Chapitre 18 · 4 min de lecture
Le péché et la maladie
« la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné. Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris » (Jacques 5:15, 16).
Ici, comme dans d’autres passages de l’Écriture, le pardon des péchés et la guérison de la maladie sont étroitement unis. Jacques déclare que le pardon des péchés sera accordé avec la guérison ; et c’est pourquoi il désire que la confession du péché accompagne la prière qui réclame la guérison. Nous savons que la confession du péché est indispensable pour obtenir de Dieu le pardon du péché : elle ne l’est pas moins pour obtenir la guérison. Le péché non confessé fait obstacle à la prière de la foi ; en tout cas, la maladie pourrait bientôt reparaître, et pour cette raison.
Le premier soin d’un médecin, lorsqu’il est appelé à traiter un malade, est de diagnostiquer la cause de la maladie. S’il y parvient, il a plus de chances de la combattre. Notre Dieu, lui aussi, remonte à la cause première de toute maladie — c’est-à-dire au péché. C’est à nous de confesser, et à Dieu d’accorder le pardon qui ôte cette cause première, afin que la guérison puisse s’opérer. Lorsqu’on cherche la guérison par le moyen des remèdes terrestres, la première chose à faire est de trouver un médecin habile, puis de suivre exactement ses prescriptions ; mais lorsqu’on a recours à la prière de la foi, il faut fixer nos regards, avant tout, sur le Seigneur, et nous assurer où nous en sommes avec lui. Jacques nous indique donc une condition essentielle au recouvrement de notre santé : à savoir, que nous confessions et abandonnions le péché.
La maladie est une conséquence du péché. C’est à cause du péché que Dieu la permet ; c’est afin de nous montrer nos fautes, de nous châtier et de nous en purifier. La maladie est donc un signe visible du jugement de Dieu sur le péché. Non que celui qui est malade soit nécessairement un plus grand pécheur qu’un autre qui se porte bien. Au contraire, ce sont souvent les plus saints parmi les enfants de Dieu qu’il châtie, comme nous le voyons par l’exemple de Job. Ce n’est pas non plus toujours pour réprimer quelque faute que nous pouvons aisément déterminer : c’est surtout pour attirer l’attention du malade sur ce qui demeure en lui de l’égoïsme du « vieil homme » et de tout ce qui l’empêche d’une vie entièrement consacrée à son Dieu. Le premier pas que le malade a à faire dans le chemin de la guérison divine sera donc de laisser le Saint-Esprit de Dieu sonder son cœur et le convaincre de péché. Après quoi viendront aussi l’humiliation, la décision de rompre avec le péché, et la confession. Confesser nos péchés, c’est les déposer devant Dieu, comme dans le cas d’Acan (Josué 7:23), les soumettre à son jugement, avec le ferme dessein de n’y plus retomber. Une confession sincère sera suivie d’une nouvelle assurance du pardon.
« s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné ». Lorsque nous avons confessé nos péchés, nous devons aussi recevoir le pardon promis, croyant que Dieu l’accorde réellement. La foi au pardon de Dieu est souvent vague chez l’enfant de Dieu. Ou bien il est incertain, ou bien il revient à d’anciennes impressions, au temps où il reçut le pardon pour la première fois ; mais le pardon qu’il reçoit maintenant avec confiance, en réponse à la prière de la foi, lui apportera une vie et une force nouvelles. L’âme repose alors sous l’efficace du sang du Christ, reçoit du Saint-Esprit la certitude du pardon du péché, et que dès lors rien ne demeure pour empêcher le Sauveur de la remplir de son amour et de sa grâce. Le pardon de Dieu apporte avec lui une vie divine qui agit puissamment sur celui qui le reçoit.
Lorsque l’âme a consenti à faire une confession sincère et qu’elle a obtenu le pardon, elle est prête à saisir la promesse de Dieu ; il ne lui est plus difficile de croire que le Seigneur relèvera son malade. C’est lorsque nous nous tenons loin de Dieu qu’il est difficile de croire ; la confession et le pardon nous rapprochent tout près de lui. Dès que la cause de la maladie a été ôtée, la maladie elle-même peut être arrêtée. Il est alors facile au malade de croire que si le Seigneur a nécessairement soumis le corps au châtiment des péchés commis, il veut aussi que, le péché étant pardonné, ce même corps reçoive la grâce qui manifeste son amour. Sa présence se révèle, un rayon de vie, de sa vie divine, vient vivifier le corps, et le malade éprouve que, dès qu’il n’est plus séparé du Seigneur, la prière de la foi sauve bien le malade.