À l’école de la prière avec Christ
Le seul Maître

Chapitre 2 · 11 min de lecture

Le seul Maître

« Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit: Seigneur, enseigne-nous à prier. » — Luc 11:1.

Les disciples avaient été avec Christ et l’avaient vu prier. Ils avaient appris à comprendre quelque chose du lien entre sa vie merveilleuse en public et sa vie secrète de prière. Ils avaient appris à croire en lui comme en un Maître dans l’art de la prière — nul ne pouvait prier comme lui. Aussi vinrent-ils à lui avec cette demande : « Seigneur, enseigne-nous à prier. » Et dans les années qui suivirent, ils nous auraient dit qu’il y avait peu de choses plus merveilleuses ou plus bénies parmi celles qu’il leur enseigna que ses leçons sur la prière.

Et aujourd’hui encore il arrive, tandis qu’il prie en un certain lieu, que des disciples qui le voient ainsi occupé éprouvent le besoin de répéter la même demande : « Seigneur, enseigne-nous à prier. » À mesure que nous croissons dans la vie chrétienne, la pensée et la foi du Maître bien-aimé dans son intercession qui ne défaille jamais deviennent toujours plus précieuses, et l’espérance d’être semblables à Christ dans son intercession revêt un attrait jusque-là inconnu. Et lorsque nous le voyons prier, et que nous nous souvenons que nul ne peut prier comme lui, et que nul ne peut enseigner comme lui, nous sentons que la requête des disciples, « Seigneur, enseigne-nous à prier », est justement ce dont nous avons besoin. Et lorsque nous songeons à tout ce qu’il est et possède, à combien il est lui-même tout à nous, à combien il est lui-même notre vie, nous avons l’assurance qu’il nous suffit de demander, et qu’il sera ravi de nous introduire dans une communion plus étroite avec lui-même, et de nous enseigner à prier comme lui-même prie.

Venez, mes frères ! N’irons-nous pas au Maître béni pour lui demander d’inscrire nos noms, eux aussi, à nouveau dans cette école qu’il tient toujours ouverte pour ceux qui aspirent à poursuivre leurs études dans l’art divin de la prière et de l’intercession ? Oui, disons aujourd’hui même au Maître, comme ils le firent autrefois : « Seigneur, enseigne-nous à prier. » À mesure que nous méditerons, nous découvrirons que chaque mot de la requête que nous présentons est plein de sens.

« Seigneur, enseigne-nous à prier. » Oui, à prier. Voilà ce que nous avons besoin qu’on nous enseigne. Bien qu’à ses débuts la prière soit si simple que le plus faible enfant puisse prier, elle est en même temps l’œuvre la plus haute et la plus sainte à laquelle l’homme puisse s’élever. C’est la communion avec l’Invisible et le Très-Saint. Les puissances du monde éternel ont été mises à sa disposition. Elle est l’essence même de la vraie religion, le canal de toutes les bénédictions, le secret de la puissance et de la vie. Non seulement pour nous-mêmes, mais pour les autres, pour l’Église, pour le monde, c’est à la prière que Dieu a donné le droit de le saisir, lui et sa force. C’est sur la prière qu’attendent les promesses pour leur accomplissement, le royaume pour sa venue, la gloire de Dieu pour sa pleine révélation. Et pour cette œuvre bénie, combien nous sommes paresseux et incapables ! Seul l’Esprit de Dieu peut nous rendre capables de l’accomplir comme il faut. Avec quelle promptitude nous sommes trompés jusqu’à nous reposer dans la forme, tandis que la puissance fait défaut. Notre première éducation, l’enseignement de l’Église, l’influence de l’habitude, l’émotion qui s’éveille — combien facilement tout cela conduit à une prière qui n’a aucune puissance spirituelle et ne sert que de peu. La vraie prière, celle qui saisit la force de Dieu, celle qui a une grande efficace, celle à laquelle les portes du ciel s’ouvrent vraiment tout grandes — qui ne s’écrierait : Oh ! que quelqu’un m’enseigne à prier ainsi ?

Jésus a ouvert une école, dans laquelle il forme ses rachetés qui le désirent particulièrement, afin qu’ils aient de la puissance dans la prière. N’y entrerons-nous pas avec cette requête : Seigneur ! c’est justement cela que nous avons besoin qu’on nous enseigne ! Ô enseigne-nous à prier.

« Seigneur, enseigne-nous à prier. » Oui, nous, Seigneur. Nous avons lu dans ta Parole avec quelle puissance ton peuple croyant d’autrefois avait coutume de prier, et quels prodiges puissants furent accomplis en réponse à ses prières. Et si cela eut lieu sous l’Ancienne Alliance, au temps de la préparation, combien plus ne donneras-tu pas maintenant, en ces jours d’accomplissement, à ton peuple ce signe assuré de ta présence au milieu d’eux. Nous avons entendu les promesses faites à tes apôtres touchant la puissance de la prière en ton nom, et nous avons vu avec quelle gloire ils en éprouvèrent la vérité : nous savons avec certitude qu’elles peuvent devenir vraies pour nous aussi. Nous entendons continuellement, même en ces jours, quels glorieux témoignages de ta puissance tu donnes encore à ceux qui se confient pleinement en toi. Seigneur ! tous ceux-là sont des hommes de la même nature que nous ; enseigne-nous à prier ainsi, nous aussi. Les promesses sont pour nous, les puissances et les dons du monde céleste sont pour nous. Ô enseigne-nous à prier, afin que nous recevions abondamment. À nous aussi tu as confié ton œuvre, de notre prière aussi dépend la venue de ton royaume, dans notre prière aussi tu peux glorifier ton nom ; « Seigneur, enseigne-nous à prier. » Oui, nous, Seigneur ; nous nous offrons comme des disciples ; nous voudrions vraiment être enseignés par toi. « Seigneur, enseigne-nous à prier. »

« Seigneur, enseigne-nous à prier. » Oui, nous sentons maintenant le besoin qu’on nous enseigne à prier. Au premier abord, nulle œuvre ne paraît aussi simple ; plus tard, aucune n’est plus difficile ; et l’aveu nous est arraché : Nous ne savons pas prier comme il faut. Il est vrai que nous avons la Parole de Dieu, avec ses promesses claires et sûres ; mais le péché a tellement obscurci notre entendement que nous ne savons pas toujours comment appliquer la parole. Dans les choses spirituelles, nous ne recherchons pas toujours les choses les plus nécessaires, ou nous manquons à prier selon la loi du sanctuaire. Dans les choses temporelles, nous sommes encore moins capables de profiter de la merveilleuse liberté que notre Père nous a donnée de demander ce dont nous avons besoin. Et même lorsque nous savons quoi demander, que de choses sont encore nécessaires pour rendre la prière agréable ! Elle doit être à la gloire de Dieu, dans un plein abandon à sa volonté, dans une pleine assurance de la foi, au nom de Jésus, et avec une persévérance qui, s’il le faut, refuse d’essuyer un refus. Tout cela doit s’apprendre. Cela ne peut s’apprendre qu’à l’école d’une prière abondante, car c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Au milieu de la douloureuse conscience de notre ignorance et de notre indignité, dans la lutte entre la foi et le doute, s’apprend l’art céleste de la prière efficace. Car, même lorsque nous ne nous en souvenons pas, il en est Un, celui qui commence et qui achève la foi et la prière, qui veille sur notre prière et qui fait en sorte que, chez tous ceux qui s’en remettent à lui, leur éducation à l’école de la prière soit menée jusqu’à la perfection. Que le fond profond de toute notre prière soit seulement cette docilité qui naît du sentiment de notre ignorance et de la foi en lui comme en un maître parfait, et nous pouvons être assurés que nous serons enseignés, que nous apprendrons à prier avec puissance. Oui, nous pouvons y compter : il enseigne à prier.

« Seigneur, enseigne-nous à prier. » Nul ne peut enseigner comme Jésus, nul autre que Jésus ; c’est pourquoi nous l’invoquons : « SEIGNEUR, enseigne-nous à prier. » Un élève a besoin d’un maître qui connaisse son ouvrage, qui ait le don d’enseigner, qui, avec patience et amour, s’abaisse jusqu’aux besoins de l’élève. Béni soit Dieu ! Jésus est tout cela et bien davantage. Il sait ce qu’est la prière. C’est Jésus, priant lui-même, qui enseigne à prier. Il sait ce qu’est la prière. Il l’a apprise au milieu des épreuves et des larmes de sa vie terrestre. Au ciel, c’est encore son œuvre bien-aimée : là, sa vie est prière. Rien ne le réjouit davantage que de trouver ceux qu’il peut prendre avec lui dans la présence du Père, ceux qu’il peut revêtir de puissance pour faire descendre par la prière la bénédiction de Dieu sur ceux qui les entourent, ceux qu’il peut former pour être ses compagnons d’œuvre dans l’intercession par laquelle le royaume doit être révélé sur la terre. Il sait enseigner. Tantôt par l’urgence d’un besoin ressenti, tantôt par la confiance qu’inspire la joie. Ici par l’enseignement de la Parole, là par le témoignage d’un autre croyant qui sait ce que c’est que d’avoir sa prière exaucée. Par son Saint-Esprit, il a accès à notre cœur, et il nous enseigne à prier en nous montrant le péché qui fait obstacle à la prière, ou en nous donnant l’assurance que nous plaisons à Dieu. Il enseigne, non seulement en nous donnant des pensées sur ce qu’il faut demander ou comment le demander, mais en insufflant en nous l’esprit même de la prière, en vivant en nous comme le Grand Intercesseur. Nous pouvons vraiment, et avec la plus grande joie, dire : « Qui saurait enseigner comme lui? » Jésus n’a jamais enseigné à ses disciples comment prêcher, seulement comment prier. Il n’a pas beaucoup parlé de ce qu’il faut pour bien prêcher, mais beaucoup de bien prier. Savoir comment parler à Dieu est plus que savoir comment parler à l’homme. Non la puissance auprès des hommes, mais la puissance auprès de Dieu est la première chose. Jésus aime nous enseigner comment prier.

Qu’en pensez-vous, mes bien-aimés condisciples ! ne serait-ce pas justement ce dont nous avons besoin, de demander au Maître un mois pour nous donner un cours de leçons particulières sur l’art de la prière ? Tandis que nous méditons les paroles qu’il a prononcées sur la terre, livrons-nous à son enseignement dans la plus entière confiance qu’avec un tel maître nous ferons des progrès. Prenons le temps non seulement de méditer, mais de prier, de nous attarder au pied du trône, et d’être formés à l’œuvre de l’intercession. Faisons-le dans l’assurance qu’au milieu de nos balbutiements et de nos craintes, il poursuit son œuvre de la plus belle manière. Il insufflera en nous sa propre vie, qui est toute prière. De même qu’il nous rend participants de sa justice et de sa vie, il nous rendra aussi participants de son intercession. Comme membres de son corps, comme un saint sacerdoce, nous prendrons part à son œuvre sacerdotale d’intercession et de prévalence auprès de Dieu en faveur des hommes. Oui, disons avec la plus grande joie, si ignorants et faibles que nous soyons : « Seigneur, enseigne-nous à prier. »

« SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER. »

Seigneur béni ! toi qui vis toujours pour prier, tu peux m’enseigner à moi aussi à prier, à moi aussi à vivre toujours pour prier. En cela tu aimes à me faire partager ta gloire dans le ciel : que je prie sans cesse, et que je me tienne toujours comme un sacrificateur en la présence de mon Dieu.

Seigneur Jésus ! je te demande aujourd’hui d’inscrire mon nom parmi ceux qui confessent qu’ils ne savent pas prier comme il faut, et je te demande particulièrement un cours d’enseignement dans la prière. Seigneur ! enseigne-moi à m’attarder avec toi à l’école, et à te donner le temps de me former. Qu’un profond sentiment de mon ignorance, du merveilleux privilège et de la puissance de la prière, du besoin du Saint-Esprit comme Esprit de prière, m’amène à rejeter mes pensées sur ce que je crois savoir, et me fasse m’agenouiller devant toi dans une vraie docilité et une vraie pauvreté d’esprit.

Et remplis-moi, Seigneur, de l’assurance qu’avec un maître tel que toi j’apprendrai à prier. Dans l’assurance que j’ai pour maître Jésus, qui prie sans cesse le Père et qui, par sa prière, gouverne les destinées de son Église et du monde, je n’aurai pas peur. Autant que j’ai besoin de connaître des mystères du monde de la prière, tu me les dévoileras. Et lorsque je ne pourrai pas savoir, tu m’enseigneras à être fort dans la foi, donnant gloire à Dieu.

Seigneur béni ! tu ne feras pas honte à ton disciple qui se confie en toi, et lui non plus, par ta grâce, ne te fera pas honte. Amen.

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