Chapitre 2 · 6 min de lecture
À cause de votre incrédulité
« Alors les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent en particulier: Pourquoi n’avons-nous pu chasser ce démon?
« C’est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne: Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait; rien ne vous serait impossible » (Matthieu 17:19, 20).
Lorsque le Seigneur Jésus envoya ses disciples dans les différentes parties de la Palestine, il les revêtit d’un double pouvoir : celui de chasser les esprits impurs et celui de guérir toute maladie et toute infirmité (Matthieu 10:1). Il fit de même pour les soixante-dix qui revinrent à lui avec joie, disant : « Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom » (Luc 10:17). Au jour de la Transfiguration, tandis que le Seigneur était encore sur la montagne, un père amena à ses disciples son fils possédé d’un démon, les suppliant de chasser l’esprit mauvais, mais ils ne le purent pas. Lorsque, après que Jésus eut guéri l’enfant, les disciples lui demandèrent pourquoi ils n’avaient pu le faire eux-mêmes comme en d’autres occasions, il leur répondit : « à cause de votre incrédulité ». C’était donc leur incrédulité, et non la volonté de Dieu, qui avait été la cause de leur échec.
De nos jours, on croit fort peu à la guérison divine, parce qu’elle a presque entièrement disparu de l’Église chrétienne. On peut en demander la raison, et voici les deux réponses qui ont été données. Le plus grand nombre pense que les miracles, le don de guérison compris, devraient être limités au temps de l’Église primitive, que leur but était d’établir le premier fondement du christianisme, mais que depuis lors les circonstances ont changé. D’autres croyants disent sans hésiter que si l’Église a perdu ces dons, c’est par sa propre faute ; c’est parce qu’elle est devenue mondaine que l’Esprit n’agit que faiblement en elle ; c’est parce qu’elle n’est pas demeurée en relation directe et habituelle avec toute la puissance du monde invisible ; mais que si elle voyait de nouveau surgir en son sein des hommes et des femmes vivant la vie de la foi et du Saint-Esprit, entièrement consacrés à leur Dieu, elle verrait de nouveau se manifester les mêmes dons qu’autrefois. Laquelle de ces deux opinions s’accorde le mieux avec la Parole de Dieu ? Est-ce par la volonté de Dieu que les « dons de guérison » ont été supprimés, ou est-ce plutôt l’homme qui en est responsable ? Est-ce la volonté de Dieu que les miracles n’aient pas lieu ? Refusera-t-il en conséquence de donner désormais la foi qui les produit ? Ou encore, est-ce l’Église qui s’est rendue coupable de manquer de foi ?
Que dit l’Écriture ?
La Bible ne nous autorise pas, ni par les paroles du Seigneur ni par celles de ses apôtres, à croire que les dons de guérison n’aient été accordés qu’aux premiers temps de l’Église ; au contraire, les promesses que Jésus fit aux apôtres lorsqu’il leur donna des instructions concernant leur mission, peu avant son ascension, nous paraissent applicables à tous les temps (Marc 16:15-18). Paul place le don de guérison parmi les opérations du Saint-Esprit. Jacques donne un ordre précis à ce sujet, sans aucune restriction de temps. Les Écritures tout entières déclarent que ces grâces seront accordées selon la mesure de l’Esprit et de la foi.
On allègue aussi qu’au commencement de chaque nouvelle dispensation Dieu opère des miracles, que c’est sa manière habituelle d’agir ; mais il n’en est rien. Songez au peuple de Dieu sous l’ancienne dispensation, au temps d’Abraham, tout au long de la vie de Moïse, lors de la sortie d’Égypte, sous Josué, au temps des Juges et de Samuel, sous le règne de David et d’autres rois pieux jusqu’au temps de Daniel ; pendant plus de mille ans des miracles eurent lieu.
Mais, dit-on, les miracles étaient bien plus nécessaires aux premiers jours du christianisme que plus tard. Or, qu’en est-il de la puissance du paganisme, aujourd’hui encore, partout où l’Évangile cherche à le combattre ? Il est impossible d’admettre que les miracles aient été plus nécessaires pour les païens d’Éphèse (Actes 19:11, 12) que pour les païens d’Afrique à l’époque actuelle. Et si nous songeons à l’ignorance et à l’incrédulité qui règnent jusqu’au sein des nations chrétiennes, ne sommes-nous pas contraints de conclure qu’il est besoin d’actes manifestes de la puissance de Dieu pour soutenir le témoignage des croyants et prouver que Dieu est avec eux ? D’ailleurs, parmi les croyants eux-mêmes, que de doute, que de faiblesse ! Combien leur foi a besoin d’être réveillée et stimulée par quelque preuve évidente de la présence du Seigneur au milieu d’eux. Une partie de notre être est faite de chair et de sang ; c’est donc dans la chair et le sang que Dieu veut manifester sa présence.
Afin de prouver que c’est l’incrédulité de l’Église qui lui a fait perdre le don de guérison, voyons ce que la Bible en dit. Ne nous met-elle pas souvent en garde contre l’incrédulité, contre tout ce qui peut nous éloigner et nous détourner de notre Dieu ? L’histoire de l’Église ne nous montre-t-elle pas la nécessité de ces avertissements ? Ne nous fournit-elle pas de nombreux exemples de reculs, de complaisance envers le monde, où la foi s’affaiblissait dans la mesure exacte où l’esprit du monde prenait le dessus ? Car une telle foi n’est possible qu’à celui qui vit dans le monde invisible. Jusqu’au troisième siècle, les guérisons par la foi en Christ furent nombreuses, mais dans les siècles suivants elles devinrent plus rares. Ne savons-nous pas, par la Bible, que c’est toujours l’incrédulité qui fait obstacle à l’œuvre puissante de Dieu ?
Oh, si nous pouvions apprendre à croire aux promesses de Dieu ! Dieu n’est pas revenu sur ses promesses ; Jésus est toujours celui qui guérit et l’âme et le corps ; le salut nous offre aujourd’hui encore la guérison et la sainteté, et le Saint-Esprit est toujours prêt à nous donner quelques manifestations de sa puissance. Même lorsque nous demandons pourquoi cette puissance divine ne se voit pas plus souvent, il nous répond : « À cause de votre incrédulité. » Plus nous nous appliquons à faire personnellement l’expérience de la sanctification par la foi, plus nous ferons aussi l’expérience de la guérison par la foi. Ces deux doctrines marchent de front. Plus l’Esprit de Dieu vit et agit dans l’âme des croyants, plus se multiplieront les miracles par lesquels il agit dans le corps. Ainsi le monde peut reconnaître ce que signifie la rédemption.