L’Évangile quadruple ·Gardés

Chapitre 6 · 19 min de lecture

Gardés

« Car je sais en qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là. » 2 Tim. i. 12.

« Gardés par la puissance de Dieu, pour le salut. » 1 Pierre i. 5.

Plus un trésor est précieux, plus il importe qu’il soit gardé et protégé. L’image de notre premier texte est celle d’un dépôt bancaire, et se lit littéralement : « Il a la puissance de garder mes dépôts jusqu’à ce jour-là. » Lorsque de grandes quantités d’or sont acheminées vers les coffres de quelque riche banque, des escadrons entiers de police montent la garde, et l’on emploie les serrures, les verrous, les barreaux et les murs les plus puissants, ainsi que la vigilance la plus incessante et la plus infatigable des gardiens et des détectives, pour les protéger. Parfois l’image est prise dans un sens militaire. Le second texte est de ce genre, et devrait littéralement se traduire : « Ceux qui sont gardés comme une garnison par la puissance de Dieu, par la foi, pour le salut. » Que de dépenses immenses, que d’armements et d’armées puissantes emploie-t-on pour tenir en garnison les grands points stratégiques qui gardent les portes des nations, tels que Port-Arthur, Gibraltar, Québec et d’autres citadelles ! Parfois l’image est celle du berger et de son troupeau : « Celui qui a dispersé Israël le rassemblera, et il le gardera comme le berger garde son troupeau. »

Mais quelle que soit l’image ou l’expression employée, la grande pensée que Dieu voudrait porter au cœur de son peuple éprouvé et souffrant, c’est qu’il est en sûreté sous sa garde, et qu’il a la puissance de garder ce que nous lui avons confié jusqu’à ce jour-là. Considérons quelques-unes de ses gracieuses promesses de garder son peuple.

  1. Il nous gardera partout où nous pourrons aller ou être. Écoutez la première promesse de notre divin Gardien, telle qu’elle fut adressée à Jacob à l’heure de sa solitude et de sa crainte : « Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras ; car je ne t’abandonnerai point, que je n’aie exécuté ce que je te dis. » Comme il a tenu cette parole envers Jacob ! Que de lieux divers où la providence jeta son sort ! Le pays de Laban, les villes des Sichémites, le pays de Gosen — partout son Dieu de l’alliance le protégea et le garda. Ce n’était pas un personnage attrayant, il ne méritait aucune considération particulière. Il était le « vermisseau de Jacob », mais Dieu l’aima dans son infinie grâce, et le garda, le disciplina, l’instruisit, et le prépara à devenir le chef des tribus d’Israël ; et vint le jour où il put dire : « le Dieu qui m’a conduit depuis que j’existe jusqu’à ce jour, l’ange qui m’a délivré de tout mal. »

    Quelques-uns d’entre vous se trouvent peut-être en des lieux étranges, en des lieux solitaires, en des lieux difficiles, en des lieux dangereux ; mais si vous avez pris le Dieu de Jacob pour votre Dieu de l’alliance, vous pouvez reposer sans crainte dans cette antique parole : « Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras ; car je ne t’abandonnerai point, que je n’aie exécuté ce que je te dis. »

    « À moi ne demeure ni lieu ni temps,

    Ma patrie est sous tous les cieux,

    Je puis rester calme et libre de tout souci

    Sur quelque rivage que ce soit, car Dieu y est.

    « Serais-je jeté là où tu n’es pas,

    Ce serait, en vérité, un sort affreux,

    Mais nulle région je ne nomme lointaine,

    Assuré de trouver Dieu en tout. »

  2. Il nous gardera comme la prunelle de son œil. « Garde-moi comme la prunelle de l’œil » (Ps. xvii. 8). C’est une belle image, fondée sur la sensibilité du globe de l’œil à l’approche de la moindre escarbille ou du moindre grain de poussière qui voudrait s’y introduire. D’instinct la paupière se ferme avant que l’objet puisse entrer. Il n’y a pas le temps de réfléchir, car l’action est intuitive et involontaire. L’idée est que nous sommes aussi proches de Dieu que notre globe oculaire l’est de nous, et aussi véritablement partie du corps de Christ que s’il était réellement le cristallin de ses propres yeux, et qu’il est aussi sensible à l’approche de tout ce qui pourrait nous nuire que vous le seriez à l’intrusion d’un fétu flottant ou d’un grain de poussière dans votre œil sensible, avant même que vous puissiez penser ou prier.

    « Dieu est le refuge de ses saints,

    Quand les orages d’une âpre détresse font irruption,

    Avant que nous puissions proférer notre plainte,

    Le voici présent avec son secours. »

  3. Il nous gardera dans son pavillon. « Tu les protèges sous l’abri de ta face contre ceux qui les persécutent, tu les protèges dans ta tente contre les langues qui les attaquent » (Ps. xxxi. 20). Il ne lui faut pas longtemps pour dresser ce pavillon dans le lieu le plus solitaire et y cacher ses enfants en sûreté derrière ses tentures. On raconte l’histoire d’une assemblée écossaise de fidèles adorateurs, dans l’un des vallons de la patrie, au temps où le cruel Claverhouse traquait le sang des saints. Soudain le cri retentit, de la sentinelle qui veillait sur une falaise voisine, que des soldats venaient, et que la petite compagnie avait été découverte. La fuite était impossible, et ils s’agenouillèrent simplement et prièrent, revendiquant ce précieux psaume : « Tu les protèges dans ta tente. » Aussitôt commença à s’amasser parmi les collines une épaisse brume d’Écosse, et tout fut enveloppé comme d’un rideau. Leurs ennemis furent déjoués, et paisiblement, en sûreté, ils s’échappèrent par les sentiers familiers des montagnes. Dieu les avait cachés en sûreté dans son pavillon. Nous n’avons peut-être pas le même ennemi sanguinaire que les Covenantaires écossais, mais la lutte des langues est ici, avec des glaives plus tranchants et une haine plus cruelle. Oh ! combien de fois trouvons-nous le psalmiste s’écriant contre les paroles envenimées des hommes : « Que te donne, que te rapporte une langue trompeuse ? Les traits aigus du guerrier, avec les charbons ardents du genêt » (Ps. cxx. 3, 4). Mais il peut nous mettre à l’abri même de celles-ci et nous donner une bénédiction pour chaque souffle amer de la calomnie humaine. « Laissez-le maudire », dit David lorsqu’on voulut faire taire le vieux Schimeï, qui outrageait le roi à l’heure de sa douleur ; « peut-être l’Éternel me fera-t-il du bien en retour des malédictions d’aujourd’hui. » C’est pourquoi, que ceux qui souffrent de la lutte des langues « remettent leurs âmes au fidèle Créateur, en faisant ce qui est bien ».
  4. Il nous gardera dans une paix parfaite. « À celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la paix, la paix, parce qu’il se confie en toi » (Ésaïe xxvi. 3). Littéralement, cela se lit : « la paix, la paix. » C’est la double paix avec Dieu et de Dieu. C’est l’original vétérotestamentaire de la promesse plus belle encore de l’Apôtre, au quatrième chapitre des Philippiens : « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. » Dans les deux versets, c’est la même paix qui est visée, ce repos profond et divin que Christ met dans le cœur où il vient habiter. C’est la paix de Dieu, et elle surpasse toute intelligence. Elle n’est pas le fruit du raisonnement ni de la vue ; elle ne vient pas de ce que les choses auraient changé et que nous verrions poindre la délivrance. Elle vient lorsque tout est sombre et étrange, et que nous n’avons rien que sa seule parole. L’Assyrien était aux portes de Jérusalem, et il ne semblait y avoir aucune issue possible, lorsque la voix du prophète dit : « Fortifiez-vous et ayez du courage ! Ne craignez point et ne soyez point effrayés ; car avec nous il y a plus qu’avec lui. Avec nous est l’Éternel, notre Dieu, qui nous aidera et qui combattra pour nous. » Et il est ajouté : « Le peuple eut confiance dans les paroles d’Ézéchias. » L’Assyrien était toujours là, et le danger tout aussi imminent, mais il vint sur eux une confiance irraisonnée et surnaturelle, car Dieu avait pris en main leur défense. Nous connaissons la suite. Comme il fut aisé à l’Éternel, par le seul toucher de la main d’un ange, de coucher ces puissantes armées muettes dans la poussière ! Ainsi la paix de Dieu ne vient pas par la vue, mais par la foi. Ses conditions sont : « À celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la paix, la paix, parce qu’il se confie en toi. »

    On raconte l’histoire de deux tableaux rivaux, peignant la paix, pour lesquels un grand prix avait été offert. L’un était une scène belle et tranquille : un vallon boisé où un doux ruisselet serpentait mollement entre des rives herbeuses. Il y avait des oiseaux gazouillants, et des enfants heureux qui jouaient, avec les troupeaux couchés dans de verts pâturages, et la terre et le ciel étaient en repos. L’autre — et c’est ce tableau qui remporta le prix — était une mer déchaînée, jetant haut ses vagues et son écume autour d’un rocher nu, avec un navire au loin, fuyant devant l’ouragan, toutes voiles carguées, et les oiseaux de mer tournoyant à travers les nuées plombées dans une sauvage confusion — tout, sauf la paix. Mais tout en haut, dans une fente de ce rocher nu, au-dessus du ressac et à l’abri de la tempête, il y avait un nid de colombe, où la mère étendait paisiblement ses douces ailes sur ses petits, dans une paix parfaite.

    Quand est le temps de se confier ?

    Est-ce quand tout est calme ?

    Quand s’agite la palme du vainqueur

    Et que la vie n’est qu’un grand cantique

    De paix et de repos ?

    Non ! Mais le temps de se confier,

    C’est quand les vagues montent haut,

    Et que les nuées d’orage balaient le ciel,

    Et que la foi ne peut que crier :

    Seigneur, secours et sauve.

    La belle image du texte des Philippiens est celle d’une garnison : la paix de Dieu qui met une garnison dans le cœur et l’esprit. Le besoin de la garnison, ici, ne tient pas aux ennemis du dehors, mais à ceux du dedans. Rien ne peut nous nuire du dehors si nous sommes gardés dans la paix parfaite de Dieu. Remarquez aussi qu’il y a deux quartiers de cette citadelle qui doivent être tenus en garnison et gardés. L’un est le cœur, siège des doutes, des craintes et des soucis. L’autre est l’esprit, où nos pensées deviennent des sources d’inquiétude, et nous nous interrogeons, et nous nous tourmentons, et nous regardons en avant et en arrière, et nous regardons partout, sauf vers Dieu. La paix de Dieu peut apaiser toutes nos pensées et nous tenir dans le calme, et nous dire doucement :

    Cesse de penser, chrétien troublé,

    À quoi servent tes soucis anxieux ?

    Dieu pense sans cesse pour toi ;

    Jésus porte chaque fardeau.

    Déchargeant sur lui tout ton souci,

    Abîme-toi dans sa volonté bénie,

    Tandis qu’il te presse sur son sein,

    Murmurant doucement : « Paix, sois tranquille. »

  5. Il nous gardera par sa puissance. Tel est le sens de notre second texte : « Gardés comme une garnison par la puissance de Dieu, par la foi, pour le salut. » C’est un très beau passage. L’apôtre vient de nous dire que l’héritage est gardé pour nous là-haut. Il nous dit maintenant que nous sommes gardés pour l’héritage. L’héritage est réservé pour vous, et vous êtes préservés pour l’héritage. Mais si l’image de la garnison est la même que dans les Philippiens, c’est pourtant une autre garnison. Là, c’était la paix ; ici, c’est la puissance. La garnison de la paix doit préserver la cité de ses ennemis intérieurs ; la garnison de la puissance doit la protéger de ses ennemis du dehors. L’une fait la police des rues ; l’autre garde les remparts. Et ce qui ajoute à la force de l’image, c’est de noter que le mot puissance ici, dans le grec, est dynamite. La garnison est armée d’une artillerie céleste. Lorsque les troupes anglaises, sous les ordres de lord Kitchener, rencontrèrent pour la première fois les vastes armées du Mahdi, le chef conquérant des hordes fanatiques du Soudan, qui les surpassaient en nombre de dix contre un, elles protégèrent leur camp par une artillerie moderne, tandis que les Africains venaient contre elles avec des mousquets et des fusils d’un autre âge. Forte de cent mille hommes, cette immense multitude se rua sur la petite compagnie de soldats anglais et marcha à l’assaut, bannières au vent, chevaux au galop, dans un splendide enthousiasme. L’historien raconte de façon saisissante avec quel calme et quelle assurance les Anglais attendirent l’attaque, car ils savaient qu’ils avaient au milieu d’eux une puissance devant laquelle ces légions ne pourraient tenir un seul instant. Soudain les mitrailleuses Maxim commencèrent leur terrible crépitement, et, comme une grêle tombée des cieux, une pluie de balles et d’obus se déversa sur cette noire multitude, et ils fondirent comme la neige devant un soleil d’été. C’était la dynamite contre le seul courage humain. Dieu nous a mis en garnison avec une dynamite céleste, la puissance du Saint-Esprit, et, comme les soldats anglais, nous devons avoir confiance en elle, car nous sommes gardés par la dynamite de Dieu, par la foi. Nous devons compter sur sa puissante force et toujours marcher en avant avec ce cri de guerre : « Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ ! »
  6. Il a la puissance de nous garder dans le monde et de nous préserver du mal. Telle fut la prière du Maître pour ses disciples. En Jean xvii. 15, nous lisons : « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. » Voici une double garde. Gardés de la mort, de la maladie et de tout ce qui pourrait nous ôter du monde, et pourtant gardés du mal du monde, et surtout du malin. C’est une expression solennelle dans l’original, tou ponero, le Malin. Ce n’est pas un mal abstrait, mais un grand Diable personnel, l’adversaire « qui rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera ». Mais la puissance du Seigneur et la garde du Seigneur se tiennent entre nous et sa gueule dévorante. C’est un ennemi vaincu, et nous devons le traiter comme tel et marcher contre lui avec le prestige d’un vainqueur, au nom de son Vainqueur, le Seigneur Jésus-Christ. Parfois il nous assaille par ses ruses, parfois par ses traits enflammés, mais avec le bouclier de la foi nous pourrons tenir ferme contre les uns et les autres et les éteindre tous. Nous ne devons pas trop redouter le diable. Certains en viennent à tant le craindre qu’ils ont presque peur de laisser le Seigneur agir librement dans ses propres réunions. La crainte du fanatisme, il est à craindre, a détourné bien des gens de bonne volonté du baptême du Saint-Esprit. Venons hardiment prendre tout ce que Dieu a pour nous, et confions-nous en lui pour écarter la contrefaçon ; car si nous demandons du pain, il ne va pas nous donner une pierre, et si nous demandons du poisson et voulons vraiment ce qu’il veut, il ne nous laissera pas prendre un serpent. Au nom de Jésus et par son sang précieux, nous serons en sûreté et gardés du malin.
  7. Il a la puissance de nous garder de tout faux pas. Jude dit : « À celui qui peut vous préserver de toute chute et vous faire paraître devant sa gloire irrépréhensibles et dans l’allégresse. » La traduction anglaise est insuffisante. Le mot chute signifie faux pas. Certes, il a la puissance de nous garder d’être perdus, et trop de chrétiens se contentent de passer tout juste, ne serait-ce que de justesse. C’est là une ambition pauvre et sans noblesse. Il a la puissance de vous garder même du faux pas et de vous faire paraître devant sa gloire irrépréhensibles et dans l’allégresse. S’il peut vous garder une seconde, il peut vous garder trente-trois millions de secondes, ce qui fait une année entière, et aussi longtemps encore que vous continuerez à vous confier en lui, instant après instant. Vous élèverez-vous à une plus haute ambition et le prendrez-vous pour qu’il vous garde même de glisser, de trébucher et de faire un faux pas ?
  8. Il a la puissance de vous garder de toute atteinte de l’adversaire. Il y a une belle promesse au dernier chapitre de la première épître de Jean : « Celui qui a été engendré de Dieu le garde, et le malin ne le touche pas. » C’est là une leçon différente de la version ordinaire, mais il est très béni de dire que le Fils unique garde le saint qui se confie en lui, et le garde de telle sorte que le malin ne le touche pas. C’est la vieille image familière de la mouche d’un côté de la vitre et de l’oiseau de l’autre. L’oiseau fond sur sa proie et croit la tenir. La mouche frémit et le croit aussi ; mais il y a un élan, un choc sourd, quelques plumes ébouriffées, et un oiseau bien effrayé — mais la mouche est toujours là, se demandant comment tout cela n’est pas arrivé. Pour vous et moi, cependant, le secret est tout clair : il y avait entre eux quelque chose que l’oiseau n’a pas vu et que la mouche a oublié. Grâce à Dieu, quand le diable fait ses plongeons les plus furieux, il y a quelque chose entre. Il lui faut passer à travers Jésus-Christ pour vous atteindre ; et si seulement vous demeurez dans une simple confiance, le diable sera bien plus meurtri que vous.
  9. Il a la puissance de garder ses serviteurs et ses ministres. Écoutez : « Moi, l’Éternel, je t’ai appelé pour le salut, et je te prendrai par la main, je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, pour être la lumière des nations » (Ésaïe xlii. 6). Cette bénie promesse appartient d’abord au Seigneur Jésus, mais en second lieu à tout autre vrai serviteur de l’Éternel qui demeure en lui et travaille pour lui. Dieu tient ses ministres dans sa main droite et dit : « Ne touchez pas à mes oints, et ne faites pas de mal à mes prophètes ! » Il est bien téméraire, l’homme qui parle ou agit à la légère contre un vrai serviteur du Seigneur. Prenez garde à la manière dont vous critiquez les serviteurs du Maître. Écoutez : « Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d’autrui ? S’il se tient debout, ou s’il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir. » « Qui es-tu, toi qui juges autrui ? » Si tu sers le Christ d’un cœur sincère, mon frère, ne crains point. Celui que le Père regarde tiendra ta main droite, et te gardera, et te dira : « Ne crains rien... je donne des hommes à ta place, et des peuples pour ta vie. » « J’agirai : qui s’y opposera ? » Dieu te gardera et te dira : « Je te couvre de l’ombre de ma main, pour étendre de nouveaux cieux et fonder une nouvelle terre, et pour dire à Sion, Tu es mon peuple. » Un seul soldat de la croix, debout pour Jésus et se confiant en lui, est plus puissant que des légions d’ennemis redoutables. Confie-toi en lui, quoique dangers et ennemis t’entourent et que les amis soient souvent peu nombreux ; les cieux tomberont et la terre se dissoudra avant qu’il puisse manquer à l’un de ses serviteurs qui se confient en lui.
  10. Il gardera sa cause, son Église, sa vigne. « En ce jour-là, chantez un cantique sur la vigne. Moi l’Éternel, j’en suis le gardien, je l’arrose à chaque instant ; de peur qu’on ne l’attaque, nuit et jour je la garde. » Ésaïe xxvii. 2-3. Il nous arrive parfois de nous figurer que nous sommes les gardiens de la cause de Dieu, et qu’il l’a tout entière oubliée, et qu’il nous faut crier et clamer pour l’amener à nous aider à veiller sur son propre bien. Mais, chers amis, le Seigneur veille sur vous, et sur la cause aussi. « Moi l’Éternel, j’en suis le gardien ; de peur qu’on ne l’attaque, nuit et jour je la garde. » Sans doute y a-t-il des dangers, des épreuves, des adversaires, mais il y a une chose de plus : le Seigneur. Et deux petits mots sont plus forts que tous les D du dictionnaire, qu’il s’agisse de la difficulté, du découragement, de la division, de la déchéance, du diable, ou des docteurs en divinité — et ces deux mots sont : MAIS DIEU. Il y a un beau tableau prophétique au début de Zacharie, écrit pour consoler le peuple en des temps troublés. D’abord le prophète vit quatre cornes, venant de toutes les directions, cornes aiguës, cruelles, puissantes, poussant et perçant tout devant elles. S’il regardait au nord, il y avait là une corne ; et au sud, une autre là ; et bientôt elles allaient se rejoindre, et il se trouverait entre les deux. S’il regardait à l’est, il y avait là une corne ; et à l’ouest, une autre là ; et elles se rejoignaient dans sa poitrine sans défense. Puis la scène changea, et il regarda et vit quatre charpentiers venant dans la même direction, et chacun d’eux avait quantité d’outils — une bonne hache solide, et une scie tranchante, et sans doute un lourd maillet — et bientôt on put entendre le bruit des coups de hache et le grincement des scies, et voici, les cornes avaient perdu leurs pointes, furent réduites en bouillie et devinrent de mous coussins qui ne pouvaient plus rien blesser. Bien-aimés, Dieu a un charpentier pour chaque corne ; et si l’œuvre que vous faites est son œuvre, les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle.
  11. Il a la puissance de garder tout ce qui lui est confié. « Je sais en qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là » (2 Tim. 1:12). La grande question, pour vous et moi, est celle-ci : combien lui avons-nous réellement confié ?

L’Évangile quadruple A. B. Simpson

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