À l’école de la prière avec Christ
Christ, le Souverain Sacrificateur

Chapitre 28 · 10 min de lecture

Christ, le Souverain Sacrificateur

« Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi. » — Jean 17:24.

DANS son discours d’adieu, Jésus donne à ses disciples la pleine révélation de ce que devait être la Vie nouvelle, une fois que le royaume de Dieu serait venu avec puissance. Dans l’habitation du Saint-Esprit en eux, dans l’union avec lui, le Cep céleste, dans leur départ pour témoigner et souffrir pour lui, ils devaient trouver leur vocation et leur félicité. Entre les tableaux qu’il traçait de leur vie nouvelle à venir, le Seigneur avait donné à plusieurs reprises les promesses les plus illimitées quant à la puissance que pouvaient avoir leurs prières. Et maintenant, pour conclure, il se met lui-même à prier. Afin de laisser à ses disciples la joie de connaître ce que sera son intercession pour eux dans le ciel, comme leur Souverain Sacrificateur, il leur donne ce précieux héritage de sa prière au Père. Il le fait en même temps parce qu’eux, comme sacrificateurs, doivent avoir part à son œuvre d’intercession, afin qu’eux et nous sachions comment accomplir cette œuvre sainte. Dans l’enseignement de notre Seigneur en cette dernière nuit, nous avons appris à comprendre que ces étonnantes promesses touchant la prière n’ont pas été données en notre propre faveur, mais dans l’intérêt du Seigneur et de son royaume : c’est du Seigneur lui-même seul que nous pouvons apprendre ce que doit être, et ce que doit obtenir, la prière en son nom. Nous avons compris que prier en son nom, c’est prier en parfaite unité avec lui : la prière du souverain sacrificateur enseignera tout ce que la prière au nom de Jésus peut demander et espérer.

Cette prière se divise ordinairement en trois parties. Notre Seigneur prie d’abord pour lui-même (v. 1-5), puis pour ses disciples (6-19), et enfin pour tout le peuple des croyants à travers tous les âges (20-26). Le disciple de Jésus qui se donne à l’œuvre d’intercession, et qui voudrait éprouver combien de bénédiction il peut, par la prière, faire descendre sur son entourage au nom de Jésus, se laissera en toute humilité conduire par l’Esprit pour étudier cette prière admirable comme l’une des leçons les plus importantes de l’école de la prière.

Tout d’abord, Jésus prie pour lui-même, pour être glorifié, afin de glorifier ainsi le Père. « Père ! Glorifie ton Fils. Et maintenant toi, Père, glorifie-moi. » Et il expose les motifs sur lesquels il fonde ainsi sa prière. Une sainte alliance avait été conclue entre le Père et le Fils dans le ciel. Le Père lui avait promis le pouvoir sur toute chair comme récompense de son œuvre : il avait accompli l’œuvre, il avait glorifié le Père, et son unique dessein est maintenant de le glorifier davantage encore. Avec la plus grande hardiesse, il demande que le Père le glorifie, afin qu’il puisse maintenant être et faire pour son peuple tout ce qu’il a entrepris.

Disciple de Jésus ! voici la première leçon de ton œuvre d’intercession sacerdotale, à apprendre de l’exemple de ton grand Souverain Sacrificateur. Prier au nom de Jésus, c’est prier en unité, en communion de cœur avec lui. Comme le Fils commença sa prière en rendant claire sa relation avec le Père, en plaidant son œuvre et son obéissance, ainsi que son désir de voir le Père glorifié, fais de même. Approche-toi et parais devant le Père en Christ. Plaide son œuvre achevée. Dis que tu ne fais qu’un avec elle, que tu t’appuies sur elle, que tu vis en elle. Dis que toi aussi tu t’es donné pour achever l’œuvre que le Père t’a donnée à faire, et pour ne vivre que pour sa gloire. Et demande alors avec confiance que le Fils soit glorifié en toi. C’est là prier au nom, dans les paroles mêmes, dans l’Esprit de Jésus, en union avec Jésus lui-même. Une telle prière a de la puissance. Si, avec Jésus, tu glorifies le Père, le Père glorifiera Jésus en faisant ce que tu demandes en son nom. Ce n’est que lorsque ta propre relation personnelle sur ce point, comme celle de Christ, est claire devant Dieu, lorsque tu le glorifies et cherches tout pour sa gloire, que, comme Christ, tu auras la puissance d’intercéder pour ceux qui t’entourent.

Notre Seigneur prie ensuite pour le cercle de ses disciples. Il parle d’eux comme de ceux que le Père lui a donnés. Leur marque principale est qu’ils ont reçu la parole de Christ. Il dit d’eux qu’il les envoie maintenant dans le monde à sa place, tout comme le Père l’avait lui-même envoyé. Et il demande deux choses pour eux : que le Père les garde du malin, et qu’il les sanctifie par sa Parole, parce qu’il se sanctifie lui-même pour eux.

Tout comme le Seigneur, chaque intercesseur croyant a son propre cercle immédiat pour lequel il prie d’abord. Les parents ont leurs enfants, les maîtres leurs élèves, les pasteurs leurs troupeaux, tous les ouvriers leur charge particulière, tous les croyants ceux dont le souci pèse sur leur cœur. Il importe grandement que l’intercession soit personnelle, précise et définie. Et alors notre première prière doit toujours être qu’ils reçoivent la parole. Mais cette prière ne servira de rien si, avec notre Seigneur, nous ne disons : « Je leur ai donné ta parole » : c’est cela qui nous donne liberté et puissance dans l’intercession pour les âmes. Ne priez pas seulement pour eux, mais parlez-leur. Et quand ils ont reçu la parole, prions beaucoup pour qu’ils soient gardés du malin, pour qu’ils soient sanctifiés par cette parole. Au lieu de désespérer, de juger ou d’abandonner ceux qui tombent, prions pour notre cercle : « Père ! Garde en ton nom ceux que tu m’as donnés » ; « Sanctifie-les par ta vérité. » La prière au nom de Jésus a une grande efficace : « Demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. »

Et vient ensuite la prière de notre Seigneur pour un cercle plus large encore. « Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole. » Son cœur sacerdotal s’élargit pour embrasser tous les lieux et tous les temps, et il prie afin que tous ceux qui lui appartiennent soient partout un, comme preuve donnée par Dieu au monde de la divinité de sa mission, et ensuite afin qu’ils soient à jamais avec lui dans sa gloire. Jusqu’alors : « afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que je sois en eux. »

Le disciple de Jésus qui a d’abord, dans son propre cercle, éprouvé la puissance de la prière ne peut se renfermer dans ses limites : il prie pour l’Église universelle et pour ses différentes branches. Il prie spécialement pour l’unité de l’Esprit et de l’amour. Il prie pour qu’elle soit une en Christ, en témoignage devant le monde que Christ, qui a opéré une telle merveille que de faire triompher l’amour sur l’égoïsme et la division, est vraiment le Fils de Dieu envoyé du ciel. Tout croyant devrait beaucoup prier pour que l’unité de l’Église — non dans des organisations extérieures, mais en esprit et en vérité — soit rendue manifeste.

Voilà pour la matière de la prière. Venons-en maintenant à sa manière. Jésus dit : « PÈRE ! JE VEUX. » En vertu de son droit de Fils, de la promesse du Père envers lui et de son œuvre achevée, il pouvait le faire. Le Père lui avait dit : « Demande-moi et je te donnerai. » Il ne fit que se prévaloir de la promesse du Père. Jésus nous a donné une promesse semblable : « Demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. » Il me demande, en son nom, de dire ce que je veux. Demeurant en lui, dans une union vivante avec lui où l’homme n’est rien et Christ est tout, le croyant a la liberté de reprendre cette parole de son Souverain Sacrificateur et, en réponse à la question « Que veux-tu ? » de dire : « PÈRE ! JE VEUX tout ce que tu as promis. » Ce n’est rien d’autre que la vraie foi ; c’est honorer Dieu : être assuré qu’une telle confiance à dire ce que je veux lui est vraiment agréable. À première vue, notre cœur recule devant cette expression ; nous ne sentons ni la liberté ni la puissance de parler ainsi. C’est une parole pour laquelle, dans le renoncement le plus entier de notre volonté seulement, la grâce sera donnée, mais pour laquelle la grâce sera très assurément donnée à quiconque perd sa volonté dans celle de son Seigneur. Celui qui perd sa volonté la retrouvera ; celui qui abandonne entièrement sa volonté la retrouvera renouvelée et fortifiée d’une Force divine. « PÈRE ! JE VEUX : » telle est la note dominante de l’intercession éternelle, toujours agissante et toute-puissante de notre Seigneur dans le ciel. Ce n’est qu’en union avec lui que notre prière est efficace ; en union avec lui, elle l’est puissamment. Si seulement nous demeurons en lui, vivant, marchant et faisant toutes choses en son nom ; si seulement nous venons apporter chaque requête particulière, éprouvée et touchée par sa Parole et son Esprit, et la jetons dans le puissant fleuve d’intercession qui monte de lui, pour être portée en haut et présentée devant le Père — nous aurons la pleine assurance de recevoir les requêtes que nous demandons : le « Père ! je veux » sera insufflé en nous par l’Esprit lui-même. Nous nous perdrons en lui et deviendrons rien, pour découvrir que dans notre impuissance nous avons de la puissance et que nous l’emportons.

Disciples de Jésus ! Appelés à ressembler à votre Seigneur dans son intercession sacerdotale, quand, oh ! quand nous éveillerons-nous à la gloire, qui passe toute conception, de cette destinée qui est la nôtre : plaider auprès de Dieu et l’emporter en faveur des hommes qui périssent ? Oh ! quand secouerons-nous la paresse qui se revêt du prétexte de l’humilité, et nous livrerons-nous tout entiers à l’Esprit de Dieu, afin qu’il remplisse nos volontés de lumière et de puissance, pour connaître, pour prendre et pour posséder tout ce que notre Dieu attend de donner à une volonté qui se saisit de lui ?

« SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER. »

Ô mon bienheureux Souverain Sacrificateur ! qui suis-je pour que tu m’invites ainsi à partager avec toi ta puissance d’intercession victorieuse ! Et pourquoi, ô mon Seigneur ! suis-je si lent de cœur à comprendre, à croire et à exercer ce merveilleux privilège pour lequel tu as racheté ton peuple. Ô Seigneur ! donne ta grâce, afin que cela devienne toujours davantage l’œuvre incessante de ma vie — prier sans cesse pour faire descendre la bénédiction du ciel sur tout ce qui m’entoure sur la terre.

Seigneur béni ! je viens maintenant accepter cet appel qui est le mien. Pour lui, je voudrais tout quitter et te suivre. Entre tes mains, je voudrais avec foi remettre tout mon être : forme-moi, exerce-moi, inspire-moi, pour que je sois l’un de ta légion de prière, de ces lutteurs qui veillent et combattent dans la prière, des Israël, des princes de Dieu, qui ont de la puissance et l’emportent. Prends possession de mon cœur et remplis-le de l’unique désir de la gloire de Dieu dans le rassemblement, la sanctification et l’union de ceux que le Père t’a donnés. Prends mon esprit, et que ce soit là mon étude et ma sagesse : savoir quand la prière peut apporter une bénédiction. Prends-moi tout entier et rends-moi propre, comme un sacrificateur, à me tenir toujours devant Dieu et à bénir en son nom.

Seigneur béni ! Qu’il en soit ici comme dans toute la vie spirituelle : toi tout, moi rien. Et que ce soit ici aussi mon expérience, que celui qui n’a et ne cherche rien pour lui-même reçoit tout, jusqu’à la merveilleuse grâce de partager avec toi ton éternel ministère d’intercession. Amen.

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