Il tient mes lendemains ·Moïse

Chapitre 16 · 11 min de lecture

Moïse

« C’est par la foi que Moïse, à sa naissance, fut caché pendant trois mois par ses parents, parce qu’ils virent que l’enfant était beau, et qu’ils ne craignirent pas l’ordre du roi. C’est par la foi que Moïse, devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille de Pharaon, aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir pour un temps la jouissance du péché, regardant l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l’Égypte, car il avait les yeux fixés sur la rémunération.

C’est par la foi qu’il quitta l’Égypte, sans être effrayé de la colère du roi ; car il se montra ferme, comme voyant celui qui est invisible. C’est par la foi qu’il fit la Pâque et l’aspersion du sang, afin que l’exterminateur ne touchât pas aux premiers-nés des Israélites. C’est par la foi qu’ils traversèrent la mer Rouge comme un lieu sec, tandis que les Égyptiens qui en firent la tentative furent engloutis » (Hébreux 11:23-29).

Ici commence un résumé de la vie de Moïse, l’ami de Dieu.

L’histoire complète que résume le bref passage de l’Écriture ci-dessus se trouve en Exode 2-14.

Après sa naissance en Égypte, le Pharaon qui régnait sur ce pays promulgua un édit ordonnant que tous les enfants mâles fussent mis à mort, craignant que les Juifs ne devinssent un jour trop nombreux et ne se soulevassent avec puissance contre l’Égypte. Les sages-femmes, cependant, craignaient Dieu ; aussi ne firent-elles pas ce que Pharaon avait commandé. Dieu les bénit pour cette action, et le peuple juif devint très puissant.

Une famille hébraïque, qui avait un jeune fils, le cacha dans les roseaux par la foi, jusqu’au moment où Dieu révéla l’enfant caché à une fille de Pharaon (Exode 1-2). C’est Dieu qui conduisit ce Lévite et sa femme à cacher leur enfant à l’endroit que Dieu avait ordonné ; il serait trouvé par la princesse.

Leur foi se révèle dans la manière dont ils obéirent à cette impulsion intérieure.

Lorsque Moïse eut grandi, il fut conduit par Dieu à devenir berger au pays de Madian (Hébreux 11:27). Il y demeura jusqu’à l’âge de quatre-vingts ans, faisant paître les brebis de son beau-père, Jéthro (Exode 2:11-3:1). Le récit naturel des événements nous apprend que Moïse s’enfuit par crainte de Pharaon, parce qu’il avait tué un homme ! Bien qu’élevé dans la maison de Pharaon, il avait été instruit par des serviteurs hébreux — sa propre mère parmi eux — et se savait un enfant du peuple hébreu. Il ressentait une attirance intérieure vers le peuple de sa naissance, alors même qu’il était entouré des fastes et des richesses de l’Égypte. Un tel désir éclata dans la violence d’un meurtre et dans la solitude de la fuite.

Je ne crois pas que les Écritures se contredisent ; nous devons donc lire le récit d’Hébreux 11 comme exprimant la conduite de Dieu dans la vie de Moïse, afin qu’il n’éprouvât pas la fureur de Pharaon. L’expression « avoir peur » désigne le fait de subir la colère de Pharaon.

L’auteur de l’épître aux Hébreux considère les événements rétrospectivement, et il peut voir, dans tous les événements de la vie de Moïse, la main manifeste de Dieu qui le conduit. Il prépare un homme pour une mission.

L’histoire ultérieure montre pourquoi Dieu le retira de la maison de Pharaon, bien que l’acte qui en fut la cause fût la propre violence de Moïse.

« Quel gâchis d’une vie ! » pourrions-nous dire en regardant cet homme, formé dans la maison de Pharaon, capable de tenir son rang dans n’importe quelle compagnie de l’élite. Au lieu de cela, nous le trouvons travaillant comme berger, faisant paître des brebis. Et cela pendant quarante années « gâchées » !

Mais rien n’est gâché quand Dieu tient les rênes. Quelle meilleure formation pouvait-il y avoir pour la mission que Dieu préparait ?

Il voulait un homme qui connût les usages des cours de Pharaon et qui pût conduire des millions de brebis bêlantes à deux pattes pendant quarante ans dans le désert !

Chaque changement de direction dans la vie de Moïse avait été ordonné par Dieu ; il préparait un homme spécial pour un dessein spécial, et il avait choisi l’homme qu’il fallait, car il connaissait le cœur de cet homme et savait qu’on pouvait lui faire confiance pour suivre sa conduite par la foi.

Il fallut d’abord, cependant, le buisson ardent (Exode 3:2), où Dieu eut grand-peine à persuader son serviteur d’avoir davantage confiance en sa capacité et en sa conduite (Exode 3:11 ; 4:1, 10, 13, et d’autres encore). Remarquez Exode 4:14 : Dieu se mit en colère à cause du manque de « foi » de Moïse !

Au verset 28, Moïse obéit lorsqu’il reçut l’ordre de célébrer la Pâque en aspergeant de sang les linteaux de chaque maison hébraïque en Égypte (Exode 12). Il aurait pu discuter avec Dieu au sujet de ce commandement ridicule, mais il ne le fit pas.

Voilà la foi.

Or, au verset 29, il commence à montrer plus d’assurance et de confiance en Dieu (Exode 14:13) ; mais l’accent du verset porte sur le fait que c’est Dieu qui ouvrit la mer et fit périr les Égyptiens, et non que Moïse l’eût « cru » et fait exister. Il obéit simplement lorsqu’on lui dit ce qu’il devait faire, après avoir crié à Dieu dans son désespoir. Il plaça son bâton dans les eaux de la mer Rouge, de sorte que les eaux se séparèrent et que les Hébreux purent traverser à sec (Exode 14).

Il aurait pu discuter avec Dieu au sujet de ce commandement ridicule, mais il ne le fit pas. Voilà la foi.

Rien d’étonnant à ce que Moïse ait été appelé « l’ami de Dieu » (Exode 33:11). Toute sa vie est un exemple de la marche par la foi.

Quel principe pouvons-nous apprendre de l’exemple de Moïse ?

Assurément, que le Seigneur marche devant son peuple lorsqu’il marche dans la foi. Il le dirige afin de pouvoir s’en servir pour la louange de sa gloire. Il l’amènera au lieu de destinée qu’il a prévu pour lui. Parfois il conduit par des expériences de la vallée, parfois ses voies sont pénibles et sans raison apparente, mais il connaît le chemin que nous suivons.

« Quand Dieu veut exercer un homme, et l’enflammer, et le rendre habile ; quand Dieu veut façonner un homme pour jouer le plus noble rôle ; quand il aspire de tout son cœur à créer un homme si grand et si hardi que le monde entier en soit émerveillé : observez ses méthodes ! observez ses voies !

Comme il perfectionne sans merci ceux qu’il élit royalement ; comme il le martèle et le meurtrit, et, à coups puissants, le transforme en mottes d’argile éprouvées que Dieu seul peut comprendre !

Tandis que son cœur torturé crie et qu’il lève des mains suppliantes !

Comme il ploie, mais ne brise jamais ceux dont il entreprend le bien ; comme il emploie ceux qu’il choisit et, dans un dessein d’amour, les fond ensemble, il pousse son âme accablée à éprouver les richesses de Dieu.

Dieu sait ce qu’il fait ! »

(Auteur inconnu) Les deux rochers Le seul acte rapporté dans la vie de Moïse où il ne fut pas obéissant au commandement divin se trouve dans Nombres 20. Cet acte de désobéissance lui coûta son plus grand désir — entrer dans la terre promise. Il vaut la peine de l’examiner plus en détail, car, au premier regard, cela semble un acte bien mesquin de la part d’un Dieu qui s’appelle lui-même l’ami de Moïse !

En Exode 17, peu après que les Israélites eurent quitté l’Égypte, ils commencèrent à se plaindre de ne pas avoir assez d’eau à boire. Dieu dit à Moïse : « Voici, je me tiendrai devant toi sur le rocher d’Horeb ; tu frapperas le rocher, et il en sortira de l’eau, et le peuple boira » (Exode 17:6). Moïse obéit, et le peuple put boire.

Près de quarante ans plus tard, à l’entrée de Canaan, un événement semblable se produit, avec des conséquences embarrassantes et douloureuses pour Moïse.

En Nombres 20, le peuple se plaint de nouveau de n’avoir pas d’eau. Cette fois, les instructions de Dieu à Moïse sont celles-ci : « Prends la verge, et convoque l’assemblée, toi et ton frère Aaron. Vous parlerez en leur présence au rocher, et il donnera ses eaux » (Nombres 20:8). Au lieu de cela, Moïse réprimanda d’abord le peuple pour ses murmures, puis, se tournant vers le rocher, le frappa de la verge. Il n’en sortit point d’eau ! Dans son embarras, il le frappa de nouveau, et Dieu fit grâce en laissant l’eau jaillir ; cependant, cet acte de désobéissance l’amena à déclarer : « Parce que vous n’avez pas cru en moi, pour me sanctifier aux yeux des enfants d’Israël, vous ne ferez point entrer cette assemblée dans le pays que je lui donne » (Nombres 20:12). Bien que Moïse suppliât Dieu de lui pardonner et de lui accorder la joie d’entrer en Canaan, cela ne devait pas être (Deutéronome 3:23-26).

Certains diraient que Moïse fut jugé parce qu’il s’était emporté contre le peuple. Je ne le crois pas. Dieu est bien trop grand pour juger son ami sur un tel motif ! Ce n’est qu’en étudiant un peu plus profondément que nous découvrons la merveilleuse vérité que le Seigneur voulait que Moïse nous dépeigne — une image qu’il a gâchée par sa désobéissance.

Nous devons considérer les deux rochers et les deux verges dans les références ci-dessus. Dans le passage de l’Exode, le mot hébreu pour rocher est « tsoor », qui désigne une pierre tranchante ou coupante. C’était comme un rocher de silex, dont un petit éclat pouvait être aiguisé pour servir de couteau. Une telle pierre servait à tuer et à découper les animaux du sacrifice. Lorsque Dieu conclut son alliance avec Abraham, ce fut en coupant des animaux en deux, en les séparant, afin qu’un flambeau divin et flamboyant passât entre eux (Genèse 15). Aujourd’hui encore, quand certaines tribus africaines concluent un accord tribal, elles emploient l’expression « couper une alliance ». L’image d’Exode 17 est celle de Dieu se tenant au lieu de la pierre tranchante, portant sur son corps les coups de la verge de Moïse.

Quelle préfiguration saisissante du jour où notre Dieu Sauveur devait couper pour nous une alliance éternelle en portant les coups de la Loi dans son propre corps sur le bois du Calvaire ! L’eau de la vie jaillit de ce corps brisé ; une eau qui fait que ceux qui en boivent « n’auront jamais soif » (Jean 4:14).

Dans le passage des Nombres, le mot hébreu pour rocher est « sélah », qui désigne une forteresse, une haute falaise ou un lieu fort. La verge doit être celle d’Aaron — la verge du souverain sacrificateur. Le type, cette fois, est celui d’un Sauveur, haut et élevé, auprès duquel nous venons avec l’autorité de sacrificateurs. Nous parlons au rocher dans la prière et l’intercession, l’action de grâces et l’adoration, et l’eau jaillit.

C’est cette image que Moïse n’a pas su présenter, par sa désobéissance.

L’apôtre Pierre a écrit : « Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes… [et maintenant il est] à la droite de Dieu, depuis qu’il est allé au ciel, et que les anges, les autorités et les puissances, lui ont été soumis » (1 Pierre 3:18, 22).

Loué soit Dieu de ce que l’œuvre de la croix est une œuvre achevée. Jésus n’a pas besoin d’être mis à mort de nouveau. Maintenant il règne dans les hauteurs, et nous venons à lui les yeux levés, pour l’adorer comme des rois et des sacrificateurs devant notre Dieu — et il continue de répandre son eau vive.

Notons au passage que Moïse est bien entré dans la Terre promise, non dans la vie de la chair, mais dans la vie glorifiée de l’ami de Dieu (Marc 9). La fin du voyage, pour tous ceux qui marchent par la foi, c’est qu’ils seront avec leur Sauveur, glorifiés en sa présence. Bien que le Seigneur puisse nous châtier, ce n’est que pour un temps, afin de nous façonner à son image. La gloire à venir est assurée, car toute condamnation et tout jugement ont passé de nous au Sauveur !

Résumé C’est dans la vie de Moïse que je vois l’exemple le plus clair d’une vie de foi. Tout au long de sa vie, Dieu avait dirigé les circonstances qui façonneraient un homme selon son propre cœur et pour ses propres desseins. Voilà véritablement un homme qui serait « à la louange de sa gloire » (Éphésiens 1:12).

1. Toutes choses concourent au bien de ceux qui marchent par la foi.

2. Les amis de Dieu sont ceux qui marchent par la foi.

3. Dieu cherche des hommes et des femmes qu’il puisse façonner en vases de sa gloire.

4. Le travail de façonnage est l’œuvre de la foi.

5. La foi ne nous délivre pas du ciseau ni du marteau du sculpteur divin.

Sommaire

Il tient mes lendemains Gareth Evans

Page 1 / 1 · 11 min restantes dans le chapitre