Le Dieu de toute consolation ·Quel est son nom ?

Chapitre 2 · 20 min de lecture

Quel est son nom ?

« Moïse dit à Dieu: J’irai donc vers les enfants d’Israël, et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m’envoie vers vous. Mais, s’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je? »

Exode 3:14 La question vitale de tous les âges et de tout cœur humain se trouve exprimée ici : « Quel est son nom ? »

Toute la destinée de l’humanité dépend de la réponse à cette question. Nous le savons, l’état d’un pays dépend du caractère de ceux qui le gouvernent. L’état d’une armée dépend des officiers qui la commandent. Et plus le gouvernement est absolu, plus il doit en être ainsi.

Nous pouvons voir, par conséquent, que tout, dans un univers, dépend de la sorte de créateur et de maître qui a fait exister cet univers, et que tout le bien-être des êtres humains qui y sont placés est nécessairement lié au caractère de leur Créateur. Si le Dieu qui nous a créés est un bon Dieu, alors tout doit finalement bien aller pour nous, puisqu’un bon Dieu ne peut rien ordonner que de bon. Mais s’il est un mauvais Dieu, ou un Dieu insouciant, ou un Dieu malveillant, alors nous ne pouvons être sûrs de rien, et nous ne pouvons avoir nulle part de paix ni de consolation véritables.

Le vrai fondement de la paix et de la consolation ne se trouve que dans la sorte de Dieu que nous avons. C’est pourquoi nous devons d’abord découvrir quel est son nom — c’est-à-dire quel est son caractère —, en un mot, quelle sorte de Dieu il est.

Dans le langage de la Bible, un nom signifie toujours un caractère. Les noms n’y sont pas donnés arbitrairement, comme ils le sont souvent chez nous, mais toujours en rapport avec le caractère ou l’œuvre de celui qui est nommé.

Cruden, dans sa Concordance, dit que les noms de Dieu signifient ce qu’il est réellement, et sont employés dans toute la Bible pour exprimer ses attributs, ses desseins, sa gloire, sa grâce, sa miséricorde, son amour, sa sagesse, sa puissance et sa bonté. Une étude attentive de ses noms le rend manifeste.

Lorsque, par conséquent, les enfants d’Israël demandaient : « Quel est son nom ? », ils voulaient dire : « Qui et qu’est ce Dieu dont tu parles ? Quel est son caractère ? Quels sont ses attributs ? Que fait-il ?

En un mot, quelle sorte d’être est-il ? »

Le psalmiste dit : « Ceux qui connaissent ton nom se confient en toi. Car tu n’abandonnes pas ceux qui te cherchent, ô Éternel! » (Psaume 9:10) Et il dit encore : « Le nom de l’Éternel est une tour forte; Le juste s’y réfugie, et se trouve en sûreté. » (Psaume 18:10) « Ceux qui connaissent ton nom se confient en toi. » Ils ne peuvent faire autrement, car, en connaissant son nom, ils connaissent son caractère et sa nature — qu’il est un Dieu à qui l’on peut entièrement se fier.

Il ne saurait y avoir de doute qu’une grande part de l’inquiétude et du malaise de bien des cœurs chrétiens vient simplement de ce qu’ils ne connaissent pas encore son nom. « Ceux-ci s’appuient sur leurs chars, ceux-là sur leurs chevaux; Nous, nous invoquons le nom de l’Éternel, notre Dieu. Eux, ils plient, et ils tombent; Nous, nous tenons ferme, et restons debout. » (Psaume 20:7-8) Dans tout ce que nous lisons d’Israël autrefois, nous trouvons cette vérité constante : tout ce qu’ils étaient et tout ce qu’ils avaient dépendait de ce que leur Dieu était l’Éternel. « Heureuse la nation dont l’Éternel est le Dieu! Heureux le peuple qu’il choisit pour son héritage! » (Psaume 33:12) « Que tu es donc grand, Éternel Dieu! car nul n’est semblable à toi, et il n’y a point d’autre Dieu que toi, d’après tout ce que nous avons entendu de nos oreilles. Est-il sur la terre une seule nation qui soit comme ton peuple, comme Israël, que Dieu est venu racheter pour en former son peuple, pour se faire un nom et pour accomplir en sa faveur, en faveur de ton pays, des miracles et des prodiges, en chassant devant ton peuple, que tu as racheté d’Égypte, des nations et leurs dieux? Tu as affermi ton peuple d’Israël, pour qu’il fût ton peuple à toujours; et toi, Éternel, tu es devenu son Dieu. » (Psaume 7:22-24) « Heureux le peuple dont l’Éternel est le Dieu! » (Psaume 144:15) Heureuse cette nation ; heureux ce peuple dont l’Éternel est le Dieu. Toute la bénédiction et tout le bonheur d’Israël venaient de ce que leur Dieu était l’Éternel. Rien d’autre n’était assez important pour être mentionné quand on énumérait leurs avantages. Le fait que leur Dieu fût l’Éternel suffisait à expliquer tout bien qu’ils possédaient.

La question par-dessus toutes les questions, pour chacun de nous, est donc celle-ci : « Quel est son nom ? »

Aux Israélites, Dieu lui-même répondit à cette question. Dieu dit à Moïse : « Je suis celui qui suis. »

(Exode 3:14) Et il dit : « C’est ainsi que tu répondras aux enfants d’Israël: Celui qui s’appelle “je suis” m’a envoyé vers vous. » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux enfants d’Israël: L’Éternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, m’envoie vers vous. Voilà mon nom pour l’éternité, voilà mon nom de génération en génération. » (Exode 3:15) Dans l’Évangile de Jean, le Christ prend pour lui-même ce nom, « je suis ». Comme les Juifs l’interrogeaient sur son autorité, il leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis. »

(Jean 8:58) Et dans le livre de l’Apocalypse il déclare encore : « Je suis l’alpha et l’oméga… celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout-Puissant. » (Apocalypse 1:8) Ces simples mots, « je suis », expriment l’éternité et l’immuabilité de l’existence, qui est la première qualité essentielle d’un Dieu sur qui l’on puisse s’appuyer. Nul ne saurait placer sa confiance en un Dieu changeant. Il faut qu’il soit le même hier, aujourd’hui et éternellement, si nous voulons avoir quelque paix ou consolation. Mais est-ce là tout ce que signifie son nom — simplement « je suis » ? Je suis quoi ? demandons-nous. Qu’enferme ce « je suis » ? Je crois qu’il enferme tout ce que le cœur humain désire et dont il a besoin. Ce nom inachevé de Dieu ressemble à un chèque en blanc signé par un ami fortuné, qui nous est remis pour que nous y inscrivions le montant qu’il nous faut. La Bible tout entière nous dit ce qu’il signifie.

Chaque attribut de Dieu, chaque révélation de son caractère, chaque preuve de son amour infaillible, chaque déclaration de sa vigilante sollicitude, chaque assurance de sa tendre miséricorde, chaque expression de sa bonté aimante — tout cela remplit ce « je suis » inachevé.

Dieu nous dit, tout au long de sa Parole, ce qu’il est. « Je suis, dit-il, tout ce dont mon peuple a besoin. Je suis leur force. Je suis leur sagesse. Je suis leur justice. Je suis leur paix. Je suis leur salut.

Je suis leur vie. Je suis leur tout en tout. »

Ce nom, en apparence inachevé, est donc le nom le plus consolant que le cœur humain pût imaginer, parce qu’il nous permet d’y ajouter, sans limite, tout ce dont nous avons besoin — même « infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons ».

Mais si nos cœurs sont pleins de nos propres et misérables « je suis », nous n’aurons pas d’oreilles pour entendre son glorieux « je suis », qui rassasie l’âme. Nous disons : « Je suis une personne si faible », ou « Je suis si sot », ou « Je suis si inutile », ou « Je suis si impuissant », et nous donnons ces pauvres « je suis » comme la raison de la misère et du malaise de notre vie religieuse, et nous estimons même mériter la compassion parce que les choses nous sont si difficiles. Cependant, nous ignorons complètement le chèque en blanc du magnifique « je suis » de Dieu, qui nous donne la permission de puiser en lui une abondante provision pour chaque besoin.

Si vous êtes un chrétien mal à l’aise, alors la seule chose qui puisse vous donner une vie religieuse vraiment paisible, c’est de connaître Dieu. Le psalmiste dit que ceux qui connaissent le nom de Dieu se confient en lui, et je suis convaincue qu’il est impossible de le connaître vraiment sans se confier en lui. Une personne digne de confiance inspire naturellement la confiance — non en l’exigeant, mais en la gagnant par son caractère.

Ce que déclare notre Seigneur est éternellement vrai : « Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » Une fois que vous le connaissez vraiment, le Christ est irrésistible. Vous ne pouvez vous empêcher de vous confier en lui, pas plus que vous ne pouvez vous empêcher de respirer. Et si le monde entier pouvait le connaître tel qu’il est réellement, le monde entier — pécheurs et tous — tomberait à ses pieds pour l’adorer. Il ne pourrait tout simplement pas s’en empêcher. Sa beauté suréminente l’emporterait sur tout.

Comment donc pouvons-nous parvenir à connaître Dieu ?

Deux choses sont nécessaires : premièrement, il faut que Dieu se révèle ; et deuxièmement, il faut que nous accueillions sa révélation et que nous croyions ce qu’il révèle.

L’apôtre Jean nous dit que « Personne n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître. » (Jean 1:18) Le Christ, par conséquent, est la révélation de Dieu. Aucun de nous n’a vu Dieu, et nous ne pouvons le voir dans notre état présent, parce que nous n’en avons pas la faculté. Mais il s’est révélé en Christ, et nous pouvons voir le Christ, puisqu’il s’est fait homme comme nous.

Un homme qui voudrait parler à des fourmis pourrait se pencher sur une fourmilière et parler tout le jour, sans qu’un seul mot leur parvînt. Elles iraient et viendraient, tout à fait inconscientes de sa présence. Autant que nous le sachions, les fourmis n’ont aucune faculté de comprendre la parole humaine. Mais si un homme pouvait devenir fourmi, vivre parmi elles et parler leur langue, il se ferait aussitôt comprendre.

Lorsqu’une forme de vie supérieure veut communiquer avec une forme inférieure, l’incarnation est nécessaire.

Le Christ a révélé Dieu par ce qu’il était, par ce qu’il faisait et par ce qu’il disait. Du berceau à la tombe, chaque instant de sa vie révélait Dieu. Nous devons donc aller à lui pour connaître Dieu, et nous devons refuser de croire de Dieu quoi que ce soit qui ne nous soit pas montré en Christ. Toutes les autres révélations sont incomplètes et, par conséquent, ne sont pas pleinement dignes de foi. Ce n’est qu’en Christ que nous voyons Dieu tel qu’il est réellement, car le Christ est « l’empreinte de sa personne ».

Tout ce que Dieu aurait dit ou fait en quelque circonstance, le Christ l’a dit et fait. « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres » (Jean 14:10) « Moi et le Père nous sommes un » (Jean 10:30) « Celui qui m’a vu a vu le Père. » (Jean 14:9) Rien n’est énoncé plus clairement dans le Nouveau Testament que cette vérité : que nous devons voir « la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ », (2 Corinthiens 4:6) et que nous ne pouvons la voir pleinement nulle part ailleurs.

Si nous voulons connaître le sens plénier de ce que Dieu voulait dire lorsqu’il donna à Moïse ce nom en apparence inachevé, « je suis », nous le trouverons révélé en Christ. Lui seul explique Dieu. Lui seul est l’image du Dieu invisible.

Il est clair, par conséquent, que nous ne devons jamais accueillir aucune idée de Dieu qui contredise ce que nous voyons en Christ, et que nous devons rejeter entièrement toute vue de son caractère, de ses actes ou de sa relation avec nous — si fortement qu’elle soit enseignée — si elle ne s’accorde pas avec ce que le Christ a révélé.

Nous savons tous que la révélation de Dieu dans l’Ancien Testament semble parfois différer de la révélation donnée en Christ, et la question se pose de savoir laquelle nous devons tenir pour la plus vraie. Étant donné que Dieu lui-même nous dit qu’en ces derniers jours il nous a parlé par son Fils, qui est « le reflet de sa gloire et l’empreinte de sa personne », nous ne pouvons rejeter le témoignage du Christ. Nous devons au contraire regarder la révélation de l’Ancien Testament, là où elle diffère de la révélation en Christ, comme partielle et incomplète, et n’accepter comme image vraie de Dieu que ce que nous trouvons en Christ.

Le Christ seul nous dit le nom vrai et réel de Dieu. Dans sa dernière et admirable prière, il dit : « J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde… je leur ai donné les paroles que tu m’as données; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. »

Pourrions-nous demander une plus grande autorité que celle-ci ?

Dans toute la vie du Christ, rien n’est plus clair ni plus catégorique que le fait qu’il a continuellement prétendu être une révélation complète de Dieu. « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. » (Jean 14:10) Maintes et maintes fois il déclare qu’il ne dit que ce que le Père lui donne à dire. « ce que j’ai entendu de lui, je le dis au monde. » (Jean 8:26) « Je n’ai point parlé de moi-même; mais le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer. » (Jean 12:49) L’apôtre déclare aussi très clairement qu’il a plu au Père que, en Christ, « toute plénitude habitât en lui ». (Colossiens 1:19) Et, bien que nous ne comprenions peut-être pas pleinement tout ce que cela signifie en un sens théologique, nous ne pouvons manquer de voir que, si nous voulons connaître Dieu, il nous suffit de nous familiariser avec les voies du Christ et le caractère du Christ pour connaître les voies de Dieu et le caractère de Dieu. « Celui qui m’a vu a vu le Père. » Et il déclare encore que « personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »

(Matthieu 11:27) Cela règle la question tout à fait. Nous pouvons avoir bien des pensées sur Dieu ; nous pouvons imaginer ou spéculer — mais tout cela est vain. Nous ne pouvons tout simplement pas le connaître autrement que par la révélation donnée en Christ.

Nous pouvons savoir bien des choses sur Dieu, mais c’est là chose très différente de le connaître tel qu’il est réellement dans sa nature et son caractère. D’autres témoins peuvent nous parler de ses actes extérieurs, mais, de ceux-ci, nous nous formons souvent des impressions très fausses de son véritable caractère. Nul autre que le Christ ne peut révéler la vraie nature intime de Dieu, car de lui seul il peut être dit que « le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître. » (Jean 1:18) Cela fait toute la différence dans notre vie chrétienne, que nous croyions ou non que cela est vrai. Si nous le croyons, alors le Juge sévère et le dur Maître que nous avons redoutés — même en essayant de le suivre — et dont le service nous a paru si difficile et si pénible, disparaîtront. À leur place viendra le Dieu d’amour qui nous est révélé dans « la face de Christ », le Dieu qui prend soin de nous comme il prend soin des passereaux et des fleurs des champs, et qui nous dit que même les cheveux de notre tête sont tous comptés.

Nul ne saurait avoir peur d’un Dieu semblable.

Si nous avons eu l’habitude de nous approcher de Dieu avec quelque doute sur sa bonté envers nous ; si notre vie religieuse a été empoisonnée par la crainte ; si d’indignes pensées sur son caractère et sa volonté ont rempli nos cœurs de soupçon touchant sa bonté ; si nous l’avons imaginé comme un maître dur ou un tyran égoïste ; si, en un mot, nous avons pensé à lui de quelque autre manière que celle qui nous a été révélée dans « la face de Christ », nous devons revenir, dans la simplicité du cœur, au récit de cette belle vie vécue parmi les hommes, et mettre notre idée de Dieu en plein accord avec le caractère et les voies de Celui qui déclare être venu faire connaître le nom de Dieu.

En réponse, donc, à la question : « Quel est son nom ? », je n’ai que ceci à dire : demandez-le au Christ. On nous dit qu’il était « Dieu manifesté en chair », et que quiconque le voit voit le Dieu qui l’a envoyé. Il est donc parfaitement clair que, si nous voulons connaître le nom, nous devons regarder la manifestation. Cela signifie simplement que nous devons étudier la vie, les paroles et les actes du Christ, et nous dire à nous-mêmes : « Qui a vu le Christ a vu Dieu », et que ce que le Christ était sur la terre, Dieu l’est dans le ciel. Toute la confusion qui entoure le caractère de Dieu disparaîtra si nous accueillons la lumière que le Christ a donnée et si nous croyons la « manifestation de son nom » que le Christ nous a montrée, et si nous refusons de croire quoi que ce soit d’autre.

Lorsque Nicodème vint de nuit trouver Jésus pour demander comment ces choses pouvaient être vraies, Jésus lui dit que, qu’il les comprît ou non, elles n’en étaient pas moins vraies, et il dit très clairement : « En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu. » (Jean 3:11) Nul, croyant au Christ, ne peut douter qu’il ait connu Dieu ; et nul ne peut mettre en question que nous devions accueillir son témoignage. Il nous a assuré à maintes reprises qu’il savait ce dont il parlait, et que ses paroles doivent être reçues comme la vérité absolue, parce qu’il est descendu du ciel et connaît par conséquent les choses célestes.

Aucun de nous ne mettrait ouvertement cela en question ; pourtant, en pratique, bien des enfants de Dieu ignorent le témoignage du Christ et écoutent au contraire leurs propres cœurs pleins de doute, qui leur disent qu’il ne peut être vrai que Dieu soit aussi aimant, aussi tendre, ou aussi prêt à pardonner que le Christ l’a montré. Or je dois le répéter encore et encore, au risque même de me répéter, ce que si peu semblent comprendre : s’il est une vérité enseignée plus clairement que toute autre dans la Bible, c’est que le nom — c’est-à-dire le caractère — du Père, tel que le Christ l’a révélé, est son véritable caractère. Le Christ déclare continuellement qu’il est l’expression vivante du Père, et que, en tout ce qu’il a dit et fait, il ne faisait que dire et faire ce que le Père aurait dit et fait s’il avait agi directement depuis le ciel.

En face de déclarations aussi claires de notre Seigneur lui-même, il devient non seulement notre privilège mais notre devoir d’ôter de notre idée de Dieu tout ce qui ne s’accorde pas avec la vie, le caractère et l’enseignement du Christ. Si nous voulons connaître le vrai nom de Dieu, nous devons accueillir le nom que le Christ a révélé et n’en écouter aucun autre.

Quelles que soient les qualités que nous voyons en Christ, elles remplissent le sens du « je suis » de Dieu. En contemplant la vie du Christ et en écoutant ses paroles, nous entendons Dieu dire : « Je suis le repos pour celui qui est las ; je suis la paix pour celui qui est troublé ; je suis la force pour le faible ; je suis la sagesse pour l’insensé ; je suis la justice pour le pécheur ; je suis tout ce que l’âme la plus indigente peut désirer ; je suis, infiniment au-delà de tout ce que vous pouvez demander ou penser, bénédiction, secours et sollicitude. »

Mais ici quelqu’un dira peut-être : « Oui, tout cela peut être vrai, mais comment m’en saisir ? Je suis une personne si indigne que je n’ose croire qu’une telle grâce m’appartienne. »

Comment vous en saisir ? Vous ne pouvez nullement vous en saisir — mais vous pouvez le laisser se saisir de vous. C’est une bonne nouvelle qui vous est annoncée dans la Bible, et vous n’avez qu’à la traiter comme vous traiteriez toute nouvelle digne de foi qui vous serait dite par une source sûre. Si celui qui parle est digne de foi, vous croyez ce qu’il dit et vous agissez en conséquence. Et vous devez faire de même ici. Si le Christ est digne de foi quand il dit qu’il est la révélation de Dieu, alors vous devez le croire et agir en conséquence.

Vous devez prendre appui sur sa fidélité. Vous devez vous dire à vous-même, et s’il le faut aux autres : « Je vais croire ce que le Christ dit de Dieu. Quelles que soient les apparences, quoi que disent mes propres pensées ou sentiments, quoi que dise quelqu’un d’autre, je sais que ce que le Christ dit doit être vrai, parce que lui le sait et que nul autre ne le sait. Je le croirai entièrement.

Il dit qu’il est un avec Dieu ; par conséquent, tout ce qu’il est, Dieu l’est. Je n’aurai plus peur de Dieu désormais. Je ne penserai plus à lui comme à un législateur sévère irrité contre moi, ou comme à un maître dur exigeant des choses impossibles, ou comme à un être lointain et inabordable, indifférent à mes luttes et à mes craintes. Toutes ces idées sont impossibles maintenant que je sais que le Christ révèle Dieu. »

Si nous tenons fermement à cette vérité — que le Christ et Dieu sont un — et si nous refusons d’accueillir aucune idée de Dieu qui contredise ce que le Christ a montré, notre vie sera transformée.

Nous aurons souvent besoin de tenir ferme là-dessus, car les vieux doutes et les vieilles craintes reviendront et essaieront de reprendre prise. Mais nous devons nous en détourner résolument et déclarer que nous connaissons désormais le nom — c’est-à-dire le caractère — de notre Dieu, et que de telles choses lui sont impossibles.

C’est pourquoi nous refusons d’écouter toute suggestion qui dénature son caractère ou ses voies.

Il est impossible de penser que, lorsque Dieu dit à Moïse : « JE SUIS », il ait voulu dire : « Je suis un législateur sévère », ou « Je suis un maître dur », ou « Je suis indifférent à la souffrance de mon peuple ». Si nous essayions de remplir son « je suis » de tels sens, les chrétiens partout en seraient scandalisés. Pourtant, les craintes et les doutes de bien des croyants ne disent-ils pas exactement ces choses, tout bas, dans leur cœur, chaque jour ?

Que Dieu fasse que ce que nous apprenons en considérant son nom rende de tels doutes et de telles craintes impossibles pour nous désormais.

Jésus est Dieu ! Oh, si je pouvais Courir par terre et mer, Pour enseigner et dire cette seule vérité, Combien je serais heureux !

Oh, si j’avais la voix d’un ange, Je proclamerais à voix haute — Jésus, le bon, le beau, Est l’image de notre Dieu !

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Le Dieu de toute consolation Hannah Whitall Smith

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