La guérison divine ·Que celui qui est guéri glorifie Dieu

Chapitre 16 · 4 min de lecture

Que celui qui est guéri glorifie Dieu

C’est une idée répandue que la piété est plus facile dans la maladie que dans la santé ; que le silence et la souffrance inclinent l’âme à chercher le Seigneur et à entrer en communion avec lui mieux que ne le font les distractions de la vie active ; que, de fait, la maladie nous jette davantage sur Dieu. Pour ces raisons, les malades hésitent à demander la guérison au Seigneur ; car ils se disent : « Comment savoir si la maladie n’est pas meilleure pour nous que la santé ? » Penser ainsi, c’est ignorer que la guérison et ses fruits sont divins. Efforçons-nous de comprendre que, si une guérison par les moyens ordinaires risque parfois de faire relâcher à Dieu sa main, la guérison divine, au contraire, nous attache plus étroitement à lui. Ainsi il arrive que, de nos jours comme au temps du premier ministère de Jésus-Christ, le croyant qui a été guéri par lui peut le glorifier bien mieux que celui qui demeure malade. La maladie ne peut glorifier Dieu que dans la mesure où elle donne l’occasion de manifester sa puissance (Jean 9:3 ; 11:4).

Celui qui souffre et qui est amené par ses souffrances à rendre gloire à Dieu le fait, pour ainsi dire, par contrainte. S’il avait la santé et la liberté de choisir, il est fort possible que son cœur se retournerait vers le monde. En pareil cas, le Seigneur doit le tenir à l’écart ; sa piété dépend de son état maladif. C’est pourquoi le monde suppose que la religion n’est guère efficace ailleurs que dans les chambres de malades ou sur les lits de mort, et pour ceux qui n’ont pas besoin d’entrer dans le bruit et l’agitation de la vie ordinaire. Pour que le monde soit convaincu de la puissance de la religion contre la tentation, il faut qu’il voie le croyant qui est en bonne santé marcher dans le calme et la sainteté jusqu’au milieu du travail et de la vie active. Sans doute bien des malades ont glorifié Dieu par leur patience dans la souffrance, mais il peut être encore plus glorifié par une santé qu’il a sanctifiée.

« Pourquoi donc, nous demande-t-on, ceux qui ont été guéris en réponse à la prière de la foi glorifieraient-ils le Seigneur plus que ceux qui ont été guéris par des remèdes terrestres ? » En voici la raison. La guérison au moyen de remèdes nous montre la puissance de Dieu dans la nature ; mais elle ne nous met pas en contact vivant et direct avec lui, tandis que la guérison divine est un acte qui procède de Dieu, sans rien d’autre que le Saint-Esprit.

Dans cette dernière, le contact avec Dieu est ce qui est essentiel, et c’est pour cette raison que l’examen de la conscience et la confession des péchés doivent en être la préparation (1 Corinthiens 11:30-32 ; Jacques 5:15, 16). Celui qui est ainsi guéri est appelé à se consacrer tout à nouveau et tout entier au Seigneur (1 Corinthiens 6:13, 19). Tout cela dépend de l’acte de foi qui saisit la promesse du Seigneur, qui se livre à lui, et qui ne doute pas que le Seigneur prenne aussitôt possession de ce qui lui est consacré. C’est pourquoi le maintien de la santé reçue dépend de la sainteté de la vie, et de l’obéissance à chercher toujours le bon plaisir du divin Guérisseur (Exode 15:26).

La santé obtenue à de telles conditions assure des bénédictions spirituelles. Le simple rétablissement de la santé par les moyens ordinaires ne le fait pas. Lorsque le Seigneur guérit le corps, c’est afin d’en prendre possession et d’en faire un temple où il puisse habiter. La joie qui remplit alors l’âme est indescriptible. Ce n’est pas seulement la joie d’être guéri ; c’est une joie mêlée d’humilité, et un saint enthousiasme qui reconnaît le toucher du Seigneur et reçoit de lui une vie nouvelle. Dans l’exubérance de sa joie, le guéri exalte le Seigneur, il le glorifie en paroles et en actes, et toute sa vie est consacrée à son Dieu.

Il est évident que ces fruits de la guérison ne sont pas les mêmes pour tous, et que parfois il y a des pas faits en arrière. La vie du guéri est solidaire de la vie des croyants qui l’entourent. Leurs doutes et leurs inconséquences peuvent avec le temps tendre à faire chanceler ses pas, bien que cela aboutisse généralement à un nouveau commencement. Chaque jour il découvre et reconnaît de nouveau que sa vie est la vie du Seigneur ; il entre dans une communion plus intime et plus joyeuse avec lui ; il apprend à vivre dans une dépendance habituelle de Jésus, et reçoit de lui cette force qui résulte d’une consécration plus complète.

Oh ! que ne peut devenir l’Église lorsqu’elle vit dans cette foi, lorsque chaque malade reconnaîtra dans la maladie un appel à être saint, et à attendre du Seigneur une manifestation de sa présence, lorsque les guérisons se multiplieront, produisant en chacun un témoin de la puissance de Dieu, tous prêts à s’écrier avec le Psalmiste : « Mon âme, bénis l’Éternel !... Qui guérit toutes tes maladies. »

Sommaire

La guérison divine Andrew Murray

Page 1 / 1 · 4 min restantes dans le chapitre