Chapitre 16 · 13 min de lecture
Quatrième discours
Je pense, chers amis, que je n’ai plus que fort peu de mots à vous dire maintenant. Je me tiens, pour ainsi dire, cramponnée à Dieu pour recevoir la puissance de les dire, afin qu’ils s’enfoncent dans vos cœurs et produisent dans vos vies quelques résultats immédiats et durables. Je crois que le Seigneur n’est pas seulement peiné et déçu, mais je crois qu’Il est en colère, lorsque son peuple se réunit, parle, chante et prie, puis s’en va sans qu’aucun résultat précis ait été atteint — sans Lui avoir jamais rien donné, ni avoir jamais rien reçu de Lui. Je crois qu’Il éprouve à notre égard exactement ce qu’Il éprouvait à l’égard de son peuple d’autrefois, lorsqu’Il dit, en Malachie 2:13 : « … Vous couvrez de larmes l’autel de l’Éternel, De pleurs et de gémissements, En sorte qu’il n’a plus égard aux offrandes Et qu’il ne peut rien agréer de vos mains. » Comme s’Il disait : « Vous savez ce que je veux que vous fassiez ; venez et faites-le ; et, quand vous le ferez, j’ouvrirai les écluses des cieux et je répandrai une bénédiction. »
Mon cœur s’est serré à ce qu’une dame m’a dit ce matin, avant que je n’entre dans cette salle. Elle dit : « Une de mes amies a fait cette remarque : “Vous n’allez tout de même pas dire que vous allez rassembler quatre mille personnes pour crier vers le Saint-Esprit ?” J’ai répondu : ‘Oui, c’est bien cela.’ “Eh bien, cela me fait peur. Et s’il arrivait quelque chose ; si quelque chose s’accomplissait ?” » Plût à Dieu que quelque chose arrivât ; plût à Dieu que quelque chose s’accomplît qui effrayât quelqu’un. Mais oh ! qu’est-ce que cela révélait ? Des abîmes de scepticisme et d’incrédulité ; et pourtant les gens s’étonnent que le scepticisme augmente. Est-il étonnant que les sceptiques se rient de nous avec mépris ? Est-il étonnant que, dans les Sociétés d’Évidences Chrétiennes, des hommes se lèvent et déclarent que le système chrétien est devenu obsolète ? Rien d’étonnant, quand tel est l’état du cœur du peuple du Seigneur.
Les gens se réunissent, et prient, et parlent, et chantent « Plus blanc que la neige », et ils n’y croient pas plus que les païens. Ils prient pour le Saint-Esprit, et ne croient même pas qu’il y ait un Saint-Esprit. Ils demandent à Dieu de faire quelque chose, alors qu’ils ne L’ont jamais vu rien faire, et ne s’attendent pas à ce qu’Il le fasse jamais. Le monde se meurt à cause de cette irréalité, et il en est ruiné.
Joséphine Butler dit, au sujet de la France : « La France attend la réalité » ; et l’Angleterre l’attend aussi, et le monde entier attend la réalité. Que Dieu nous aide à former des gens réels. Vous croyez, certains d’entre vous, que rien n’arrivera. Vous ne croyez pas que Dieu va faire quoi que ce soit — aussi ne le fera-t-Il pas dans votre expérience. Si vous aviez vécu à Nazareth, pensez-vous que Jésus-Christ aurait fait quelque chose pour vous ? Si vous aviez été sourds et muets, vous le seriez restés, car Il n’aurait pu accomplir en vous aucun miracle, à cause de votre incrédulité ! Il est le même aujourd’hui ; et si vous ne vous attendez pas à ce qu’Il fasse quelque chose, mon frère, Il ne le fera pas. Mais certains d’entre nous s’attendent bel et bien à ce qu’Il fasse quelque chose. Certains d’entre nous croient qu’Il va faire quelque chose, et que, par cette petite pierre, détachée d’une montagne sans le secours d’aucune main, Il entend élever un grand royaume. Jésus-Christ ne sera pas déçu, ni ne laissera le diable ricaner à sa face pour toujours et dire : « Je T’ai frustré de ton héritage. » Nous ferons quelque chose, ou nous mourrons à la tâche.
Après tout, que veut Dieu de nous ? Il veut simplement que nous soyons et que nous fassions. Il veut que nous soyons semblables à son Fils, puis que nous fassions comme son Fils a fait ; et quand nous en serons là, Il ébranlera le monde par nous. Les gens disent : « Vous ne pouvez pas être semblables à son Fils. » Fort bien : alors vous n’obtiendrez jamais plus que ce pour quoi vous avez foi. Si je ne croyais pas Jésus-Christ assez fort pour détruire les œuvres du diable et pour nous ramener au modèle originel de Dieu, je renoncerais à tout cela pour toujours. Quoi ! Il nous aurait donné une religion que nous ne pouvons pratiquer ? Je le dis : non, Il n’est pas venu se moquer de nous. Quoi ? Il nous aurait donné un Sauveur qui ne peut sauver ? Alors je refuse d’avoir affaire à Lui. Quoi ! prétendrait-Il faire pour moi ce qu’Il ne peut faire ? Non, non. Nombres 23:19 nous dit : « Dieu n’est point un homme pour mentir, Ni fils d’un homme pour se repentir. » et je vous le dis, son plan de salut a deux faces — il est tourné vers Dieu et tourné vers l’homme. Il me prend en vue tout autant qu’il prend en vue le grand Dieu. Ce n’est pas simplement un plan de salut — c’est un plan de restauration.
S’Il ne peut me restaurer, il faut qu’Il me condamne. S’Il ne peut me guérir, me refaire à neuf, et me rétablir selon le modèle qu’Il voulait que je fusse, Il ne s’est laissé aucun choix.
Je défie quiconque de réfuter par la Bible qu’Il se propose de me restaurer — cerveau, cœur, âme, esprit, corps, chaque fibre de ma nature — de me restaurer parfaitement, de me rendre tout entier conforme à l’image de son Fils. S’Il avait pu me sauver sans me restaurer, alors Il aurait pu me sauver sans aucun Sauveur. Comment lisez-vous vos Bibles ? Comment lisez-vous le récit des miracles — les récits où Il ouvre les yeux, débouche les oreilles, purifie le lépreux et ressuscite les morts ? Il vous guérira si vous voulez bien Le laisser faire.
Ce sont là le genre de paroles que le monde réclame — les paroles vivantes, des incarnations vivantes du christianisme, des incarnations vivantes de l’Esprit, et de la vie et de la puissance de Jésus-Christ. Vous pouvez répandre des Bibles, comme vous l’avez fait, par tout le monde. Vous pouvez prêcher, et chanter, et parler, et faire ce que vous voulez ; mais, si vous ne présentez pas aux gens des lettres vivantes, si vous ne leur montrez pas en vous-mêmes la transformation de caractère et de vie qu’opèrent la puissance et la grâce de Dieu — si vous n’allez pas à eux pour faire les œuvres de Jésus-Christ, vous aurez beau continuer à prêcher, le monde ira de mal en pis, et l’Église aussi. Nous voulons une incarnation vivante du christianisme. Nous voulons QUE JÉSUS VIENNE DE NOUVEAU EN CHAIR.
Avez-vous jamais remarqué le temps du verbe dans ce passage — 1 Jean 4:2 : « … tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu » — non pas qu’Il vint, ou qu’Il fût venu, mais qu’Il est venu, maintenant. Oh ! combien les gens haïssent Jésus-Christ venu en chair. Vous pouvez être aussi dévot, aussi légaliste qu’on voudra, jusqu’à ce que vous en veniez à Jésus en chair, et alors ils grinceront des dents contre vous comme ils les grinçaient contre Christ. Ils ne peuvent résister à de telles personnes. Voilà ce que le monde réclame — des gens saints ; et rien d’autre ne conviendra. Nous avons essayé tout le reste. Vous, chrétiens des autres divisions des armées du Seigneur, vous avez essayé les Bibles, et la prédication, et le chant, et les cultes, et les écoles du dimanche. Je me suis rendue récemment dans une région du pays où l’on m’a dit que presque chaque habitant était passé par leurs écoles du dimanche, et pourtant il s’y trouve des hommes capables de traîner une jeune fille au bas d’un escalier de pierre et de la rouer de coups jusqu’à ce qu’elle soit couverte de bleus. La grande masse des gens qui ont pris part aux Émeutes du Lancashire sont passés par vos écoles du dimanche.
Or, je le dis, Dieu vous parle dans ces choses, si seulement vous voulez L’entendre, et Il dit que la lettre tue, que la circoncision, et le baptême, et les formes, et les cérémonies, et le fait d’aller à l’église, et la lecture de la Bible, tout cela n’est rien, quand il n’y a pas de Saint-Esprit dedans. Il vous faut de nouveau une incarnation réelle et vivante du christianisme, et si l’Armée du Salut ne doit pas être cela, que Dieu l’éteigne ! Je consentirais à parler aux funérailles de l’Armée si je ne croyais pas qu’elle sera cela. Le monde se meurt de ce besoin.
J’ai été si touchée, hier, en entendant une histoire venue de Paris, racontée par une jeune femme qui vient de rentrer et qui me parlait de mon enfant chérie. Voici l’histoire : une femme vint, un matin, et demanda à voir la dame. On tenta de l’éconduire, et on lui demanda : « Une autre personne ne ferait-elle pas l’affaire ? » « Non, dit la femme ; je veux réellement voir la dame elle-même. » On lui dit : « Vous ne pouvez la voir aujourd’hui — elle est trop souffrante ! » « Alors, dit-elle, quand pourrai-je la voir ? » On lui fixa un moment pour l’après-midi du lendemain, et alors cette pauvre femme vint, et elle raconta ceci : « J’ai bien entendu dire, il y a six ans, qu’il y avait quelqu’un qui pouvait faire sortir le diable. Or, voyez, j’ai un diable en moi, et il me rend méchante et misérable, et je veux vraiment qu’on me le fasse sortir, et je cours de-ci de-là depuis ces six années pour trouver quelqu’un qui pût l’arracher. Je suis allée chez quantité de prêtres, mais ils ne pouvaient l’arracher parce qu’ils avaient eux-mêmes un diable en eux ; et, voyez-vous, quand il y a un diable en moi et un diable en eux, nous nous sommes mis à nous battre, et ils ne pouvaient l’arracher. » Quel commentaire des Actes 19:15 : « L’esprit malin leur répondit : Je connais Jésus, et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes-vous ? » Bien entendu, nul ne peut chasser un diable s’il a lui-même un diable en lui. Le bon sens de la pauvre vieille femme le lui disait.
« Et, poursuivit-elle, un monsieur m’a dit que cette dame qui est venue ici est capable de l’arracher, et je suis venue à elle pour qu’elle le fasse, car je veux qu’on me l’arrache. » Oh, oui ! pensai-je, voilà ce que réclame la pauvre humanité par tout le monde. IL LEUR FAUT DES GENS QUI PUISSENT CHASSER LE DIABLE — des gens qui aient en eux la puissance du Saint-Esprit pour le faire. Oh ! serez-vous une telle personne ?
« Où est Dieu ? » me disait quelqu’un l’autre jour, dans l’angoisse — « Où est Dieu ? » Où, en effet !
« Pourquoi ne se montre-t-Il pas ? Pourquoi ne fait-Il pas quelque chose ? » Cette dame avait peur que quelque chose n’arrivât lorsque quatre mille personnes se réuniraient pour prier pour le Saint-Esprit ! Pourquoi pas ? Vous dites qu’Il n’a pas changé. Votre credo le dit. Vous dites qu’Il est le même hier, aujourd’hui et éternellement.
Vous dites que les besoins du monde sont tout aussi grands. Vous dites que son grand cœur aimant bat pour sa famille humaine déchue, pécheresse et égarée. Vous dites qu’Il nous aime. Vous parlez sans cesse de son amour. Quelle est la raison pour laquelle Il ne fait pas quelque chose pour nous, et ne descend pas dans la même plénitude de puissance spirituelle qu’à la Pentecôte ? Pourquoi ? Uniquement parce que vous n’êtes pas aussi livrés à Lui ni aussi disposés à le faire que l’étaient les gens des temps passés. Vous n’avez pas regardé toutes choses comme une perte et comme de la boue. Vous n’avez pas tout jeté dans la balance, et, par conséquent, Il ne vous baptisera pas ainsi du Saint-Esprit. Ce sont ces gens-là que le monde réclame — des gens d’une seule idée — Christ, et Christ crucifié. Pour l’amour de Christ, renoncez à discuter.
J’ai dit à une dame qui avait reçu cette bénédiction, au moment où quelqu’un l’aborda et se mit à lui citer tel verset et tel autre, telle traduction et telle autre : « Prenez garde de ne pas vous mettre à raisonner ; vous perdriez votre bénédiction » — et elle la perdit bel et bien. On ne peut la connaître par la compréhension intellectuelle. Oh ! si le monde avait pu la connaître par la compréhension, que de choses il aurait connues. Mais Il rejette toute votre philosophie. Ce n’est pas par la compréhension, mais par la foi ! Si jamais vous connaissez Dieu, ce sera par la foi, en devenant comme un petit enfant — en ouvrant la bouche et en disant : « Seigneur, verse en moi » ; et alors vos arguments et vos difficultés s’évanouiront, et vous verrez la sainteté, la sanctification, la pureté, l’amour parfait, flamboyer à chaque page de la Parole de Dieu. Je pleure devant Dieu, j’éprouve presque plus que je ne puis supporter, devant cette affreuse habitude que certains semblent avoir d’arracher le pain de la bouche des enfants au moment même où ils commencent à en avoir appétit. Que le Seigneur ait pitié d’eux ! Si vous n’entrez pas vous-mêmes, pour l’amour de Christ, n’en empêchez pas les autres d’entrer.
Un pasteur — un homme dévoué et bon — s’efforçait de me démontrer que cette sanctification était trop grande pour être obtenue et conservée. Je lui dis : « Mon cher monsieur, qu’en savez-vous ? Si un autre homme a la foi de s’avancer vers Jésus-Christ et de dire : ‘Voici, je vois ceci dans ton Livre ; Tu me l’as promis ; maintenant donc, Seigneur, j’ai la foi de le prendre’, prenez garde de ne pas mesurer son privilège à l’aune de votre foi. Pensez-vous que l’Église soit parvenue au niveau de privilège et d’obligation qu’Il exige ? Moi, je ne le pense pas. Elle a encore bien des pas à faire. Prenez garde de n’entraver personne. » La loi du royaume, d’un bout à l’autre, sera : « Selon votre foi. » Si vous voulez cette bénédiction, déposez vos arguments, foulez aux pieds vos débats, avancez-vous vers le trône et demandez-la, et tuez, et crucifiez, et rejetez loin de vous la chose maudite qui l’entrave, et alors vous l’aurez, et le Seigneur vous remplira dès maintenant de sa puissance et de sa gloire, et quelque chose arrivera. Que le Seigneur l’accorde. Amen.
Fin