’entre les enfants. Il y était allé, avoua-t-il, à peu près comme Luther était entré dans son couvent — pour gagner la paix par les bonnes œuvres. Mais dès sa toute première nuit de service, une voix lui répondit dans son cœur : « l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. » Il apprenait, lentement, qu’il ne pouvait pas se rendre pur par lui-même.
Regarder au Crucifié
En 1885, il se rendit à l’Amherst College, dans le Massachusetts, pour rencontrer son président, Julius Seelye, dont il avait lu les écrits au Japon. Il arriva avec sept dollars d’argent en poche et s’attendait à trouver un savant sévère et inabordable. Au lieu de cela, la porte s’ouvrit sur un homme de forte carrure, aux yeux pleins de larmes et à la poignée de main chaleureuse. « Dès ce moment, écrivit Uchimura, mon christianisme a pris une direction entièrement nouvelle. » Seelye lui donna une chambre dans le dortoir et chargea le concierge de lui trouver un lit et une chaise. Uchimura s’installa au dernier étage, résolu à ne jamais le quitter « avant que le Tout-Puissant se soit montré à moi ».
La parole que Seelye lui adressa, telle qu’Uchimura s’en souvint plus tard, était simple : cesse de regarder en toi-même, et regarde à Jésus, qui a payé tes péchés sur la croix. La leçon porta. Au printemps 1886, il écrivit dans son journal les mots qui marquèrent le tournant de sa vie :
Jamais la puissance expiatoire du Christ ne m’a été plus clairement révélée qu’aujourd’hui. Dans la crucifixion du Fils de Dieu se trouve la solution de toutes les difficultés qui ont assailli mon esprit jusqu’ici.
— Kanzo Uchimura
Quelques mois plus tard, il exprima la même découverte autrement : la « mort au péché » vient « non pas en regardant dans mon cœur pécheur, mais en levant les yeux vers Jésus crucifié ». Il méditait sur le Christ en montant des seaux de charbon par l’escalier du dortoir, et une fois il les posa sur le palier pour éclater en actions de grâces. Un soir de septembre, si reconnaissant qu’il brûlait de faire mémoire de la mort du Seigneur, il pressa le jus de raisins sauvages dans une petite coupe, coupa un morceau de biscuit, rendit grâces et les reçut. Tout un hiver de Nouvelle-Angleterre, sans poêle et avec ses factures impayées, il se disait « un véritable optimiste ». Il devait dire plus tard qu’il avait été vraiment converti à Amherst, quelque dix ans après son baptême.
Il obtint son diplôme d’Amherst en 1887 et entra cet automne-là au séminaire théologique de Hartford, mais il y était venu à condition de n’être jamais ordonné, et les débats arides des cours le lassèrent. Malade et impatient, il partit au début de 1888. Cinquante jours de mer le ramenèrent chez lui en mai, avec soixante-quinze cents en poche et, disait-il, rien à montrer à ses parents que l’Évangile, « scandale pour les Juifs et folie pour les païens ».
La révérence qu’il refusa
En 1889, il se remaria et, en janvier 1891, il enseignait au Premier Lycée supérieur de Tokyo lorsque l’établissement tint une cérémonie pour le nouveau Rescrit impérial sur l’éducation, qui portait la signature de l’empereur. Professeurs et élèves défilaient pour s’incliner profondément devant lui comme devant un objet sacré. Quand vint son tour, Uchimura hésita et ne fit, tout au plus, qu’une légère inclination. Pour sa conscience, une révérence respectueuse touchait de trop près à l’adoration ; il honorerait l’empereur, mais n’adorerait que Dieu seul. La presse parla d’insulte à la nation. Élèves, journaux et patriotes le dénoncèrent comme un traître, et il fut contraint de démissionner.
La tempête ruina sa santé. Il tomba gravement malade, et sa jeune épouse Kazu, qui l’avait soigné et s’était tenue entre lui et les foules en colère, contracta à son tour la maladie et mourut ce printemps-là, vingt et un mois seulement après leur mariage. Il se retrouva sans travail, sans épouse, et avec un nom devenu objet d’opprobre dans tout le Japon. Dans ces années de pauvreté, il se mit à écrire — et en 1895 il publia, en anglais, How I Became a Christian: Out of My Diary (« Comment je suis devenu chrétien : extraits de mon journal »), le livre d’où vient l’essentiel de ce que nous savons de sa conversion. Avec sa troisième épouse, Shizu, qu’il avait épousée à la fin de 1892, il connut une gêne si grande qu’elle mit en gage ses kimonos de noces pour leur éviter de s’endetter.
Deux J
Il ne cessa jamais d’aimer le pays qui l’avait rejeté. Chroniqueur, à partir de 1897, du quotidien tokyoïte Yorozu Chōhō, il attaqua la corruption sans crainte. Lorsque la guerre avec la Russie se profila, en 1903, il se déclara pacifiste chrétien et s’y opposa, presque seul, tandis que même bien des responsables d’Églises l’acclamaient. Il démissionna plutôt que d’adoucir sa position, et perdit une fois de plus son gagne-pain ; de nouveau on le traita de traître, et il y eut des jours où la famille eut faim plutôt que de s’endetter. Toute sa vie, il garda ensemble deux amours :
J’aime deux J, et pas de troisième : l’un est Jésus, l’autre est le Japon.
— Kanzo Uchimura
Il comparait sa foi à une ellipse à deux foyers. Mais l’ordre ne fit jamais de doute. En tête de sa Bible anglaise, il avait écrit les quatre lignes qu’il voulait voir sur sa tombe — lui-même pour le Japon, le Japon pour le monde, le monde pour le Christ, « et tout pour Dieu ».
En 1900, il lança un mensuel, Seisho no Kenkyū (Étude biblique), qu’il publia jusqu’à sa mort, et il réunit ses lecteurs dans des conférences bibliques dominicales à Tokyo, dont beaucoup d’auditeurs étaient des étudiants. De là naquit ce qu’on appela le Mukyōkai, le mouvement « Sans-Église ». Il n’avait ni clergé ordonné, ni structure confessionnelle, ni sacrements administrés par une Église ; ses fidèles se réunissaient dans des maisons et des salles de conférence pour étudier la Bible sous la conduite d’enseignants laïcs. Uchimura décrivait cet idéal comme « une communion fraternelle, non une institution », et n’appelait personne évêque ou pasteur, sinon Jésus-Christ. Certains missionnaires et certaines Églises le taxèrent de destructeur d’Églises, et l’absence du baptême et de la sainte cène en tant qu’ordonnances de l’Église est une réelle divergence qu’un lecteur attentif doit connaître. Pourtant, la foi qu’il enseignait était historique et évangélique : la Bible comme Parole de Dieu, le salut par la mort expiatoire du Christ sur la croix, sa résurrection corporelle et son retour. Uchimura ne s’opposait pas aux Églises en tant que telles — il y prenait la parole quand on l’y invitait — et il insistait seulement sur le fait qu’aucune institution ne pouvait se dresser entre une âme et son Sauveur.
Une fille et une espérance
Sa fille Ruth — Rutsuko — avait été sa consolation au long des années d’outrages. En janvier 1912, à dix-huit ans, elle mourut. Lors de son inhumation à Tokyo, tandis que l’assistance chantait « Rocher des siècles » et qu’on descendait le cercueil, son père prit une poignée de terre, l’éleva bien haut et s’écria : « Ruth, banzai ! » — un cri de victoire. Certains crurent que le chagrin lui avait fait perdre la raison. Il voulait dire qu’elle était allée, non au tombeau, mais à la gloire. Des années plus tard, il confia à un ami que sans sa mort il ne serait jamais devenu l’évangéliste qu’il était, et que ceux qui n’avaient jamais perdu d’enfant ne comprendraient peut-être pas l’espérance du retour du Christ, « quel que soit le nombre de livres de théologie qu’ils liraient ».
Cette espérance devint le grand thème de sa prédication des dernières années. Depuis trois décennies, un homme d’affaires américain, David C. Bell, qu’il avait rencontré par hasard dans un tramway de Washington en 1885, priait pour lui précisément sur ce point.
Cette année-là, il se joignit à l’évangéliste de la sainteté Jūji Nakada et à d’autres pour une série de réunions à travers le Japon proclamant le retour du Seigneur, qui attirèrent de grandes foules. Il refusait de fixer des dates ou de spéculer sur les détails, et, au bout d’un temps, il prit ses distances avec des vues de ses collègues qu’il ne pouvait partager. Mais l’espérance elle-même ne le quitta jamais.
Tout pour Dieu
Kanzo Uchimura mourut d’une maladie de cœur à Tokyo le 28 mars 1930, à soixante-neuf ans. Il fut inhumé au cimetière de Tama, et sur la pierre furent gravés, comme il l’avait demandé, les mots inscrits en tête de sa Bible :
Moi pour le Japon ; le Japon pour le monde ; le monde pour le Christ ; et tout pour Dieu.
— Kanzo Uchimura
Ses disciples devinrent professeurs, présidents d’université et enseignants de la Bible à travers tout le Japon, et chaque printemps depuis sa mort ils se réunissent aux environs de l’anniversaire pour faire mémoire de lui et ouvrir les Écritures. Qualifié de traître par son pays et d’hérétique par certains de ses frères chrétiens, il ne fut ni l’un ni l’autre. C’était un fils de samouraï qui avait enfin été vaincu — non par les grands de Sapporo, mais par le Fils de Dieu crucifié — et qui passa sa vie à demander à son propre peuple de regarder là où Julius Seelye lui avait dit de regarder.
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Questions et réponses
Qui était Kanzo Uchimura ?
Kanzo Uchimura (1861–1930) fut un écrivain chrétien, enseignant de la Bible et évangéliste japonais, fils d’une famille de samouraïs, qui fonda le Mukyōkai, ou mouvement « Sans-Église ». Converti alors qu’il était étudiant à Sapporo et parvenu à l’assurance du salut à l’Amherst College, en Amérique, il passa sa vie à appeler le Japon au Christ par sa revue biblique et ses conférences dominicales, et résuma les amours de sa vie par « deux J » : Jésus et le Japon.
Comment se passa son enfance ?
Il naquit à Edo, qui allait bientôt prendre le nom de Tokyo, en mars 1861, dans une famille de la classe des samouraïs, et fut élevé par un père lettré confucéen dans la loyauté, la piété filiale et l’honneur. C’était aussi un adorateur craintif et dévot de nombreux dieux : chaque matin, il priait les dieux des quatre points cardinaux et s’imposait des vœux d’abstinence jusqu’à ce que les œufs et les haricots lui fussent interdits. « Avec tant de dieux à satisfaire et à apaiser, se rappelait-il, j’étais naturellement un enfant inquiet et craintif. »
Comment devint-il chrétien à Sapporo ?
En 1877, il entra au Collège agricole de Sapporo, où William S. Clark avait laissé une « Alliance des croyants en Jésus » signée par la première promotion. Uchimura résista aux étudiants plus âgés et alla même prier dans un sanctuaire pour que la nouvelle foi soit éteinte, mais à seize ans il signa l’alliance, poussé à le faire contre sa volonté. La découverte qu’il y a un seul Dieu et non plusieurs le libéra et, le 2 juin 1878, il fut baptisé avec six camarades, prenant le nom de Jonathan.
Pourquoi partit-il pour l’Amérique ?
Après ses études, il entra au service de l’État et, en 1884, il épousa Take Asada, mais le mariage s’acheva dans la douleur au bout de quelques mois et le laissa écrasé par la culpabilité et le chagrin. En novembre 1884, il s’embarqua pour les États-Unis, espérant que les pays chrétiens qui lui avaient envoyé l’Évangile pourraient lui donner la paix. Son premier travail y fut celui de surveillant dans une école spécialisée pour enfants atteints de déficience intellectuelle, à Elwyn, en Pennsylvanie, où il apprit qu’il ne pouvait pas se rendre pur par ses bonnes œuvres.
Que lui arriva-t-il à l’Amherst College ?
En 1885, il se rendit à l’Amherst College pour rencontrer son président, Julius Seelye, qui l’accueillit les larmes aux yeux et lui donna une chambre. Le conseil de Seelye, tel qu’Uchimura s’en souvenait, fut de cesser de regarder en lui-même et de regarder à Jésus, qui avait payé ses péchés sur la croix. Au printemps 1886, il écrivit dans son journal que jamais la puissance expiatoire du Christ ne lui avait été plus clairement révélée, et il dit plus tard qu’il avait été vraiment converti à Amherst, quelque dix ans après son baptême.
Qu’est-ce que l’incident de la révérence de 1891 ?
En janvier 1891, alors qu’il enseignait au Premier Lycée supérieur de Tokyo, on exigea de lui qu’il s’incline profondément devant le Rescrit impérial sur l’éducation, qui portait la signature de l’empereur. Il hésita et ne fit, tout au plus, qu’une légère inclination, car pour sa conscience une révérence respectueuse touchait de trop près à l’adoration. La presse parla d’insulte à la nation, il fut dénoncé comme traître et contraint de démissionner, et sa jeune épouse Kazu, qui l’avait soigné pendant une grave maladie, mourut ce printemps-là.
Pourquoi s’opposa-t-il à la guerre russo-japonaise ?
Chroniqueur du quotidien tokyoïte Yorozu Chōhō à partir de 1897, il attaqua la corruption sans crainte et, en 1903, il se déclara pacifiste chrétien et s’opposa à la guerre qui s’annonçait avec la Russie, alors même que bien des responsables d’Églises la soutenaient. Il démissionna plutôt que d’adoucir sa position, fut de nouveau traité de traître, et sa famille connut la faim plutôt que de s’endetter. Toute sa vie, il garda ensemble deux amours : « J’aime deux J, et pas de troisième : l’un est Jésus, l’autre est le Japon. »
Qu’était le mouvement « Sans-Église » ?
À partir de 1900, il publia un mensuel, Seisho no Kenkyū (Étude biblique), et réunit ses lecteurs dans des conférences bibliques dominicales à Tokyo, d’où naquit le Mukyōkai, le mouvement « Sans-Église ». Il n’avait ni clergé ordonné, ni structure confessionnelle, ni sacrements administrés par une Église ; les croyants se réunissaient pour étudier la Bible sous la conduite d’enseignants laïcs, et il appelait cet idéal « une communion fraternelle, non une institution ». Cette divergence est réelle, mais la foi qu’il enseignait était historique et évangélique : la Bible comme Parole de Dieu, le salut par la mort expiatoire du Christ, sa résurrection et son retour.
Comment la mort de sa fille façonna-t-elle sa foi ?
Sa fille Ruth, ou Rutsuko, mourut en janvier 1912 à dix-huit ans. Lors de son inhumation, tandis que l’assistance chantait « Rocher des siècles », il éleva une poignée de terre et s’écria « Ruth, banzai ! » comme un cri de victoire, voulant dire qu’elle était allée non au tombeau, mais à la gloire. Il dit plus tard que sans sa mort il ne serait pas devenu l’évangéliste qu’il était, et qu’elle lui avait enseigné l’espérance du retour du Christ.
Comment en vint-il à prêcher le retour du Christ, et comment mourut-il ?
Il écrivit en 1918 que son ami américain David C. Bell avait prié chaque jour pendant plus de trente ans pour qu’il croie au second avènement, et que Dieu avait exaucé ces prières et lui avait ouvert les yeux. Cette année-là, il se joignit à Jūji Nakada et à d’autres pour des réunions à travers le Japon proclamant le retour du Seigneur, sans toutefois vouloir fixer de dates. Il mourut à Tokyo le 28 mars 1930, et sa pierre tombale porte les mots inscrits en tête de sa Bible : « Moi pour le Japon ; le Japon pour le monde ; le monde pour le Christ ; et tout pour Dieu. »
