Le Dieu de toute consolation ·L’Éternel est bon

Chapitre 7 · 21 min de lecture

L’Éternel est bon

« Sentez et voyez combien l’Éternel est bon! Heureux l’homme qui cherche en lui son refuge! » (Psaume 34:8).

Vous êtes-vous jamais demandé ce que, au fond de votre cœur, vous pensez honnêtement de Dieu — si vous le croyez un Dieu bon ou un Dieu mauvais ? Je m’attends à ce que la question vous choque, et vous serez horrifié à l’idée que vous pourriez, par quelque possibilité, penser que Dieu est un Dieu mauvais. Mais avant que vous n’ayez achevé ce chapitre, je soupçonne que quelques-uns d’entre vous seront contraints de reconnaître que, peut-être inconsciemment mais néanmoins véritablement, vous avez, par vos doutes et vos plaintes, attribué à Dieu un caractère que vous seriez horrifié de vous voir attribuer à vous-même.

Je n’oublierai jamais l’heure où je découvris pour la première fois que Dieu était réellement bon. J’avais, bien sûr, toujours su que la Bible le disait bon, mais j’avais pensé que cela signifiait seulement qu’il était religieusement bon ; et il ne m’était jamais venu à l’esprit que cela voulait dire qu’il était réellement et pratiquement bon, de la même bonté qu’il nous a commandé d’avoir. L’expression « la bonté de Dieu » ne m’avait paru rien de plus qu’une sorte de formule céleste, que je ne pouvais être tenue de comprendre. Et puis un jour, je tombai, dans ma lecture de la Bible, sur ces paroles : « Sentez et voyez combien l’Éternel est bon », et soudain elles signifièrent quelque chose.

L’Éternel est bon, me répétais-je. Que signifie être bon ? Rien d’autre que ceci : vivre à la hauteur du meilleur et du plus élevé que l’on connaisse. Être bon est exactement le contraire d’être mauvais. Être mauvais, c’est connaître le bien et ne pas le faire, mais être bon, c’est faire le meilleur que nous connaissons. Et je vis que, puisque Dieu connaît toutes choses, il doit connaître quel est le meilleur et le plus haut bien de tous, et que par conséquent sa bonté doit nécessairement être hors de tout doute. Je ne pourrai jamais exprimer ce que cela signifia pour moi. J’avais une telle vision de la bonté réelle et véritable de Dieu que je voyais que rien ne pouvait aller de travers sous sa garde, et il me semblait que nul ne pourrait plus jamais s’inquiéter.

Et maintes et maintes fois, lorsque les apparences ont été contre lui, et que j’ai été tentée de me demander s’il avait été dur, négligent ou indifférent, j’ai été arrêtée net par ces paroles : « L’Éternel est bon » ; et j’ai vu qu’il était tout simplement impensable qu’un Dieu qui était bon eût pu faire les mauvaises choses que j’avais imaginées.

Vous reculez peut-être avec horreur devant l’idée que vous pourriez, en quelque circonstance que ce soit, même dans les profondeurs secrètes de votre cœur, attribuer à Dieu ce qui est mauvais. Et pourtant vous n’hésitez pas à l’accuser de faire des choses qui, si l’un de vos amis les faisait, vous paraîtraient des plus déshonorantes et des plus dures. Par exemple, des chrétiens se trouvent dans la détresse ; tout paraît sombre, et ils n’ont aucun sentiment de la présence du Seigneur. Ils commencent à se demander si le Seigneur les a abandonnés, et parfois même l’accusent d’indifférence et de négligence. Ils ne réalisent jamais que ces accusations reviennent à dire que le Seigneur ne tient pas ses promesses, et ne les traite pas avec autant de bonté et d’honneur qu’ils attendent de tous leurs amis humains. Si l’un de nos amis humains venait à nous abandonner parce que nous étions dans la détresse, nous jugerions un tel ami bien loin d’être bon. Comment se fait-il, alors, que nous puissions ne serait-ce qu’un instant accuser notre Seigneur de tels actes ? Non, cher ami : si le Seigneur est bon — non pas seulement pieux, mais réellement bon — ce doit être parce qu’il agit toujours, en toute circonstance, à la hauteur du plus haut idéal de ce que lui-même nous a enseigné être la bonté. La bonté en lui doit signifier, tout comme chez nous, vivre à la hauteur du meilleur et du plus élevé qu’il connaisse.

En pratique, donc, cela signifie qu’il ne négligera aucun de ses devoirs envers nous, et qu’il nous traitera toujours de la meilleure manière possible. Cela peut sonner comme un lieu commun, et vous vous exclamerez peut-être : « Pourquoi nous dire cela, puisque c’est ce que nous croyons tous ? » Mais le croyez-vous vraiment ? Si vous le croyiez, vous serait-il jamais possible de le penser négligent, ou indifférent, ou dur, ou égocentrique, ou inattentif ?

Ne prenez pas un air vertueux pour dire : « Oh, mais je ne l’accuse jamais de rien de tel. Je n’oserais pas. » Vraiment ? N’avez-vous jamais blâmé Dieu pour des choses que vous auriez honte de faire vous-même ? Comment cela s’est-il passé lorsque cette dernière déception douloureuse est venue ? N’avez-vous pas senti que le Seigneur avait été dur en permettant qu’une telle chose vous arrivât, alors que vous vous efforciez tant de le servir ? Ne regardez-vous jamais sa volonté comme une volonté tyrannique et autoritaire à laquelle il faut, bien sûr, se soumettre, mais qui ne pourrait en aucune façon être aimée ? Ne vous semble-t-il jamais difficile de dire : « Que ta volonté soit faite » ? Mais cela pourrait-il paraître difficile si vous croyiez vraiment que le Seigneur est bon, et qu’il fait toujours ce qui est bon ?

Le Seigneur Jésus prit grand soin de nous dire qu’il était un bon Berger, parce qu’il savait combien souvent les apparences seraient contre lui, et combien nous serions tentés de mettre en doute sa bonté. « Je suis le bon berger, dit-il en substance, non pas un mauvais. Les mauvais bergers négligent et abandonnent leurs brebis, mais je suis un bon Berger, et jamais je ne néglige ni n’abandonne mes brebis. Je donne ma vie pour mes brebis. » Son idéal de la bonté chez un berger était que le berger doit protéger les brebis confiées à sa garde, même au prix de sa propre vie ; et il vécut à la hauteur de son propre idéal. Or, ne pouvons-nous pas voir que si nous croyons vraiment qu’il est bon — non d’une manière mystérieuse et religieuse, mais en ce sens humain, de bon sens — nous serons aussitôt introduits dans un lieu de grande paix et de grand réconfort. Si je suis une brebis, et que le Seigneur est un bon Berger au sens ordinaire, de bon sens, du mot bon, combien je suis en parfaite sécurité ! Combien je puis être assurée des meilleurs soins à tous égards ! Combien je suis en sûreté pour le temps et pour l’éternité !

Soyons honnêtes avec nous-mêmes. N’avons-nous jamais, dans le secret de notre cœur, accusé le Seigneur des traits qu’il nous a dit, en Ézéchiel, être les marques d’un mauvais berger ? N’avons-nous pas pensé qu’il se souciait de son propre bien-être ou de sa gloire plus que du nôtre ? Ne nous sommes-nous pas plaints qu’il ne nous a pas fortifiés quand nous étions faibles, ni pansé nos cœurs brisés, ni cherchés quand nous étions perdus ?

N’avons-nous même pas réellement regardé notre condition malade, sans défense et perdue comme une raison pour laquelle il ne voudrait plus rien avoir à faire avec nous ? En quoi cela diffère-t-il de dire tout net et tout crûment : le Seigneur est un mauvais berger, et il ne remplit pas ses devoirs envers ses brebis ? Vous reculez peut-être d’horreur devant cette traduction de vos murmures et de vos plaintes intérieurs, mais quoi d’autre, je vous le demande, peuvent-ils en toute honnêteté signifier ? Il est d’une importance vitale de traîner de temps à autre nos pensées et nos sentiments secrets à l’égard du Seigneur en pleine lumière du Saint-Esprit, afin de voir quelle est réellement notre attitude envers lui. Il est fatalement facile de prendre l’habitude de fausses pensées sur Dieu, des pensées qui insensiblement nous sépareront de lui par un large gouffre de doute et d’incrédulité.

Plus que toute autre chose, plus même que le péché, les fausses pensées sur Dieu sapent les fondements de notre vie spirituelle et affligent son cœur d’amour. Nous pouvons le comprendre par nous-mêmes. Rien ne nous afflige autant que de voir nos amis nous mal juger et nous méprendre, et nous attribuer des motifs que nous méprisons. Et rien, je crois, n’afflige autant le Seigneur. C’est, en fait, de l’idolâtrie. Car qu’est-ce que l’idolâtrie sinon créer et adorer un faux dieu, et que faisons-nous d’autre que cela même, lorsque nous nous permettons de le mal juger, et de lui attribuer des actions et des sentiments qui sont durs et indignes de confiance.

C’est appelé dans la Bible parler contre Dieu. « Ils parlèrent contre Dieu, Ils dirent : “ Dieu pourrait-il Dresser une table dans le désert ? ” » Cela paraissait une question bien innocente à poser. Mais Dieu avait promis de pourvoir à tous leurs besoins dans le désert ; et poser cette question impliquait un secret manque de confiance en sa capacité de faire ce qu’il avait promis ; et c’était donc, malgré son apparence innocente, un véritable « parler contre » lui. Un Dieu bon n’aurait pu conduire son peuple dans le désert, puis manquer d’y « dresser une table » pour lui ; et se demander s’il était capable de le faire, c’était laisser entendre qu’il n’était pas bon.

De la même manière, nous sommes parfois cruellement tentés de poser une question semblable. Les circonstances semblent souvent rendre si impossible à Dieu de pourvoir à nos besoins que nous nous trouvons tentés, encore et encore, de « parler contre » lui en demandant s’il le peut. Si souvent qu’il l’ait déjà fait, nous semblons incapables de croire qu’il puisse le faire de nouveau, et dans nos cœurs nous le « limitons », parce que nous ne croyons pas sa Parole ni ne nous confions en sa bonté.

Si notre foi était ce qu’elle devrait être, aucune circonstance, si contraire soit-elle, ne pourrait nous faire « limiter » la puissance de Dieu à pourvoir à nos besoins. Le Dieu qui peut créer les circonstances peut assurément maîtriser les circonstances, et peut, même dans le désert, « dresser une table » pour tous ceux qui se confient en lui.

Il y a dans la Bible bien des questions semblables, chacune jetant le doute sur la bonté de Dieu, et chacune, je le crains, est le double des questions que posent aujourd’hui les enfants de Dieu.

« L’Éternel est-il au milieu de nous, ou n’y est-il pas ? »

« Dieu a-t-il oublié d’avoir compassion ? »

« Sa bonté est-elle à jamais épuisée ? »

« A-t-il, dans sa colère, retiré sa miséricorde ? »

« Sa parole est-elle anéantie pour l’éternité ? »

« Pourquoi, ô Dieu! Rejettes-tu pour toujours ? »

« Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? »

Considérons un moment ces questions, et voyons si nous pouvons leur trouver quelques répondants dans nos propres questionnements secrets.

« L’Éternel est-il au milieu de nous, ou n’y est-il pas ? »

Il nous a déclaré en des termes qui ne laissent aucun doute, comme il le fit aux enfants d’Israël, qu’il est toujours avec nous, et qu’il ne nous abandonnera jamais ; et pourtant, quand la détresse survient, nous commençons, comme eux, à douter de sa Parole et à nous demander s’il peut réellement être là. Moïse appela cela, lorsque les Israélites le firent, « tenter l’Éternel », et cela mérite la même condamnation quand nous le faisons. Nul ne peut poser une telle question sans jeter un doute sur la véracité et la fidélité du Seigneur ; et la poser, c’est, si seulement nous le savions, l’insulter et calomnier son caractère. Je sais que c’est, hélas ! une question courante même parmi les propres enfants de Dieu, et je sais aussi que beaucoup d’entre eux pensent que ce n’est que vraie humilité de la poser, et que, pour des créatures aussi indignes qu’ils se sentent l’être, ce serait le comble de la présomption que d’être sûrs de sa présence auprès d’eux.

Mais qu’en est-il de sa propre Parole à ce sujet ? Il nous a déclaré de toutes les manières possibles qu’il est avec nous, et qu’il ne nous délaissera ni ne nous abandonnera jamais ; et oserions-nous « faire de lui un menteur » en mettant en doute la vérité de sa Parole ? Un Dieu bon ne peut mentir, et nous devons renoncer à jamais à poser une telle question. Le Seigneur est avec nous aussi véritablement que nous sommes avec nous-mêmes, et nous n’avons tout simplement qu’à croire qu’il l’est, quelle que puisse être l’apparence.

« Dieu a-t-il oublié d’avoir compassion ? »

Poser cette question, c’est « parler contre » lui aussi gravement qu’il le serait de demander à une bonne mère si elle a oublié son enfant. Et pourtant le Seigneur lui-même dit : « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles? Quand elle l’oublierait, Moi je ne t’oublierai point. » Celles d’entre nous qui sommes mères savons très bien combien nous nous sentirions affligées et insultées si quelqu’un suggérait la possibilité que nous oublions nos enfants ; et nous, mères, du moins, si personne d’autre ne le fait, devrions être capables de comprendre combien un tel questionnement doit affliger le Seigneur.

« Sa bonté est-elle à jamais épuisée ? » « A-t-il, dans sa colère, retiré sa miséricorde ? »

Poser ces deux questions à un Dieu bon, c’est l’insulter. Il serait aussi impossible que ses compassions se referment envers nous, ou que sa miséricorde s’éloigne de nous pour toujours, qu’il serait impossible que les compassions d’une mère prennent fin. Le psalmiste dit : « L’Éternel est bon envers tous, Et ses compassions s’étendent sur toutes ses œuvres. » Dans la nature même des choses, il doit en être ainsi, parce qu’il est un Dieu bon, et ne peut faire autrement.

« Sa parole est-elle anéantie pour l’éternité ? »

Il vient, dans la vie de tout chrétien, des moments où nous sommes tentés de poser cette question. Tout semble aller de travers, et toutes les promesses de Dieu semblent avoir failli. Mais si nous nous souvenons que le Seigneur est bon, nous verrons qu’il cesserait d’être bon si une telle chose pouvait être. Un homme qui manque à ses promesses est tenu pour un homme déshonorant et indigne de confiance ; et un Dieu qui pourrait manquer aux siennes, si l’on pouvait imaginer une telle chose, serait déshonorant et indigne de confiance lui aussi. Et poser une telle question, c’est jeter un opprobre sur sa bonté, qu’on peut à bon droit qualifier de « parler contre Dieu ». Quelque tournure que prennent les choses, nous pouvons être assurés de ceci : parce que Dieu est bon, aucune de ses promesses n’a jamais failli, ni ne peut jamais faillir.

Le ciel et la terre peuvent passer, mais sa Parole, jamais.

« Pourquoi, ô Dieu! nous as-tu rejetés pour toujours ? »

Il sera aussi impossible à un Dieu bon de nous rejeter qu’il le serait à une bonne mère de rejeter son enfant. Nous pouvons être dans la détresse et les ténèbres, et avoir le sentiment d’être rejetés et abandonnés, mais nos sentiments n’ont rien à voir avec les faits, et le fait est que Dieu est bon, et ne pourrait le faire. Le bon Berger ne rejette pas la brebis qui s’est perdue, sans plus s’en soucier, mais il sort à sa recherche, et il cherche jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée. Le soupçonner de nous rejeter pour toujours, c’est blesser et affliger son amour fidèle, tout comme cela blesserait le cœur d’une bonne mère qu’on la crût capable de rejeter son enfant, aussi loin que cet enfant ait pu s’égarer. La chose est impossible dans l’un et l’autre cas, mais bien plus impossible encore dans le cas de Dieu que même dans celui de la meilleure mère qui ait jamais vécu.

« Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? »

Voilà une question que nous sommes bien enclins à poser. Il n’en est, j’imagine, guère un d’entre nous qui n’ait été tenté, à un moment ou à un autre, de « contester avec Dieu » au sujet de notre propre constitution personnelle. Nous n’aimons pas nos tempéraments particuliers ni nos caractéristiques propres, et nous aspirons à ressembler à quelque autre qui possède, croyons-nous, de plus grands dons d’apparence ou de talent. Nous sommes mécontents de notre constitution, tant intérieure qu’extérieure, et nous sommes convaincus que tous nos échecs viennent de nos malheureux tempéraments ; et nous sommes enclins à blâmer notre Créateur de nous avoir « faits ainsi ».

Je me souviens vivement d’une époque de ma vie où je fus tentée de me révolter beaucoup contre ma propre constitution. J’étais une personne au franc-parler, énergique, s’efforçant d’être une bonne chrétienne, mais sans aucun air particulier de piété. Or j’avais une sœur dont les traits étaient si saints, et dont l’allure était si pieuse, qu’elle semblait l’incarnation même de la piété ; et j’étais convaincue que je pourrais être une bien meilleure chrétienne si seulement je pouvais acquérir ses traits et son allure de sainte. Mais tous mes efforts pour les obtenir furent vains.

Mon tempérament naturel était bien trop énergique et franc pour la moindre apparence de sainteté, et bien des fois je disais à Dieu, avec reproche, dans mon cœur : « Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? » Mais un jour, je tombai sur une phrase dans un vieux livre mystique qui parut m’ouvrir les yeux. La voici : « Sois content d’être ce que ton Dieu t’a fait » ; et il me vint tout à coup à l’esprit que c’était réellement un fait que Dieu m’avait faite, et qu’il devait savoir quelle sorte de créature il voulait que je fusse ; et que s’il m’avait faite plant de pomme de terre, je devais me contenter de produire des pommes de terre, et ne pas vouloir être un rosier et produire des roses ; et que s’il m’avait façonnée pour d’humbles tâches, je devais me contenter de laisser d’autres accomplir l’œuvre plus grandiose. Nous sommes « l’ouvrage de Dieu », et Dieu est bon, donc son ouvrage doit être bon aussi ; et nous pouvons nous confier en sûreté qu’avant d’en avoir fini avec nous, il fera de nous quelque chose qui sera à sa gloire, si peu semblables à cela que nous puissions encore nous sentir.

Le psalmiste semblait prendre plaisir à répéter maintes et maintes fois ce refrain béni : « car l’Éternel est bon ». Il vaudrait la peine que vous preniez vos concordances et voyiez combien de fois il le dit. Et il exhortait chacun à se joindre à lui pour le dire. « Qu’ainsi disent les rachetés de l’Éternel », tel était son cri fervent. Nous devons unir nos voix à la sienne — l’Éternel est bon — l’Éternel est bon. Mais nous ne devons pas le dire des lèvres seulement, puis, par nos actes, démentir nos paroles. Nous devons le « dire » de tout notre être, par la pensée, la parole et l’action, en sorte que les gens voient que nous le pensons vraiment, et soient convaincus que c’est un fait considérable.

Bien des choses, dans les providences divines de Dieu, n’ont pas l’air de la bonté aux yeux des sens, et en lisant les Psaumes nous nous demandons peut-être comment le psalmiste pouvait dire, après certaines des choses qu’il rapporte : « car sa miséricorde dure à toujours ». Mais la foi s’assied devant des mystères tels que ceux-là, et dit : « L’Éternel est bon, donc tout ce qu’il fait doit être bon, quelque apparence que cela ait, et je puis attendre ses explications. »

Une illustration ménagère m’a souvent aidée ici. Si j’ai une amie que je sais être une bonne maîtresse de maison, je ne me trouble pas de ce que, au temps du grand nettoyage, les choses dans sa maison puissent paraître plus ou moins bouleversées, les tapis relevés, les meubles enveloppés de housses, et même peut-être la peinture et les décorations rendant certaines pièces inhabitables. Je me dis : « Mon amie est une bonne maîtresse de maison, et bien que les choses aient l’air si peu confortables à présent, tout ce bouleversement n’est que parce qu’elle veut, à la fin, rendre la maison bien plus confortable qu’elle ne l’a jamais été auparavant. »

Ce monde est le ménage de Dieu ; et bien que les choses paraissent à présent cruellement bouleversées, néanmoins, puisque nous savons qu’il est bon, et qu’il doit donc être un bon Maître de maison, nous pouvons être parfaitement assurés que tout ce bouleversement présent n’est que pour amener à la fin un bien meilleur état de choses qu’il n’eût pu y en avoir sans cela. J’ose dire que nous avons tous senti parfois que nous aurions pu tenir le ménage de Dieu mieux qu’il ne le tient lui-même, mais, quand nous réalisons que Dieu est bon, nous ne pouvons plus le sentir. Et cela me réconforte énormément, quand le monde me semble aller tout de travers, de me dire simplement : « Ce n’est pas mon ménage, mais celui du Seigneur ; et le Seigneur est bon, donc son ménage doit être bon aussi ; et il est insensé à moi de me troubler. »

Un chrétien profondément instruit s’entendit demander par un enfant de Dieu désespéré : « Le monde ne vous paraît-il pas comme une épave ?

— Oui, fut la réponse, d’un ton de confiance joyeuse ; oui, comme l’épave d’une semence qui éclate. »

Quiconque parmi nous a observé les premières pousses d’un chêne jaillir du cœur d’un gland en décomposition comprendra ce que cela signifie. Avant que le gland puisse produire le chêne, il doit devenir lui-même une épave. Nulle plante n’est jamais venue d’une autre semence qu’une semence détruite.

Notre Seigneur se sert de ce fait pour nous enseigner le sens de ses procédés à notre égard. « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Jean 12:24.

Toute l’explication de l’apparente ruine du monde en général, ou de nos propres vies personnelles en particulier, est ici exposée. Et, considérée sous cette lumière, nous pouvons comprendre comment il se fait que le Seigneur puisse être bon, et pourtant permettre l’existence du chagrin et du mal dans le monde qu’il a créé, et dans les vies des êtres humains qu’il aime. C’est sa bonté même qui le contraint à le permettre. Car il sait que ce n’est qu’à travers une telle ruine apparente que peut s’accomplir la fructification de ses glorieux desseins pour nous. Et nous dont le cœur aspire aussi à cette fructification pourrons, si nous comprenons ses voies, le louer pour toute sa bonté, même lorsque les choses semblent les plus dures et les plus mystérieuses.

L’apôtre nous dit que la volonté de Dieu est « bonne, agréable et parfaite ». La volonté d’un Dieu bon ne peut être que « bonne » — en fait, elle doit être « parfaite » ; et, quand nous en venons à le savoir, nous la trouvons toujours « agréable », c’est-à-dire que nous en venons à l’aimer. Je suis convaincue que tout tourment à propos de la soumission à la volonté de Dieu disparaîtrait, si une fois nous pouvions voir clairement que sa volonté est bonne.

Nous luttons et luttons en vain pour nous soumettre à une volonté que nous ne croyons pas bonne, mais quand nous voyons qu’elle est réellement bonne, nous nous y soumettons avec délices. Nous désirons qu’elle s’accomplisse. Nos cœurs s’élancent à sa rencontre.

Je t’adore, ô douce Volonté de Dieu !

Et j’adore toutes tes voies ; Et, chaque jour que je vis, il me semble T’aimer de plus en plus.

J’aime à baiser chaque empreinte où tu As posé tes pieds invisibles : Je ne puis te craindre, ô Volonté bénie !

Ton règne est si doux.

L’espace me manque pour dire tout ce que je pourrais de l’infinie bonté du Seigneur. Chacun doit « sentir et voir » par lui-même. Et s’il veut seulement le faire honnêtement et fidèlement, les paroles du psalmiste deviendront vraies pour lui : « Qu’on proclame le souvenir de ton immense bonté, Et qu’on célèbre ta justice! » Psaume 145:7

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Le Dieu de toute consolation Hannah Whitall Smith

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