Levez-vous, hommes de Dieu
À la sueur de ton front

Chapitre 7 · 9 min de lecture

À la sueur de ton front

Travailler dur et bien pourvoir

« Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle. »

— 1 Timothée 5:8 Ce sont là des paroles qui donnent à réfléchir. L’apôtre Paul ne dit pas que l’homme qui ne pourvoit pas aux besoins des siens est un chrétien faible, ou un chrétien en difficulté, ou un chrétien qui a besoin d’encouragement. Il dit qu’un tel homme a renié la foi et qu’il est pire qu’un infidèle.

Pourquoi un langage aussi fort ? Parce que pourvoir aux besoins des siens est l’une des vocations les plus fondamentales d’un homme. Bien avant de conduire les siens spirituellement, il doit pourvoir à leurs besoins matériels. Bien avant d’enseigner la Bible à sa famille, il doit mettre de la nourriture sur leur table. Ce ne sont pas là des devoirs concurrents — ils vont de pair. L’homme qui prêche un grand sermon le dimanche, mais dont les enfants se couchent le ventre vide le lundi, a failli. Dieu l’a appelé aux deux.

Le travail n’est pas une malédiction. Il est important pour nous de le comprendre, car beaucoup d’hommes voient le travail comme une punition, quelque chose dont il faudrait s’échapper en gagnant à la loterie, en trouvant un riche mariage, ou en recevant les mandats d’un parent à l’étranger. Mais en Genèse 2, avant qu’Adam ait péché, Dieu le plaça dans le jardin « pour le cultiver et pour le garder » (Genèse 2:15). Le travail est venu avant la Chute. Le travail fait partie de la manière dont Dieu nous a faits. Le travail rend digne. Le travail est adoration.

Ce que la Chute a fait, c’est rendre le travail plus pénible. Dieu dit à Adam : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain » (Genèse 3:19). Le sol produit désormais des épines. L’entreprise se heurte désormais à la corruption.

Le champ souffre désormais de la sécheresse. Le bureau connaît désormais des conflits. Mais le travail lui-même demeure un don. Lorsque nous œuvrons de nos mains et de notre esprit, nous reflétons notre Créateur, qui a œuvré pendant six jours et s’est reposé le septième.

Le livre des Proverbes contient de sévères avertissements à l’égard du paresseux. « Va vers la fourmi, paresseux; Considère ses voies, et deviens sage. Elle n’a ni chef, Ni inspecteur, ni maître; Elle prépare en été sa nourriture, Elle amasse pendant la moisson de quoi manger » (Proverbes 6:6-8). « Un peu de sommeil, un peu d’assoupissement, Un peu croiser les mains pour dormir!… Et la pauvreté te surprendra, comme un rôdeur, Et la disette, comme un homme en armes » (Proverbes 6:10-11). « A cause du froid, le paresseux ne laboure pas; A la moisson, il voudrait récolter, mais il n’y a rien » (Proverbes 20:4).

Frère, à notre époque, nous devons affronter un esprit d’oisiveté qui pèse sur bien des jeunes hommes. Ils se rassemblent au centre commerçant et se plaignent qu’il n’y a pas de travail. Certains d’entre eux ont un téléphone à la main et une demi-journée à perdre. Ils attendent l’aumône. Ils rêvent de partir à l’étranger, dans quelque pays plus riche, mais ils ne veulent pas bêcher le jardin de la maison. Ils se plaignent que la vie est injuste, tandis que les champs autour de leur maison restent en friche. La réponse de la Bible à cela est simple et ferme : travaille.

Paul dit à l’Église de Thessalonique : « Car, lorsque nous étions chez vous, nous vous disions expressément: Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Nous apprenons, cependant, qu’il y en a parmi vous quelques-uns qui vivent dans le désordre, qui ne travaillent pas, mais qui s’occupent de futilités. Nous invitons ces gens-là, et nous les exhortons par le Seigneur Jésus-Christ, à manger leur propre pain, en travaillant paisiblement » (2 Thessaloniciens 3:10-12).

Ce n’est pas là de la dureté envers les pauvres. La Bible nous ordonne de prendre soin de la veuve, de l’orphelin, de l’infirme, du vieillard, de ceux qui sont véritablement incapables de travailler. Voilà la religion pure (Jacques 1:27). Mais pour l’homme valide qui refuse de travailler, il n’y a pas d’assistance chrétienne. Lève-toi. Plante. Fais du commerce. Apprends un métier. Conduis un taxi. Commence petit. Sois fidèle. Dieu bénit les mains fidèles.

Et lorsque Dieu te donne du travail, fais-le de tout ton cœur. « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes » (Colossiens 3:23). Ne sois pas ce genre de travailleur qui ne travaille que lorsque le patron regarde. Ne vole pas le temps, ne vole pas les matériaux, ne vole pas le mérite d’autrui. N’accepte pas de pots-de-vin. Ne trompe pas les clients. Ton travail est ton témoignage devant le monde.

Bien des gens n’entendront jamais un sermon, mais ils te rencontreront au marché, au bureau, à la boutique. Ton travail est-il une enseigne pour Christ ?

Permets-moi de parler aussi aux hommes qui ont de l’argent. Vous n’êtes pas dispensés de ce chapitre. Un homme riche peut être tout aussi paresseux qu’un homme pauvre — parfois davantage. Salomon a dit : « Celui qui est rassasié foule aux pieds le rayon de miel, Mais celui qui a faim trouve doux tout ce qui est amer » (Proverbes 27:7). La richesse met l’âme d’un homme à l’épreuve. Si Dieu t’a donné la réussite, tu dois travailler malgré tout. Ton travail peut être différent — diriger une entreprise, former de plus jeunes hommes, servir dans les conseils de l’Église, donner généreusement — mais ce doit être un vrai travail, et non de la complaisance envers soi-même.

Considère George Müller de Bristol, que j’ai mentionné plus tôt. Il s’en remettait à Dieu pour la subsistance quotidienne de milliers d’orphelins, et pourtant il travaillait avec une ardeur incroyable. Ses prières ne remplaçaient pas le travail. Ses prières alimentaient le travail. Il était debout dès l’aube, il s’occupait de la correspondance, il dirigeait le personnel, il prêchait, il écrivait, il parcourait des milliers de kilomètres. La prière et le travail ne sont pas opposés dans la vie chrétienne. Ils sont partenaires.

Considère aussi l’apôtre Paul. Bien qu’il fût apôtre et qu’il eût le droit d’être entretenu par les Églises, il travaillait de ses propres mains comme fabricant de tentes (Actes 18:3, 1 Thessaloniciens 2:9). Il ne voulait être à charge à personne. Il voulait donner l’exemple de la dignité du travail. Il dit aux anciens d’Éphèse : « Vous savez vous-mêmes que ces mains ont pourvu à mes besoins et à ceux des personnes qui étaient avec moi » (Actes 20:34).

Réfléchissons maintenant à la subsistance de la famille élargie. Dans bien des cultures, un homme chrétien a souvent à considérer bien plus que sa seule famille immédiate. Il y a la famille élargie — des parents vieillissants, de plus jeunes frères et sœurs à l’école, des cousins dans le besoin. Cela peut devenir un lourd fardeau, mais c’est aussi une belle vocation. Paul a dit : « Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille. » D’abord les siens, puis, parmi eux, sa propre maisonnée en tout premier. Ta famille immédiate doit passer avant la famille élargie dans ton budget — autrement tu dépouilles ta femme et tes enfants pour faire plaisir à tes proches. Mais tu n’es pas libre non plus d’ignorer ces proches. L’équilibre, la sagesse, la générosité et les limites, tout ensemble.

Fixe-toi des objectifs. Travaille avec un plan. « Les projets de l’homme diligent ne mènent qu’à l’abondance, Mais celui qui agit avec précipitation n’arrive qu’à la disette » (Proverbes 21:5). Aie un budget. Sache ce qui entre et ce qui sort. Épargne quelque chose, ne serait-ce qu’un peu. « De précieux trésors et de l’huile sont dans la demeure du sage; Mais l’homme insensé les engloutit » (Proverbes 21:20). Évite les dettes autant que possible. Prévois les frais de scolarité de tes enfants. Prévois la vieillesse. Prévois de donner généreusement à l’œuvre de Dieu.

Donne à Dieu la première part. Le principe de la dîme traverse tout l’Ancien Testament et est honoré d’un bout à l’autre du Nouveau. Honore le Seigneur avec les prémices et le meilleur de ce que tu gagnes (Proverbes 3:9). L’homme qui refuse de verser la dîme à son Église locale ne peut prétendre faire confiance à Dieu pour son argent. C’est une simple épreuve du cœur.

Enfin, n’aime pas l’argent. « L’amour de l’argent est une racine de tous les maux; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments » (1 Timothée 6:10). Tu peux travailler dur sans adorer l’argent. Tu peux rechercher l’excellence sans être dominé par la cupidité. Tu pourvois afin que ta famille soit nourrie et que Dieu soit honoré — non pour pouvoir te vanter face à ton prochain. Bien des hommes chrétiens de notre temps ont été détruits par l’évangile de la prospérité, un faux enseignement qui fait de Jésus une affaire commerciale. Fuis ce faux évangile. Travaille dur.

Fais confiance à Dieu. Sois content. Donne généreusement. Et que ta vie soit une réprimande, tant pour le paresseux que pour le cupide.

Frère, mets la main à la charrue et ne regarde pas en arrière. Ta famille regarde. Tes voisins regardent. Ton Seigneur regarde. Travaille comme pour Lui, et Il bénira l’œuvre de tes mains.

Une prière

Seigneur Dieu, Toi qui as œuvré pendant six jours et t’es reposé le septième, enseigne-moi la dignité du travail. Brise en moi l’esprit de paresse. Brise en moi l’esprit de cupidité.

Donne de la force à mes mains, de la sagesse à mon esprit, de l’intégrité à mes affaires. Que je travaille non pour le pain seulement, mais comme un acte d’adoration envers Toi. Pourvois aux besoins de ma maison, ô Dieu. Que ma femme et mes enfants ne manquent jamais de ce dont ils ont besoin. Sers-toi de mes mains pour servir ma famille, mon Église et les pauvres. Rends-moi généreux là où j’ai été avare. Rends-moi diligent là où j’ai été oisif. Et que la sueur de mon front soit pour Toi une douce offrande. Au nom de Jésus, Amen.

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