À l’école de la prière avec Christ
La puissance pour prier et pour œuvrer

Chapitre 20 · 11 min de lecture

La puissance pour prier et pour œuvrer

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai. » — Jean 14:12, 13.

De même que le Sauveur ouvrit son ministère public auprès de ses disciples par le Sermon sur la montagne, de même il le clôt par le discours d’adieu que Jean nous a conservé. Dans l’un et l’autre il parle plus d’une fois de la prière. Mais avec une différence. Dans le Sermon sur la montagne, c’est à des disciples qui viennent à peine d’entrer dans son école, qui savent à peine que Dieu est leur Père, et dont la prière se rapporte surtout à leurs besoins personnels. Dans son discours de clôture, il parle à des disciples dont le temps de formation touche maintenant à sa fin, et qui sont prêts, comme ses messagers, à prendre sa place et son œuvre. Dans le premier, la grande leçon est celle-ci : soyez comme des enfants, priez avec foi, et confiez-vous au Père, qui vous donnera tous les bons dons. Ici, il montre quelque chose de plus élevé : ils sont désormais ses amis, à qui il a fait connaître tout ce qu’il a entendu du Père ; ses messagers, qui sont entrés dans ses desseins, et entre les mains de qui doit être confié le soin de son œuvre et de son royaume sur la terre. Ils doivent maintenant sortir et faire ses œuvres, et, dans la puissance de son élévation prochaine, des œuvres plus grandes encore : la prière doit désormais être le canal par lequel cette puissance sera reçue pour leur travail. Avec l’ascension de Christ vers le Père commence une ère nouvelle, pour leur travail comme pour leur prière.

Voyez avec quelle clarté ce lien ressort de notre texte. Comme son corps ici-bas, comme ceux qui sont un avec lui dans le ciel, ils doivent désormais faire de plus grandes œuvres qu’il n’en avait faites ; leurs succès et leurs victoires doivent être plus grands que les siens. Il en donne deux raisons. La première, parce qu’il allait au Père pour recevoir toute puissance ; la seconde, parce qu’ils pouvaient désormais demander et attendre tout en son nom. « Parce que je m’en vais au Père, et — remarquez bien ce et — et, tout ce que vous demanderez, je le ferai. » Ainsi son départ vers le Père apporterait la double bénédiction : ils demanderaient et recevraient tout en son nom, et, par voie de conséquence, feraient de plus grandes œuvres. Cette première mention de la prière dans les paroles d’adieu de notre Sauveur nous enseigne donc deux leçons des plus importantes. Celui qui veut faire les œuvres de Jésus doit prier en son nom. Celui qui veut prier en son nom doit œuvrer en son nom.

Celui qui veut œuvrer doit prier : c’est dans la prière que s’obtient la puissance pour l’œuvre. Celui qui, par la foi, veut faire les œuvres que Jésus a faites doit prier en son nom. Aussi longtemps que Jésus fut ici-bas, c’est lui-même qui accomplit les plus grandes œuvres : les démons que les disciples ne pouvaient chasser fuyaient à sa parole. Lorsqu’il s’en alla vers le Père, il ne fut plus ici dans le corps pour agir directement. Les disciples étaient désormais son corps : toute son œuvre, depuis le trône du ciel, devait et pouvait s’accomplir ici-bas par eux. On aurait pu penser que, maintenant qu’il quittait lui-même la scène et ne pouvait plus agir que par des mandataires, les œuvres seraient moins nombreuses et plus faibles. Il nous assure du contraire : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes. » Sa mort prochaine devait être une si réelle destruction et un tel anéantissement de la puissance du péché ; par la résurrection, les puissances de la Vie éternelle devaient si véritablement s’emparer du corps humain et acquérir la maîtrise sur la vie humaine ; par son ascension, il devait recevoir la puissance de communiquer le Saint-Esprit si pleinement aux siens ; l’union, l’unité entre lui-même sur le trône et eux sur la terre, devait être si intensément et divinement parfaite, qu’il l’entendait comme la vérité littérale : « Il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père. » Et l’issue prouva combien c’était vrai. Tandis que Jésus, durant trois années de labeur personnel sur la terre, ne rassembla guère plus de cinq cents disciples, dont la plupart si faibles qu’ils faisaient peu d’honneur à sa cause, il fut donné à des hommes comme Pierre et Paul de faire manifestement de plus grandes choses qu’il n’en avait faites. Du haut du trône, il pouvait accomplir par eux ce que lui-même, dans son humiliation, ne pouvait encore faire.

Mais il y a une condition : « Celui qui croit en moi fera de plus grandes œuvres, parce que je m’en vais au Père ; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai. » Son départ vers le Père lui donnerait une puissance nouvelle pour exaucer la prière. Pour l’accomplissement des plus grandes œuvres, deux choses étaient nécessaires : son départ vers le Père pour recevoir toute puissance, et notre prière en son nom pour recevoir de lui, à notre tour, toute puissance. Lorsqu’il demande au Père, il reçoit et nous dispense la puissance de la nouvelle économie pour les plus grandes œuvres ; lorsque nous croyons et demandons en son nom, la puissance vient et s’empare de nous pour faire les plus grandes œuvres.

Hélas ! que d’activité déployée dans l’œuvre de Dieu, où l’on ne voit que peu ou rien de la puissance capable d’accomplir quoi que ce soit de semblable aux œuvres de Christ, sans parler de plus grandes œuvres ! Il ne peut y avoir qu’une seule raison : la foi en lui, la prière croyante en son nom, voilà ce qui fait tant défaut. Oh ! que tout ouvrier et tout conducteur, dans l’Église ou l’école, dans l’œuvre de la philanthropie au pays ou des missions à l’étranger, apprenne cette leçon : la prière au nom de Jésus est le moyen d’avoir part à la puissante force que Jésus a reçue du Père pour son peuple, et c’est par cette puissance seule que celui qui croit peut faire les plus grandes œuvres. À toute plainte touchant la faiblesse ou l’incapacité, les difficultés ou le manque de succès, Jésus donne cette unique réponse : « Celui qui croit en moi fera de plus grandes œuvres, parce que je m’en vais au Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai. » Nous devons comprendre que la chose première et essentielle, pour quiconque veut faire l’œuvre de Jésus, est de croire, et ainsi d’être uni à lui, le Tout-Puissant, puis de prier la prière de la foi en son nom. Sans cela, notre œuvre n’est qu’humaine et charnelle ; elle peut avoir quelque utilité pour réfréner le péché ou préparer le chemin de la bénédiction, mais la véritable puissance fait défaut. L’œuvre efficace exige d’abord la prière efficace.

Et maintenant, la seconde leçon : celui qui veut prier doit œuvrer. C’est en vue de la puissance pour l’œuvre que la prière a de si grandes promesses ; c’est en œuvrant que s’acquiert la puissance de la prière efficace de la foi. Dans ces paroles d’adieu de notre Seigneur béni, nous trouvons que, pas moins de six fois (Jean 14:13, 14 ; 15:7, 16 ; 16:23, 24), il répète ces promesses de prière sans limites qui ont si souvent éveillé nos inquiètes interrogations quant à leur sens réel : « tout ce que », « quoi que ce soit », « ce que vous voudrez », « demandez et vous recevrez ». Que de croyants les ont relues avec joie et espérance, et, dans un profond sérieux d’âme, ont cherché à s’en prévaloir pour leur propre besoin. Et ils en sont ressortis déçus. La simple raison en était celle-ci : ils avaient arraché la promesse de son contexte. Le Seigneur a donné la merveilleuse promesse du libre usage de son nom auprès du Père en lien avec l’accomplissement de ses œuvres. C’est au disciple qui se donne tout entier à vivre pour l’œuvre et le royaume de Jésus, pour sa volonté et son honneur, que viendra la puissance de s’approprier la promesse. Celui qui voudrait bien saisir la promesse lorsqu’il désire quelque chose de tout particulier pour lui-même sera déçu, car il ferait de Jésus le serviteur de son propre confort. Mais à celui qui cherche à prier la prière efficace de la foi parce qu’il en a besoin pour l’œuvre du Maître, à celui-là il sera donné de l’apprendre, parce qu’il s’est fait le serviteur des intérêts de son Seigneur. Non seulement la prière enseigne et fortifie en vue de l’œuvre : l’œuvre enseigne et fortifie en vue de la prière.

Cela s’accorde parfaitement avec ce qui est vrai à la fois dans le monde naturel et dans le monde spirituel. À quiconque a, il sera donné ; ou encore : celui qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi dans les grandes. Avec la petite mesure de grâce déjà reçue, donnons-nous au Maître pour son œuvre : l’œuvre sera pour nous une véritable école de prière. C’est lorsque Moïse eut à prendre l’entière charge d’un peuple rebelle qu’il éprouva le besoin, mais aussi le courage, de parler hardiment à Dieu et de lui demander de grandes choses (Ex. 33:12, 15, 18). À mesure que tu te donnes entièrement à Dieu pour son œuvre, tu sentiras que rien de moins que ces grandes promesses n’est ce dont tu as besoin, que rien de moins n’est ce que tu peux attendre avec le plus de confiance.

Croyant en Jésus ! Tu es appelé, tu es établi, pour faire les œuvres de Jésus, et des œuvres plus grandes encore, parce qu’il s’en est allé vers le Père afin de recevoir la puissance de les accomplir en toi et par toi.

Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai. Donne-toi, et vis, pour faire les œuvres de Christ, et tu apprendras à prier de manière à obtenir de merveilleuses réponses à la prière. Donne-toi, et vis, pour prier, et tu apprendras à faire les œuvres qu’il a faites, et de plus grandes œuvres. Avec des disciples pleins de foi en lui et hardis dans la prière pour demander de grandes choses, Christ peut conquérir le monde.

« SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER. »

Ô mon Seigneur ! J’ai de nouveau entendu aujourd’hui de ta bouche des paroles qui dépassent mon entendement. Et pourtant je ne puis rien faire d’autre que, dans une foi simple et enfantine, les recevoir et les garder comme ton don pour moi aussi. Tu as dit qu’en vertu de ton départ vers le Père, celui qui croit en toi fera les œuvres que tu as faites, et de plus grandes œuvres. Seigneur ! Je t’adore comme le Glorifié, et j’attends l’accomplissement de ta promesse. Que ma vie tout entière ne soit qu’une foi continuelle en toi. Purifie et sanctifie ainsi mon cœur, rends-le si tendrement sensible à toi-même et à ton amour, que la foi en toi soit la vie même qu’il respire.

Et tu as dit qu’en vertu de ton départ vers le Père, tout ce que nous demanderons, tu le feras. De ton trône de puissance, tu veux faire participer ton peuple à la puissance qui t’a été donnée, et agir par lui comme par les membres de ton corps, en réponse à ses prières croyantes en ton nom. La puissance dans la prière auprès de toi, et la puissance dans l’œuvre auprès des hommes, voilà ce que tu as promis à ton peuple, et à moi aussi.

Seigneur béni ! Pardonne-nous d’avoir si peu cru en toi et en ta promesse, et d’avoir si peu éprouvé ta fidélité à l’accomplir. Oh ! pardonne-nous d’avoir si peu honoré ton Nom tout-puissant, dans le ciel comme sur la terre.

Seigneur ! Apprends-moi à prier, afin que je prouve que ton Nom l’emporte véritablement auprès de Dieu, des hommes et des démons. Oui, apprends-moi à œuvrer et à prier de telle sorte que tu puisses te glorifier en moi comme le Tout-Puissant, et accomplir ta grande œuvre par moi aussi. Amen.

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