Chapitre 20 · 5 min de lecture
La maladie est-elle un châtiment ?
« C’est pour cela qu’il y a parmi vous beaucoup d’infirmes et de malades, et qu’un grand nombre sont morts. Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde » (1 Corinthiens 11:30-32).
En écrivant aux Corinthiens, l’apôtre Paul devait les reprendre pour la manière dont ils observaient la Cène du Seigneur, attirant sur eux les châtiments de Dieu. Ici donc, nous voyons la maladie comme un jugement de Dieu, un châtiment du péché. Paul y voit un véritable châtiment, puisqu’il dit ensuite : « châtiés par le Seigneur », et il ajoute que c’est afin de les empêcher de tomber plus profondément encore dans le péché, de les préserver d’être « condamnés avec le monde », qu’ils sont ainsi affligés. Il les avertit que, s’ils ne voulaient être ni jugés ni châtiés par le Seigneur, s’ils découvraient par un tel examen la cause de la maladie et condamnaient leurs péchés, le Seigneur n’aurait plus besoin d’user de sévérité. N’est-il pas évident qu’ici la maladie est un jugement de Dieu, un châtiment du péché, et que nous pouvons l’éviter en nous examinant et en nous condamnant nous-mêmes ?
Oui, la maladie est, plus souvent que nous ne le croyons, un jugement, un châtiment du péché. De Dieu il est dit : « ce n’est pas volontiers qu’il humilie Et qu’il afflige les enfants des hommes » (Lamentations 3:33). Ce n’est pas sans cause qu’il nous prive de la santé. Peut-être est-ce pour nous rendre attentifs à quelque péché que nous pouvons reconnaître : « ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire » (Jean 5:14) ; peut-être parce que l’enfant de Dieu s’est laissé prendre à l’orgueil et à la mondanité ; ou il se peut que la confiance en soi ou le caprice se soient mêlés à son service pour Dieu. Il est encore fort possible que le châtiment ne soit pas dirigé contre un péché particulier, mais qu’il soit le résultat de la prépondérance du péché qui pèse sur tout le genre humain. Lorsque (Jean 9:3), dans le cas de l’homme né aveugle, les disciples demandèrent au Seigneur : « qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? », et qu’il répondit : « Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché », il ne dit nullement qu’il n’y a aucune relation entre le péché et la maladie, mais il nous enseigne à ne pas accuser de péché tout malade.
En tout cas, la maladie est toujours une discipline qui doit éveiller notre attention au péché et nous en détourner. C’est pourquoi un malade devrait commencer par se condamner, ou se juger lui-même (1 Corinthiens 11:31), en se plaçant devant son Père céleste avec le sincère désir de voir tout ce qui aurait pu l’attrister, ou aurait pu rendre le châtiment nécessaire. Ce faisant, il peut compter avec assurance sur la lumière du Saint-Esprit, qui lui montrera clairement sa faute. Qu’il soit prêt à renoncer aussitôt à ce qu’il pourra discerner, et à se mettre à la disposition du Seigneur pour le servir dans une parfaite obéissance ; mais qu’il ne s’imagine pas pouvoir vaincre le péché par ses propres efforts. Non, cela lui est impossible. Mais que, de toute la force de sa volonté, il se range du côté de Dieu en renonçant à ce qui est péché à ses yeux, et qu’il croie qu’il est accepté de lui. Ce faisant, il s’abandonnera, se consacrera de nouveau à Dieu, résolu à ne faire en toutes choses que sa sainte volonté.
L’Écriture nous assure que si nous nous examinons ainsi, le Seigneur ne nous jugera pas. Notre Père ne châtie son enfant que dans la mesure nécessaire. Dieu cherche à nous délivrer du péché et du moi ; dès que nous le comprenons et que nous rompons avec eux, la maladie peut cesser : elle a fait son œuvre. Nous devons en venir à voir ce que la maladie signifie et à reconnaître en elle la discipline de Dieu. Tel reconnaîtra vaguement qu’il commet des péchés, sans guère essayer de définir ce qu’ils sont ; ou, s’il le fait, il ne croira peut-être pas possible d’y renoncer ; et, s’il se décide à y renoncer, il pourra manquer de compter sur Dieu pour qu’il mette fin au châtiment. Et pourtant, combien glorieuse est l’assurance que nous donnent ici les paroles de Paul !
Cher malade, comprends-tu que ton Père céleste a quelque chose à te reprocher ? Il voudrait que ta maladie t’aide à le découvrir, et le Saint-Esprit te guidera dans cette recherche. Renonce donc aussitôt à ce qu’il pourra te montrer. Tu ne voudrais pas que la moindre ombre demeurât entre ton Père et toi. Sa volonté est de pardonner ton péché et de guérir ta maladie. En Jésus, nous avons à la fois le pardon et la guérison ; ce sont les deux faces de son œuvre rédemptrice. Il t’appelle à vivre une vie de dépendance envers lui, à un plus haut degré que jusqu’ici. Abandonne-toi donc à lui dans une entière obéissance, et marche désormais comme un petit enfant en suivant ses pas. C’est avec joie que ton Père céleste te délivrera du châtiment, qu’il se révélera à toi comme ton Médecin, qu’il te rapprochera de lui par ce nouveau lien de son amour, qu’il te rendra obéissant et fidèle à le servir. Si, en Père sage et fidèle, il a été obligé de te châtier, c’est aussi en Père qu’il veut ta guérison, et qu’il désire te bénir et te garder désormais.