Chapitre 13 · 11 min de lecture
Le secret de la prière croyante
« Jésus prit la parole, et leur dit: Ayez foi en Dieu. Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir. C’est pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. » — Marc 11:22-24.
LA promesse d’une réponse à la prière qui formait notre leçon d’hier est l’une des plus merveilleuses de toute l’Écriture. En combien de cœurs a-t-elle soulevé cette question : comment donc puis-je atteindre la foi qui sait qu’elle reçoit tout ce qu’elle demande ?
C’est à cette question que notre Seigneur veut répondre aujourd’hui. Avant de donner cette merveilleuse promesse à ses disciples, il prononça une autre parole, où il montre d’où la foi en la réponse à la prière tire son origine et où elle trouve toujours sa force. AYEZ FOI EN DIEU : cette parole précède l’autre, Ayez foi en la promesse d’une réponse à la prière. Le pouvoir de croire une promesse dépend entièrement, mais uniquement, de la foi en celui qui promet. La confiance en la personne engendre la confiance en sa parole. Ce n’est que là où nous vivons et frayons avec Dieu dans un commerce personnel et aimant, où DIEU LUI-MÊME est tout pour nous, où notre être tout entier s’ouvre et s’expose continuellement aux puissantes influences qui agissent là où sa sainte Présence se révèle, que se développera la capacité de croire qu’il donne tout ce que nous demandons.
Ce lien entre la foi en Dieu et la foi en sa promesse deviendra clair pour nous si nous réfléchissons à ce qu’est vraiment la foi. On la compare souvent à la main ou à la bouche, par lesquelles nous prenons et nous approprions ce qui nous est offert. Mais il importe que nous comprenions que la foi est aussi l’oreille par laquelle j’entends ce qui est promis, l’œil par lequel je vois ce qui m’est offert. C’est de là que dépend le pouvoir de prendre. Je dois entendre celui qui me fait la promesse : le ton même de sa voix me donne le courage de croire. Je dois le voir : à la lumière de son regard et de son visage, toute crainte quant à mon droit de prendre s’évanouit. La valeur de la promesse dépend de celui qui promet : c’est de ma connaissance de ce qu’est celui qui promet que dépend la foi en la promesse.
C’est pour cette raison que Jésus, avant de donner cette merveilleuse promesse touchant la prière, dit d’abord : « AYEZ FOI EN DIEU. » C’est-à-dire : que ton œil s’ouvre au Dieu vivant, et le contemple, voyant Celui qui est invisible. C’est par l’œil que je me livre à l’influence de ce qui est devant moi ; je le laisse simplement entrer, exercer son influence, laisser son empreinte sur mon esprit. Ainsi, croire Dieu, c’est simplement regarder à Dieu et à ce qu’il est, le laisser révéler sa présence, lui donner du temps et livrer tout notre être pour recevoir la pleine impression de ce qu’il est comme Dieu, l’âme ouverte pour accueillir et se réjouir de l’ombrage de son amour. Oui, la foi est l’œil auquel Dieu montre ce qu’il est et ce qu’il fait : par la foi, la lumière de sa présence et les opérations de sa puissante force affluent dans l’âme. Comme ce que je vois vit en moi, ainsi, par la foi, Dieu vit aussi en moi.
Et de même, la foi est aussi l’oreille par laquelle la voix de Dieu est toujours entendue et le commerce avec lui entretenu. C’est par le Saint-Esprit que le Père nous parle ; le Fils est la Parole, la substance de ce que Dieu dit ; l’Esprit est la voix vivante. Voilà ce dont l’enfant de Dieu a besoin pour être conduit et guidé ; la voix secrète venue du ciel doit lui enseigner, comme elle l’enseigna à Jésus, ce qu’il faut dire et ce qu’il faut faire. Une oreille ouverte vers Dieu, c’est-à-dire un cœur croyant qui s’attend à lui pour entendre ce qu’il dit, l’entendra parler. Les paroles de Dieu ne seront pas seulement les paroles d’un Livre, mais, sortant de la bouche de Dieu, elles seront esprit et vérité, vie et puissance. Elles apporteront en fait et en expérience vivante ce qui n’est autrement que pensées. Par cette oreille ouverte, l’âme demeure sous l’influence de la vie et de la puissance de Dieu lui-même. Comme les paroles que j’entends entrent dans l’esprit et y demeurent et y agissent, ainsi, par la foi, Dieu entre dans le cœur, et y demeure et y agit.
Lorsque la foi est maintenant en plein exercice comme œil et oreille, comme la faculté de l’âme par laquelle nous voyons et entendons Dieu, alors elle pourra exercer toute sa puissance comme main et bouche, par lesquelles nous nous approprions Dieu et sa bénédiction. Le pouvoir de recevoir dépendra entièrement du pouvoir de la perception spirituelle. C’est pour cette raison que Jésus dit, avant de donner la promesse que Dieu répondrait à la prière croyante : « AYEZ FOI EN DIEU. » La foi est simplement l’abandon : je me livre à l’impression que produit sur moi la nouvelle que j’entends. Par la foi, je me livre au Dieu vivant. Sa gloire et son amour remplissent mon cœur et dominent ma vie. La foi est communion ; je m’abandonne à l’influence de l’ami qui me fait une promesse, et je me trouve lié à lui par elle. Et c’est lorsque nous entrons dans cette communion vivante avec Dieu lui-même, dans une foi qui le voit et l’entend toujours, qu’il devient facile et naturel de croire sa promesse touchant la prière. La foi en la promesse est le fruit de la foi en celui qui promet : la prière de la foi est enracinée dans la vie de foi. Et de cette manière, la foi qui prie efficacement est vraiment un don de Dieu. Non comme quelque chose qu’il accorde ou infuse d’un seul coup, mais dans un sens bien plus profond et plus vrai, comme l’heureuse disposition ou habitude de l’âme qui est façonnée et grandit en nous dans une vie de commerce avec lui. Assurément, pour celui qui connaît bien son Père et vit dans un commerce constant et intime avec lui, c’est chose simple de croire la promesse qu’il fera la volonté de son enfant qui vit en union avec lui.
C’est parce que bien des enfants de Dieu ne comprennent pas ce lien entre la vie de foi et la prière de la foi que leur expérience de la puissance de la prière est si limitée. Lorsqu’ils désirent ardemment obtenir une réponse de Dieu, ils fixent tout leur cœur sur la promesse et s’efforcent de tout leur pouvoir de saisir cette promesse par la foi. Lorsqu’ils n’y parviennent pas, ils sont prêts à perdre espoir ; la promesse est vraie, mais il est au-dessus de leur pouvoir de s’en saisir par la foi. Écoutez la leçon que Jésus nous enseigne aujourd’hui : AYEZ FOI EN DIEU, le Dieu vivant ; que la foi regarde à Dieu plus qu’à la chose promise : c’est son amour, sa puissance, sa présence vivante qui éveilleront et opéreront la foi. Un médecin dirait à celui qui demande quelque moyen d’obtenir plus de force dans ses bras et ses mains pour saisir et tenir, que c’est toute sa constitution qui doit être édifiée et fortifiée. Ainsi, le remède à une foi débile ne se trouve que dans la vivification de toute notre vie spirituelle par le commerce avec Dieu. Apprends à croire en Dieu, à te saisir de Dieu, à laisser Dieu prendre possession de ta vie, et il te sera facile de te saisir de la promesse. Celui qui connaît Dieu et se confie en lui trouve facile de se confier aussi en la promesse.
Remarquez seulement avec quelle netteté cela ressort chez les saints d’autrefois. Toute manifestation particulière de la puissance de la foi fut le fruit d’une révélation particulière de Dieu. Voyez-le en Abraham : « Et la parole de l’Éternel fut adressée à Abram, en disant : Ne crains point, Abram ; je suis ton bouclier. Et il le conduisit dehors, et dit… ET IL EUT CONFIANCE EN L’ÉTERNEL. » Et plus tard encore : « L’Éternel lui apparut, et lui dit : Je suis le Dieu tout-puissant. Et Abram tomba sur sa face, et Dieu lui parla, en disant : Pour moi, voici mon alliance avec toi. » Ce fut la révélation de Dieu lui-même qui donna à la promesse sa puissance vivante d’entrer dans le cœur et d’opérer la foi. Parce qu’ils connaissaient Dieu, ces hommes de foi ne pouvaient rien faire d’autre que se confier en sa promesse. La promesse de Dieu sera pour nous ce que Dieu lui-même est. C’est l’homme qui marche devant l’Éternel, et qui tombe sur sa face pour écouter tandis que le Dieu vivant lui parle, qui recevra vraiment la promesse. Bien que nous ayons les promesses de Dieu dans la Bible, avec pleine liberté de les prendre, la puissance spirituelle fait défaut, sinon lorsque Dieu lui-même nous les dit. Et il parle à ceux qui marchent et vivent avec lui. C’est pourquoi, AYEZ FOI EN DIEU : que la foi soit tout œil et toute oreille, l’abandon qui laisse Dieu faire sa pleine impression et se révéler pleinement dans l’âme. Comptez comme l’une des principales bénédictions de la prière d’exercer la foi en Dieu, comme le Dieu vivant et puissant qui attend d’accomplir en nous tout le bon plaisir de sa volonté et l’œuvre de la foi avec puissance. Voyez en lui le Dieu d’amour, dont le plaisir est de bénir et de se communiquer lui-même. Dans une telle adoration de foi en Dieu, la puissance viendra promptement de croire aussi la promesse : « TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ, CROYEZ QUE VOUS L’AVEZ REÇU. » Oui, veille à faire, par la foi, de Dieu ton bien propre ; la promesse sera tienne aussi.
Précieuses leçons que Jésus a à nous enseigner aujourd’hui. Nous cherchons les dons de Dieu : Dieu veut d’abord nous donner LUI-MÊME. Nous pensons à la prière comme au pouvoir de faire descendre du ciel de bons dons ; Jésus, comme au moyen de nous élever nous-mêmes jusqu’à Dieu. Nous voulons nous tenir à la porte et crier ; Jésus voudrait que nous entrions d’abord et que nous comprenions que nous sommes des amis et des enfants. Acceptons cet enseignement. Que chaque expérience de la petitesse de notre foi dans la prière nous pousse d’abord à avoir et à exercer davantage de foi dans le Dieu vivant, et, dans une telle foi, à nous livrer à lui. Un cœur plein de Dieu a de la puissance pour la prière de la foi. La foi en Dieu engendre la foi en la promesse, en la promesse aussi d’une réponse à la prière.
C’est pourquoi, enfant de Dieu, prends le temps, prends le temps, de te prosterner devant lui, de t’attendre à lui pour qu’il se révèle lui-même. Prends le temps, et que ton âme, dans une sainte crainte et l’adoration, exerce et exprime sa foi en Celui qui est infini, et, tandis qu’il se communique et prend possession de toi, la prière de la foi couronnera ta foi en Dieu.
« SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER. »
Ô mon Dieu ! Je crois en toi. Je crois en toi comme au Père, infini dans ton amour et ta puissance. Et comme au Fils, mon Rédempteur et ma Vie. Et comme au Saint-Esprit, Consolateur, Guide et Force. Dieu trois fois un, j’ai foi en toi. Je sais et je suis assuré que tout ce que tu es, tu l’es pour moi, que tout ce que tu as promis, tu l’accompliras.
Seigneur Jésus ! augmente cette foi. Apprends-moi à prendre le temps, à attendre et à adorer dans la sainte Présence jusqu’à ce que ma foi saisisse tout ce qu’il y a dans mon Dieu pour moi. Qu’elle le voie comme la Source de toute Vie, agissant avec une Force toute-puissante pour accomplir sa volonté dans le monde et en moi. Qu’elle le voie dans son amour, aspirant à venir au-devant de mes désirs et à les combler. Qu’elle prenne tellement possession de mon cœur et de ma vie que, par la foi, Dieu seul y habite. Seigneur Jésus, aide-moi ! De tout mon cœur, je voudrais croire en Dieu. Que la foi en Dieu me remplisse à chaque instant.
Ô mon bienheureux Sauveur ! comment ton Église peut-elle te glorifier, comment peut-elle accomplir cette œuvre d’intercession par laquelle ton règne doit venir, si notre vie tout entière n’est pas FOI EN DIEU. Seigneur béni ! prononce ta Parole, « AYEZ FOI EN DIEU », jusqu’au fond de nos âmes.
Chapitre 13 terminé
Le secret de la prière croyante