Le Dieu de toute consolation ·Un mot aux âmes chancelantes

Chapitre 12 · 18 min de lecture

Un mot aux âmes chancelantes

« Mais qu’il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre. Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur » (Jacques 1:6-7).

Il serait difficile de trouver rien qui produise plus de trouble dans la vie religieuse qu’une foi chancelante. L’image que nous en donne l’apôtre Jacques la décrit exactement : « le flot de la mer… agité par le vent et poussé de côté et d’autre ». De même qu’il est impossible à un voyageur d’atteindre sa destination en avançant un jour et en revenant sur ses pas le lendemain, de même il est impossible à l’âme chancelante d’atteindre un lieu de paix établie tant qu’elle continue de chanceler.

Dans notre dernier chapitre, nous avons considéré les ébranlements de Dieu. On pourrait penser que notre chancellement ressemble à son ébranlement, mais ils sont très différents. Les ébranlements de Dieu sont causés par son amour, en vue de notre bénédiction ; ils conduisent toujours au repos et à la paix. Nos chancellements sont causés par notre manque de foi ; ils conduisent toujours au trouble et à l’agitation.

Un chrétien chancelant est celui qui se confie un jour dans l’amour de Dieu et en doute le lendemain, et qui, tour à tour, en est heureux ou misérable. Tantôt il gravit la colline de la joie, tantôt il descend dans la vallée du désespoir. Il est ballotté d’un côté et de l’autre par « tout vent de doctrine », toujours s’efforçant mais n’atteignant jamais. Il est la victime de toute influence changeante — que ce soit sa santé physique, les gens qui l’entourent, ou même le temps qu’il fait.

On supposerait que même le plus inexpérimenté des enfants de Dieu saurait qu’une telle expérience est mauvaise. Chanceler ainsi dans sa foi déshonore profondément le Seigneur, car cela met en question sa vérité et sa fidélité. Pourtant, bien des chrétiens sont si aveuglés qu’ils pensent réellement que cette tendance à chanceler est un signe d’humilité. Ils traitent chaque nouvel assaut du doute comme s’il s’agissait d’une pieuse vertu.

Un chrétien chancelant pourrait dire avec complaisance : « Oh, mais je sais que je suis si indigne que je suis sûr qu’il est juste pour moi de douter. » Souvent il laisse entendre que, si son interlocuteur était vraiment humble, il douterait aussi. J’ai connu jadis un chrétien dévoué dont la vie religieuse était un tourment perpétuel de doute. Comme je le pressais d’avoir plus de foi, il me dit très sérieusement : « Mon cher ami, si j’étais jamais assez arrogant pour me sentir sûr que Dieu m’aime, je serais certain d’être sur le droit chemin de l’enfer. »

Il pensait manifestement qu’une telle assurance ne pouvait venir que du sentiment d’être « assez bon » pour mériter l’amour de Dieu. Il avait raison de dire que se croire digne de l’amour de Dieu est de l’arrogance.

Cependant, le fondement de notre assurance ne vient pas de notre propre bonté, mais de la bonté de Dieu. Si nous ne devons jamais nous contenter de notre propre bonté, il ne peut y avoir aucun doute — pour quiconque croit la Bible — quant à la parfaite suffisance de la sienne.

Pour voir combien cette position de doute est absurde, considérons comment elle jouerait dans les relations humaines.

Imaginons un mariage, ou la relation entre un enfant et un parent — deux images dont le Seigneur se sert pour figurer notre relation avec lui. Si une épouse ou un époux avait une « expérience chancelante » de confiance en son conjoint — se fiant un jour, doutant le lendemain —, y verrait-on un signe d’humilité ou une vertu à chérir ? De même, si des enfants chancelaient dans leur confiance envers leurs parents comme les chrétiens le font envers leur Père céleste, quel mot serait assez dur pour une conduite si peu filiale ? Dans les relations humaines, un tel chancellement pourrait s’excuser si l’autre personne était réellement indigne de confiance. Mais avec Dieu, il n’y a pas d’excuse de ce genre. La foi chancelante de ses enfants peut même amener ceux du dehors à conclure qu’il n’est pas digne de grande confiance.

Nous reculerions d’horreur à l’idée de faire penser du mal du caractère de Dieu. Mais si nous sommes honnêtes, nous devons reconnaître qu’une foi chancelante donne exactement cette impression. C’est, au fond, une déloyauté envers un Dieu digne de confiance, et cela devrait être regardé comme un péché grave.

La vérité, c’est que notre chancellement procède d’une forme subtile, souvent inconsciente, d’orgueil plutôt que d’humilité. La véritable humilité accepte l’amour et les dons qui lui sont accordés avec une reconnaissance douce et joyeuse. L’orgueil, au contraire, répugne à accepter la bonté et a peur de croire à la générosité désintéressée de celui qui donne. Si nous étions vraiment humbles, nous accepterions l’amour de Dieu avec une reconnaissance pleine de douceur. Tout en reconnaissant notre propre indignité, nous n’y verrions que ce qui met en relief sa grâce et sa bonté de nous avoir choisis.

Une foi chancelante n’est pas seulement une déloyauté envers Dieu, elle est aussi pour nous une source de grande misère. Elle ne peut faire avancer nos intérêts spirituels ; elle ne peut que leur nuire. L’Apôtre nous dit que « nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement » (Hébreux 3:14). Être ferme est exactement le contraire de chanceler. Attendre les fruits de la fermeté tout en chancelant est aussi insensé que de vouloir atteindre un sommet de montagne en alternant de courtes montées et de longues et désastreuses glissades vers le bas.

Pourtant, bien des gens attendent exactement cela. Ils font un « commencement d’assurance », et, tant que dure la fraîcheur, ils sont pleins de joie. Puis viennent les épreuves et les tentations, et les doutes commencent à s’insinuer. Au lieu de traiter ces doutes comme des ennemis à combattre, ils les accueillent comme des amis.

Bientôt, ils se mettent à chanceler dans leur foi et leur fidélité, et leur paix s’en va. Quand la vie est riante, leur foi renaît ; quand les choses tournent mal, les doutes l’emportent et ils chancellent de nouveau.

Je m’entretins un jour avec un ecclésiastique éminent de la possibilité d’une vie religieuse de paix permanente.

Il m’avoua franchement qu’il ne croyait pas cela possible, et que la plupart des expériences chrétiennes ressemblaient à la sienne. « Quand je veux écrire mes sermons, dit-il, j’atteins le sommet de la montagne par la prière et l’effort. Je pose le pied sur une promesse, puis sur une autre, jusqu’à ce que j’atteigne la cime et que je puisse commencer.

Cela va bien pendant un temps, mais alors survient une interruption — un souci avec mes enfants ou une querelle avec un voisin — et je dégringole. Je ne puis y remonter que par une autre montée pénible. Je puis rester sur la cime quelques jours, ou, très rarement, quelques semaines. Mais quant à y “demeurer” continuellement, je ne puis le croire. »

Cela décrit l’expérience de beaucoup d’enfants de Dieu qui ont faim de la paix que Christ a promise, mais ne la trouvent que par instants. Ils obtiennent une lueur de foi, puis les vieux doutes reviennent. « Regarde ton cœur, disent-ils ; vois comme il est froid et indifférent. Comment peux-tu croire que Dieu aime une pauvre créature indigne comme toi ? » Cela paraît si raisonnable qu’ils sont replongés dans les ténèbres.

Tout le mal vient d’un manque de foi. Dans la vie spirituelle, il en est toujours selon notre foi. C’est une loi spirituelle qu’on ne peut ni ignorer ni éviter. Elle est inhérente à la nature des choses et, par conséquent, inaltérable. De même, s’il doit nous être fait selon notre foi, il nous sera aussi fait selon nos doutes.

La cause de notre chancellement n’est pas nos péchés, mais nos doutes. Les doutes creusent un abîme infranchissable entre nos âmes et le Seigneur, tout comme ils le font entre nous et nos amis. Aucune ferveur ne peut combler cet abîme. « Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur » (Jacques 1:7). Ce n’est pas parce que Dieu est irrité ; c’est parce que la nature des choses rend impossible la coexistence du doute et de la confiance. « Et à qui jura-t-il qu’ils n’entreraient pas dans son repos, sinon à ceux qui avaient désobéi? Aussi voyons-nous qu’ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité » (Hébreux 3:18-19). Ce n’était pas que Dieu refusait de les laisser entrer par châtiment ; ils ne pouvaient tout simplement pas entrer. C’était une impossibilité. La foi est l’unique porte du royaume des cieux, et il n’y en a pas d’autre. Si nous ne voulons pas entrer par cette porte, nous ne pouvons pas entrer du tout, car il n’y a pas d’autre voie.

Le salut de Dieu n’est pas un achat à faire, ni un salaire à gagner, ni un sommet à gravir, ni une tâche à accomplir ; mais il est simplement et uniquement un don à recevoir, et il ne peut être reçu que par la foi. La foi est un élément nécessaire à l’acceptation de tout don, terrestre ou céleste. Mes amis peuvent poser leurs présents sur ma table, ou même les déposer sur mes genoux, mais si je ne crois pas assez à leur amitié et à la droiture de leur intention pour accepter ces présents, ils ne pourront jamais devenir vraiment miens.

Il est donc évident que la Bible ne fait qu’annoncer la nature des choses, comme elle le fait toujours, lorsqu’elle déclare : « Qu’il vous soit fait selon votre foi » (Matthieu 9:29). Plus tôt nous nous y résignerons, mieux ce sera. Tout notre chancellement vient de ce que nous ne croyons pas à cette loi. Nous reconnaissons, bien sûr, qu’elle est dans la Bible, mais nous pensons qu’elle ne peut pas vraiment vouloir dire ce qu’elle dit. Nous pensons qu’il faut y ajouter quelque chose, comme « selon notre ferveur il nous sera fait », ou « selon notre persévérance », ou « selon notre mérite ».

Si toute la vérité était dite, nous inclinons à penser que ces ajouts qui sont les nôtres sont, s’il en est, de loin la partie la plus importante de l’affaire. En conséquence, notre attention se porte surtout à régler ces questions-là. Nous surveillons nos propres états d’esprit et nos sentiments, et nous scrutons notre propre mérite ou démérite avec tant de diligence que nous négligeons presque entièrement l’unique principe fondamental de la foi, sans lequel rien ne peut se faire. De plus, comme nos humeurs et nos sentiments sont les choses les plus variables de l’univers, et que notre sentiment de mérite change avec ces sentiments, notre expérience ne peut que chanceler. La possibilité d’une foi ferme recule toujours plus à l’arrière-plan. En un mot, nous faisons dépendre la fidélité de Dieu et la vérité de sa parole de l’état de nos sentiments.

Je suis certaine que si l’un de nos amis nous traitait de cette manière défiante, nous serions blessés et indignés au-delà de toute mesure. Aucun sentiment d’indignité de sa part ne pourrait l’excuser à nos yeux d’un tel chancellement de sa confiance en nous. En fait, nous aimerions bien mieux que nos amis péchassent même contre nous plutôt que de douter de nous. Aucune forme de péché n’empêcha jamais le Seigneur Jésus, tandis qu’il était sur la terre, d’accomplir ses œuvres puissantes. La seule chose qui l’en empêchât fut l’incrédulité. Dans sa propre ville, parmi ses propres voisins et amis, où il aurait aimé faire des miracles, il nous est dit qu’« il ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité » (Matthieu 13:58). Ce n’était pas qu’il ne le voulût pas, mais simplement qu’il ne le pouvait pas. Et il ne le peut pas davantage dans notre cas que dans le leur.

Mais je crains que certains d’entre vous ne pensent que je me trompe. Vous pourriez penser que, malgré ce que Dieu a dit, celui dont la foi chancelle peut néanmoins recevoir quelque chose du Seigneur pourvu qu’il soit seulement assez fervent et empressé. Cela reviendrait à croire que Dieu ne comprend pas les lois de son royaume aussi bien que vous, et qu’il est plus sûr de suivre vos propres idées plutôt que sa parole. Pourtant, vous devez savoir que, jusqu’à présent, vos doutes ne vous ont apporté que ténèbres et misère. Rappelez-vous les jours, les semaines, voire les années d’une vie religieuse hésitante, trébuchante et pénible, et demandez-vous honnêtement si la cause de tout cela n’a pas été votre foi chancelante.

Si vous croyez un jour que Dieu vous aime et vous est favorable, et que le lendemain vous doutez de son amour et craignez qu’il ne soit irrité contre vous, n’est-il pas logique que votre expérience chancelle de la joie à la misère ? Seule une foi ferme en son amour et en sa sollicitude pourrait vous donner une expérience inébranlable.

L’unique question, donc, pour tous ceux dont la foi chancelle, est de savoir comment mettre fin à ce chancellement une fois pour toutes. Ici, je suis heureuse de le dire, je connais un remède parfait. La seule chose que vous ayez à faire, c’est d’Y RENONCER. Votre chancellement est causé par votre doute, et par rien d’autre. Renoncez à votre doute, et votre chancellement cessera. Persistez dans votre doute, et votre chancellement continuera. Toute l’affaire est claire comme le jour, et le choix est entre vos mains.

Peut-être trouvez-vous cette affirmation extrême, car il ne vous est probablement jamais venu à l’esprit que vous puissiez renoncer entièrement au doute. Mais j’affirme que vous le pouvez. Vous pouvez tout simplement refuser de douter.

Vous pouvez fermer la porte à toute suggestion de doute qui se présente et, par la foi, déclarer exactement le contraire. Votre doute dit : « Dieu ne pardonne pas mes péchés. » Votre foi doit dire : « Il me pardonne ; il dit qu’il le fait, et je choisis de le croire. Je suis son enfant pardonné. » Vous devez l’affirmer avec fermeté jusqu’à ce que tous vos doutes s’évanouissent. Vous n’avez pas plus le droit de dire que vous êtes d’une telle « nature portée au doute » que vous ne pouvez vous empêcher de douter, que de dire que vous êtes d’une telle « nature portée au vol » que vous ne pouvez vous empêcher de voler. L’un se maîtrise aussi aisément que l’autre. Vous devez renoncer à votre doute comme vous renonceriez au vol. Vous devez traiter la tentation de douter exactement comme celui qui lutte contre l’alcool doit traiter la tentation de boire ; vous devez vous engager à y renoncer.

Le procédé que je crois le plus efficace est de déposer nos doutes — tout comme nous déposons nos autres péchés — sur l’autel de Dieu et d’en faire un abandon total. Nous devons renoncer à toute liberté de douter et consacrer à lui notre pouvoir de croire, nous confiant en lui pour qu’il nous garde confiants. Nous devons rendre notre foi en sa parole aussi inévitable et nécessaire que l’est notre obéissance à sa volonté. Nous devons être aussi loyaux envers notre Ami céleste que nous le sommes envers nos amis terrestres. Nous devons refuser de reconnaître la possibilité de mettre en question ou de douter de son amour ou de sa fidélité.

Bien entendu, les tentations de chanceler viendront. Il semblera parfois impossible que le Seigneur puisse aimer des êtres aussi déplaisants et indignes que nous nous sentons l’être. Mais nous devons faire la sourde oreille à ces insinuations contre l’amour de Dieu, comme nous le ferions à tout commérage contre notre ami le plus cher. Le combat pour y parvenir peut parfois être très rude et même sembler insupportable. Mais notre déclaration immuable doit être continuellement : « Quand même il me tuerait, j’espérerais encore en lui » (Job 13:15). Notre foi ferme nous apportera immanquablement une glorieuse victoire.

Il semblera souvent que ce serait une chose « juste » — vu nos nombreuses défaillances — que de chanceler dans notre foi et de nous demander si le salut nous est destiné. Mais si nous comprenons ce qu’est le salut du Seigneur Jésus-Christ, nous devons reconnaître que tout cela n’est que tentation. Nous devons sans cesse lever « le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin » (Éphésiens 6:16).

L’Esprit de Dieu ne suggère jamais, en aucune circonstance, un doute sur l’amour de Dieu. D’où que viennent les doutes, une chose est certaine : ils ne viennent pas du ciel. Tous les doutes ont une source mauvaise et doivent être traités comme les suggestions d’un ennemi. Nous ne pouvons pas, il est vrai, empêcher les suggestions du doute de se faire entendre dans nos cœurs, pas plus que nous ne pouvons empêcher nos oreilles d’entendre les jurons dans la rue. Mais de même que nous pouvons refuser d’approuver ce langage ou de nous y joindre, de même nous pouvons refuser de prêter la moindre attention à ces suggestions du doute. Les cas sont exactement semblables. Alors que nous savons qu’il serait mal de nous joindre aux jurons, nous avons souvent le sentiment persistant que les doutes pourraient être « pieux » et qu’il faudrait les encourager. Je crois que l’un déplaît à Dieu autant que l’autre.

Encore une fois, je le répète : la seule manière de traiter les doutes qui vous font chanceler est d’y renoncer.

Un abandon absolu est le seul remède. Comme pour celui qui lutte contre la boisson, les demi-mesures ne servent à rien. L’abstinence totale est le seul espoir.

La manière la plus pratique de le faire est d’opposer à chaque doute un démenti catégorique, et de porter la guerre en pays ennemi par une affirmation énergique de la foi. Par exemple, si le doute s’élève de savoir si Dieu peut aimer quelqu’un d’aussi pécheur et infidèle que vous vous sentez l’être, vous devez aussitôt affirmer dans votre cœur — et, si possible, à haute voix devant quelqu’un d’autre — que Dieu vous aime.

Il dit qu’il vous aime, et sa parole mérite un million de fois plus de confiance qu’aucun de vos sentiments. Si vous ne trouvez personne à qui le dire, alors écrivez-le dans une lettre, ou dites-le à voix haute à vous-même et à Dieu. Soyez-en tout à fait explicite.

Si, en quoi que ce soit, vous avez eu un « commencement d’assurance », si vous vous êtes jamais saisi de quelque promesse du Seigneur, tenez ferme à cette promesse sans chanceler, quoi qu’il advienne.

Il ne peut y avoir de terrain moyen. Si cela fut vrai une fois, cela l’est encore, car Dieu est immuable. La seule chose qui puisse vous en priver, c’est votre incrédulité. Tant que vous croyez, vous le possédez. « C’est pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir » (Marc 11:24).

Que rien n’ébranle votre foi. Si même le péché venait malheureusement à vous surprendre, vous ne devez pas le laisser vous faire douter. Aussitôt, dès la découverte d’un péché, agissez selon cette vérité : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9).

Confessez votre péché immédiatement et croyez aussitôt que Dieu le pardonne, comme il le déclare, et qu’il vous purifie de nouveau. Aucun péché, si grave soit-il, ne peut nous séparer de Dieu un seul instant après avoir été traité de cette manière. Laisser le péché faire chanceler votre foi, c’est seulement ajouter un nouveau péché à celui déjà commis. Retournez aussitôt à Dieu de la manière qu’enseigne la Bible, et que votre foi s’attache fermement à sa parole. Croyez-la, non parce que vous la sentez ou la voyez, mais parce qu’il le dit. Croyez-la activement et fermement, à travers l’ombre et la lumière, à travers les hauts et les bas, à travers les temps de consolation et les temps de désespoir, et je puis vous promettre que votre expérience chancelante prendra fin.

« Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, travaillant de mieux en mieux à l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur » (1 Corinthiens 15:58). Être « inébranlable » dans sa vie religieuse est exactement le contraire de chanceler. Dans le quarante-sixième Psaume, nous pouvons voir ce que c’est. La terre peut se dérober et les montagnes être transportées au cœur des mers ; notre univers tout entier peut sembler en ruines ; mais tant que nous nous confions dans le Seigneur, nous « ne serons point ébranlés » (Psaume 46:5).

Celui qui chancelle dans sa foi est bouleversé par les moindres bagatelles ; celui qui est ferme dans sa foi peut contempler avec calme jusqu’à la ruine de son univers. Être ainsi inébranlable est une bénédiction ardemment désirable, et elle peut être nôtre si seulement nous voulons retenir fermement jusqu’à la fin le commencement de notre assurance.

« La foi est le plus doux des cultes pour celui qui aime tant Cacher dans les ténèbres ses insoutenables splendeurs ; Et se fier à ta parole, Seigneur bien-aimé, est le véritable amour, Car les prières les plus exaucées sont celles qui semblent les plus refusées.

Et la foi jette ses bras autour de tout ce que tu lui as dit, Et, pouvant en contenir bien davantage, elle ne peut que s’affliger ; Elle pourrait contenir ta grandeur même, Seigneur ! si tu voulais la révéler, Et l’amour lui fait aspirer à avoir plus à croire. »

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Le Dieu de toute consolation Hannah Whitall Smith

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